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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > Des nouvelles du front …

Des nouvelles du front …

Segpa ... calme 

En période de calme relatif

Après la tempête de janvier, des sept gardes à vue et des comparutions immédiates, des trois conseils de discipline, des deux conseils de vie scolaire et des deux exclusions définitives, vous êtes en droit de vous demander comment va cette étrange classe ! Rassurez-vous, il n'est pas dans mes intentions de vous priver de la vérité quitte, une fois encore, à passer pour un mauvais, un incompétent ou bien un geignard.

Les adeptes de la théorie de l'exemple en seront pour leur frais. La secousse passée, les petits travers reviennent au galop. Les élèves, si on peut leur accorder ce substantif, ne remplissent toujours pas le rôle qui devrait leur incomber. La classe demeure un vaste salon où chacun parle quand il en éprouve le besoin, besoin qui ne cesse de s'imposer d'ailleurs. Le travail scolaire est toujours aussi laborieux et l'apprentissage défaillant.

Il y a heureusement quelques petites inflexions. Ils subissent à la maison quelques petites pressions qui leur imposent de rendre parfois un travail écrit quand je leur donne un devoir. J'en profite pour introduire enfin quelques exercices purement scolaires et parfaitement nécessaires compte tenu du niveau réel des troupes. Le chemin à parcourir est si long que je doute que nous réussissions un miracle. Qu'importe !

La classe a parfois, trop rarement, l'allure d'une classe ordinaire. Le silence hélas ne dure jamais plus de quelques minutes. Les apartés reprennent bien vite, les bavardages incessants font penser au bourdonnement d'une ruche laborieuse, à la différence près que les ouvrières ne font rien d'autre. Je dois m'estimer heureux, il est d'autres cours où même le calme relatif n'est pas encore acquis.

Je me désespère de ne pas travailler et m'en plains à mes responsables qui relativisent ma déception, satisfaits qu'ils sont de la paix revenue. Comme si j'avais seulement à me contenter de tenir, dans une salle de classe, un groupe de quatorze adolescents ! Cette ambition insensée qui est mienne de leur transmettre des connaissances, de leur donner le goût de la lecture, le plaisir de la découverte, l'envie du savoir, c'est placer la barre trop haut, sans nul doute ; les faire se tenir tranquilles devrait me suffire !

Je pense alors à cette jeune fille qui n'ouvre jamais son sac, qui se pose au fond de la classe et s'ennuie à mourir. Je ne parviens pas à la sortir de sa torpeur, de sa fuite insensée vers le gouffre. Elle ne fait rien, ne retient pas plus et en sait encore moins. Elle est conforme, à la condition, bien sûr, de ne lui faire aucune remarque, ce qu'on me conseille et que je ne parviens pas toujours à tenir.

Faut-il donc se résigner à accepter que désormais le métier consiste simplement à contenir des mômes qui n'ont plus rien à espérer de l'école ? La contrainte n'est d'aucune efficacité, la persuasion reste vaine, le déclic ne vient pas et pendant ce temps, chaque heure de cours est une frustration, une souffrance et un calvaire autant pour l'enseignant que pour les enseignés.

Je remplis à chaque heure des fiches de suivi, instrument dérisoire d'un contrôle qui n'a pas de sens. Que noter dans cette case minuscule ? Qu'il ne s'est rien passé et que l'élève n'a ni frappé ni insulté un camarade pas plus que le professeur. Cela va de soi ! Alors j'écris un « Bien » qui rassurera l'administration et fera illusion auprès des parents. Pourquoi ne puis-je pas inscrire un « À quoi bon ! » qui marquerait l'inanité de cette mesure tout comme la vacuité de la séance écoulée ?

La paix scolaire est revenue. Les élèves ne s'entredéchirent plus. Il demeure des clans, de la haine qui ne demande qu'à percer au moindre incident, des troubles profonds qui affleurent dans différents comportements. Je pense à ce gamin qui a donné un grand coup de tête sur sa table pour se punir de ne pas savoir écrire. Il s'en est déboîté le cou. Mais tout va bien, son éclat est resté silencieux.

