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Déambulations

Au gré du vent et des sentiments.

Qu'il est doux ce mot qui pousse à la rêverie et au bout du chemin. Déambuler sans savoir où l'on va, aller au gré de sa fantaisie et de son bon plaisir. Suivre le vent ou bien le courant, aller à l'aventure sans but ni raison. C'est aussi laisser filer les mots, ne pas se poser de questions, n'avoir nulle démonstration à défendre, nulle morale à avancer.

C'est justement ce qui me pousse sur ce clavier, une envie de glisser sur un mot, de me laisser prendre par sa merveilleuse invitation à flâner, à aller au hasard des associations d'idées . Je dois seulement prendre garde de ne pas mettre mes mains dans les poches, le résultat ne serait que fort médiocre.

Déambulons donc et allons de concert sur mes chemins favoris. En tout premier lieu celui de ma Loire que j'abandonne tout juste à l'instant. Elle refait des joues et contraint les hommes à se prémunir de la montée des eaux. Hier, j'ai déambulé en compagnie d'une cinquantaine d'enfants qui venaient à la découverte de notre dame Liger …

Petits beaucerons, ils ont observé, se sont émerveillés et ont écouté. Ils ont marché sur le pierret, regardé les traces du passé, ont été attentifs aux signes avant coureur de la montée des eaux : l'eau qui se devient couleur chocolat, qui porte quelques bulles et charrie des troncs et des objets abandonnés sur les rives.

Nous étions sur les pas de Maurice Genevoix, ce grand écrivain qui a vécu rue Saint Nicolas à Chateauneuf sur Loire. J'avais dans ma musette quelques extraits de ses plus beaux textes sur notre rivière, les enfants ont préféré mes bonimenteries, parfois le goût des enfants n'est pas des plus fiables ! Qu'importe, ce sera partie remise, je ne doute pas que leurs institutrices poursuivront notre petit bout chemin ligérien.

La déambulation a pris un tout autre tour. Dans cette même rue Saint Nicolas, nous avons arpenté les chemins de lumière de Vezelay. La symbolique celtique, la culture chrétienne, la tradition pythagoricienne … les voies d'une connaissance ésotérique parfaitement dominée par notre interlocuteur. Nous sommes pris au jeu et nos ancêtres mariniers ont joué un modeste rôle dans cette aventure si lointaine …

Je poursuis du coq à l'âne, sans fil conducteur. C'est la déambulation langagière dans toute sa splendeur et mon maudit ami le téléphone vient semer son grain de sel. On m'y parle de pommes de terre de l'île de ré, d'une nouvelle aventure rugbystique à Lunel , de vin de Bourgueuil et de chansons qui se mettent en musique. Je suis heureux d'entendre ces voix amies et furieux de ne pouvoir terminer mon billet, qui ne cesse de bifurquer, de prendre des routes imprévues parsemées de pauses impromptues et de ruptures inconfortables.

Je déambule alors que mes préoccupations intimes sont ambulatoires. Pourquoi même les mots les plus délicats ont des membres de leur famille aussi peu fréquentables ? Ceux-là ne sont pas l'honneur de la tribu, ils portent leur poids de contrariété et de souffrance, de difficultés et de préoccupations qui nous éloignent de nos fantaisies errantes.

Demain, je retrouverai ma Loire. J'irai à nouveau à la conquête de Saint Nicolas, j'inventerai des fables et j'emprunterai des tracés incertains, imaginaires ou fantasmés. À nouveau, mon girouet flottera au vent de l'imagination, je me laisserai guider par le bout du cœur et de ma version distordue de l'histoire. Je déambulerai sans vous imposer je l'espère une autre fois ce billet hésitant, cette balade en pays d'incertitude et de tergiversation.

Je me pose. J'ai achevé ce voyage tourmenté. Je laisse mon baluchon de mots. Les circonstances n'étaient pas propices au vagabondage tranquille. Demain sera un autre jour. Cette fois, nul ne viendra perturber mes pérégrinations intérieures. Je pourrai à nouveau musarder à ma guise, prendre la clef des champs ou bien de ma rivière, aller où bon me semble. Demain sera un nouveau jour de déambulation autour des mots et des pensées.

Flâneusement vôtre


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18 réactions à cet article    


  • jno jno 25 mai 2013 12:24

    C’est Nabum


    30) Doit-on souffler sur un élève qui s’éteint ?


