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Draguer, mais à quel prix ?

De nos jours, clavarder et converser virtuellement avec des gens de partout dans le monde est plus facile que jamais. Mais qu’en est-il de nos relations interpersonnelles et sociales ? Aborder quelqu’un est ardu, en 2012, et cela surtout dans les lieux publics. Ce problème affecte régulièrement les hommes tentant de rencontrer dans les bars. Une compagnie de Montréal appelé « Wing Me » a pour but de contrer ce problème d’ordre social. L’objectif de celle-ci est de louer les services d’une « Wingwoman »qui passera un moment avec le client, afin d’aider ce dernier à draguer. Ce nouveau moyen « d’aide à la drague » est, selon moi, immoral, car il est mensonger et pourrait s’avérer dangereux.

Tout d’abord, il est très facile d’avoir accès aux services de cette compagnie (www.wingme.ca/fr), un clic et le tour est joué. Le client n’a qu’à remplir un formulaire en ligne, en y inscrivant ses coordonnées, l’heure, la date du rendez-vous et d’y joindre un paiement d’environ 119.97$, soit 50$/h. Aucune vérification prouvant les renseignements du client ne sont demandés. Lors de la dite soirée, le client fait la connaissance de la Wingwoman à l’endroit prévu, souvent dans un bar chic et branché. Elle aidera donc le client à aborder les femmes que celui-ci convoite. Selon le propriétaire de cette compagnie, M. François Soto, « deux hommes sur trois partent du bar, en fin de soirée, avec le numéro de téléphone d’une femme. » Car oui, la Wingwoman va vers les femmes en présentant son client comme étant un de ces bons amis (lorsqu’elle ne le connaît que depuis quelques minutes !) et le vante d’être célibataire et gentil. Elle facilite donc directement l’approche avec les femmes qui, incognito, se font mentir tout au long de la soirée. Bref, je trouve inconcevable le fait de pouvoir payer pour approcher les femmes. Notre capacité à communiquer est-elle si mauvaise ? Qu’arrivera-t-il dans le futur si nous devons déjà engager des « professionnelles » pour nous aider à rencontrer ? La suite reste à voir, mais pour l’instant, cette mode à Montréal reste truffée de mensonge.  

Ensuite, l’utilisation de ces services pourrait s’avérer dangereux autant pour la Wingwoman que pour les femmes qui seront amadouées par l’homme. Premièrement, si vous visitez le site Internet de cette compagnie, vous verrez, dans les termes et conditions de la location d’une Wingwoman, qu’il est interdit de « lui demander de revenir à votre maison », « d’entrer dans votre voiture » et de « retourner à votre hôtel », puis, qu’en « utilisant notre service, vous nous assurer que vous avez au moins 18 ans. » Ceci démontre clairement que la compagnie n’a aucune confiance envers le client et qu’elle n’a aucune preuve des informations d’identification que celui-ci avance. Ce contretemps pourrait causer des dangers pour la Wingwoman qui, seule, se rend au rendez-vous avec un inconnu. Deuxièmement, la présence de cette femme, selon le site de la compagnie, facilite l’approche de l’homme envers les autres femmes. Ceci permet donc, inconsciemment, aux femmes approchées par l’homme, d’atténuer leur réaction craintive envers celui-ci. Ces dernières auront moins tendance à douter de l’homme, parce qu’il est accompagné d’une autre femme. Par exemple, si un agresseur approche un enfant en automobile et qu’il lui demande de monter dans son auto, l’enfant sera porté à craindre l’homme et à refuser, tandis que si un autre enfant est assis dans l’auto avec l’homme, l’enfant aura tendance à vouloir monter, puisqu’un autre enfant y est, lui aussi. Bref, les femmes approchées par le duo (la Wingwoman et son client) seront plus réceptives aux avances de l’homme puisqu’il est avec une autre femme. Ceci pourrait éventuellement créer des situations dangereuses, puisque la Wingwoman met un homme, dont elle ignore l’identité et qui peut être dangereux, en contact avec des femmes inoffensives, en le faisant passer pour un homme respectable. Le danger qui pourrait suivre pour la femme ayant donné ses coordonnées à l’homme, caché par une fausse identité, est incommensurable. Imaginez la facilité pour un agresseur de trouver une victime naïve, avec l’aide des services d’une Wingwoman ! Pour finir, ce moyen « d’aide à la drague » pourrait donc être très néfaste et plus que dangereux.

Pour conclure, bien qu’en apparence tout à fait inoffensive, les services offert par la compagnie « Wing Me » pourrait s’avérer mensonger et dangereux, par la faute de la facilité d’accès à ces services et par la mise en relation d’un homme, dont l’identité réelle est inconnu et qui peut être dangereux, avec une femme sans défense. Il est donc très important de surveiller et de ne pas donner ses coordonnées personnelles à un inconnu. Sur ce, soyez vigilantes mesdames !  


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7 réactions à cet article    


  • Stalouk 11 mai 2012 16:01

    C’est affligeant.

