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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > World War Z : l’attaque zombie crève les écrans

World War Z : l’attaque zombie crève les écrans

Le succès de librairie des ouvrages de Max Brooks a rencontré son public dès la parution de son premier ouvrage en 2003 intitulé Guide de survie en territoire zombie (The Zombie Survival Guide en version originale). Lequel sera suivi en 2006 d'une autre oeuvre, World War Z, dont la major Paramount Pictures acquit les droits pour produire le film éponyme bien qu'il n'y ait que des rapports épisodiques entre les deux. L'engouement né autour de ce phénomène, cette rencontre entre les écrits de l'auteur et de son public, ne saurait être totalement déconnectée de la réalité : le fait littéraire s'est nourri selon toute vraisemblance d'un état d'esprit anxiogène croissant et aux origines diverses couplé à l'augmentation de la population mondiale.

Car la crise économique mondiale n'a fait que renforcer certaines craintes ancrées dans l'inconscient collectif. Ainsi le souvenir de la grande peste de 1347 comme celle de la grippe espagnole de 1918 marquèrent durablement les esprits, de par la mortalité galopante mais surtout leur inexorable progression, comme leur propension à frapper sans distinction. La résurgence d'une pandémie n'est aucunement écartée par l'Organisation mondiale de la santé, bien au contraire puisqu'elle a noté des phases de résurgence quasi-cycliques. Ce qui fut par ailleurs la cause de l'alerte au virus H1N1 par ces autorités en 2009.
Toutefois, cette peur, loin d'être irrationnelle, d'un virus foudroyant qui dépasserait les prévisions et les capacités des autorités n'est pas le seul argument qui expliquerait le succès contemporain des zombies.
D'autres phénomènes peuvent être avancés, sans qu'il ne soit possible malgré tout de déterminer leur importance dans le psyché : la peur et l'excitation engendrées des suites d'un désordre généralisé comme une crise échappant à tout contrôle ; la phobie à l'égard d'une masse d'individus soit d'une classe sociale soit d'une origine ethnique particulière ; la mort comme tabou refoulé par les sociétés de type occidentale ; le questionnement eschatologique ; le dépassement de l'être humain moyen par les progrès de la science coexistant avec la persistance de questions toujours non élucidées etc. Le processus de zombification pour sa part peut être assimilé à l'effroi d'un non-statut ou même d'un déclassement social inconscient.
Dernier élément : l'accroissement continu de la population mondiale augmente automatiquement les frictions de différentes natures (comme le stress hydrique ou énergétique). Sept milliards d'être humains pour une planète dont les ressources sont pour une bonne part non renouvelables avec une dispersion de terres arables limitées. Alors comment ne pas croire qu'il y a là aussi une peur de conflits à venir, violents de surcroît, pour la possession de richesses mal réparties géographiquement ou injustement captées ? Nous serions alors en présence de l'Harmaguédon citée dans les textes abrahamiques.
 
Le zombie est devenu un être à part de la littérature fantastique. D'origine haïtienne et connexe au vaudouisme, le mort-vivant est pourtant une réalité provoquée chimiquement par l'emploi de tétrodotoxine, ralentissant les fonctions vitales jusqu'à reproduire les stigmates de la mort chez la victime. Et que l'emploi conjugué de Belladone, Mandragore et Datura à forte dose d'atropine permet de réactiver. L'état d'hébêtement caractéristique du regard vide des zombies étant apporté par l'administration de psychotropes (la vision de quelques hères s'extrayant tardivement de quelque sortie bien arrosée et/ou stupéfiée conforte aisément la plausibilité de cette thèse).