    En ce jour saint du 25 Mai fête des mères,

    ne pas souffler cette bougie même amère

    en ces temps où Alois ne se rappelle plus

    l’aile de Lucie, quand les vents prennent sans cri le dessus,

    sous la surface au dessous de ces lignes qu’elle ne liera plus,


     !

    Maman,

    Le vent tourne

    Comme tournent les pages,

    S’envolent avec lui les rêves et les images,

    Comme s’envolent les pages du livre de ton visage.

    Mam,

    Le vent se cache et se terre à chacun de tes passages,

    S’écrivent alors en silence les souvenirs d’un paysage,

    comme j’écris cette page lovée du livre de ton visage.

    Ma,

    Et le vent si sage à chaque instant souffle les pages,

    D’un livre en fin comme il souffle sur nos visages.

    M,

    D’abord rose aux pétales de l’éveil,

    d’un papillon se métamorphose

    l’avenue de l’eau fleur bleue,

    où les nuages ont comme

    un parfum de rose aux

    pétales de l’éveil,

    d’une rose

    rouge

    âtre.

     !

    ni..


    En séjournant jusqu’à cette ligne je me dis,

    qu’il me reste encore jusqu’au 26 de demain,

    pour lui porter un soin de papier, de mots parapluies

    pour l’abriter du mauve, étant qu’il fasse trembler ces mains.


    Ne pas le dire ne pas le faire,

    au sein même d’un exercice peu ordinaire,

    danse et puis souris sans le fer,

    seul le sceau assigné peut défaire,

    peut délivrer la couleur nécessaire

    pour délivrer du sort, non pas ma mère

    mais les larmes ocreuses de l’amer.


    Alors quand le dire est le faire

    j’ai teint la lumière, et le fait

    de le dire est ainsi plus clair.

    Alors vous le dire pour lui dire, c’est fait.


    La vie est un cycle erroné,

    où je n’ai levé la main,

    à peine souffler un brin

    pour ici glisser sans fin,

    que l’avis est ainsi claironné

    en silence, envouté.


    Bien à vous cher lecteur qui empruntez ce chemin,

    de mon coeur à son coeur en passant par vos mains


    L’avis est un si clos en ce seing,

    que gisent nos coeurs sans n ni X

    dans ce mot au grand choeur de Jno.


    Bonne fêtes à toutes les mamans,

    toutes ces Reines du pays des merveilles,

    plus un mot d’amour est donné

    plus la place au doute est laissé, en veille.


    Jnove en love,

    faite que des mers veillent sur elle.


    • C'est Nabum C’est Nabum 25 mai 2013 13:16

      jno


      Voila bien fête qui m’exaspère de fille en mère et de garçon en généiteur ! 
      C’est faire grand honneur au genre que de discerner l’une et puis l’autre, de célébrer Darty et la batterie de cuisine, les fleuristes et les maisons de bricolage.

      La maréchal Pétain n’éait pas paire de France, c’est pour ça qu’il voulu sa fête. Haut les cœurs !

    • jno jno 25 mai 2013 18:35

      C’est Nabum
      .

      Méprenez-moi sur la date, le fait à sa raison,

      je n’aime pourtant pas les joies à plat de coton.

      Je me roule en boule aux fêtes des faiblesses à facettes,

      au grand dam (pas si grande) de l’oiselle Cendrillon.

       

      Pourtant qu’elle est vraie l’ère singererie

      des fleurs aux couleuvres du marché prit.


    • C'est Nabum C’est Nabum 25 mai 2013 14:38

      SelenaOndirignee


      J’apprécie que vous veniez au secours de jno
      En fait c’est un jeu entre nous et nulle intention de lui nuire ni de contredire ce que vous avancez.

      Je ne suis pas un adepte de la théorie du genre, je puis vous l’assurez et dans le débat auquel vous faites allusion, il y a bien des sottises de tous côtés.

      Merci à vous et rassurez-vous, vous êtes entre gens qui savent se tenir.

    • C'est Nabum C’est Nabum 25 mai 2013 16:21

      SelenaOndirignee 


      Tout d’abord, le mot fleuve est une invention des géographes du XIX° alors que de tout temps on a évoqué le mot rivière qui me va si bien.