Je pense encore à l'une de ces petites filles, perdue dans le tumulte des vies de ses camarades ; ballotée, toujours silencieuse, absente un jour sur deux environ, incapable de se mettre au travail. Elle observe, sans jamais ouvrir la bouche mais comme elle ne fait pas de vagues, tout va bien : la situation est sous contrôle même si personne ne contrôle vraiment rien !

Je plains cet autre garçon qui se raidit de plus en plus dans sa posture distante. Perdu dans cette classe délirante où il n'est pas à sa place, il a peur et somatise à s'en rendre malade mais il n'y a aucune autre solution pour lui. Il porte sa croix dans ce groupe qui refuse toute scolarité ordinaire ; alors il s'offre des semaines de répit, des congés de maladies toutes plus diverses les unes que les autres, expressions de son corps pour rejeter cette folie quotidienne.

Je maudis cette gamine qui ne cesse une seule seconde de bavarder. Elle a promis, juré de se taire et de se mettre enfin à l'ouvrage mais ne peut tenir le moindre engagement. Elle est pourtant à plaindre dans ce décalage considérable entre ce qu'elle aimerait être et ce qu'elle est vraiment. Elle n'accepte pas son physique, ne cesse de le dire, se désespère de son niveau réel qui lui ferme les espoirs qui sont encore les siens. Elle est contradiction et mensonge et c'est d'abord elle qui en souffre !

Je pourrais ainsi vous parler de chacun d'eux. Je passe assez temps à les observer pour comprendre que derrière la façade, le tumulte et les dérapages, il y a le constat terrible que tout ou presque est déjà joué, que le retard accumulé est pratiquement rédhibitoire, que le parcours actuel ferme presque toutes les portes, que les années passées à ne pas apprendre ont installé des stratégies d'évitement qui ne peuvent se briser aisément. Ils sont sans illusion et ils n'ont que quinze ans. C'est terrible !

Alors oui, à quoi bon s'escrimer à vouloir encore et toujours croire au miracle, quand eux ont abdiqué devant l'évidence et la prédestination, le diagnostic tombé si tôt et les reproductions de désastres familiaux, les pensées négatives et l'image calamiteuse qui poisse et qui stigmatise ? Ils font tout pour être conformes à ce désastre annoncé, il font tout pour décourager ceux qui veulent encore croire au miracle et qui leur tendent encore la main, jour après jour, malgré tant de déceptions, de désillusions, d'ennuis, voire de mépris.

Demain, je retournerai au front. Demain j'espérerai encore trouver la lumière, ouvrir une brèche, déclencher une réaction. Ce n'est plus un métier, c'est devenu un sacerdoce, une mission suicide. Pourtant, demain encore l'espoir sera au rendez-vous jusqu'à ce qu'ils brisent ce qu'ils ne peuvent supporter : la réalité de leurs difficultés.

Objectivement leur.

 

N.B. : Le lendemain, rien ne se passa comme prévu. Ce fut si fort et si violent qu'il m'a fallut vous le raconter en détail. Il vous faudra attendre un peu ….


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46 réactions à cet article    


  • claude-michel claude-michel 8 février 2014 11:39

    Vous avez une classe de Néandertaliens.. ?
    c’est dure (et long) l’évolution.. ?
    Bon courage...


    • C'est Nabum C’est Nabum 8 février 2014 11:41

      Claude-Michel


      j’ai hâte d’avoir une classe d’homo-sapiens

    • C'est Nabum C’est Nabum 8 février 2014 13:19

      Laipicier


      Je devine là les 3 à 5 % de l’hériage néandertalien qui dmeure en chacun de nous. Il n’y a pas eu barrière de l’espèce mais bien interprénation des gènes et des individus.

      Je devine votre colère et je vous imagine, la massue en main, m’attendant devant ma caverne. Méfiez vous, j’ai un ours comme animal de défense ...

    • France Républicaine et Souverainiste Napoléon Du Perche 8 février 2014 21:01

      Je connais une collègue qui a officié en Segpa, elle s’est fait étrangler par un garçon du groupe des 3ème !


    • C'est Nabum C’est Nabum 9 février 2014 08:35

      Napoléon Du Perche 


      C’est parce qu’ils sont très attachants ! 

