• samedi 26 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Voyage au bout de la nuit : un roman à lire ou à relire...
12%
D'accord avec l'article ?
 
88%
(26 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Voyage au bout de la nuit : un roman à lire ou à relire...

JPEGPersonne ne l'ignore, Louis Ferdinand Céline est un auteur controversé : antisémite notoire, il a été souvent vilipendé par la critique, sa vie n'a pas été exemplaire, ses écrits empreints d'intolérance ont été condamnés à juste titre.

Pourtant on ne peut nier les qualités de ce grand écrivain, un des plus grands peut-être du XXème siècle, un romancier d'une veine particulière : on peut tout de suite reconnaître le style de Céline, sa verve populaire qui emprunte beaucoup à l'argot et qui fait songer à Rabelais...

Il faut lire et relire Céline et notamment son chef d'oeuvre VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT ! Céline nous dévoile là un condensé de l'humaine condition. Tous les thèmes essentiels sont abordés dans ce roman : d'abord la guerre et son inhumanité odieuse, les souffrances intolérables sur le front pendant la première guerre mondiale, les horreurs du colonialisme, le rêve américain qui se révèle être une illusion, la dureté du monde du travail avec la description de l'usine Ford à Détroit, le capitalisme triomphant et le culte voué au Dieu Dollar... la misère humaine transparaît dans toutes les pages du roman...

On perçoit toute la modernité de cet auteur : la dénonciation de l'exploitation humaine reste d'une brûlante actualité, hélas ! ainsi que le règne du monde de la finance...

Rien de l'humaine condition ne nous est épargné : la carie dentaire, la maladie, la souffrance, la mort, le sang, la sueur, la peur...

Bien sûr, un roman qui traite tous ces thèmes n'est pas d'un abord facile, semble-t-il... Cependant il ne faut pas oublier le style original de ce romancier  : malgré la noirceur, l'humour est bien présent, grâce à un langage plein de saveur, Céline redécouvre les mots, les réinvente : "les bachots sont cornards" : les petits bateaux sont bruyants quand Bardamu découvre la ville de New York. Les "torgnoles" des couples qui se disputent dans les immeubles parisiens nous font sourire ...

Oui, il faut relire ce roman qui nous fait voyager en Afrique, en Amérique, dans les banlieues de Paris ou de Toulouse....

par rosemar (son site) mardi 7 février 2012 - 64 réactions
12%
D'accord avec l'article ?
 
88%
(26 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par easy (xxx.xxx.xxx.174) 7 février 15:02
    easy

    Il est le premier, à ma misérable connaissance, à avoir abordé le fait qu’un cheval militaire était neutre. Sans son cavalier, il court dans n’importe quelle direction sans choisir son camp. Or voilà que sort un film qui traite de ce sujet.
    Le cinéaste a donc probablement lu ce livre


     
    Je ne recommanderais jamais la lecture d’un seul livre à la fois.

    A tout jeune, je recommanderais de lire en même temps, comme sur 3 colonnes juxtaposées, à la fois Kipling, Eberhardt et Céline

    Ce procédé nous instruit infiniment plus sur l’homme car il nous montre enfin son doigt, non quelque Lune que désigne un auteur.

  • Par easy (xxx.xxx.xxx.174) 7 février 23:35
    easy

    Avec plaisir Gonzague


    page 54

    Après un repos, on est remontés à cheval,
    quelques semaines plus tard, et on est repartis
    vers le nord. Le froid lui aussi vint avec nous. Le
    canon ne nous quittait plus. Cependant, on ne se
    rencontrait guère avec les Allemands que par
    hasard, tantôt un hussard ou un groupe de
    tirailleurs, par-ci, par-là, en jaune et vert, des
    jolies couleurs. On semblait les chercher, mais on
    s’en allait plus loin dès qu’on les apercevait. À
    chaque rencontre, deux ou trois cavaliers y
    restaient, tantôt à eux, tantôt à nous. Et leurs
    chevaux libérés, étriers fous et clinquants,
    galopaient à vide et dévalaient vers nous de très
    loin avec leurs selles à troussequins bizarres, et
    leurs cuirs frais comme ceux des portefeuilles du
    jour de l’an. C’est nos chevaux qu’ils venaient
    rejoindre, amis tout de suite. Bien de la chance !
    C’est pas nous qu’on aurait pu en faire autant !




    Je réalise maintenant que ce passage qui m’a fait pleurer est effectivement très rapide et je comprends très bien qu’il vous ait échappé.
     
    A mes yeux, cette page est d’une extraordinaire densité. Tout l’homme y est résumé sans jamais y être exactement décrit 

    Ah ce "...Par-ci, par-là..."  "... tantôt à eux, tantôt à nous..."

  • Par rosemar (xxx.xxx.xxx.102) 7 février 20:44
    rosemar

    C’est dommage ! car mon article est court et la suite vous aurait convaincu de la qualité de ce roman où l’on ne trouve nulle trace d’intolérance et d"antisémitisme !!Bien au contraire:c’est une dénonciation de la misère humaine,de la finance !!

  • Par easy (xxx.xxx.xxx.174) 7 février 17:00
    easy

    Le film très récent c’est "Cheval de guerre" par.....Steven Spielberg

    A son habitude, Spielberg verse bien entendu dans le pathos donc avec espérance, mais pour ceux qui ont lu Voyage au bout de la nuit, il saute aux yeux qu’il a rejoint le point de vue de Céline

    Toutefois, c’est très étrange. J’ai l’impression d’être encore le seul à avoir remarqué ce lien entre eux
     
    Si l’on entre Cheval de guerre et Céline sur Google, il n’en sort aucune occurrence. Il y a bien une Céline, comme en clin d’oeil secret, mais il s’agit de Céline Buckens l’actrice qui y joue. Pas un mot n’est dit sur Louis-Ferdinand Céline alors qu’il avait très exactement mis le doigt sur ça.

    Je ne vois qu’une explication à cette anomalie (car je suppose que tout le monde a lu Voyage au bout de la nuit) : j’aurais particulièrement focalisé sur ce cheval que raconte Céline



    Alors dites-moi, de votre côté, aviez-vous retenu ses lignes sur le cheval errant d’avoir perdu son cavalier, ou étiez-vous concentrée sur d’autres détails ?

    Est-ce que quelqu’un d’autre que moi ici avait remarqué son passage sur le cheval ?

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox