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Versailles et Fontainebleau, deux châteaux royaux resplendissants

Où l’on reparle des châteaux royaux. Tandis que France 5 diffusait en première partie de soirée du dimanche 3 janvier un téléfilm documentaire sur le château de Versailles, des travaux spectaculaires sont en cours au château de Fontainebleau. Ces deux bâtisses, à l’origine de simples pavillons de chasse, sont devenues somptueuses par la volonté de deux rois soucieux de leur rayonnement : François Ier et Louis XIV.

 
François Ier adorait la chasse aux sangliers. Voyant cet humble pavillon (un petit château fort auquel Saint-Louis ajouta un monastère) situé à Fontainebleau, à quelques lieues seulement de la capitale, son coeur lui dicte aussitôt de l’acquérir et d’y faire des travaux pour y fonder sa résidence. Cela tombe bien, le roi aime les arts de la Renaissance et pourra aménager à son goût cette construction selon le style qu’il a pu admirer en Italie. En 1528, il décide donc de tourner une page d’architecture : la forteresse médiévale deviendra une demeure raffinée au style Renaissance. Son flls Henri II poursuivra son oeuvre puis Henri III délaissera les lieux. Il faut attendre le premier des Bourbons, Henri IV, monarque passionné de chasse comme François Ier, pour voir apparaître les jardins. Henri IV fait aussi agrandir le château.
 
Contrairement à Versailles, qui fut l’oeuvre d’un seul roi et la demeure des Bourbons, Fontainebleau porte les marques de plusieurs dynasties et même de la République. Contrairement à Versailles aussi, Fontainebleau possède un ameublement complet. Enfin, le château donna naissance à une école d’arts : l’Ecole de Fontainebleau.
 
 
Fontainebleau retrace des siècles d’Histoire de France : C’est à Fontainebleau que Louis XIV révoqua l’édit de Nantes accordé par Henri IV aux protestants. Le château a vu aussi le mariage de Louis XIII avec Marie Leszczynska, les adieux de Napoléon à sa garde dans la cour du Cheval blanc (lieu par où l’on pénètre aujourd’hui et qui fut ainsi nommé en raison d’une reproduction en marbre d’une statue du cheval de Marc Aurèle qui trôna là jusqu’en 1626). On comprend dès lors l’intérêt de maintenir préservé ce haut lieux riche en souvenirs de notre nation. Le journal Le Figaro nous apprend que Jean-François Hébert, nouveau patron de Fontainebleau, a décidé de lancer un "vaste programme de restauration basé sur un partenariat public-privé. Doté du nouveau statut d’établissement public, le château bénéficie du concours des Emirats arabes unis (10 millions d’euros sur cinq ans) et du Crédit agricole (1,4 million d’euros sur trois ans)."
 
Mais avec ses 300 000 visiteurs par an, le château de Fontainebleau est encore loin du succès formidable de celui de Versailles qui en accueille 3 millions !
 
France 5 diffusait dimanche 3 janvier en première partie de soirée un téléfilm documentaire dédié à Versailles.
 
Louis XIV fit construire le château de Versailles à la place du petit pavillon de chasse de son père. Il s’agissait pour le roi de quitter le Louvre qui l’inquiétait depuis l’enfance, ayant dû le fuir à maintes reprises, surtout lors de la Fronde. La destitution de son surintendant Fouquet lui donne l’occasion de mettre son projet à exécution. C’est le 17 août 1661que Fouquet provoquera les foudres du roi auquel il fera trop d’ombre en le recevant chez lui dans son château somptueux de Vaux-le-Viconte. Jets d’eaux, feux d’artifice, buffet donné pour plus de 1000 convives. Sa Majesté soupçonne Fouquet de malversations tant sa fortune est considérable. Le roi décide de se débarrasser de ce rival encombrant. Une fois Fouquet destitué et condamné, le roi pillera son mobilier et ses arbustes pour les installer à Versailles où il fera venir pour y travailler les créateurs de Vaux-le-Vicomte, à savoir : Le Vau (architecte), Le Brun (peintre), Lenôtre (jardinier). Contrairement à François Ier, Louis XIV rejette le goût italien et exige de l’art français. Colbert parvient à trouver des maîtres-verriers français qui ont pu obtenir les secrets bien gardés de leurs confrères italiens.
 
Versailles est d’abord un refuge pour le jeune roi qui vient y séjourner avec sa maîtresse Louise de La Vallière. Mais il décide en 1661 de commencer les travaux pour en faire la demeure royale. Les premières festivités sont donnée en 1664 et 1668. Molière y participera ainsi que Lully en 1668. Le château sera pendant des décennies un immense chantier où de nombreux décès dans la main-d’oeuvre seront déplorés. Ce n’est que poussière et échafaudages. Les finances sont moins difficiles à trouver que l’eau pour alimenter les bassins et les jets. Les rivières avoisinantes seront desséchées et les vergers détruits pour satisfaire ce gigantesque caprice du roi.
 
 
En 1682, le roi s’installe définitivement à Versailles. Il a alors 44 ans. En 1684 la fameuse galerie des glaces est inaugurée et vient comme une apothéose pour éblouir l’Europe tout entière d’où on se pressera pour venir l’admirer. Versailles est ouvert à tous, quels que soient les rangs des sujets.
 
Le téléfilm documentaire (plus téléfilm que documentaire) se regardait avec plaisir et montra bien tous les aspects liés à la construction de Versailles. Tout au long de la narration, le scénario garde le dessus sur l’effort d’explication. Rien n’est pesant et l’on voit le monarque évoluer en ce lieu qui incarne l’utopie et le paradis sur terre sauf, bien entendu, pour les ouvriers qui laissèrent leur vie ou y furent estropiés à cause en particulier du travail de nuit imposé pour accélérer le chantier. Un reproche est néanmoins formulé par télérama : la bande-son "ne rend pas hommage aux splendeurs du Grand Siècle". De quoi agacer Lully qui se frapperait le pied une seconde fois avec la canne, geste maladroit qui lui valut de mourir de la gangrène quelques mois plus tard.
 
 
 
 
par Voris : compte fermé lundi 4 janvier 2010 - 13 réactions
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