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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Une fois n’est pas coutume...

Une fois n’est pas coutume...

Yeux

Je vous parle plus souvent de romans, sur Fig Tree...
Voici, pour changer, quelques récits forts et émouvants, en vrac. Si vous les avez aussi lus, j’aimerais bien connaître vos avis. :)

Blogholz

Cette enfant vivra, de Hélène Holzman

Actes Sud, 320 pages, 24,50 euros

Berlinois d’origine juive, Max et Hélène Holzman, et leurs deux filles, Marie et Margarete, dix-huit et seize ans, vivent depuis une décennie à Kaunas, ville cosmopolite de Lituanie, où les communautés juive, polonaise et allemande cohabitent en harmonie. Mais plus pour longtemps. Avec l’invasion de la Wehrmacht en 1941, Max est arrêté et disparaît pour toujours. Marie, accusée de propagande pacifiste, est fusillée. Ce récit bouleversant et lucide est celui d’Hélène, qui, malgré son désespoir, luttera pour sauver sa fille cadette. Un des derniers témoignages de la Shoah, découvert récemment. A lire pour ne jamais oublier.

Blogchoc

État de Choc, de Paul Moreira
J’ai Lu, 220 pages, 4,50 euros

« Sur le moment, j’ai commencé à prendre des notes pour ma santé morale, avoue Paul Moreira, mais aussi par réflexe de journaliste. »
Dans une clinique privée à Paris, Cécile, la femme de Paul, va accoucher de leur deuxième bébé. Le terme ayant été dépassé, les médecins accélèrent la naissance avec des doses massives d’une hormone de synthèse, le syntocinon. Le bébé vient au monde, mais Cécile est victime d’une grave hémorragie que les médecins ne parviennent pas à enrayer. Très vite, c’est le drame. Dans cet établissement des quartiers chics, il n’y pas de banque de sang. Il faut faire appel à un hôpital. Commence alors une course contre la montre pendant que Cécile sombre vers la mort.
Cette histoire vraie se lit d’un trait, sous l’emprise d’un suspense insoutenable. Paul va se heurter aux médecins, aux mensonges, aux erreurs, au mépris. « J’ai voulu dénoncer un système médical particulier, une absence totale d’information envers les futurs parents. Dans ces cliniques, la naissance est un marché lucratif. Rien n’est prévu si la mère ou le bébé ont un problème. »
Au lieu d’intenter un procès aux médecins, action trop guerrière à son goût, Paul Moreira a préféré écrire un livre émouvant et lucide, bien plus puissant qu’un simple pamphlet revendicateur.
« A mesure que je rédigeais, un miracle s’est produit : j’ai découvert que je pouvais enfin parler de ce choc qui m’avait laissé sans voix. Écrire rend donc la parole. Des mots simples pour raconter des sentiments furieux qui bataillent pour chercher une issue. L’écriture soigne. »

Blogcohe

Les cahiers bleus, de Annie Cohen
Ed. du Rocher, 104 pages, 15 euros

Il y a quatre ans, l’écrivain Annie Cohen a vécu l’enfer de la dépression. De sa clinique psychiatrique, sur des grands cahiers Clairefontaine, elle écrit pour survivre. Jour après jour, elle nous livre son combat avec « le monstre noir ». Par hasard, elle découvre que nager des heures dans une piscine lui redonne goût à la vie. Un journal intime, fort et courageux, qui explore le gouffre de la dépression et la lumière au bout du tunnel.

Blogcath

J’aime avoir peur avec toi, de Catherine Chaine
Seuil, 96 pages, 9,50 euros

« Clémence. J’écris pour toi, pour nous, pour les autres mères et les autres filles confrontées à la même épreuve. »
Dans ce court récit, illustré de photographies en noir et blanc, Catherine Chaine, journaliste, écrit à Clémence, sa fille de 22 ans, mongolienne. Au fil des pages, elle raconte l’enfance, l’adolescence de cette enfant pas comme les autres.
Avec lucidité, elle dévoile comment le chagrin de deux parents, à l’annonce du handicap de leur fille, n’a pas empêché la naissance de leur profond amour pour Clémence.
Un livre poignant, émouvant, mais qui parvient aussi à être extraordinairement positif.

Blogxena

Regarde, nos chemins se sont fermés, de Françoise Xenakis
Livre de Poche, 180 pages, 5 euros

« J’ai écrit ce récit pour boucler la boucle, pour raconter une certaine partie de mon existence, dit Françoise Xenakis, mais j’ai longtemps hésité à le faire publier. J’ai l’impression de me livrer de façon profondément intime. » Ce vingtième livre dévoile en effet la vie, l’amour et la mort avec Iannis, son mari, le compositeur, décédé en février 2001 d’une maladie qui aura duré quatorze ans. Pendant cette longue souffrance, que les médecins n’ont jamais pu définir, Françoise Xenakis a pris des notes quotidiennes dans ses cahiers. Avec lucidité, elle décrit les urgences, la nuit, dans ces grands hôpitaux parisiens, où l’on voit des choses « aussi horribles qu’inouïes ». Mais si ce récit, mâtiné de quelques passages émouvants de ses romans précédents, dit toute la vérité sur la disparition d’un être aimé, Françoise Xenakis ne perd rien de sa verve ni de son humour légendaires. On est porté par la générosité d’une plume qui ne sombre jamais dans le pathos. « Beaucoup lire, et attendre que mes petits-enfants grandissent », c’est ainsi que Françoise Xenakis conçoit sa nouvelle vie.

Bloggir


À présent
, de Brigitte Giraud

« Ce soir, Claude est mort. Je l’aimais. Ma vie s’arrête et commence en même temps. » Avec des mots précis, parfois austères, dénués de tout pathos, Brigitte Giraud nous livre l’indicible dans un livre sobre et poignant. Claude, son mari, 41 ans, le père de son petit garçon, est décédé dans un accident de moto. Débute alors une autre vie, la vie « d’à présent » et qui n’a plus rien à voir avec la vie « d’avant ». Incompréhension, souffrance, révolte, silence : tout est exprimé ici avec justesse et retenue, sans stéréotype, sans fioritures. Ce n’est pas un livre sur la finalité du deuil ; c’est un livre qui raconte avec lucidité ce qu’est la vie après la mort d’un être aimé. On ne peut que saluer le talent et le courage de l’auteur.

Blogtra

Trauma, de Hélène Duffau
Gallimard, 10,50 euros, 136 pages

Comment survivre à l’horreur du viol ? Dans ce premier roman à l’écriture au scalpel, on découvre une jeune femme traumatisée qui apprend à réorganiser sa vie. « Si j’ai été violée ? C’est une question à laquelle ne je répondrai pas, avoue Hélène Duffau. Je ne veux pas mettre en avant ma vie privée, c’est le roman qui est important, et je ne suis pas sûre que la réponse apporte grand chose au livre. Écrit en quelques mois, ce coup de gueule traduit l’amalgame d’années de réflexion sur la position de la femme dans la société aujourd’hui. Mais c’est surtout l’histoire intime d’un enfermement, d’un être meurtri qui cherche petit à petit à recoller les morceaux ».
Une nouvelle voix singulière. Écoutez-la.


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