Le zombie, en tant que personnage contemporain doué d'une « vie » propre et non plus le jouet d'un marionnettiste doublé d'un herboriste, fut porté à l'écran et magnifié par le réalisateur Georges Romero qui créa la sensation en 1968 avec La nuit des morts-vivants. Mais c'est surtout son Zombie de 1978 qui, outre quelques épisodes de barbarie sanglantes, marqua les esprits par sa critique particulièrement acerbe de la société de consommation américaine : le centre commercial (le mall) devenant le centre de l'action mais aussi un acteur à part entière. La vision de ces êtres décharnés déambulant en ce lieu sans but, uniquement mus par une vague réminiscence de leurs activités passées, est d'une efficacité philosophique redoutable.
Les épigones et recréations tomberont parfois dans la caricature et le mauvais goût, voire le non-sens le plus complet malgré quelques perles subsistantes ici et là dans tout le fumier des films de zombies des années 1980 et 1990. Mention spéciale à ce titre au Re-Animator du réalisateur Stuart Gordon, amateur des écrits de l'écrivain Howard Phillips Lovecraft (1890-1937) qui sous des dehors gore et des tirades d'humour noire, ne s'enquiert pas moins très sérieusement de la possibilité de revivre après une mort clinique ainsi que de la thématique de l'acharnement thérapeutique.
Le film britannique humoristique Shaun of the Dead est pour sa part un raccourci rapide et saisissant de cette fibre polémique en pointant du doigt, même sous couvert d'humour horrifique, certaines craintes ou travers de la société. L'on ne dira jamais assez combien les films en provenance d'Angleterre sont souvent iconoclastes comme annonciateurs de dystopies qui peuvent tout aussi bien se transformer peu ou prou en futur proche. Ainsi Shaun of the Dead en son introduction est extrêmement caustique quant à la génération actuelle, engoncée dans ses écouteurs et un travail répétitif, c'est à dire aliénant et débilitant. Sans que l'on ne sache si l'un est la cause de l'autre...

Le film de zombie permet, en sa version film de genre, de faire passer des messages que ne peut se permettre le film grand public. Soit par peur du procès soit par peur du boycott et le plus prosaïquement par manque total d'imagination et de profondeur scénaristique. Saluons à ce titre la performance de La Horde des réalisateurs Yannick Dahan et Benjamin Rocher qui ont réussi à fournir un pain-baguette-hémoglobine assez jouissif par la qualité et le tempo.
 
World War Z de ce point de vue marque un dépassement utile à indiquer. En premier lieu, il eut à respecter la fameuse classification de la puissance Motion Picture Association of America qui impose un visa pour un type précis de spectateurs. World War Z dut passer par ses fourches caudines afin d'obtenir un PG-13, soit la possibilité d'être projeté en salles de façon assez large puisque uniquement interdit aux moins de treize ans non accompagnés par un adulte (une classification supérieure, soit R, aurait occasionné des pertes de substantielles rentrées d'argent). Cet obstacle franchi moyennant un coup de frein sur les ressorts habituels (le sang n'est que rarement présent dans le film et plusieurs scènes ne sont que suggérées dans leur conclusion fatidique) a offert un métrage que l'on peut considérer grand public sur le thème et c'est une première. 
 
Sur la forme, nous avons droit à une réalisation efficace sans guère de temps mort (passez-moi l'expression) et un jeu d'acteur somme toute très respectable bien que non exceptionnel. Le passage le plus mitigé reste la première demie-heure, celle où le héros est « encombré » de sa famille, où les sentiments dégoulinent comme une guimauve restée en plein soleil d'été. Sur le fond, le scénario reprend habilement l'émergence de zones emmurées de par le monde en leur attribuant une utilité finale, de même qu'il évoque une manière assez peu orthodoxe de lutter contre une déferlante de zombis affamés.
Peut-être, et de cela les forums de geeks ne manqueront pas de gloser en d'interminables pages, que le terme d'infectés serait plus adapté que zombie bien qu'il soit évoqué au cours de l'histoire une période de mise en veille desdits infectés pouvant les rapprocher du comportement « standard » qui sied à tout zombie.
 
Divertissant, World War Z suscitera l'intérêt parmi les cinéphiles ordinaires, s'offrira quelques critiques parmi les zombophiles et laissera dans la tête quelques images assez fortes. L'on peut malgré tout comme le mentionne avec à-propos le site Vodkaster, regretter fortement qu'en raison des limitations auto-imposées, « les zombies n'existent pas en tant que créatures cathartiques ». À chacun de se forger son opinion...
 
Et le cyber dans tout cela ?
Hé bien, souvenons-nous par exemple que les machines zombies existent et qu'il s'agit souvent d'un habile nécromancien tirant les ficelles de tels agissements pour en tirer un profit symbolique, économique ou politique. Et ce jusqu'à former des hordes, plus communément appelées botnets en langage informatique. Car signe des temps et de l'évolution technique, même nos ordinateurs peuvent être zombifiées, et ce à notre insu...
 
Je vous délivre là une liste très loin d'être exhaustive, et limitée dans le passé récent. Libre à vous de la compléter durant vos vacances d'été !
 
