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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Une chambre à soi » de Virginia Woolf avec Edith Scob au Théâtre Artistic (...)

« Une chambre à soi » de Virginia Woolf avec Edith Scob au Théâtre Artistic Athévains

De Virginia Woolf à Edith Scob, il y a le choix d’Anne-Marie Lazarini, codirectrice du Théâtre Artistic Athévains, de donner à l’écrivain féministe, cette silhouette vibrionnante que la comédienne s’applique à copier-coller sur l’intonation de chaque mot théâtralisé, selon le récit d’Une chambre à soi.

Dans un magnifique décor de bibliothèque, dû à François Cabanat, bordée à cour et jardin d’une tenture rouge théâtre, Edith Scob va en parcourir les rayonnages, consulter les ouvrages, s’asseoir auprès des bureaux en salle de lecture, s’efforçant du geste et du regard à figurer le descriptif de chaque situation évoquée par l’auteur.

Avec sa voix haut perchée, articulant par salves et appuyant chaque syllabe du texte, son personnage de composition semble vouloir capter l’attention suprême du spectateur, en même temps que cet ininterrompu ballet de marionnettiste en épuise les forces de concentration.

Toutefois, ce n’est pas en jetant du haut de l’échelle promenoir, plusieurs exemplaires de recueils sinon misogynes tout au moins ségrégatifs, que la direction d’actrice forcera la reconnaissance attendue en un lieu où précisément le livre devrait être conservé et mis en valeur.

Cependant cette personnalité baroque et atypique se débattant tel un Don Quichotte au féminin réussit à transformer le moulin à vent en carrosse pour âme aspirant à s’extraire de sa chrysalide.

C’est par l’humour qu’Edith rejoint Virginia, là où "Oxbridge" et "Fenham" se regardent en chiens de faïence, là où la nourriture universitaire, au propre comme au figuré, n’était pas, il y a encore quelques décennies, a parité des deux sexes.

Alors Virginia a beau jeu d’imaginer une sœur à Shakespeare, Edith fera la démonstration in situ que Judith n’aurait jamais pu, à l’époque et à talent égal, avoir la moindre chance d’accomplir l’œuvre littéraire de son frère virtuel.

C’est en effet dans l’indépendance matérielle, gage indispensable à la liberté de l’esprit, que se trouve le sésame de toute créativité.

C’est surtout en accédant aux mêmes excellences de la culture et de l’éducation qu’homme et femme peuvent se compléter au gré de leurs prédispositions naturelles.

Ainsi, en observant l’histoire des mœurs et de la littérature au travers d’un rétroviseur thématique "Les femmes et le roman" à l’occasion d’une conférence donnée aux étudiants de Cambridge en 1928, Virginia Woolf fut alors motivée à publier un an plus tard cet essai fondateur sur la création au féminin :

Quoi de mieux en effet qu’Une chambre à soi pour signifier et synthétiser l’espace intérieur nécessaire à tout libre-arbitre et à tout mûrissement de la pensée ?

A l’appui du timbre et de la gestuelle, Anne-Marie Lazarini et Edith Scob en donnent une clé d’accès ; reste au spectateur d’en découvrir les sortilèges du verrou symbolique !...
 
Photo © Marion Duhammel
 
UNE CHAMBRE A SOI - ** Theothea.com - de Viriginia Woolf - Mise en scène : Anne-Marie Lazarini - avec Edith Scob - Théâtre Artistic Athévains -
 


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