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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > Arnaud Montebourg et toutes ses facettes

Arnaud Montebourg et toutes ses facettes

Pour ne pas l'oublier trop vite

Retour vers son passé …

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L'artiste du jour entre en scène …

C'était il y a deux ans et demi et j'avais observé, amusé et agacé, le spectacle de Monsieur Montebourg en campagne. Depuis cet écrit, je dois reconnaître qu'il n'a cessé d'occuper les premiers rôles, qu'il a montré bien des facettes, qu'il a tiré la couverture à lui pour le meilleur et surtout pour le pire.

L'homme, je le découvrais alors, avait un formidable talent d'acteur de théâtre.Passant d'un rôle à l'autre, cherchant désespérément une parcelle de sincérité, il n'a réussi qu'à nous fatiguer durant toutes ces facéties qui lui tinrent lieu de politique. Au soir de ses adieux, alors que le rideau vient de se baisser pour lui, je ne crois pas inutile de vous le montrer tel que je le vis à l'œuvre, ce soir-là, en avril 2012.

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Place à la vedette du jour. Comme tous les caciques du parti socialiste, il débute par le tour des camarades présents qui partagent l'estrade en sa compagnie ; habitude détestable qui veut que le spectateur soit immédiatement placé au second plan de cette confrérie secrète. Les mondanités partisanes achevées , nous avons enfin droit à « Mesdames et Messieurs .. ».

C'est le premier Montebourg qui entre en scène. Il se fait prédicateur anglican, évoque les foudres de l'enfer en fustigeant le bilan du locataire actuel du Palais : le petit Nicolas, à l'époque « Notre monde tombe de Charybde en Scylla ! » proclame l'homme qui a des lettres ; il use de variations de voix, de modulations dignes du prêche. Seul le débit trop rapide n'en fait pas un homme d'église. Il laisse d'ailleurs ses paroissiens un peu à la traîne de son épitaphe sur la politique du sortant.

Il attaque franchement ses phrases. Le ton élevé, la voix gronde puis, imperceptiblement, descend tranquillement pour finir ses longues périodes en un souffle. J'attends qu'il évoque Dieu : c'est François Hollande qui fait son apparition pour des premiers applaudissements un peu asthmatiques.

Le second Montebourg sera professeur d'université. Il déballe, à la va-vite, un cours d'économie comparée. Il semble absent à son auditoire. C'est mécanique ! Il a du talent, certes, mais sans conviction. Le public ne doit pas être à la hauteur de ses ambitions ; il fait le boulot, sans plus. Il va bien trop vite pour donner des respirations. Tout juste s'il offre quelques plages pour des réactions : rires ou applaudissements.

Voici encore un nouveau personnage : il entre dans la truculence. Nous fait « Les lettres de mon moulin en Saône-et-Loire ». Il joue, il est bon, il est drôle ; c'est son meilleur emploi !Avec sa voix parée d'un léger accent bourguignon, il nous fait du « Crédit Agricole » du meilleur effet. Il surjoue un peu, hélas, ne ralentit nullement son débit.

Soudain, changement de décor pour la mondialisation. Il se drape dans les habits du tragédien. Avec une voix de speaker des actualités cinématographiques des années 60, il chantonne un peu, accélère de plus en plus la cadence tandis que les images défilent virtuellement derrière ses propos. Il avance à la vitesse d'un cheval fougueux, contraint de subir la bride d'un autre.

Il varie, une fois de plus, sa manière. On entre dans le monde de l'animation. Il joue une farce, il se régale et évoque Colbert, comme si c'était un personnage de bande dessinée. Le public est noyé par le flux, surpris par le spectacle aussi, sans doute. Les têtes acquiescent, parfois les mains battent. Il faut pourtant le laisser filer sur sa route. La salle ronronne et l'orateur file sa toile.

Je m'ennuie un peu. A mon avis, il manque la ferveur des meetings du Front de Gauche. C'est trop lisse, trop tranquille, trop installé déjà dans les habits du pouvoir et de la respectabilité. Montebourg, pourtant, n'est pas franchement à l'aise dans ce rôle. D'ailleurs, il mue une fois encore. Le voilà Shadock ; il en profite pour piquer un tantinet celui dont il est censé vendre la candidature : « Le programme de dé-mondialisation que j'ai porté aux primaires, on le retrouve un peu en pièces détachées dans le programme de Hollande ! » Pan dans le bec !

Pour terminer, il revient au prêche. Avec gravité il pointe du doigt, calme son débit , enfin. Fatigue, lassitude ou besoin de souffler un peu ? C'est surtout le grand couplet de la morale puis des grandes phrases éternelles. Il faut conclure dans le lyrisme. Il évoque la Résistance, la France, la République. Il se pense en Obama, il ferait bien un rêve, lui aussi.

C'est terminé. Rien de la sixième République qui était son credo lors des primaires. Pas la plus petite évocation de l'autre Gauche :celle qui compte si peu de ce côté-là du manche. Les applaudissements sont brefs ; les auditeurs partent juste à la fin du discours. Pas ou peu de passion dans tout ça. J'ai pourtant vu un fort beau comédien qui défend honorablement un texte qui n'est pas sien. Il a fait le « job », il prend rendez-vous tout simplement.

Multifacettement sien.

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Vous savez, tout aussi bien que moi, la suite. L'homme n'a pas déçu. Il a fait le « show » (je suis décidément contraint à l'anglicisme avec cet oiseau-là). Il a amusé les médias jusqu'à l'indigestion, jusqu'à la nausée. Il a parlé, s'est agité, a montré ses muscles avant que de baisser la garde et perdre tous les bras de fer engagés. Il est sorti sur un dernier éclat qui pourrait bien être une explosion en plein vol.

Adieu l'artiste, ton numéro est terminé ! Même si tu n'es pas le seul à faire des affaires publiques une représentation permanente, vide de conviction, tu demeures le paradigme de ce qui nous rebute dans cette classe politique de professionnels du verbe mensonger. J'espère sincèrement que ton échec annonce la fin prochaine de la République de ces professionnels de la politique. J'ai hélas un immense doute ...

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6 réactions à cet article    


  • claude-michel claude-michel 1er septembre 2014 10:52

    Son « one man chaud » a fini dans le ruisseau....Il passait son temps a dire quelque chose..et son contraire juste après..changeant d’idée comme de chemises..Un pantin..un guignol..On se demande surtout comment un mec aussi nul pouvait être au gouvernement...Je dis une bêtise..ils sont tous nuls.. !

    +++

    • C'est Nabum C’est Nabum 1er septembre 2014 12:46

      claude-michel


      Il a du talent
      C’est un comédien, un bon, un comique

      Mais est-ce un politicien ? 

    • claude-michel claude-michel 1er septembre 2014 13:54

      Bonjour Nabum...certainement non...enfin il me semble du portrait que je le fais d’un politicien...


    • C'est Nabum C’est Nabum 1er septembre 2014 16:09

      claude-michel


      Alors ce n’est qu’un clown

    • Plus robert que Redford 1er septembre 2014 23:30

      Mmmm !...

      Montebourg !...

      Je l’eus quelques brèves années comme président du conseil général...

      Pas de doute, c’est un « Faiseur »

      au sens B du dictionnaire « Le Robert »

       "N. m. (1789). Péj. Celui « qui cherche à se faire valoir, à se donner une importance excessive » (Académie). è Hâbleur, vantard."

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