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Quand les médias soufflent sur les braises

Un an après les événements de l’automne 2005, tous les regards se tournent vers les quartiers dits sensibles. Les médias, à court de sujets catastrophiques, se réfugient dans cet anniversaire pour faire trembler dans les chaumières. Surmédiatisation du moindre incident, rediffusion à la chaîne des images de l’an passé... nombreux sont ceux qui accusent les journalistes de souffler sur les braises.


Quand les médias soufflent sur les braises

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Les réactions les plus appréciées

  • Par Florian ROULIES (xxx.xxx.xxx.163) 6 novembre 2006 17:49
    Florian ROULIES

    Il est selon moi important de regarder la situation réelle : alors que rien ne se passe dans les banlieues, les images de l’an passé ne cessent de débouler sur nos écrans. Les « spécialistes » se succèdent sur les plateaux pour évaluer les risques actuels d’une reprise des événements dans les quartiers dits « sensibles », et la moindre poubelle brûlée est aussitôt considérée comme le prémice d’une gigantesque montée de violence. On se trouve en face d’une situation très dangereuse :

    1 ) les médias redessinent le stéréotype du « jeune des banlieues » qui met le feu à tout ce qu’il croise, ce qui a pour effet de faire monter d’un cran la colère de la majorité silencieuse qui tente de s’intégrer dans une société qui ne fait pas vraiment d’effort pour les accepter...

    2 ) le fossé qui sépare les « quartiers sensibles » du reste du monde se creuse encore, ce qui n’arrange en rien les choses.

    3 ) lorsque l’on sait que ces fameux « quartiers sensibles » sont délaissés 365 jours par an, que personne ne parle d’eux - et surtout de leurs habitants - et que personne ne s’intéresse à eux, il n’est pas étonnant, lorsque l’on voit le temps que durent les reportages consacrés aux poubelles en feu, que certains enclenchent un phénomène de mimétisme en allumant eux aussi un incendie qui, l’espace d’un instant, les ressortira de l’oubli total dans lequel il sont plongés depuis bien trop longtemps. Evidemment, il ne faut pas cautionner cela, et c’est à chacun (nous, citoyens, mais aussi politiques, médias, etc.) de faire en sorte que les habitants de ces quartiers sortent par d’autres moyens du trou noir dans lequel ils sont plongés.

    4 ) Enfin, c’est malheureux à dire, mais plus un JT propose du spectaculaire, plus il récolte de l’audimat. Loin de moi l’idée de dire que les journalistes « provoquent les incidents pour faire de l’audience », mais j’affirme que certains se délectent de diffuser et de rediffuser des images choc qui attireront chaque soir un peu plus de téléspectateurs, en quête de sensationnel et de grand spectacle. Il est bien clair que ce ne sont pas les médias qui mettent le feu, mais ils assèchent un terrain qu’une étincelle suffira alors à embraser.

    PS : je ne mets évidemment pas tous les journalistes dans le même panier. Certains n’entrent absolument pas dans cette démarche... mais ce ne sont hélas pas les plus visibles.

  • Par David Adel (xxx.xxx.xxx.52) 6 novembre 2006 13:49

     smiley

    Excellent !

    Bravo Florian.

    Dad

  • Par Florian ROULIES (xxx.xxx.xxx.163) 7 novembre 2006 14:26
    Florian ROULIES

    Je ne pense pas que différencier information et spectacle, actualité et divertissement, ainsi que rapport de faits et intox soit un obstacle majeur à l’entrée en école de journalisme...

    Mais si être journaliste c’est faire entendre aux gens uniquement ce qu’ils ont envie d’entendre, si être journaliste c’est s’en tenir au politiquement correct et au léchage de bottes gouvernementales, si être journaliste c’est ne pas pouvoir poser parfois un regard différent sur des tableaux restés dans l’ombre du stéréotype... si être journaliste, enfin, c’est refuser toute critique et toute remise en cause, alors oui, nous sommes d’accord, je n’intégrerai jamais aucune école de journalisme.

    Quant à ce dessin... pensez-vous que mon analyse me condamne ? Ma parole, cher Panama, vous considérez les journalistes comme des tyrans !

  • Par Florian ROULIES (xxx.xxx.xxx.163) 7 novembre 2006 17:30
    Florian ROULIES

    Oui, sauf que le journaliste n’est ni un chanteur, ni un comédien, ni un artiste... son rôle n’est pas de plaire, mais de retranscrire des faits, le plus objectivement possible. Et c’est d’autant plus vrai pour l’information de service public (JT de France 2, par exemple, qui est loin d’être le dernier à faire du grand spectacle...).

    Vous venez de mettre en lumière le principal problème : quand on réalise un reportage, on ne réalise pas un film de cinema. On ne se soucie pas de l’audience, mais de notre aptitude à retranscrire des faits tels qu’ils se sont passés.

    Quant à l’analyse, il est vrai qu’elle est fort importante, l’idéal étant même de proposer plusieurs points de vue et diverses hypothèses. Mais abreuver pendant 25 minutes le téléspectateur d’images de bus en feu (à plus forte raison des images datant de l’année passée) tout en s’écriant "ça va recommencer, ça va recommencer !" n’est pas selon moi une analyse très pertinente...

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