      Comment faire autrement. La réalité semble énerver certains

    • BA 8 février 2014 13:23

      « Ce n’est plus un métier, c’est devenu une mission-suicide »


      Nabum, tu te rappelles le générique du vieux feuilleton « Mission impossible » ?

      Le chef des agents secrets leur transmettait un enregistrement sonore :

      « Cette mission, SI VOUS L’ACCEPTEZ, ....... »

      Donc ma question sera : 

      Pourquoi continues-tu à accepter cette mission-suicide ?

      Pourquoi n’abandonnes-tu pas cette mission-suicide ?

      Pourquoi ne changes-tu pas de mission ?

      • C'est Nabum C’est Nabum 8 février 2014 14:28

        BA


        Je ne l’accepte plus ...

        Je renonce pendant qu’il en est encore temps
        Je demande mon droit à la retraite

        Pauvre mais vivant ! 

      • JL JL 8 février 2014 14:03

        ’’chaque heure de cours est une frustration, une souffrance et un calvaire autant pour l’enseignant que pour les enseignés.... Demain, je retournerai au front. Demain j’espérerai encore trouver la lumière, ouvrir une brèche, déclencher une réaction. Ce n’est plus un métier, c’est devenu un sacerdoce, une mission suicide.’’

        Je crois que ce monsieur, si au lieu de s’obliger faire sa caricature quotidienne et venir en faire le SAV tous les jours sur Agoravox faisait vraiment le métier de maître d’école, il ne tiendrait pas le même discours.

        Agoravox n’est pas le mur des lamentations, que je sache ! Et je prétends qu’il y a un mystère Nabum. Enfin, façon de parler.

        A bon entendeur, salut.


        • C'est Nabum C’est Nabum 8 février 2014 14:29

          JL


          Votre mépris me grandit !

        • JL JL 8 février 2014 14:46

          Oui, je sais, on peut vous insulter, vous en redemandez.

          Mais sur le fond ? Sur le travail que ça prend ? Sur cette présence quotidienne obsessionnelle sur ce site et qui n’est pas sans dommage sur votre disponibilité vis-à-vis du travail pour lequel vous dites être payé et je crois savoir, par notre argent ?


        • C'est Nabum C’est Nabum 8 février 2014 15:59

          JL


          Monsieur est inspecteur et me demande de rendre des comptes.
          Venez m’inspecter, je ne demande que ça.



        • tf1Groupie 8 février 2014 21:39

          Faut vraiment qu’il soit con ce JL.

          A l’entendre les nuits des enseignants lui appartiendraient, car « il a payé ses impots ».

          Et seuls les retraités auraient le droit d’utiliser leur temps libre pour écrire sur le Net.

          ça fait vraiment pitié


        • tf1Groupie 8 février 2014 21:42

          Je viens de comprendre : JL n’ayant aucun talent d’écriture il mettrait 3 jours à écrire un texte que Nabum écrira en 2 heures.

          D’où une certaine jalousie rance qu’il se doit d’extérioriser.


        • JL JL 9 février 2014 00:14

          TF1,

          vous n’avez pas tort, l’écriture ce n’est pas mon truc, c’est pourquoi je ne fais des articles que quand j’ai quelque chose à dire que personne d’autre ne dit. Je ne suis pas jaloux de celui qui a cette facilité, et s’il apporte du fond, je suis le premier à l’en féliciter.

          Cela dit, je crois pouvoir dire que dans nombre de mes commentaires il y a souvent plus de contenu que dans bien des articles.


        • C'est Nabum C’est Nabum 9 février 2014 08:36

          TF1


          Pour rassurer notre ami, il me faut environ 45 minutes pour écrire un billet. Je mets donc deux fois moins de temps que certains qui regardent un match de foot par jour. Je ne vole personne ...

        • France Républicaine et Souverainiste Napoléon Du Perche 9 février 2014 13:30

          JL : Agoravox est un espace de débats et d’échanges... si vous n’êtes pas capable d’écouter les autres allez voir ailleurs.


        • loulou 8 février 2014 15:04

          Monsieur JL.

