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 Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > Burundi : une population accro au sexe malgré les apparences

Burundi : une population accro au sexe malgré les apparences

Les proverbes, adages, expressions lancées dans les réunions des familles, les meetings ou les rencontres, renferment toujours des connotations sexuelles et loin de mettre mal à l’aise une partie de l’audience, elles détendent l’atmosphère. Des maisons familiales aussi, lieux de vente des boissons alcoolisées et véritables bordels répartis dans tout le pays où le sexe est un mot tabou pendant la journée mais un véritable culte pendant la nuit.

Pour jurer, pour proférer des injures à autrui, pour amuser la galerie, pour chanter, rien n’est bon que de parler du sexe ; un mot tabou en dehors de ces contextes. La phrase la plus répandue et qui sorte de la bouche de tout le monde sans exception de rang social est Ndakenda Mama, expression Kirundi, la langue locale, qui signifie « Je nique ma mère ». Assurer une promesse, confirmer un rendez-vous, mettre en garde quelqu’un, rien n’est bon que jurer de la sorte. C’est une certitude dans ce que l’on doive faire ou ce que l’on fera. Une phrase plus que normale et prononcée sans contrainte. Malgré le modernisme et l’ascension sociale de la plupart des citoyens de ce pays, cette manière de jurer, fait référence et confirme la véracité des faits. Devant ses enfants, son épouse ou sa famille, cette façon de jurer, est prononcée sans le moindre remords.

Pendant la crise et les conflits ethniques, cette phrase pouvait constituer une mise en garde pour la personne poursuivie ou menacée. Il suffisait que la personne d’une autre ethnie lâche cette phrase pour que l’on fasse très attention à sa sécurité. Le Burundais, un personnage discret, distant, peut-être timide, mais en apparence, durant la journée, on dirait un sociétaire du Vatican : tout calme, chacun de ses gestes sont faits avec attention et méticulosité, mais à la tombée de la nuit, tout devient différent. Le Burundais s’affiche dans le noir ; le sexe devient un bien de consommation courante et non un tabou. La plupart des débits de boissons sont entourés de minuscules chambres où l’on peut s’évader pour assouvir ses désirs. Plusieurs maisons et domiciles de famille proposent la vente des boissons alcoolisées. Les familles, dont les revenus ne leur permettent pas joindre les deux bouts du mois ou chercher à survivre, n’hésitent pas à vendre de l’alcool et des limonades aux voisins ou passants de week-end. Plusieurs familles, dans les quartiers périphériques de Bujumbura et des autres provinces, ont recours à ce petit commerce de boissons pour subvenir à la scolarité de leurs enfants. Cependant, ces genres de commerce cachent des comportements nocturnes qui ne correspondent pas toujours à la réalité du jour  : les infidélités, connues par l’un des conjoints, se commettent dans ces maisons ; d’ailleurs, il n’est pas rare qu’une femme, qui tient la vente des boissons, soit la maîtresse de ses nombreux clients qui fréquentent sa maison afin d’assurer une clientèle régulière. Et les conjoints s’accommodent à ces comportements déviants, surtout quand c’est la femme qui assure le financement des besoins de ménages.

Beaucoup de viols, au sens vrai du terme, rapport sexuels forcés et des relations sexuelles avec consentement, se commettent dans ces lieux des boissons et les jeunes folles s’en accommodent surtout quand elles sont moins instruites. Il arrive souvent que la mère propose à ses clients les faveurs de ses filles, toujours pour assurer sa clientèle. Dans la ville de Bujumbura, les provinces de Gitega, Ngozi, jusqu’à Bururi, ces maisons servant de débit des boissons pullulent partout et se transforment souvent en bordel pendant la nuit. Le terme de tournante, utilisé souvent dans les pays occidentaux, est de mise dans ce pays. Il n’est pas rare de voir une femme couchée par plusieurs hommes à tour de rôle et souvent avec consentement. Les fonctionnaires de l’Etat, ouvriers de bâtiments, les chauffeurs revenant du travail, profitent d’un crochet dans ces maisons de boissons pour prendre un verre et profiter des largesses des vendeuses ou même de la femme de la maison et ça se passe de tout commentaire. Il est d’ailleurs rare que les voisins sachent que la femme ou ses filles sortent avec telles ou telles personnes puisque ces dernières sont considérées comme des clients et rien de plus.

