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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Une histoire à tenir debout

Une histoire à tenir debout

C'est pourquoi aujourd’hui, je vous parlerai non pas du dernier livre à la mode (j’aurais de toute manière bien du mal à savoir lequel parcourir), mais d'un bouquin sorti il y a maintenant un certain temps (voire plus, je me demande même si l’on est pas loin de l’anniversaire de sa sortie), et qui n’a pas reçu l’écho qu’il mérite (je n’oserais pas parler de boycott de la presse, pour cela il eut fallu que je la lise).

C’est qu’il m’arrive de vivre dans le passé (niveau cinéma, j’en suis resté à « Greystoke, la légende de Tarzan » (Christophe Lambert ne s’était même pas encore tapé Sophie Marceau, il préférait Jane à l’époque)).

Hé bien oui, je suis du genre à avoir une TV à tube cathodique, un portable 2ème génération, ne pas savoir que Starck a désigné la nouvelle Freebox (quelle révolution), à lire Le Monde d'hier soir.

En gros, je vis comme vous viviez il y a 10 ans. Mais n'étiez-vous pas plus heureux bande de geeks ? A quoi bon être à la pointe (si ce n’est pour être plus pauvre) ?

Pas grand monde n’a évoqué ce bouquin, c’est donc clairement une mission pour ma pomme.

Soyons clairs dès le début (même si on est déjà à la 15ème ligne), c’est une sorte d’OLNI (Objet Littéraire non Identifié) comme on dit.

Je ne suis pas assez qualifié pour dire dans quelle catégorie ça se range, mais a priori ça tient sur mon étagère donc c'est bien un livre.

« Une histoire à tenir debout » est l’histoire de Rémy, atteint d’une maladie rare et dégénérative, et de son combat pour mourir, car c’est le choix qu’il a fait. Cette histoire est contée par sa mère, Régine, biologiste de métier.

Cela pourrait être un bouquin aride et triste, à déconseiller à des hypocondriaques de mon genre (le genre à attraper le virus Ebola rien qu’en regardant le magazine de la santé), mais c’est en fait drôle et pleins d’émotions, sans que cela tombe dans le pathos ou la guimauve (qui ne vaut pas mieux que les moukraines si vous voulez mon avis).

La 1ère chose qui frappe quand on lit « Une histoire à tenir debout », c’est le style que Régine déploie pour nous raconter son histoire et celle de sa famille. L’expression prendre sa plume prend ici tout son sens, tant son écriture est légère.

Le livre parle de tous les petits combats à mener, des gens qui s’enfuient devant le malheur qui frappe cette famille (un peu comme les gens s’écartent des SDF dans la rue, ce qui a le don de choquer ma fille, elle qui veut accueillir tout le monde à la maison (allez-y, c’est Papa qui régale !)), des murs auxquels on se heurte (le corporatisme des médecins en prendra un coup), des signes que le ciel s’évertue à envoyer sous forme d’averses répétées quand Régine et Rémy se rendent à l’hôpital pédiatrique, et systématiquement, la même force de vie qui se dégage du jeune héros (Il pleut ? Génial, c’est la fête à la grenouille !). Plus le sort s’acharne, et plus il semble en ressortir grandi (et nous avec).

Pour être tout à fait honnête, je sortais d’un bouquin assez rude à lire (même si très bien, je vous le conseille aussi, ça s’appelle « Le livre de Dave » de Will Self, rien à voir, mais alors rien du tout), et j’ai lu celui-là d’une traite, sans m'arrêter (juste pour dormir 6 heures).

C’est assez rare que je me retrouve happé dès le début d’une histoire comme ça (j’ai souvent un mal de chien à rentrer dans un livre), ce roman possède une force narrative bien à lui, et même si l’on connaît malheureusement la fin inéluctable, c’est bien l’espoir qui jaillit de toutes les pages, porté par la sagesse sans limite d’un Yoda âgé de quelques années seulement. Car Rémy était la sagesse même, le genre qui force le respect, le genre que l'on apprend à ses parents (soyons clairs, les parents sont rarement sages).

Ce livre, c'est avant tout une histoire magnifique, l'histoire d'un gamin qui traverse la vie, animé par la force qui soulève les montagnes, mais ne permet pas de tenir un stylo correctement pour écrire ou fixer un point sans le voir se dédoubler.

Ce livre est aussi un formidable hymne à la différence, la différence qui nous grandit et qui rapproche les êtres, du vieux grincheux au regard de batracien, au professeur de français, en passant par la première de la classe un peu myope.

Je pense qu’il est à peu près clair pour vous à ce stade que j’ai aimé ce livre. Il me rappelle en tout cas de ne jamais me remettre à l’actualité littéraire…

Il me rappelle aussi la nécessité du combat contre ce qui doit être, la nécessité du libre arbitre.

C’est un peu la force ultime d’ « une histoire à tenir debout » : il nous transmet un peu de liberté.

Me voilà bien sérieux tout à coup, je ne sais pas si c’est vraiment la conclusion à laquelle je souhaitais arriver. J’en trouve pas d’autre.

Bonne lecture (voilà, c’est mieux).