          Vous rendez vous compte de votre mépris envers monsieur Nabum ?
          A l’évidence ce monsieur est plein de bonnes intentions et passionné par son métier.Il nous éclaire sur la réalité de ce qu’il devient.
          Je sais la réalité fait peur. Elle dérange. On la fuit. On préfère s’étourdir.
          Par ses chroniques humanistes, chaleureuses équilibrées et parfaitement républicaines, monsieur Nabum, nous montre un aspect de la réalité d’aujourd’hui.
          Et, vous osez le mépriser ? 

          • JL JL 8 février 2014 15:43

            Monsieur loulou,

            qui a dit que je méprisais Nabum ?


          • C'est Nabum C’est Nabum 8 février 2014 16:02

             loulou et JL


            Ne vous déchirez pas pour moi

            Loulou, j’ai senti du mépris quand JL pense qu’en renseignant ce poste, je ne fais pas mon travail. Il agit en contribuable soucieux de ses deniers.

            JL, j’ai décidé de témpoigner de la réalité de notre travail. La vérité est cachée. J’agis ainsi pour que cesse l’hypocrisie ambiante.

            Merci à vous deux

          • JL JL 8 février 2014 16:23

            Nabum,

            Je voudrais voir la tête de votre hiérarchie si, sachant le temps que vous passez sur les blogs (*), elle lisait cela :

            ’’chaque heure de cours est une frustration, une souffrance et un calvaire autant pour l’enseignant que pour les enseignés.... Demain, je retournerai au front. Demain j’espérerai encore trouver la lumière, ouvrir une brèche, déclencher une réaction. Ce n’est plus un métier, c’est devenu un sacerdoce, une mission suicide.’’

            Est-ce que vous vous rendez compte qu’il y a quelque chose qui ne va pas ? Quelque chose qui cloche, comme on dit ? Ou peut-être : qui ne cloche pas (je ne sais pas comment on dit ça aujourd’hui) ? Suis-je le seul ici à m’en apercevoir ?

            (*) en deux ans : 604 articles publiés, 6386 commentaires postés, 16837 reçus !

            soit en moyenne par semaine, non stop sur deux ans : 6 articles publiés, 70 commentaires écrits, 170 reçus.


          • urigan 8 février 2014 19:13

            JL,

            Pour parler vulgairement, ,la hiérarchie s’en branle. Les enfants sont casés, bien au chaud dans une classe, et advienne que pourra.
            A 16 ans, ils disparaîtront dans la nature. rayés des effectifs, comme au pôle emploi.
            De toutes façon, il n’y a plus d’emploi. Alors, au lieu de passer votre temps à compter les contributions de Nabum, Que faîtes vous, concrètement pour redresser la barre.
            Tiens, une idée :Puisque Nabum part à la retraite, pourquoi n’iriez-vous pas le remplacer ?


          • JL JL 8 février 2014 19:21

            A mon âge, moi, aller remplacer un instit qui part en retraite ? Faut choisir, toto : y a du boulot ou pas ?

            Pfff ! N’importe quoi.


          • JL JL 8 février 2014 19:30

            Faut que j’te dise toto, avant que tu revienne m’emmerder : j’ai au moins dix années de plus que Nabum à mon compteur.


          • tf1Groupie 8 février 2014 21:48

            Tu vois JL pendant que toi tu regardes 2 épisodes de Dr House ou inspecteur Derrick, les charentaises aux pieds et la Kro sur le bide, Nabum lui il écrit un article.

            Deux façons différentes de remplir sa vie ; tu dois te douter de celle que je préfère.


          • JL JL 9 février 2014 00:58

            Vous voyez, TF1 (on se vouvoie, j’aime mieux : je ne tutoie que quand je suis ami ou alors que je m’adresse à une bourrique),

            quand Nabum écrit un article, moi j’en lis des dizaines, ici et ailleurs, et ça me prend du temps, bien plus qu’il n’en faut sans doute à d’autres pour écrire le leur, et j’établis des liens qui apportent du sens ou de l’info.


