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Des milliers de cyber-matelots

Plus de 259 000 skippers s’affrontent chaque jour dans les mers du globe. Tout compte : orientation du vent, choix de la voile, changements météorologiques. Mais ces marins sont installés bien au chaud et n’ont pour la plupart jamais mis les pieds sur un monocoque. 

Depuis le 9 novembre 2008 les navigateurs les plus aguerris sont partis des Sables d’Olonne et combattent courageusement la grande bleue. La course est trépidante et riche en rebondissements : soucis techniques, démâtages, blessures. Le dernier en date concerne le pauvre Yann Eliès victime d’une fracture du fémur suite à un choc violent sur le pont.

Parallèlement à cette régate se déroule sur le Net un Vendée Globe virtuel. Succès immense pour ce jeu qui réunit chaque jour des milliers de moussaillons supplémentaires.

Le but est simple : après la personnalisation de son soixante pieds, le skipper virtuel a pour tâche de réaliser le même parcours que les Michel Desjoyeaux, Sébastien Josse et autres Samantha Davies. La météo évolue toutes les six heures (11 heures et 23 heures) et oblige les marins à repenser leur cap et leur choix de voiles.

Ce jeu produit par Manyplayers est totalement gratuit même s’il est possible d’acheter des options qui facilitent drôlement la navigation. Pour neuf euros ont peut acquérir un pilote automatique, un « choix optimal de voiles » ou un « régulateur d’allure ». Mais il est possible de figurer en bonne place dans le classement sans dépenser le moindre sous, le prix à payer étant avant tout une grande disponibilité pour pouvoir à tout moment se connecter et régler à l’optimum son embarcation. Heureusement, les plus mobiles pourront utiliser l’option téléphone qui leur permettra de barrer leur bateau depuis leur portable.

L’occasion est tentante : 10 000 euros à empocher pour le premier ! Mais attention, vous croiserez des navigateurs redoutables et sans aucune pitié. Parmi eux, Sébastien Destremau, skipper franco-australien au palmarès impressionnant : « une participation à la Volvo Ocean Race, une victoire à la Sydney-Hobart, cinq titres mondiaux, trois titres européens, une multitude de titres nationaux et une 12ème place au classement mondial des skippers de match-racing ». Il anime par ailleurs un blog où se retrouvent tous les matelots afin de discuter de la course réelle mais surtout virtuelle. A la lecture des différents posts on y apprend que ces loups de mer sont souvent exigeants et que cette « aventure » n’est pas prise à la légère, leur cyber-fierté en dépend. Parmi les remarques les plus fréquentes on note une envie de changement d’horaires des modèles météorologiques (8 heures et 20 heures généralement), une nette envie d’amélioration des connections (le serveur est souvent saturé à 23 heures ce qui entraîne pour certains la perte de places), et enfin la prise en compte des conditions de l’océan.

Reste que ce jeu s’avère intéressant par sa nouveauté mais surtout par l’audience touchée. Il peut même se transformer en un outil éducatif efficace et novateur. Une institutrice d’une classe de CM1 a eu l’idée de créer un bateau barré par ses élèves. Elle peut ainsi aborder la géographie des océans traversés et des pays côtoyés, les techniques de navigation et enfin attiser le goût pour la compétition des bambins. Il faut croire que la capitaine distille de bons conseils : leur bateau se classe ce soir 1444ème ! Cette démarche permettra peut-être de susciter des vocations chez ces jeunes mousses.

Cette régate virtuelle teste certaines aptitudes indispensables aux véritables navigateurs pour gagner ce genre de compétition : la régularité, l’abnégation, le sens tactique. Ici aussi la chance a une place importante. Il n’empêche qu’être devant son écran et manipuler sa souris n’a strictement rien à voir avec une réelle navigation. Le confort du lit après les derniers réglages de la journée rappelle aux matelots du Net qu’ils sont sur la terre ferme même si leurs rêves les emmènent dans les 50èmes hurlants.

Bonne course à tous mais surtout…bon vent !


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4 réactions à cet article    


  • oncle archibald 20 décembre 2008 11:13

     J’ai vu aussi des fous-furieux régater avec des voiliers radiocommandés sur un parcours traditionnel type coupe américa, et la non aussi il y a beaucoup de passion et de technique ... que du bonheur avec les voiliers, les vrais sur lesquels on peut monter, les petits radiocommandés et les virtuels sur son écran.


    • depel 20 décembre 2008 12:01

      "La météo évolue toutes les six heures (11 heures et 23 heures) et oblige les marins à repenser leur cap et leur choix de voiles."
      Toutes les douze heures, autant pour moi !


      • Radix Radix 20 décembre 2008 15:17

        Bonjour

        Avec ce genre d’article vous allez donner raison à la pythie !

        Ce genre de truc commercial me hérisse (et pour un hérisson ce n’est pas une figure de style), ces crétins voudraient faire de la voile un truc aussi imbuvable que le foot ils ne s’y prendraient pas autrement !

        La vie par procuration çà vous branche !

        Radix


        • Syrius Syrius 20 décembre 2008 19:42

          Mon père est la dessus presque 1H30 par jours.

          C est le world of warcraft des vieux !

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