      Ne désarmocez pas avec des gens qui poussent le bouchon trop loin, vous tomberiez dans des filets dérivants.

      Merci de jouer les casques bleus de la toile.

    • jno jno 25 mai 2013 17:27

      C’est Nabum
      ...
      toc toc toc
      ...
      Bonjour Monsieur, je vous prie de m’excuser de ce retard,

      je n’ai même pas de mots aujourd’hui, aucune excuse,

      la panne de réveil ne risque rien, il est illusoire.

      J’étais intervenant dans une classe bien confuse,

      celle de Mr Alzheimer, Alois de son prénom.

      Il avait lui aussi un enseignement à m’apporter,

      le fait est que les yeux maternels de Lucie,

      ne brillent qu’aux neurones artificiels enchantés,

      dans un monde aux allures D’Alois aux chandelles en toupies.

      So what, quoi donc écouter d’autres en demandant la permission

      de rentrer en classe, juste quand John fait son entrée...

      J’aperçois une steppe mais je suis tout petit pas, j’ai dissertation

      certes, mais assis on voit mieux les géants.

      J’ai le col sale, faut pas qu’je traine,

      toc toc toc... Puis-je entrer ?


      • Vipère Vipère 25 mai 2013 17:38

        Monsieur ALZHEIMER

        Revenez lundi, pour la classe, aujourd’hui, c’est repos ! 

        avec un col propre, si ce n’est pas trop demander ! smiley


      • C'est Nabum C’est Nabum 25 mai 2013 17:47

        jno


        Je sais ce mal terrible pour le connaître tout près de moi.
        Je vous pardonne

        Essayons d’oublier ce terrible compagnon d’une société qui se vante d’avoir de la mémoire artificielle partout et ne peut sauver ceux des siens qui perdent la leur

        Vous me ferez quand même un mot d’excuse, fussent-elles vaines et illusoire ! 

      • C'est Nabum C’est Nabum 25 mai 2013 17:49

        Vipère


        jno n’a pas de cole Mao ?

        Encore un extrémiste ...

      • jno jno 25 mai 2013 18:15

        C’est Nabum
        .
        Je m’y attèle pour tenir le bon mot.

        Pour le col matez le colmatant,

        pour le moment j’ai un col cyano.

        Et pour Cyrano du met dit calmant,

        je m’en remets aux ainés, à l’eau trop claire

        la médecine moderne vit une drôle d’ère.


      • Vipère Vipère 25 mai 2013 17:54

        S’en souvient-il seulement ? smiley


        • jno jno 25 mai 2013 17:55

          Madame ? Mademoiselle ? Vipère en tout cas,

          c’est que voyez-vous je ne suis pas en avance,

          je vais donc de ce pas aller en permanence

          poursuivre mes travaux, j’en ai un tas.

                                                                                            Merci pour l’info et bon repos,
          je fais au mieux pour le col.


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 25 mai 2013 17:57

            Z’etes un bon déambulateur Nabum , vous feriez fortune vers Nice ... smiley


            • C'est Nabum C’est Nabum 25 mai 2013 18:23

               Aita Pea Pea Vipère et Jmo


              Je ne suis qu’un Bonimenteur et je vais raconter mes histoires ce soir en bord de Loire.
              Nice, c’est très sud pour moi.

              Venez me voir si le cœur vous en dit

            • Vipère Vipère 25 mai 2013 18:53

              Nabum

              Une invitation aux histoires ? merci.

              Cela fait longtemps que plus personne ne me raconte plus d’histoires ! but,

              It’s a long way to Loire, it’s long way to go... smiley


            • C'est Nabum C’est Nabum 26 mai 2013 08:32

              Vipère


              Histoires, sornettes, fadaises, bonimenteries

              Pour vous servir 

            • jno jno 26 mai 2013 12:54

              C’est Nabum
              .

              Bonjour professeur, qu’il n’y est pas erreur

              le « Doctoresse qu’on » est bien pour moi (sans liaison ni ?).

              Ca rime avec ourson en plus et avé coeur.

              Je ne suis pas fier devant tous ça.

               

              Avec tous ces choix de noms en « oie »

              vous m’avez donné une idée, à laquelle

              je vais cogiter de long en large cent fois.

              D’ici là, je suis en permanence essentielle.

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