Dans ces maisons, tout le monde couche avec tout le monde et le secret reste de mise aussi longtemps que les filles ne conçoivent pas ou n’attrapent le sida. Les frères et cousins du jour deviennent amants et maris de la nuit, les oncles et parents du jour se transforment en clients de nuit. Dans les quartiers huppés de la capitale, les débits de boissons existent au sein même des maisons et villas de Bujumbura. Si la femme ou les filles ne s’offrent pas aussi facilement à leurs clients, il existe ce qu’on peut appeler « une prostitution de luxe » où on ne couche pas avec n’importe qui et où les clients sont soigneusement sélectionnés. Parmi les clients de ces maisons, le personnel local et aussi étranger des Nations unies et des différentes organisations non gouvernementales, les fonctionnaires de l’Etat et des entreprises privées. Les faveurs sexuelles sont octroyées pendant les nuits pour espérer trouver un emploi dans une organisation internationale. Ces endroits sont biens aménagés et construits pour faciliter les intimités entre les clients et le personnel de la maison. Il n’est pas rare de remarquer que l’une ou l’autre fille de la maison devienne standardiste ou secrétaire dans une organisation internationale ou une société privée de la place.

La fille burundaise à l’instar d’une fille rwandaise, considérées comme l’une des filles les plus belles d’Afrique, se caractérisent par une grande légèreté sexuelle, selon leurs compatriotes burundais et le sexe sert plus comme un tremplin ou une voie de survie plutôt qu’un acte d’amour. Ces filles, de nature douce et parfois sans histoire, se révèlent être de véritables travailleuses du sexe pendant la nuit et tombent souvent dans les panneaux de leurs frères, cousins et voisins, et n’osent rien dire.

Au Burundi, les gens disent que « quand une fille dit non, dis-toi qu’elle t’a dit oui ». Et à force de tomber dans le piège de leurs bourreaux, on finit par s’accommoder et accepter les faits. Selon les dires des habitants de ce pays, il ne faut jamais s’attendre à ce qu’une fille te dise oui, puisqu’elle ne le dira jamais. C’est à toi de foncer pour y arriver et ça marche toujours. Et c’est une réalité difficilement compréhensible sous d’autres cieux. Les coutumes, les schémas sociaux, les mauvaises conditions de vie, font que les femmes sont les substituts, les suppléants des hommes et répondent facilement à toutes les avances des hommes sans aucun remords. Ça s’est toujours passé ainsi dans ce pays où le taux de prévalence au VIH/sida ne cesse d’augmenter malgré les fonds importants alloués par les organisations internationales pour combattre cette maladie.

A force d’attendre et de focaliser toute l’attention sur le sexe et de la supériorité de l’homme sur la femme, les relations sexuelles sont devenues une chose plus que banale et le sexe peut être octroyé à n’importe quel arrivant et passant pourvu qu’il ne l’emporte pas. L’acte de pénétration ne constitue pas une possession puisque le sexe restera toujours la propriété de la femme, dit-on. Des vulgarités, tournées autour du sexe et la place de la femme dans la société burundaise, contribuent à banaliser l’acte sexuel dans toutes les provinces du pays et font de nombreux victimes dans la population féminine. Quand les hommes confirment que leurs femmes aiment ça et que ces dernières ne réagissent pas, tous les abus et excès sont permis pour profiter des largesses de beaucoup des filles qui sont souvent les premières victimes de la contamination au VIH/sida et autres maladie sexuellement transmissibles.



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Les réactions les plus appréciées

  • Par fabien cishahayo (---.---.---.65) 26 novembre 2007 13:40

    Chers lecteurs et chères lectrices d’agoravox

    Je dois d’abord avouer que je suis burundais et que mon commentaire doit être lu en référence à ces origines, même si, du moins je l’espère, elles ne coloreront pas mon commentaire

    Je dois aussi confesser que cela fait 15 ans que j’ai quitté mon pays et que je n’y suis pas retourné, en raison de la guerre qui le déchirait et qui a décimé une grande partie de ma famille. Mais le pays que décrit l’auteur de cet article n’est pas le mien, et surtout la caricature est tellement énorme que je ne peux m’empêcher de penser à Talleyrand qui disait que tout ce qui est exagéré est insignifiant

