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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Voyage au bout de la nuit : un roman à lire ou à relire...

Voyage au bout de la nuit : un roman à lire ou à relire...

JPEGPersonne ne l'ignore, Louis Ferdinand Céline est un auteur controversé : antisémite notoire, il a été souvent vilipendé par la critique, sa vie n'a pas été exemplaire, ses écrits empreints d'intolérance ont été condamnés à juste titre.

Pourtant on ne peut nier les qualités de ce grand écrivain, un des plus grands peut-être du XXème siècle, un romancier d'une veine particulière : on peut tout de suite reconnaître le style de Céline, sa verve populaire qui emprunte beaucoup à l'argot et qui fait songer à Rabelais...

Il faut lire et relire Céline et notamment son chef d'oeuvre VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT ! Céline nous dévoile là un condensé de l'humaine condition. Tous les thèmes essentiels sont abordés dans ce roman : d'abord la guerre et son inhumanité odieuse, les souffrances intolérables sur le front pendant la première guerre mondiale, les horreurs du colonialisme, le rêve américain qui se révèle être une illusion, la dureté du monde du travail avec la description de l'usine Ford à Détroit, le capitalisme triomphant et le culte voué au Dieu Dollar... la misère humaine transparaît dans toutes les pages du roman...

On perçoit toute la modernité de cet auteur : la dénonciation de l'exploitation humaine reste d'une brûlante actualité, hélas ! ainsi que le règne du monde de la finance...

Rien de l'humaine condition ne nous est épargné : la carie dentaire, la maladie, la souffrance, la mort, le sang, la sueur, la peur...

Bien sûr, un roman qui traite tous ces thèmes n'est pas d'un abord facile, semble-t-il... Cependant il ne faut pas oublier le style original de ce romancier  : malgré la noirceur, l'humour est bien présent, grâce à un langage plein de saveur, Céline redécouvre les mots, les réinvente : "les bachots sont cornards" : les petits bateaux sont bruyants quand Bardamu découvre la ville de New York. Les "torgnoles" des couples qui se disputent dans les immeubles parisiens nous font sourire ...

Oui, il faut relire ce roman qui nous fait voyager en Afrique, en Amérique, dans les banlieues de Paris ou de Toulouse....


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62 réactions à cet article    


  • easy easy 7 février 2012 15:02

    Il est le premier, à ma misérable connaissance, à avoir abordé le fait qu’un cheval militaire était neutre. Sans son cavalier, il court dans n’importe quelle direction sans choisir son camp. Or voilà que sort un film qui traite de ce sujet.
    Le cinéaste a donc probablement lu ce livre


     
    Je ne recommanderais jamais la lecture d’un seul livre à la fois.

    A tout jeune, je recommanderais de lire en même temps, comme sur 3 colonnes juxtaposées, à la fois Kipling, Eberhardt et Céline

    Ce procédé nous instruit infiniment plus sur l’homme car il nous montre enfin son doigt, non quelque Lune que désigne un auteur.


    • rosemar rosemar 7 février 2012 15:10

      Oui ,restons modeste !Les jeunes lisent,hélas, de moins en moins...S’ils font l’effort de lire un livre de temps en temps ,cela tient de l’exploit pour certains !!

      Quel est le film dont vous parlez ?
      Merci pour le commentaire !
      Bonne journée easy !

      • easy easy 7 février 2012 17:00

        Le film très récent c’est « Cheval de guerre » par.....Steven Spielberg

        A son habitude, Spielberg verse bien entendu dans le pathos donc avec espérance, mais pour ceux qui ont lu Voyage au bout de la nuit, il saute aux yeux qu’il a rejoint le point de vue de Céline

        Toutefois, c’est très étrange. J’ai l’impression d’être encore le seul à avoir remarqué ce lien entre eux
         
        Si l’on entre Cheval de guerre et Céline sur Google, il n’en sort aucune occurrence. Il y a bien une Céline, comme en clin d’oeil secret, mais il s’agit de Céline Buckens l’actrice qui y joue. Pas un mot n’est dit sur Louis-Ferdinand Céline alors qu’il avait très exactement mis le doigt sur ça.

