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Une veillée contée …

Quand le Bonimenteur s'invite à votre table !

Ouvrez-moi votre porte

Nous allons entrer dans les longues nuits d'hiver. Les journées seront courtes comme peau de chagrin, la nuit enveloppant toutes nos soirées de son manteau d'étoiles. C'en est fini des fêtes des villages, des grands moments passés en bord de rivière à festoyer au son de nos musiciens. Je me sens bien triste à l'idée de ne plus conter ; l'envie étant trop grande pour accepter ce silence forcé.

J'ai décidé de voler de mes propres ailes pour aller rencontrer de petits groupes qui auraient envie de s'associer à ce bonheur simple : le partage d' histoires. Le conteur frappe à votre porte, il entre sur la pointe des pieds pour participer à un repas entre amis. Les présentations sont faites, évasives, pour ne pas briser l'effet de surprise. Je serai un des leurs et j'aurai bien des choses à apprendre d'eux

Nous entrons alors dans le merveilleux des soirées impromptues. Les conversations se font et se défont : magie du « chapeau de paille – paillasson » qui a enchanté notre enfance. Dans mes interventions parfois je glisse la Loire, cet amour que j'ai pour son histoire et ses légendes. Les hôtes m'ont présenté comme une relation amicale, rencontrée un jour de fête ligérienne. J'écoute surtout pour mieux les connaître, prendre plaisir à ce contact et trouver matière à glisser quelques parts d'eux dans les futurs contes.

Le repas se termine, les ventres repus ont toujours bien plus d'oreilles que ceux qui gargouillent. Il faut retenir ce sage précepte au risque de ne pas être écouté. Rien n'est d'ailleurs plus fugace que l'attention de nos amis à l'heure de l'apéritif : moment le moins propice aux récits comme aux confidences.

Plus tard dans le repas, il est possible parfois de faire une pause, de se lever et de partir au pays des songes. Tout dépend alors de la qualité du vin qui repose dans les verres. Certains permettent de devancer le moment du récit, surtout quand ils sont de Loire. Ils deviennent prétexte à une anecdote qui, de cuve en fût, fait son chemin jusqu'au verre à pied …

Mais c'est toujours après le dessert, quand les ventres sont enfin repus, que les esprits sont disponibles. Le convive qu'on ne connaissait pas s'éclipse alors ; qui sait : il a peut-être quelques petits problèmes de rétention urinaire ; personne ne s'étonne de le voir ainsi se lever. Il met un peu plus de temps que nécessaire, semble-t-il. Tiens, il a changé de tenue ; celle-ci est drôle : le voici pieds nus et la tête couverte d'un béret.

Soudain, le silence se fait. Une douce musique surgit comme par hasard en fond sonore. Les convives s'interrogent, se regardent. Vont-ils se laisser prendre par le bout du cœur, retourner en enfance, au pays des fées et des elfes du temps d'avant, quand les châtaignes grillaient dans la cheminée ? Il est d'ailleurs très recommandé de profiter de l'aubaine pour mettre sur la table un cornet de ces délicieux fruits grillés qui vont embaumer la pièce.

Il était une fois … La formule magique ouvre les portes de l'imaginaire. Il n'y a plus de vie moderne, de téléphone qui sonne, de conversations entrecoupées et jamais tout à fait terminées. Pendant quelques minutes, il ne faut pas être très gourmand ; ce n'est pas un spectacle mais un petit moment au débotté ; le conteur tient la parole, emportant les visiteurs d'un soir dans son monde imaginaire.

Parfois, dans le groupe, d'autres révèlent aussi ce délicieux savoir-faire. D'une histoire à l'autre, la soirée peut devenir veillée si la cheminée crépite à deux pas de là. C'est un bonheur rare, un retour aux pratiques ancestrales qui regroupaient les individus autour de la parole et de son expression fabuleuse.

Voilà ce qui s'est passé quelquefois et que j'aimerais encore reproduire si le cœur vous en dit. N'hésitez pas à regrouper des amis autour d'un repas simple, d'un plat qui fleure bon la tradition. Trop de sophistication risque de ruiner l'initiative. Nous avons besoin de simplicité pour nous retrouver en enfance.

Je suis à votre disposition pour ce moment de bonheur. Je vous garde une soirée, un vendredi ou bien un samedi soir pour venir frapper à votre porte. Il suffit de me faire signe, de m'offrir le gîte et le couvert si vous êtes un peu loin de ma cité ligérienne. Je serai votre visiteur d'un soir, faites-moi bon accueil ; je me charge du reste.

Hospitalièrement vôtre


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2 réactions à cet article    


  • L'enfoiré L’enfoiré 5 novembre 2014 18:11

    Une soirée aux chandelles, alors ?

    Je vous expliquerai dimanche... smiley

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