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Une nuit des rois sous les étoiles

La nuit des rois d'après William Shakespeare mise en scène et adaptation de Sébastien Lagord, avec Émilie Chevrier, Benoît Saladino, Mickaël Viguier, Briss Nicolas, Guillaume Vérin, Abel Divol, Sylvia Chemoil, Sylvie Conan, Musique Guillaume Vérin et Olivier Privat

Dans les jardins de l'Aven Orgnac (sud de l'Ardèche) jusqu'au 29 août 2015

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Avant le spectacle, pendant l’accueil des spectateurs. Photo Orélien Péréol

 

C'est une nuit des rois truculente et burlesque en diable qui se joue cet été dans ce décor naturel. Pas de plateau, mais les jardins en étages, en paliers. Les plantes sont au milieu de l'espace scénique. A peine si, ici ou là, un plancher a été rajouté. Tout tient dans le jeu, et dans quelques accessoires, dont un portant à tout faire.

Le début, c'est la tempête, c'est le naufrage. Le portant roule et tangue, on voit le bateau en perdition ; avec un simple képi, on voit la noyade du frère jumeau Sébastien et la désolation. Viola s'habille en homme, pour se protéger, paraître plus forte et entre au service du duc Orsino, sous le nom de Cesario.

Le trio amoureux se met en route. Le travestissement de Viola complique la situation. Qui est qui ? Qui joue quoi ? Viola affirme à Olivia : « Je jure que je ne suis pas ce que je joue. » La vie est un jeu et le jeu un peu plus un jeu que le jeu de la vie.

Viola-Cesario a mission de dire l'amour de l'homme qu'elle aime (le duc Orsino) à une autre, que cet homme aime (Olivia). Et voilà qu'Olivia tombe amoureuse de Viola-Cesario, qu'elle voit en homme. La complexité est donnée incidemment, chargée de sa philosophie sur l'apparence, la séduction, l'identité. Mais Shakespeare ne va pas vers le lourd. Tout au contraire. La pièce, qui montre et résout des amours contrariées, pourrait être un drame romantique. Le trio de clowns, alcooliques, sorte de pieds nickelés l'entraîne vers un burlesque échevelé. Ils se moquent de Malvolio, le faisant tomber, sa vanité aidant, dans un piège plutôt méchant.

A la fin, Sébastien réapparaît, tel un deus ex machina ; il n'était pas mort. Le képi et un changement de voix fait passer la comédienne de Viola à Sébastien. Ces jumeaux étant des doubles exacts l'un de l'autre, Olivia se met à aimer Sébastien... et les amours se (re)constituent selon le vœu de chacun !

Les costumes caricaturaux et le débordement corporel rappellent le théâtre de foire, énergétique, moqueur, insolent. Certains lazzis ne sont pas d'époque et font d'autant plus rire. « Je suis saoul, saoul, saoul, sous ton balcon » par exemple. On ne les dira pas tout.

Le metteur en scène a pris un parti assez libre avec le texte : des coupes, des arrangements parfois, des créations fugitives bienvenues, actuelles. Cette liberté fait partie du charme. Il y a même un moment de magie très étonnant qui arrive, impromptu, à bon escient cependant, de la magie comme au cirque !

Autre agrément, la musique est jouée en direct. Avec quelques chansons. Le fou, Guillaume Vérin, tient le piano également. Les autres instruments sont d'espèces plutôt rares : un santour, instrument indien constitué de cordes tendues sur une caisse et frappées à l'aide de petits maillets de bois. Et un oud électrique. Là aussi, la recherche n'est pas commune.

 

La Coopérative Théâtre vient dans ce lieu depuis sept ans, jouer des classiques « Georges Dandin », « les fourberies de Scapin », « le songe d'une nuit d'été »... A travers ces textes, elle entend faire un théâtre populaire intelligent, porteur de l'actualité permanente des grands textes anciens. Une réussite !

 

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Une comédienne, son ombre et son reflet. Photo Orélien Péréol

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1 réactions à cet article    


  •  
    Trop tard !
     
    Rap, deal, e-ped18, et ’Les Marseillais’ sur écran plasma !
     
    Ici c’est une colonie multi-accuturelle .... Shakespeare ? Ah ! Ah ! Ah !  smiley Prébendier va !
     
    « Il y a 2 différences entre la colonie Benêtland et son maître américain. Le half pound burger s’appelle le royal cheese burger (le benêt colonisé est resté prétentieux) et l’hispanique est un arabe. C’est tout. » Tarantino
     

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