        Je ne vois qu’une explication à cette anomalie (car je suppose que tout le monde a lu Voyage au bout de la nuit) : j’aurais particulièrement focalisé sur ce cheval que raconte Céline



        Alors dites-moi, de votre côté, aviez-vous retenu ses lignes sur le cheval errant d’avoir perdu son cavalier, ou étiez-vous concentrée sur d’autres détails ?

        Est-ce que quelqu’un d’autre que moi ici avait remarqué son passage sur le cheval ?


      • ecophonie ecophonie 7 février 2012 17:32

        Je me rappelle de ces allusions aux chevaux pour montrer le côté absurde de l’homme qui doit être dans un camps.
        Je pense que vous avez focalisé dessus mais chacun sa lecture.


      • rosemar rosemar 7 février 2012 17:37

        J’avoue avoir oublié ce détail sur le cheval ,en revanche l’évocation de la ville de New York du rêve américain et la désillusion qui suit me paraissent bien faire écho à l’actualité...

        Certains passages sont hilarants:les toilettes souterraines à New York,les beautés américaines idéales .... La description des immeubles parisiens ,de leur cour intérieure ,tout cela renvoie aussi à la vie des gens dans les années 30 ,la pauvreté ,la misère ,thèmes éternels,la souffrance des hommes qui explique selon Céline leur méchanceté...

      • easy easy 7 février 2012 18:36


        Merci Ecophonie et Rosemar pour vos impressions

        A comprendre alors à travers cette petite expérience que nous venons de faire, que du fait de la souffrance que j’ai connue dans mon enfance parce que je suis métis de deux peuples s’affrontant alors, j’aurais hystérisé sur cette considération de Céline en : On en viendrait à exiger d’un cheval qu’il choisisse son camp.

        Or une telle considération de la part de qui que ce soit de n’importe lequel de « mes deux camps » je ne l’avais jamais entendue jusque là. Céline m’est apparu comme le premier homme au monde à comprendre mon problème (que même Hugo n’a pas abordé)


        Et que différemment, quiconque n’aura jamais vécu cette problématique du camp à choisir(encore qu’avec les nombreux divorces, beaucoup d’enfants en ont une certaine notion) focalisera sur d’autres considérations de Céline

        Du coup, concernant son style, emprunt de colère à mes yeux, cette colère étant le lot de bien des gens et étant très ordinaire, il m’a été quasiment indifférent. 
        C’est son seul regard qui m’a intéressé.


        Quant à ce que repésentait son style pour lui (et éventuellement ses lecteurs s’y focalisant) peut-être aura-t-il procédé à ce broyage-à-ma-guise des mots voire des sens pour exprimer que si l’on trouvait ordinaire d’envoyer des hommes au massacre, qu’ils en reviennent morts, en miettes ou avec des gueules cassées, pourquoi se scandaliser qu’il fasse subir aussi triste sort aux mots, expressions, sens et surtout habitudes.

        En sorte de :
         
        « Quoi ?, Vous levez les bras au ciel parce que je blesse un mot, invalide une expression, déchire une liaison, béquille un regard, orpheline un adjectif, vous qui avez soumis tant d’hommes à la mitraille ? »

        « Quoi, vous vous scandalisez de mes points, de mes points d’exclamation ! M’enfin ma chère, c’est ça la guerre, les bombes qui tombent, qui explosent et émiettent, c’est ça le tacata de la mitrailleuse...Ma chère...La musique de la guerre...vous savez...c’est pas du violon, ça n’a rien d’harmonieux...Souffrez que je secoue un peu vos lustres et miroirs  »

        Et une fois ce premier livre publié, déterminant de son style, il aura poursuivi de la même manière dans les suivants. D’autant qu’un écrivain réécrit toujours son premier livre dans les suivants.




        Avec lui, dans Voyage au Bout de la nuit, j’ai ressenti une communauté de colère.