    Commençons par le commencement, c’est-à-dire par le juron - Ndakenda mama. Niquer sa mère - autrement dit commettre l’inceste, est tabou comme dans toutes les cultures - demandez à Sigmund Freud. Au Burundi, nous jurons - « ndakenda mama » pour signifier que nous respecterons la parole donnée. Nous disons aussi ndakenda mwishwanje - que je nique ma nièce si je ne respecte pas cet engagement. Cela ne traduit donc pas la lubricité des Burundais, mais souligne la dimension sacrée de la promesse. Puissé-je niquer ma mère si je ne respecte pas cet engagement ! L’auteur de cet article avait besoin de cette traduction culturelle qui lui a échappé, parce que, apparemment il avait besoin d’aller vite en besogne pour décrire sa Sodome et Gomorre découverte au bord du lac Tanganyika.

    La deuxième remarque qui me vient à l’esprit en lisant cet article m’est inspirée par La Peste d’Albert Camus. Je me souviens de ce père jésuite, le Père Paneloux, qui, du haut de la chaire de vérité, condamnait sur un ton péremptoire les habitants d’Oran décimés par la Peste : « Mes frères, vous êtes dans le malheur, mes frères, vous l’avez mérité ». Devant le spectacle de la mort d’un bébé, le père Paneloux sera bien obligé de ranger ses convictions théologiques, pour reconnaître que la souffrance de cet innocent, qui s’est éteint après une longue agonie, n’était pas méritée.

    Le Burundi est décimé par le SIDA et tente de sortir d’une guerre meurtrière qui a fait des centaines de milliers de victimes. Les affres de la guerre civile ont elles influencé négativement les moeurs ? Assurément, surtout que des casques bleus sont passés par là et que, l’appât de quelques dollars a pu jeter dans les pattes de certains d’entre eux, dont la moralité est élastique, des jeunes filles que la faim tenaillait.L’offre a suivi la demande.(Au Congo, il y a une centaine de procès à ce sujet)Par ailleurs, la guerre, avec son cortège de souffrances, dont la hantise permanente de la mort, a pu changer les moeurs - Éros et Thanatos ont toujours été associés.Il n’y a pas de doute que la prostitution a augmenté, comme dans tous les pays qui traversent des périodes difficiles de leur histoire.Mais tous les domiciles sont-ils des lieux de prostitution ? Toutes les femmes,mariées ou non, sont-elles des prostituées.

    Mais la société burundaise est-elle aussi lubrique que ce que nous décrit l’auteur de l’article, sûrement après un court séjour au Burundi ? Je souhaite aux lecteurs du site agoravox de lire des ouvrages de sociologie, d’histoire, d’anthropologie, etc. sur le Burundi, au lieu de se fier à des articles aussi légers et aussi caricaturaux sur le pays. Les Burundais, comme tous les humains, descendent du singe, mais ils ne sont pas si proches, sexuellement parlant, de nos cousins bonobos. Et le pays n’est pas ce paradis des touristes sexuels que semble décrire l’auteur de l’article et qui apparemment fait aussi le bonheur des fonctionnaires internationaux, des employés des ONG, et des visiteurs de passage. Le pays est-il devenu un immense bordel à ciel ouvert ? C’est à peine si l’auteur ne nous a pas dit que même les couvents des bonnes soeurs sont devenus des bordels ! Je me demande comment tous ces frères humains qui nous aident à enrayer la pandémie recevraient un tableau aussi dramatique et aussi déprimant...

    J’aimerais rappeler que j’ai quitté ce pays depuis 15 ans, mais que, vous vous en doutez, il ne m’a jamais quitté.Je suis régulièrement tout ce qui se passe au pays, j’écoute ceux qui en viennent, qu’ils soient burundais ou étrangers et je n’ai jamais eu vent de cette métamorphose de ma terre natale en immense bordel.Le sexe fait vendre et l’auteur a sûrement voulu accentuer le trait pour être lu du plus grand nombre de personnes possible. Je connais des tabloïds qui fonctionnent comme cela et qui se font des millions, parce qu’il y a des citoyens qui aiment la presse de caniveau

    Enfin, j’ai souvenance que, dans mon pays, les femmes congolaises avaient la réputation d’être particulièrement lubriques - umushikazi - la femme mushi - un groupe ethnique congolais - était chez nous synonyme de prostituée. Mais il ne faut pas répondre aux clichés de l’auteur en lui balançant d’autres clichés à la figure.