            En 2 ans, Nabum a ’modéré’ 36 articles par an, 10 fois moins que les siens (combien en a t-il lus qui n’étaient pas de lui ?) ; et on cherche en vain dans ses commentaires postés sous d’autres articles que les siens. Pourtant, il en poste autant que moi. En somme, il se commente.

            En 7 ans, j’ai ’modéré’ 1870, soit 270 par an, et j’ai écrit une moyenne de 3500 commentaires par an, sur des articles écrits par d’autres.

            Ceci prouve que je suis ouvert aux opinions des autres, et que j’en discute. Celui qui ne fait que produire des articles occupe l’espace de son égo démesuré, et c’est déjà bien s’il accepte de répondre à ceux qui se sont donnés la peine de le lire. Vis-à-vis de certains ’auteurs’, je fais une overdose : Nabum, n’est pas le seul à parler ici le plus souvent pour ne rien dire d’intéressant. D’autres pratiquent l’écriture automatique. D’autres s’écoutent parler ou se lisent écrire. D’autres pompent de vieux fonds d’articles écrits par on ne sait qui.

            Il n’y a pas deux façons différentes de participer aux forum citoyen, il y en a plusieurs. Je ne dirai pas celle que je préfère, je serais juge et partie.


          • France Républicaine et Souverainiste Napoléon Du Perche 9 février 2014 13:32

            JL : commentaire inutile, on avait compris que vous aviez atteint un âge de grabataire.


          • tf1Groupie 9 février 2014 14:21

            @ JL,

            vous vous scandalisez :« on se vouvoie, j’aime mieux ».

            Et bien après les commentaires malhonnêtes que vous avez proférés la bienséance n’est plus de mise, essayez d’assumer.

            Mais assumer n’est pas à votre portée, car ici vous essayez de noyer le poisson en faisant de l’arithmétique de comptoir.

            Vos arguties n’effacent pas votre commentaire stupide accusant Nabum de délaisser son travail d’enseignant au profit de son activité d’écriture, tout cela « à vos frais de contribuable ».
            Ridicule, primaire, méprisable.
            Alors le tutoiement, vous voyez, c’est un épiphénomène.


          • Corinne Colas Corinne Colas 9 février 2014 14:53

            Oh smiley  ! 

            Disons simplement que JL est légitimement choqué par ce qu’il lit tant cela paraît éloigné de l’école vendue par les ministres successifs ou qu’il a connu lui-même en tant que parent. Les idéaux sont secoués… 

            C’est vrai que la volonté de bien faire côtoie la désespérance puis une certaine forme d’indifférence quand l’on se trouve sur le Titanic. 

            Je me rappelle mon fils venu au collège passer son examen en candidat libre et offusqué (comme JL). Harcelé sur un banc dans le couloir pour acheter de l’herbe, cachets… il n’a jamais compris pourquoi les enseignants apathiques qui passaient par là, ont détourné le regard en voyant le petit magasin ambulant. 

            ...Et je passe sur les autres détails d’une journée fort instructive !

            Moi j’attendais dans le grand hall, j’étais désespérée d’entendre à travers une porte, les échanges d’un prof avec ses « élèves » : « xxx tais-toi », « xxx assieds-toi ». Cela répété aux uns et aux autres tous les minutes sans résultat. Il ne pouvait faire son travail et impossible d’étudier pour les rares élèves qui l’auraient souhaité.

            C’est ça la réalité aujourd’hui pour de nombreux établissements. Sans parler de ceux qui ne sont finalement que d’immenses SEGPA... au milieu du béton. 
            Alors là... l On a l’impression que les gosses sont condamnés dès la naissance quant aux profs... il leur reste les cachets.

          • JL JL 10 février 2014 10:45

            Merci de votre soutien Corinne Colas.

            Ceux qui n’ont que l’insulte à la bouche sont peut-être les parents de ces enfants dont on parle ici.

            Avec des amis pareils, Nabum n’a pas besoin d’ennemis, lui qui a toute la journée leurs enfants en face de lui

            Et je comprends mieux pourquoi le FN fait tant d’émules : c’est un problème de la poule et l’œuf.