      • rosemar rosemar 7 février 2012 18:50

        je comprends que vous ayez été sensible à des aspects du roman qui vous touchent personnellement :c’est normal , mais le roman de Céline ne se réduit pas à la guerre , ou à un cheval échappé:j’essayais dans mon article d’en faire percevoir la richesse et de donner justement envie de le lire ou relire !!


      • Gonzague Gonzague 7 février 2012 21:58

        @easy, votre intervention m’a beaucoup intrigué. Pourriez-vous me citer le chapitre dont il est question ? Je n’ai aucun souvenir de ce passage, étrangement, sachant que « le Voyage » m’a profondément marqué. Merci.


      • easy easy 7 février 2012 23:35

        Avec plaisir Gonzague


        page 54

        Après un repos, on est remontés à cheval,
        quelques semaines plus tard, et on est repartis
        vers le nord. Le froid lui aussi vint avec nous. Le
        canon ne nous quittait plus. Cependant, on ne se
        rencontrait guère avec les Allemands que par
        hasard, tantôt un hussard ou un groupe de
        tirailleurs, par-ci, par-là, en jaune et vert, des
        jolies couleurs. On semblait les chercher, mais on
        s’en allait plus loin dès qu’on les apercevait. À
        chaque rencontre, deux ou trois cavaliers y
        restaient, tantôt à eux, tantôt à nous. Et leurs
        chevaux libérés, étriers fous et clinquants,
        galopaient à vide et dévalaient vers nous de très
        loin avec leurs selles à troussequins bizarres, et
        leurs cuirs frais comme ceux des portefeuilles du
        jour de l’an. C’est nos chevaux qu’ils venaient
        rejoindre, amis tout de suite. Bien de la chance !
        C’est pas nous qu’on aurait pu en faire autant !




        Je réalise maintenant que ce passage qui m’a fait pleurer est effectivement très rapide et je comprends très bien qu’il vous ait échappé.
         
        A mes yeux, cette page est d’une extraordinaire densité. Tout l’homme y est résumé sans jamais y être exactement décrit 

        Ah ce « ...Par-ci, par-là... »  « ... tantôt à eux, tantôt à nous... »


      • velosolex velosolex 9 février 2012 02:01

        Je ne résiste pas au plaisir de cite aussi ce passage, du voyage :

        « Bonne, admirable Molly, je veux si elle peut encore me lire, d’un endroit que je ne connais pas, qu’elle sache bien que je n’ai pas changé pour elle, que je l’aime encore et toujours à ma manière, qu’elle peut venir ici quand elle voudra partager mon pain et ma furtive destinée.
        Si elle n’est plus belle, et bien tant pis ! Nous nous arrangerons !
        J’ai gardé tant de beauté d’elle en moi, si vivace, si chaude,que j’en ai bien pour tous les deux et pour au moins vingt ans encore, le temps d’en finir.

        Et tout autant celui-ci :

        - »Oh ! Vous êtes tout à fait lâche, Ferdinand ! Vous êtes répugnant comme un rat !« 
        - » Oui, tout à fait lâche, Lola, je refuse la guerre et tout ce qu’il y a dedans...Je ne la déplore pas moi....Je ne me résigne pas moi.....je ne pleurniche pas dessus moi....je la refuse tout net, avec tous les hommes qu’elle contient, je ne rien avoir à faire avec eux, avec elle....
        Seraient-ils neuf cent quatre vingt quinze millions, et moi tout seul, c’est eux qui ont tort, Lola, et c’est moi qui ai raison, parce que je suis le seul à savoir ce que je veux :
        Je ne veux plus mourir.


      • rosemar rosemar 9 février 2012 09:11

        Merci velosolex,

        Magnifique extrait ! et magnifique Molly, pleine de générosité et d’amour !

      • ecophonie ecophonie 7 février 2012 15:34

        « ...c’était bien sûrement le commandant Pinçon, cette gueule de torture. »

        Sa prise de conscience en début de livre de lui au front entouré de millions d’hommes « Pire que des bêtes, ils n’imaginaient pas leur trépas », à cheval, à moto, en voiture, sur terre, sous terre etc qu’est ce que j’ai pu me marrer et halluciner sur son style.
        p 12 à 16 dans mon édition je crois(couverture en noir et blanc), elles sont terribles.