--------------

« Une histoire à tenir debout », Régine Salvat aux Editions JC Lattès


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19 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 16 février 2012 16:52

    "Ce qui me revulse, c’est qu’on laisse souffrir inutilement un etre humain en fin de vie ou qu’on le defonce a mort à la morphine alors qu’on ne fait pas cela à nos animaux domestiques."
    la plupart ont pas les moyens


  • foufouille foufouille 16 février 2012 16:54

    sa mere a essaye de le tuer a 14a
    il l’a supporte jusqu’a 24
    le regard des autres ...........


    • Fabienm 16 février 2012 17:07

      ? ???
      qu’a-t-il supporté ?
      votre message est assez obscur, voire il peut induire en erreur des lecteurs ne connaissant pas l’histoire


    • foufouille foufouille 16 février 2012 17:29

      c’est ce que dit wiki
      quand on essaye de te tuer, ca doit laisser des traces

      en 1999, sa mère aurait tenté de mettre fin aux souffrances de son fils alors âgé de 14 ans pour "abréger ses souffrances[10]. Mise en examen pour tentative de meurtre, elle a bénéficié d’un non-lieu[11].


    • Fabienm 16 février 2012 17:34

      dialogue de sourd. Je ne parle pas de cette phrase-là, je parle de « il l’a supporté ».

      Je ne comprends pas à quoi se rapporte le « l’ », peut-être pourriez-vous m’éclairer ?

      En apparté, l’épisode que vous décrivez est très bien décrit dans le livre.

      Bref...


    • foufouille foufouille 16 février 2012 18:24

      une personne de ton entourage essaye de te tuer car « indigne »
      ca va te faire quoi ?
      ajoutes la maladie


    • Fabienm 16 février 2012 22:39

      je ne suis pas sûr de suivre votre raisonnement.
      Qu’entendez-vous par « indigne » ? L’évènement dont vous parlez est raconté dans le livre, et les choses ne semblent pas si « simples ». Mais bon, le plus pratique serait de lire le livre, personne ne le considère comme « indigne », ni lui, et surtout pas sa mère. Bref...


    • foufouille foufouille 16 février 2012 23:39

      mais si les choses sont simples
      une personne non valides
      et une autre valide qui juges


    • Fabienm 17 février 2012 08:40

      Feriez-vous partie de ces gens qui croient connaître un sujet juste en lisant 3 lignes sur Wikipedia ?
      Ou alors vous avez fumé la moquette peut-être ?
      (l’un n’empêche pas l’autre, remarquez)

      Donc, au risque de me répéter, voici ce que j’en pense : personne n’est indigne dans cette histoire, ce sont juste des gens qui souffrent d’un mal qui frappe un pauvre enfant qui n’avait rien demandé. Un enfant qui pour éviter de voir sa propre déchéance arriver décide de mettre fin à ses jours.

      Bref...


    • foufouille foufouille 17 février 2012 11:53

      « déchéance »
      suivant les gens c’est tres variable
      avec ce genre de mentalite, on se suiciderait a 60a ou des les premiers signes de viellesse avancee
      tres libertaryen


    • foufouille foufouille 17 février 2012 11:59

      en fait ce seront les gens en bonne sante qui risque de juger ta « decheance »


    • Fabienm 17 février 2012 12:07

      ha, ha
      bon il est maintenant clair que la bonne réponse était : la moquette


    • foufouille foufouille 17 février 2012 17:40

      en 1999, sa mère aurait tenté de mettre fin aux souffrances de son fils alors âgé de 14 ans pour "abréger ses souffrances[10]. Mise en examen pour tentative de meurtre, elle a bénéficié d’un non-lieu[11].

      elle a pas decider a sa place ?


    • Fabienm 17 février 2012 18:51

      Pourquoi sombrer dans la caricature ?

      aurait + non lieu = ?

      Allez, cher foufouille, bon vent (et bonne moquette)


    • foufouille foufouille 17 février 2012 23:25

      un non lieu veut pas dire que c’est pas arrive
      non lieu : un pharmacien a oublie son mome dans la voiture en pleine canicule
      mais la, on est en plein trip admd


    • Fabienm 18 février 2012 07:46

      c’est quand même marrant, j’ai l’impression que tu lis pas mes réponses... J’ai jamais dit que c’était pas arrivé.
      Je pointais le conditionnel + le non-lieu pour te montrer que les choses sont rarement aussi caricaturales que ce que tu écris de manière laconique comme si tu avais la science infuse.
      En tout cas, le Foufouille il abandonne jamais ! Bon, moi je suis un peu lassé par contre, je ne saurais donc que trop te conseiller (once again) de lire le livre pour comprendre comment cela s’est passé de l’intérieur.
      Allez, ciao


    • foufouille foufouille 18 février 2012 12:22

      si je le trouve sur vide grenier
      surtout qu’elle soutient les ADMD
      il est utile de lier leur texte fondateur et leur projet de loi


    • Léticia 11 mars 2012 22:40

      J’aime beaucoup la manière dont vous amenez les choses :)


      • Aurore 22 février 2013 18:52

        Tiens, c’est le bouquin que je suis justement en train de lire !
        Je partage totalement cette analyse

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