          • bernard29 bernard29 8 février 2014 17:19

            à Nabum,

            Ce n’est pas du tout le commentaire que je devais écrire sur votre récit qui ne manque pas d’intérêts et sûrement de vérités J’aurais par exemple voulu savoir dans quelle classe vous enseignez, dans quel type de lycée ou collège, à quels enfants, parce que c’est quand même assez désespérant. Votre constat est désespérant et voulez vous dire qu’il est général comme le laissent supposer vos interrogations à vos responsables ou votre hiérarchie.

            Mais, votre réponse à BA ( j’ai demandé mon droit à la retraite) m’a fait changer d’avis. J’ai compris alors qu’en fait vous avez démissionné depuis longtemps, et qu’a la fin de votre carrière, a bout de lassitude, vous semblez reporter les problèmes de l’école sur les enfants et leurs désintérêts ou inaptitudes pour l’enseignement et l’école proposés. 

            Mais alors n’y aurait ’il pas un autre pendant à votre article qui nous entretiendrait ce coup-çi de la dérive professorale dans la collectivité scolaire, sur l’incapacité des professeurs, des syndicats d’enseignants, qui, année après année font semblant de réfléchir, de râler ou de s’opposer aux multiples et sempiternelles réformes de l’école, d’influer, de proposer, de s’adapter à, la déconfiture qui semble générale. Toutes ces discussions et palabres pour aboutir en fait, à la constitution d’un front entre l’enseignant et les élèves. 

            On nous a parlé , il y a quelques années, de la démission des parents, des enfants difficiles ou surdoués, voire déclassés, pour expliquer les difficultés de l’école, et maintenant il s’agit de la lassitude, de la démission des professeurs. On aimerait vouloir dire ; Mais qu’est-ce que cette école de la république ?? Il faut tout repenser, «  il faut des Etats généraux de l’école, une nouvelle réforme », mais c’est encore plus ridicule étant donné qu’il y en a tout le temps et qui non seulement ne règlent aucun problème mais en créent de nouveaux . 

            Et, bien sûr les enseignants sont aussi communautarisés de façon verticale dans leurs syndicats , qui ne pouvant répondre à toutes les demandes de leurs mandants, revendiquent les choses les plus consensuelles, les plus faciles, les mieux partagées, les plus mesquines .... ; « des sous...des sous, .... des moyens....des crédits.... » .

            L’école vacille ?? mais c’est aussi peut être parce que notre République vacille.

            question d’actualité entre parenthèse ; parce qu’il semble qu’il n’y ait rien de plus urgent dans le débat sur l’Ecole «  pensez vous que le développement des thèses de la théorie du genre serait un moyen de sortir les enfants de leur torpeur dans votre classe ?? » 


            • C'est Nabum C’est Nabum 9 février 2014 08:39

              bernard29


              Je n’ai nullement baissé les bras. C’est mal me connaître mon ami !

              Je renonce à l’administration mais nullement à mon rôle avec ces élèves 
              Jusqu’au bout il y aura bataille pour qu’ils aillent mieux

              Ce qui est certain c’est que l’ÉDUCATION Nationale va à sa perte, dirigée qu’elle est par des furieux si loin des réalités !

            • Corinne Colas Corinne Colas 8 février 2014 18:31

              Nabum vient raconter le quotidien d’une SEGPA, une classe qui signifie : échec, voie sans issue. Les enseignants le savent et souffrent (généralement) en silence, totalement impuissants. Les enfants le savent aussi et attendent avec impatience ou lassitude d’avoir 16 ans afin d’échapper à cette servitude. 


              C’est bien de raconter tout cela sans hypocrisie !

              Personnellement ce qui me désole, c’est que parfois échouent en SEGPA, des enfants mal orientés (difficultés scolaires banales, handicaps divers) et ceux-là deviennent fous à fréquenter une population bruyante et violente en attente de la quille ! Ils en ressortent encore plus fracassés que lorsque ils y sont entrés, toute confiance en eux, perdue à jamais !