        Bon livres avec des phrases qui restent dans la tête, c’est le seul livre qui m’ait fait ça, d’ailleurs.
        « La diarrhé cognitive libératoire »
        « les hommes abandonnent plus facilement la vie que l’amour »


        • rosemar rosemar 7 février 2012 15:43

          oui ,des phrases parfois terribles,des vérités terrifiantes que Céline assène et qui font réfléchir,j’ai relu le roman il y a peu de temps et je l’ai redécouvert !!

          Un livre qui laisse des traces plein de richesses dans les idées et le style hors du commun !
          Merci pour le commentaire intéressant !

        • Spip Spip 7 février 2012 15:36

          De mémoire, ne serait-ce pas lui qui avait utilisé le premier le mot « bankster » ? J’ai voulu vérifier sur Wiki, mais la page a été supprimée...


          • rosemar rosemar 7 février 2012 15:54

            Oui mais ce mot n’apparaît pas dans Le VOYAGE......il doit figurer dans les ouvrages antisémites de Céline !!

            Nulle trace d’antisémitisme dans ce roman !!

          • mobilisen mobilisen 7 février 2012 17:29

            « Bankster » a été revendiqué par Léon DEGRELLE qui l’a souvent utilisé avant guerre pour stigmatiser la collusion entre financiers et politiciens.



          • Claudec Claudec 7 février 2012 17:12

            Un Zola de droite, en quelque sorte ! Quel bonheur, l’autre commence à vieillir.

            De l’art de la récupération ou de celui de faire dire tout et n’importe quoi à n’importe qui.

            • rosemar rosemar 7 février 2012 18:39

              Un Zola de droite ? je ne crois pas qu’on puisse vraiment dire cela ! Céline a son propre style,plus direct beaucoup plus familier ,il cultive l’incorrection pour mimer le langage oral,il utilise l’argot ...



            • easy easy 7 février 2012 18:48

              «  »«  » Un Zola de droite, en quelque sorte «  »"

              Je ne vois pas la relation


            • velosolex velosolex 8 février 2012 13:16

              Merci d’évoquer le voyage

              Je pense qu’il existe une parenté entre Zola et Celine.

              De grands prosateurs de l’excès, tous deux, frisant la caricature dans leurs description.

               La terre de Zola a fait autant scandale que 50 ans plus tard le voyage, et surtout mort à crédit : Zola y dépeignait le monde paysan en complet décalage avec les clichés de l’époque : Arrivisme, dureté de cœur, absence de sentiment, prévalence des intérêts financiers, jalousie, atavisme.
               Un style et un parti pris qu’il gardera tout le long de la rédaction des Rougon Macquart ;

              Moi aussi je vais y aller de mon petit extrait ( la terre)

              - Liberté, égalité, fraternité ! Faut en revenir à la révolution ! On nous a volé dans le partage, les bourgeois ont tout pris, et, non de dieu ! On les forcera bien à rendre....Est-ce qu’un homme n’en vaut pas un autre ? Est-ce que c’est juste, par exemple, toute la terre à ce jean-foutre de la Borderie, et rien à moi ?....Je veux mes droits, je veux ma part, tout le monde aura sa part."

              Même techniques de la répétition dans des dialogues semblant argotiques, mais très travaillés, avec ponctuations exclamatives, points de suspension, interjections,..Celine n’est pas un ovni, et les ressemblances de style entre les deux auteurs m’ont toujours semblé troublantes, bien que jamais vraiment mis en avant.

