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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > De l’agneau au cochon

De l’agneau au cochon

Festival de Travers

Faire son miel de la tradition !

 

La foire Saint Aignan fut décrétée par Louis Le Gros en 1108 pour célébrer le grand homme d'Orléans, avant qu'il ne soit détrôné dans sa bonne ville où il était évêque, par une héroïne lorraine qui mit 500 ans à devenir sainte. Le 17 novembre, la tradition voulait que les paysans viennent vendre lors de cette foire le cochon qu'ils avaient engraissé. L'occasion faisant toujours le lardon, la coutume voulut que, lors de la fête, on vende également des petits cochons en pain d'épice.

Il ne faut pas se voiler la face : c'était en un temps heureux où personne ne se souciait de savoir s'il était Français de souche ou bien vieille branche ou jeune pousse. Les racines étaient toujours imprégnées de la terre qui collait aux sabots de bois. Tout était bon dans le cochon et qu'importe que le nom du brave Aignan soit issu du mot agneau ; n'est pas bouc émissaire qui veut ! Il n'y avait pas encore de guerre alimentaire autour d'interdits religieux qui sont venus jeter de l'huile sur le barbecue.

Bien que la jeune bergère, et néanmoins pucelle, lui eût volé la vedette à cause d'un dénommé Cauchon, c'est malgré tout Aignan avec sa foire au cochon qui perdurera dans notre bonne cité. Cherchant à mettre mon groin partout, j'ai bien du mal à trouver le rapport entre le noble animal tant décrié de nos jours et le pain d'épice, à moins que le miracle du brave évêque ne fût indirectement évoqué par ce curieux rapprochement sémantique.

 

Pour ceux qui ne suivent pas mes histoires, je vous rappelle que, pour combattre les méchants Huns d'Attila, notre brave évêque, après avoir volé sur son destrier jusqu'à Arles afin de quérir le secours de l'armée impériale, supporta gaillardement le siège et finit par prendre deux poignées de sable qu'il jeta à la face des infidèles, païens de surcroît. Chaque grain devint une guêpe qui piqua les odieux assaillants. De la guêpe à l'abeille, la confusion est possible quand on fait son miel d'analogies douteuses.

Laissons là la querelle des origines. L'essentiel est ailleurs ; la saint Cochon bat son plein, les chiens font les andouilles et d'autres du boudin à l'écart des festivités. Pour réconcilier les uns et les autres, tous fils d'Abraham et neveux d'Aignan, la petite confiserie fera l'affaire. Pour bien indiquer à tous qu'en chacun de nous sommeille un cochon, il est de coutume d'écrire en sucre son prénom sur la friandise, en bonnes lettres latines.

L'ami Perrault, conteur et raconteur de chansons, reprend le flambeau du cochon. Pour son onzième festival de Travers, il fait le pari de vendre 500 petits cochons en pain d'épice, retrouvant ainsi ce qui fit la gloire de sa fête du cochon d'antan. Il semble qu'il y ait un atavisme local qui impose la célébration du porcin. Il est vrai que le port est à deux pas de là …

 

Alors, avec un mois d'avance sur le calendrier, le cochon sera à la fête ; il trônera en majesté sur cette place Saint Aignan, renouant avec son passé glorieux : celui d'un temps où nul interdit ne venait frapper les pourceaux et les gorets, les truies et les verrats. Ce petit supplément d'âme viendra mettre du piquant à cette belle manifestation gratuite et festive. Chansons, stands, animations, buvette, restauration, expositions seront au programme du point fixe d'un Festival qui se veut itinérant, le reste du temps.

Les bénévoles d'ABCD vont se multiplier encore une fois pour satisfaire le plus grand nombre, préparer les infrastructures d'une animation qui enchantera petits et grands. Oubliez vos divergences religieuses : le cochon ici n'est que prétexte ancestral, farce pour esprits tolérants. Rions de concert, chantons la gloire des pourceaux et des jouvencelles, des vieilles carnes et des cochons de lait.

Je vous attends ; tout est bon ici pour faire la fête, vous retrouver autour d'un verre à pied, tenir des propos sans queue en tire-bouchon ni pâté de tête. Demandez le programme, habillez-vous chaudement et pensez à vous prémunir en buvant vin chaud ou bien en avalant soupe maison, crêpes ou bien huîtres. Le Festival de Travers prend la tangente : il s'offre son rendez-vous ouvert à tous. Ne vous faites pas de mauvais sang : les ronchons et les chafouins, les frileux et les grincheux, les abstèmes et les potomanes ne seront pas des nôtres. Nous sommes en pays de vin et le divin boit du petit lait.

 

Vive la ripaille, vive la musique, vive le partage et la convivialité ! Gagnez votre parcelle de paradis de votre vivant : c'est place Saint Aignan et nulle part ailleurs. Les cochons feront des rêves dorés et les poules seront bien gardées. Les pisse-vinaigre passeront leur chemin ; ici on se moque des conventions et des anathèmes. Le blasphémateur mangera son cochon avec délectation.

 

Porcinement leur.

 

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17 réactions à cet article    


  • juluch juluch 17 octobre 2015 13:22

    Encore heureux qu’ils existe toujours des Foires et autres marchés dans nos campagnes....