    Un accro à Agoravox

    Fabien Cishahayo Prof, Université de Sudbury, Ontario Canada

  • Par Halman (---.---.---.170) 26 novembre 2007 10:38
    Halman

    Et ne croyez surtout pas qu’en France ce n’est pas pareil.

    Chacun se dit « oh mon dieu pas de ça chez nous ».

    J’ai fais un stage dans un centre de dépistage du sida à Paris il y a 12 ans.

    J’en ai encore la nausée.

    Si vous saviez à quel point toute la belle faune bourgeoise et estudiantine s’y retrouve...

    Chose curieuse, jamais d’ouvriers, de smicards. Toujours une certaine bourgeoisie qu’on aurait qualifiés de notables il y a encore un siècle.

    La salle d’attente remplie jusqu’à 19 heures tous les jours.

    Des centaines de numéros de cartes anomymes distribués par semaine. Remplies des informations que les gens voulaient bien donner, tamponnées, datées, numérotées par mes soins derrière mon guichet.

    Rencontres de boites de nuits furtives et non prévues, épouses contaminées par leurs maris follatrants (les drames qui en découlent), aventures d’étudiants qui prennent un rendez vous angoissés qui s’évanouissent quand on leur annonce un résultat heureusement négatif, que l’on doit remonter à coup de jus de fruit ou de café.

    Certains, peut être par provocation ou totale inconscience, donnant des détails de pratiques sexuelles irrépétables sur un forum, cochant sans rougir la case « plusieurs partenaires dans la même soirée ».

    Et encore, ce n’est qu’une infime partie, ce ne sont que les rares qui ont le courage de faire la démarche.

    Dans mon hôpital, le nombre de jeunes femmes mariées qui sont mortes du sida, contaminées par un mari qui ne peut s’empécher d’aller trainer avec n’importe qui une ou deux fois par semaine, est bien plus courant que les gens s’imaginent.

    Quand aux neuneux qui sont persuadés qu’on les a vaccinés contre le sida parce qu’on leur a fait une prise de sang, qui sortent souriants du cabinet du médecin nous disant qu’ils ont la bénédiction de pouvoir continuer à « draguer » jusqu’au prochain rendez vous dans 10 semaines. Véridique. Il y en a des comme ça, et pourtant ce sont des gens d’une éducation et d’un niveau culturel impressionnant !

    Et c’est en France, à Paris, en ce moment même.

     smiley

  • Par Martin Lucas (---.---.---.58) 26 novembre 2007 11:07
    Martin Lucas

    Article d’ayatollah destiné à diffuser la haine du sexe.

    On se croirait aux temps de l’inquisition. Un petit discours moralisateur, quelques poncifs, et une « image sainte » montrant un christ mourant.

    Ce qui tue avant tout le Burundi, c’est la pauvreté, la malnutrition, le manque d’hygiène.

    Les statistiques de mortalité générale ne suivent pas celles des morts du sida (dont les « estimations » prêtent à rire, sachant qu’elles ne sont pas basées sur des tests mais sur des symptômes de maladies opportunistes).

    http://www.indexmundi.com/fr/burundi/

    Quant à la question du viol, car il s’agit bien de viol, sans vouloir prôner l’ingérence, il faut apprendre aux filles à se défendre et aux hommes le respect de tous, là il y a un véritable chantier éducatif. Cependant, il faut noter que la notion de viol a à voir avec celle d’intimité, de domaine privé (les « parties honteuses ») qui nous est inculquée en occident.

    Si effectivement la pénétration n’est pas ressentie par les femmes du Burundi comme une possession ou une invasion, en sont-elles vraiment traumatisées ?

    Ces questions, culturelles doivent être débattues et abordées avec les intéressé(e)s et non par au dessus, comme vous venez de le faire, en jugeant les moeurs d’une population.

  • Par masuyer (---.---.---.151) 26 novembre 2007 22:08
    masuyer

    « Ceci dit, je suis d’accord sur un point. S’ils veulent se comporter comme des animaux et aiment le Sida, nous devons respecter leur culture. »

    Moi je suis d’accord sur un autre, si Internaute vaut se vautrer dans la bêtise la plus crasse, nous devons respecter son inculture et sa connerie profonde.

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