              Autant on s’émerveille justement du style à Celine, autant Zola passé de mode, taxé de réactionnaire à cause de sa théorie de l’hérédité, qu’il faudrait plus prendre au niveau de la transmission sociale que génétique, n’est pas reconnu comme un prosateur. Une injustice qu’il faudrait renverser. Son cycle est vraiment époustouflant. il faut lire ou relire des livres moins connus que Germinal, comme le ventre de Paris, où les descriptions truculentes de nourriture sont tout à fait céliniennes avant l’heure

              De droite, de gauche....Je vois plus Céline comme un anarchiste, ou plutôt comme un type inclassable, tout à fait imprévisible, même chez les pétainistes et les allemands, où il fera de beaux scandales, en faisant l’amalgame entre nazis et communistes soviétiques. Un beau salaud quand même, impossible de passer l’éponge sur ses écrits antisémites.
              Méfiance, rigidité, hypertrophie du moi, on reconnait dans ses traits ceux du paranoïaque....Quels étaient les conséquences de cette blessure à la tête pendant la guerre de 14 ?

              Autre point de rencontre, tous deux se sont fait saisir leur bien.
              Mais pas tout à fait pour la même raison : Zola lors de son engagement dans l’affaire Dreyfus, par décision de justice. Céline, après qu’il est honteusement quitté la France pour l’Allemagne, puis les Danemark, pour sauver tout simplement sa peau.
              Donc l’honneur et le déshonneur.

              Reste qu’on est troublé avec ce voyage.
              Comment un tel visionnaire, pétri d’ une telle humanité, a t’il pu se trahir ensuite à ce point ?

              C’est peut-être ça, le voyage au bout de la nuit !


            • easy easy 8 février 2012 14:12

               «  »«  »«  »«  - Liberté, égalité, fraternité ! Faut en revenir à la révolution ! On nous a volé dans le partage, les bourgeois ont tout pris, et, non de dieu ! On les forcera bien à rendre....Est-ce qu’un homme n’en vaut pas un autre ? Est-ce que c’est juste, par exemple, toute la terre à ce jean-foutre de la Borderie, et rien à moi ?....Je veux mes droits, je veux ma part, tout le monde aura sa part. » «  »«  »« 

              Ca peut sembler similaire à du Céline dans la forme. Similaire voire précurseur car écrit bien avant Voyage au bout de la nuit.

              Mais Claudec en disant »Zola de droite« semblait considérer fortement les paramètres de fond, non de forme.

              Or, si l’on examine les fond de votre extrait de La Terre et de celui que j’avais posé sur le Voyage. On voit une différence flagrante

              Zola est révolté et il accuse. Il croit en une révolution. Il expose donc des faits d’ordre généraux qui font ressortir cette injustice qui frappe tout le monde des gueux.
              Il aurait pu s’en tenir à »Nous voulons« ou »Ils veulent«  mais il prend le risque du »Je veux« dont il allonge l’enveloppe en finissant par un rassurant » Tout le monde aura sa part« 

              Rien d’une telle conviction ni espérance (en version droitière) dans l’extrait de Céline. Aucun appel à révolution, à changer quoi que ce soit. Il raconte en sorte de journaliste complètement blasé. Aucun espoir, aucune réclamation. C’est constamment »Oh regarde, là je pourrais être ce mort«  »Oh regarde, je suis encore vivant«  »Oh je ne sais si je pourrai finir ma phrase" (Etant à considérer qu’il a écrit ça une fois bien au sec et non sur le fait même des champs de bataille)
              Zola ne cesse de dire qu’il est de plein droit de vivre, que tous les autres aussi. Céline se demande tout le temps pourquoi il vit encore

              Zola voit de l’injustice de classe
              Céline ne voit plus qu’ajustice


            • rosemar rosemar 8 février 2012 15:45

              Merci ,velosolex !! pour ce beau commentaire !

              Zola ? Céline ?Deux grands écrivains comparables par leur style !oui mais Céline va beaucoup plus loin dans l’utilisation de la langue parlée...C’est un cri ,un langage direct , volontairement incorrect chez Céline !
              J’adore aussi Zola ,Le ventre de Paris que vous citez ou encore La curée ...
              Bonne journée !

            • rosemar rosemar 7 février 2012 20:44

              C’est dommage ! car mon article est court et la suite vous aurait convaincu de la qualité de ce roman où l’on ne trouve nulle trace d’intolérance et d"antisémitisme !!Bien au contraire:c’est une dénonciation de la misère humaine,de la finance !!