    Tout est bon dans ce magnifique animal si proche de nous !

    Merci Nabum !

    • C'est Nabum C’est Nabum 17 octobre 2015 14:38

      @juluch

      Il est pourtant voué aux gémonies ici ou là

      C’est curieux que l’animal le plus proche génétiquement de l’homme soit ainsi pourfendu les dieux


    • OMAR 17 octobre 2015 15:38

      Omar9

      Salut @Nabum

      C’est un pote à Mochère qui me l’a dit : le cochon est protégé par Dieu que vous appelez Yahvé ou Allah ; la preuve, il interdit sa consommation...
      http://www.dailymotion.com/video/xamabj_le-potamochere_animals

      Salut juluch  :« .... ce magnifique animal si proche de nous ! ».

      Tu ne peux savoir combien tu dis vrai !!!!!!


    • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 17 octobre 2015 16:39

      @C’est Nabum

      l animal le plus près génétiquement de nous est le chumpanzé,
      à moins que ça ne soit pas un animal ?
      ensuite, ce sont les grands singes, puis les petits singes

      le cochon est un mammifère comme nous mais pas très proche génétiquement
      cette légende est due au fait que ses organes peuvent être utilisés pour des greffes sur l’homme car la corpulence est proche et ils ne sont pas rejetés

      sinon, il serait préférable de prélever des organes de chimpanzé,
      mais les bonnes âmes seraient émues et Brigitte Bardot mènerait une vie d’enfer aux chirurgiens,
      alors qu’elle ne dit rien pour les cochons

    • C'est Nabum C’est Nabum 17 octobre 2015 17:37

      @M de Sourcessure

      J’ai donc été vecteur moi aussi d’une légende urbaine

      On m’aurait donc joué un tour de cochon

      Merci de me remettre le groin dans mon auge ....


    • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 17 octobre 2015 13:28

      Les légendes sont belles, et le pain d’épices est bon.

      Mais si la foire Saint Aignan date de 1108, il est peu probable que les petits cochons de pain d’épice y fussent présents à l’origine,et ils ont dû être introduits beaucoup plus tard par des marchands venus de Dijon, de Reims ou d’Alsace.
      Le gâteau au miel aromatisé est d’origine chinoise, mais c’est à Reims que s’étaient établis les premiers maîtres pain d’épiciers. C’est vers le XIVe siècle que les pâtissiers rémois ont eu l’idée de relever le goût du pain au miel avec des épices ; on leur a donné le nom de « pâtissiers de pain d’épices ». Le 2 août 1571, les ouvriers du pain d’épices affirment leur existence et revendiquent leur monopole. La corporation des pain-d’épiciers est alors fondée dans cette ville, puis reconnue officiellement par Henri IV en 1596

      • C'est Nabum C’est Nabum 17 octobre 2015 14:39

        @M de Sourcessure

        Je m’en doutais bien un peu mais je n’avais pas les éléments.

        Merci de m’avoir mâché le travail


      • Henry Canant Henry Canant 17 octobre 2015 13:59

        C’est donc le Festival de travers de porcs


        • C'est Nabum C’est Nabum 17 octobre 2015 14:40

          @Henry Canant

          Tous les travers sont bons pour ceux qui ne veulent pas filer droit


        • oncle archibald 17 octobre 2015 16:36

          Bonjour C’est Nabum, moi c’est de cette phrase que j’ai fait mon miel :


           « Bien que la jeune bergère, et néanmoins pucelle, lui eût volé la vedette à cause d’un dénommé Cauchon » ....

          Et nez en moins, faudrait-il comprendre qu’à l’ordinaire les jeunes bergères ne soient plus pucelles ? Ah les cochonnes !

          • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 17 octobre 2015 16:46

            @oncle archibald

            elle mettait en avant son pucelage pour ne pas etre prise pour une putain !
            les seules femmes qu on trouvait dans les armées étaient des prostituées qui faisaient plus de ravages que les armes

            jeanne d’arc a donc violemment chassé les prostituées (une légende affirme même qu’elle a cassé un épée historique sur le dos de l’une d’elles à cette occasion) pour remonter le moral des troupes et rétablir la discipline

            pour bien montrer qu elle ne mangeait pas de ce pain-là, elle a veillé a afficher sa qualité de pucelle qui était incompatible de notoriété publique avec les pratiques érotiques de l’époque...

          • C'est Nabum C’est Nabum 17 octobre 2015 17:38

            @oncle archibald

            Le bouc est pervers la plus part du temps


          • Abou Antoun Abou Antoun 17 octobre 2015 19:59

            @sampiero
            concernant le pucelage le citron fait parait-il des merveilles !
            Vous en dites trop ou pas assez. Mode d’emploi ???


          • Abou Antoun Abou Antoun 17 octobre 2015 19:58

            Cet article, c’est de l’art ou du cochon ?
            Attendons les commentaires, on verrat bien s’il ne contient que des truismes.


            • C'est Nabum C’est Nabum 18 octobre 2015 10:01

              @Abou Antoun

              Je fais l’andouille et rien de plus

              et l’histoire tourne en eau de boudin


            • colere48 colere48 18 octobre 2015 10:54

              « Agnus Dei, qui tollis peccáta mundi, dona nobis pacem. »

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