Les séries :
Dead Set
The Walking Dead
Death Valley
 
Les films :
World War Z
Bienvenue à Zombieland
Dead Snow
La Horde
 
Les livres :
Petite philosophie du zombie (Maxime Coulombe)
Guide de survie en territoire zombie (Max Brooks)
World War Z (Max Brooks)
La nuit a dévoré le monde : j'ai deux amours, les zombies et Paris (Pit Agarmen)
 
Les ludiciels :
Left4dead 1 & 2
Dead Island
DayZ
ZombiU
Dead Rising 1 & 2
 
Les sites :
Zombieworld http://www.zombiesworld.com/
Horreur.net http://www.horreur.net/

Lecture complémentaire d'un allié :
Des surprises stratégiques (2) Le jour des morts-vivants http://terrealalune.blogspot.fr/2012/09/des-surprises-strategiques-2-le-jour.html
 

Et pour terminer, retour vers le passé avec le très célèbre Thriller de feu Michael Jackson (que certains prétendent vivant malgré sa mort).

 


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7 réactions à cet article    


  • lecritiquedepub 23 juillet 2013 11:24

    Pour lire la critique de l’affiche de World War Z, c’est par ici http://www.lecritiquedepub.com/worldwarz/


    • Gasty Gasty 23 juillet 2013 12:44

      Le prochain titre qui devrait vider tous les canapés c’est : « Quand les zombies s’éveilleront »

      Parce qu’ ils sont sur des canapés les zombies, parfois ils sont activés avec une bière, une pizza et un match de foot 1 h durant.


      • Gasty Gasty 23 juillet 2013 12:48

        World war Z en fait, c’est une panne généralisé des émetteurs de transmission d’une finale et ils tentent par tous les moyens de rejoindre le stade....

        Voilà !... Vous savez tout.


      • Montagnais Montagnais 23 juillet 2013 12:52
        Bel article l’Auteur

        De l’herbe à Zombes, y’en a partout en ce moment .. les 12 milliards de bipèdes sont gâtés gâtés !.. dans le cocasoda, dans le popcron, dans les hams, dans les frites, le nutellum, les chouinegohome, le liquide vaisselle Canard, le bronzage intégraz Dame Mimile, l’amincissant Dame Anaconda de chez Laréolé ..

        Vous l’avez judicieusement souligné : on est dans l’Emprire du Mall .. même les dimanches et les lundi, les temples à Mammon sont remplis.

        Mais la meilleure drogue, le paramount poison, parfaitement enthéogène, psychotrope hallucinogène, psychédélique effect garanti, la vraie tétrodotoxine .. c’est le spectron, la télévisie, la réclame, l’industrie de l’amusement publique, le tour de .. , le sarkoton, plus belle la vie ..

        Tout le monde en ferveur à l’orgie .. l’insouciance des Zombis

        Tenez, moi qui suis addict selon le Haguiga et le Quart livre, et le Cinquième Livre aussi .. j’ai bu ce matin quatre grand coups de vin (Gevrey Chambertin coupé de corton ) accompagnés d’ un petit verre de Datura - que je cultive chez moi. 

        Faut donc que je soye indulgent ..

        Quant à la tétrodotoxine, le saviez-vous ? on l’utilise depuis longtemps dans nos traditions .. un distillat de macération ethylique de gastéropodes bouillis au chaudron trois nuits après les Rogations .. je vous en mets de côté un flacon si vous voulez

        • Katapugon 23 juillet 2013 12:59

           ... ce film est une daube qui n’a aucun message audible à transmettre... stop .... c’est de la bouillie de navets pour les glands ... stop ...  :->


          • Montagnais Montagnais 23 juillet 2013 14:16
            L’Auteur à pas dit le contraire cher Capitaine Katapugon de Chalkidi .. il a juste décrit

            Chacun son interprétation.. le doigt au vent, le doigt dans .. la bonne direction ..

            Mon avis rejoint le vôtre, mais en plus, moi c’est tout l’Hollywodisme que je qualifie en vos termes fleuris ..

            .. ça date pas d’hier .. 1415 ! 440 avant le galiléen .. 336 .. notre ancêtre .. de Sinope ..

            Mais le sort nous est souvent contraire ..

            Pas tout le temps cependant !


          • bert bert 24 juillet 2013 02:21

            si j’ai bien compris c’est israel qui fourni les vaccins à l’aluminium 

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