            • rosemar rosemar 7 février 2012 23:13

              oui,je pense que si vous connaissez bien Céline,mon article ne vous apportera rien !

              bienheureuse auto-satisfaction !

            • rosemar rosemar 7 février 2012 23:19

              Si vous êtes célinien ,vous devriez écrire des articles sur le sujet et vous nous feriez profiter de votre culture !!



            • rosemar rosemar 7 février 2012 23:43

              puisque vous êtes inscrit sur agora vox ,et spécialiste de Céline vous devriez aimer en parler !on attend vos articles !


            • rosemar rosemar 8 février 2012 10:04

              L’intérêt, justement c’est de faire lire Céline et de le faire connaître à des gens qui ne l’ont jamais lu !


            • Ouallonsnous ? 8 février 2012 18:03

              Dans la « taxation » d’antisémite de Céline, il y a principalement l’émotion de l’esthablissement anglo-yankee de l’époque au sionisme murissant qui annonce l’esthablissement anglo-USraélien hyper sioniste contemporain, rien de plus !

              On comprend aisément que des gens dont les origines s’appuient sur le génocide, la guerre civile, l’esclavage, le pillage économique et financier et maintenant le terrorrisme d’état ne supportent pas de voir les choses de l’histoire, histoire qui est de leur fait, en face !


            • rosemar rosemar 7 février 2012 22:50

              L’anecdote ne m’étonne pas:Céline vers la fin de son existence vivait en reclus et acceptait mal qu’on vienne rompre sa solitude...merci pour ce témoignage !


            • kalon 7 février 2012 23:43

              A bien lire Louis Ferdinand Celine, il y a plus à comprendre qu’il était antisioniste plutôt qu’antisémite.
              Il faut replacer ses idées dans le contexte de l’époque ou l’amalgame était constant entre le sionisme et le peuple Juif.
              Encore aujourd’hui, et pour des raisons qui leur appartiennent, les sionistes entretiennent cet amalgame.
              Il serait intérressant de connaitre la proportion de Juifs qui se déclarent, ouvertement ou non, sionistes !
              Celle çi ne devrait pas étre supérieure à 15 % de l’ensemble des Juifs existant de par le monde.


              • Georges Yang 8 février 2012 10:53

                Le meilleur de Céline, c’est plutôt « Mort à crédit » beaucoup plus drôle, presque surréaliste, en particulier l’histoire des cornichons


                • rosemar rosemar 8 février 2012 16:42

                  roman beaucoup plus sombre que Le Voyage...


                • armand armand 8 février 2012 11:10

                  Je vous laisse échanger vos trémolos entre admirateurs de cette ordure patentée qu’était Céline.
                  Je n’aime ni son style (que la doxa en vigueur voudrait nous citer en exemple), ni ses idées (quand on s’en prenait aux banquiers à l’époque on avait le plus souvent « juifs » en tête), ni le personnage, abject (en appeler à l’extermination d’un peuple, dans les salons d’ occupant, précisément quand la machine se mettait en marche, et reprocher à l’occupant de ne pas y aller à fond...) et profondément lâche dans son attitude.
                  Drieu la Rochelle, nettement moins compromis, a eu la décence de se suicider. Céline ne méritait pas mieux que Brasillach.


                  • rosemar rosemar 8 février 2012 11:21

                    Il faut bien différencier l’homme et l’écrivain ! Le Voyage... dont il est question ici ne comporte aucune trace d’intolérance :il faut juger l’oeuvre ! Cet article figure dans la rubrique :« littérature et culture » !


                  • morice morice 8 février 2012 13:07

                    Drieu la Rochelle, nettement moins compromis, a eu la décence de se suicider. Céline ne méritait pas mieux que Brasillach.



                    seul critère de reconnaissance d’un bon écrivain chez le sabreur fou : faut qu’il se soit suicidé.

                    seppuku for ever !!! 