              • urigan 8 février 2014 19:18

                Pour ceux qui ne le savent pas, SEGPA signifie :

                Sections d’enseignement général et professionnel adapté

                Au collège, les sections d’enseignement général et professionnel adapté (SEGPA) accueillent des élèves présentant des difficultés d’apprentissage graves et durables. Ils ne maîtrisent pas toutes les connaissances et compétences attendues à la fin de l’école primaire, en particulier au regard des éléments du socle commun. Les élèves suivent des enseignements adaptés qui leur permettent à la fois d’acquérir les connaissances et les compétences du socle commun, de construire progressivement leur projet de formation et de préparer l’accès à une formation diplômante.

                C’est ce qui est écrit sur le site Eduscol. Mort de rire ! Surtout qu’ils (les élèves) n’ont pas de projets de formations. Les COPs n’ayant pas pu les conseiller.


              • C'est Nabum C’est Nabum 9 février 2014 08:40

                Corinne Colas


                La vérité n’est jamais bonne à dire

                C’est d’ailleurs pour ça que depuis longtemps les politiques ont choisi le mensonge

                Curieusement c’est moi qu’on accuse ici de la rage alors que c’est notre Société qui est malade

              • France Républicaine et Souverainiste Napoléon Du Perche 8 février 2014 20:57

                Je n’ai jamais sévi en SEGPA mais il me semble qu’ils sont en stage à cette époque de l’année ? Quand j’étais dans le 93 j’ai vu des non-francophones partir dans ces structures !!!Y compris des gamins chinois excellents en maths... je n’ai jamais compris qu’une commission puisse valider des trucs pareils !


                • C'est Nabum C’est Nabum 9 février 2014 08:41

                  Napoléon Du Perche


                  Le stage aura lieu après les vacances.

                  JL sera rasséréné ! 

                • tf1Groupie 8 février 2014 21:35

                  « La classe a parfois, trop rarement, l’allure d’une classe ordinaire »

                  Qu’appelez-vous classe ordinaire ?

                  Les classes ordinaires telles qu’on les connaissait il y a encore 10 ou 20 ans n’existent quasiment plus.
                  Même dans les établissements « favorisés » le bruit de fond permanent est plutôt la norme.

                  Mais bien sûr on est très du rejet de l’école que vous avez a endurer.


                  • C'est Nabum C’est Nabum 9 février 2014 08:43

                     tf1Groupie


                    Il est vrai que j’ai maintenant comme un doute

                    Dans une classe voisine dite ordinaire j’ai vu une jeune fille boire du Coca en plein cours dans un bruit que je pensais réservé à ma classe. 

                    Tout fout le camp !

                  • JL JL 9 février 2014 09:13

                    Si je suis bien d’accord que ce récit, est un témoignage à prendre en compte, en revanche je trouve que la méthode qui consiste à étaler sur la place publique ce qu’il se passe dans votre classe sans que les parties incriminées puissent donner leur point de vue est déloyale.

                    En outre, vous devriez avoir deux pseudos : l’un pour ces témoignages, l’autre pour satisfaire votre égo : vous n’avez pas produit ici 600 articles sur ce seul sujet, hein ?

                    Vous vous dites capable d’écrire un article en 45 mn ? C’est une performance, mais vous êtes vous demandé quels étaient les critères utiles sur un forum citoyen ? Si vous croyez que c’est la vitesse d’écriture, votre place n’est pas ici : contentez vous d’un blog perso.

                    Vous avez dit que mon mépris vous grandit ? Je considère que le mépris n’a jamais grandi personne, ni dans un sens, ni dans l’autre. A l’opposé, les flatteries ne sont reçues avec plaisir que par les prétentieux. Ces articles à la gloire de votre ego ne risquent pas de vous attirer les foudres de tous ceux qui font ici œuvre d’empêcher de penser, soit parce qu’ils ne pensent pas eux-mêmes, soit parce qu’ils sont les chiens de garde du libéralisme et de sa pensée unique, je devrais dire sa non-pensée. Ceci explique cela.


                    • C'est Nabum C’est Nabum 9 février 2014 10:07

                      JL


                      Je ne dis rien qui puisse permettre de les identifier
                      J’ai fait un choix qui naturellement est critiquable mais je me tiens à une ligne de conduite
                      Acceptez là comme un simple témoignage

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