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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Une fantasmagorique maison de Poupée dénommée Audrey Tautou

Une fantasmagorique maison de Poupée dénommée Audrey Tautou

Audrey Tautou passe bien le volume acoustique du Théâtre La Madeleine. En effet depuis la corbeille, avec vue plongeante sur le plateau où réside la fameuse maison à géométrie variable, conceptualisée par Henrik Ibsen, la poupée fantasque sait s’y faire entendre dans un rythme d’exaltation qui sied bien à Nora.

Avec force moulinets des bras, celle-ci s’embrase à partir d’un rien, telle l’enfant qui s’ébaubit de la moindre satisfaction conforme à ses désirs.

Bébé phoque que les prédateurs ne sauraient capturer à leur piège de femme enfant, sans que celle-ci, soudain, prenne un coup derrière la tête, fatal par ricochet, au mari qui ne comprend pas pourquoi la chanson aura changé sans crier gare.

Durant la saison théâtrale actuelle, Nora ce fut d’abord Chloé Réjon dirigée par Stephan Braunschweig, ce sera bientôt Marina Foïs par Jean-Louis Martinelli, mais c’est encore davantage Audrey Tautou car celle-ci joue, à la fois, avec la complicité d’un partenaire et le regard de son metteur en scène qui n’en font qu’un sur scène : Michel Fau.

Ainsi, ceinte des costumes et des éléments de décor conformes à l’époque de la création, la scénographie semble sortir d’un conte d’Andersen où l’étrange expressionnisme des lumières vacillerait avec le fantasme de l’Amour.

L’émancipation de Nora va cueillir l’intéressée elle-même, à la faveur d’une cruelle constatation :

Son époux est plus soucieux de son honneur identitaire que du bonheur conjugal qu’elle croyait partager avec lui.

Bouleversement des valeurs, prise de conscience des illusions qui font écran avec la réalité, prennent à contre-courant cette fin du XIXème siècle où s’annoncent, en prémices, les révélations de la psychanalyse.

Adieu mari, enfants et joies familiales, bonjour l’inconnu d’une vie à déchiffrer selon des critères de réalisation personnelle. Mais, ceci serait une autre histoire que se garde bien, ici, de poursuivre l’auteur.

La porte se ferme résolument sur l’insouciance prolongée de l’enfance et la nostalgie d’un jeu enivré d’affects imaginaires qu’incarne si bien, en néophyte des planches, la mystérieuse et performante Audrey Tautou.

photo Marcel Hartmann @ Contour by Getty Images

MAISON DE POUPEE - **** Theothea.com - d’ Henrik Ibsen - mise en scène : Michel Fau - avec Audrey Tautou, Michel Fau, Pascal Elso, Sissi Duparc, Nicolas Woirion, Flore Boixel & les enfants - Théâtre de La Madeleine

 

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2 réactions à cet article    


  • Bardamu 1er mars 2010 10:35

    Elle fait tellement sagement là où on lui demande -de faire- cette gourdasse, qu’on devrait l’appeler : Audrey TOutou !

    Hepburn, reviens !... mon Audrey à moi !
    My Fair Lady, à la rescousse ! haro sur le petit « poulain », cette « Vénus-pas-si-en-beauté » !


    • Theothea.com Theothea.com 1er mars 2010 11:51

      Cher Bardamu
      Mon intuition est que vous devriez exercer votre talent d’une manière plus ambitieuse.
      Tout le monde y gagnerait, à commencer par vous....
      Très cordialement
      JM / Theothea.com

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