                    Seuls quelques traditionalistes authentiques lui rendent honneur – il y a quelques années j’eus le privilège de participer à un stage de coupe (Battodo) organisée par Nakayama Taisaburo Sensei ; à la fin d’un dîner très tardif, lui-même et deux autres maîtres, tous octogénaires ou presque, se levèrent pour chanter un hommage à Mishima.

                    ah Mishima par Armand : TRES GRAND ECRIVAIN, car doté du label « meilleur suicidé », puisqu’au SABRE !! la preuve :


                    « Reste la mort spectaculaire de l’écrivain - minutieusement préparé et accompli avec un courage ahurissant quand on sait que le premier coup de poignard que Mishima s’infligea au ventre était nettement plus profond que de coutume. Son assistant, Morita (paix à son âme) ne réussit qu’à se faire une égratignure avant que »Furu" Koga ne l’achevât.

                    ah ah ah il n’en sort pas de son admiration !!!




                  • armand armand 8 février 2012 17:40

                    Que c’est gentil, petit momo, de re-citer mon modeste billet consacré à Mishima, qui lui n’a appelé à anéantir personne (sauf lui-même) et dont le style est limpide et cristallin.

                    Je n’en regrette pas le moindre mot - mais là aussi, ce sont des choses que vous ne pouvez comprendre. Autant vous faire apprécier Tristan et Isolde de Wagner....


                  • Tall 8 février 2012 17:46

                    Un jour, un violoniste a demandé à morice ce qu’il pensait de Beethoven dans la 9e

                    Et morice a répondu : - Ne le joue pas, sur 1600m, c’est un tocard

                  • PhilVite PhilVite 8 février 2012 11:56

                    « Moi aussi j’adore Céline, c’est encore mieux que Zadig et Voltaire ! »

                    Signé Frédérique Lefebvre


                    • noodles 8 février 2012 12:16

                      Bonjour. Merci de ces conseils de lecture. Quel buzz ça a déclenché !Bravo ! Je crois que je vais m’y mettre si internet ne me bouffe pas encore tt mon temps !  smiley

                      Tout dernièrement un certain nombre de personnes, et non des moindres, se sont offusquées de savoir si l’épithète de « sale mec » pouvait s’appliquer à Sarkozy. Je ne sais pas. Pour Céline, en dépit de son génie littéraire, je pense avec sincérité que cela lui irait bien. Oh, je me dis : -« on est souvent le sale mec du voisin, on est tous amenés à tenir un double langage... » ...Non, mais quand même. Tout le monde n’a pas, dans sa tête et dans ses écrits, rayé les juifs du nombre des humains. Je pense, pour ma part, que, pour un grand homme, c’est une grave déficience intellectuelle (bien sûr aussi, morale). 

                      J’ai acquis qu’on ne peut aborder une oeuvre sans lire la biographie de l’auteur. Oui. Avec LF Céline il y avait de quoi, dans sa vie, puiser pour un roman...qui ne peut être que confus et pessimiste vues les péripéties et les périodes traversées...On ne peut lui reprocher les vicissitudes qu’il a subies, certes ! Et malin avec ça, à côté de lui, bien d’autres écrivains ne s’en sont pas si bien sortis (Brasilach, fusillé, qui en avait moins fait, Drieu, suicidé, qui ne se supportait plus...)

                      Dommage pour nous que « le plus grand écrivain du 20e siècle » , comme on dit souvent, risque de passer définitivement pour un « sale mec » pour lequel « toutes les civilisations ne se valaient pas ».

                      A mon humble avis, malgré les dénégations qu’on lui connaît, il n’aimait guère les autres et il ne devait pas s’aimer beaucoup lui-même.

                      Faut lire ! Je vais m’y mettre ! 

                      Portez-vous bien !

                       

                       

                       


                      • rosemar rosemar 8 février 2012 12:32

                        Merci pour ce commentaire intéressant et détaillé !

                        Oui,Céline était,sans doute,un « sale mec » et un brillant mystificateur mais quel écrivain !
                        Bonne lecture !
                        Bonne journée !

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