    Moi même jeune homme célibataire, je confirme que c’est carrément difficile d’aborder quelqu’un, un paradoxe total si on regarde l’explosion des moyens de communications modernes : téléphones mobiles, messagerie en ligne, réseaux sociaux, sites de rencontres...

    Déjà à la base, c’est difficile pour un homme d’aller aborder une femme, ça demande un certains « courage ». Mais aujourd’hui c’est pire que ça :

    Je ne veux bien sur pas faire de généralités, mais de nos jours quand on aborde une fille, 9 fois sur 10 elle te regarde de haut avec un air de mannequin...
    Je fais pas refaire tout le couplet Soralien sur le féminisme moderne, qui a poussé la femme à considérer l’homme comme son rival dans une sorte de lutte des classes fantasmées...
    Franchement je n’apprécie guère Soral, mais il faut avouer que sur ce point il est très pertinent.
    Résultat, les hommes sont terrorisés et ils en arrivent à payer des femmes pour les aider à draguer...

    Dans certains pays parait-il, lorsque tu salues une femme dans la rue, elle te répond « Bonjour Monsieur » et elle sourit...


    • johnford johnford 11 mai 2012 22:48

      Le sourire c’est la base, c’est ce qui est censé rassurer l’homme et lui donner le courage d’approcher, car il sait qu’il ne sera pas rejeté comme un malpropre et donc humilié. Il ne reste qu’une chose si vous voulez trouver des femmes qui vous sourient : voyagez ; ici c’est terminé, le féminisme et les séries américaines sont passés par là.


    • franor 12 mai 2012 12:45

      Les« moyens de communication modernes » que vous citez ne permettent jamais une communication réelle. Leurs but est de mieux vous connaitre pour vous vendre des produits ou des services, plus vous les utiliserez plus vous deviendrez dépendant des services qu’ils proposent. Ou pour le mobile de diminuer vos facultés d’organisation.
      La communication entre deux personnes se fait par le geste, la parole, l’intonation, le regard, le déplacement plus le lieu ou elles se trouvent.
      Donc plus vous passerez de temps sur votre mobile, une messagerie en ligne,un réseau social, un site de rencontre. Plus vous resterez incapable d’interpréter les comportements et les attitudes des femmes et donc vous n’oserez les aborder. Après il est vrai que beaucoup se prennent pour des stars et se mettent en scène pour aller prendre un verre au bar du coin, là pour ces cathégories souhaitez vous réellement les connaitre ?


    • perlseb 11 mai 2012 19:35

      @ l’auteur

      Malheureusement, vous n’allez pas assez loin. Nous sommes dans une société intégrale de comédie et de mensonge. Quand un homme arrive bien sapé en voiture de sport, il attire les regards et la confiance et pas seulement d’une majorité de femmes. S’il a plein de billets dans son portefeuille, tout le monde s’abaisse à le servir, à lui vendre ce qu’il désire : c’est la confiance en l’argent.

      Et pourtant, la première question ne devrait-elle pas être : « Comment a-t-il gagné tout cet argent ? ». Bien évidemment, on dit que l’argent n’a pas d’odeur. Mais celui a qui on fait confiance sans le connaître est peut-être un assassin, un trafiquant d’armes, de drogues, un proxénète... Et en acceptant un échange avec un homme dangereux que vous ne connaissez pas, vous vous rendez un peu complice de ses crimes : il a eu raison de les commettre puisque ça améliore sa vie.

      Il y a déjà eu, en particulier, des hommes qui ont assuré leur partenaire sur la vie et qui ont su maquillé leur assassinat en décès accidentel. Résultat, ils s’enrichissent et ils obtiennent beaucoup plus facilement la confiance d’autres femmes.

      Les gens ne se jugent plus par ce qu’ils sont mais par ce qu’ils ont. C’est comme si l’habit faisait le moine... Malheureusement, la plupart des humains ne sont déjà que des marchandises. Seul leur prix varie un peu. Avec cette logique, savoir draguer, c’est savoir se vendre... Et quand on sait vendre, on ment au maximum de la naïveté de son acheteur. Les couples sont de moins en moins stables car ils se sont formés sur le mensonge ou le mutisme sur des sujets importants qui pourraient tout gâcher si on les abordait. Mais c’est aussi ce que veulent les gens : des relations jetables où l’on ne veut surtout pas se remettre en question (où comment être à deux tout en restant individualiste).


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 11 mai 2012 19:43

        Une bonne drague doit se finir par une pelle non mécanique !


        • Constant danslayreur 12 mai 2012 12:21

          "et par la mise en relation d’un homme, dont l’identité réelle est inconnu et qui peut être dangereux, avec une femme sans défense« 

          et par la mise en relation d’un homme timide et sans défense, avec une femme dont l’identité réelle est inconnue et qui peut s’avérer être une prédatrice encore plus dangereuse qu’une légion de démons.

          Oui sur le terrain des clichés à deux balles, on joue comme on aime...


          • Oncle Kaï Oncle Kaï 12 mai 2012 13:40

            Conséquence collatérale de la castration des esprits... Il n’en fallait pas davantage pour que le mercantilisme contemporain jette son dévolu sur se segment de marché...

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amelie-allard


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