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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > [Freaky Friday Parasite] Galle again

[Freaky Friday Parasite] Galle again

Il y a plus d’un an de cela, je vous présentais un type de parasitisme particulier : les galles. Tiens j’vais me citer pour fêter ça :

La galle, c’est un peu le cancer de l’arbre : il s’agit d’une excroissance tumorale qui peut apparaitre sur le tronc, les tiges, les feuilles, les racines ou les fruits d’une plante.

L’article avait certes pas mal d’images pour illustrer la variété des galles que l’on peut trouver dans la nature, mais point de joli film. Ca tombe trop bien, parce que le film que je vais vous montrer aujourd’hui, va non seulement me permettre de mettre de jolies images pour illustrer le phénomène, mais aussi me donner la possibilité de continuer ma série sur ces salopes de guêpes parasitaires ! (Vous avez trop mangé ? Voici la solution : mes articles précédents sur les guêpes parasitaires 1, 2, 3 et 4).

 

Et oui, parce que parmi les organismes qui peuvent provoquer des galles, il existe une armada de guêpes qui se sont spécialisées dans le façonnage de ces excroissances végétales : les Cynipidae.

On a ainsi dénombré plus de 1300 espèces de Cynipidae, dont la très grande majorité appartient à la sous-famille des Cynips, les guêpes à galles du chêne. Toutes font des galles pour y abriter leur progéniture. Sachant que leurs cousines les plus proches sont des guêpes qui parasitent d’autres insectes, il est probable qu’il s’agisse là d’une adaptation à partir de ce genre de parasitisme (en gros des guêpes qui visaient mal les chenilles et qui injectaient leurs œufs dans les feuilles… Scénario évolutif en béton !)

Chacune de ces guêpes gallicoles va former des galles de formes et structures différentes. Certaines d’entre elles sont capables de parasiter différentes plantes, et d’autres vont former des galles de différentes formes en fonction de leur cycle de reproduction : en effet, la plupart des Cynipidae varie entre des périodes de reproduction sexuée impliquant des mâles, et des périodes de reproduction asexuée dites parthénogénétiques (ou jouer à la Vierge Marie dans le jargon…).

Je ne résiste pas à la tentation de vous présenter quelques spécimens de leurs œuvres végétales.

 

galle du chêne par Diplolepis Quercus

 

galle du chêne par Cynips longiventris

 

Galle du chêne d'Andricus dentimitratus

Et maintenant, la traditionnelle vidéo de Sir David Attenborough sur le sujet, qui nous explique notamment que les guêpes gallicoles ne sont pas à l’abri de leurs sœurs parasitaires…

 

 

Transcription :

C’est une chose de fournir de la nourriture et un abri, en échange d’une protection, mais c’est tout autre chose d’être obligé de fournir un abri, dans un lieu où il n’y en avait pas. Mais certains insectes ont la capacité de forcer une plante à faire exactement ça : ils sont appelés insectes à galles. Et ce chêne est infesté par ces insectes. Ce curieux objet fripé à la base de ce gland est appelé une galle knopper. A l’intérieur, réside la minuscule larve d’une guêpe. Pour comprendre comment elle est arrivée là, il faut remonter au printemps dernier

Ce petit insecte, à peine plus grand qu’un moustique, est l’une de ces guêpes à galles. Elles sont nombreuses à voler autour des fleurs du chêne. La plupart des fleurs ont été pollinisées et sont sur le point de se transformer en glands. Les guêpes à galles ont également copulées, et cette femelle est prête à poser ses œufs. Elle plante son ovipositeur à la base de la fleur pollinisée, et y injecte un œuf. Et cela entraine un profond remaniement génétique dans le gland en développement. Il se développe non plus en gland, mais en quelque chose de très différent ; une galle. A l’intérieur, la larve dont les sécrétions ont causé ce changement, se nourrit des tissus du chêne.

Alors que l’été se poursuit, la galle devient de plus en plus dure et prend l’aspect du bois. L’automne arrive, et le chêne commence à perdre ses feuilles. Il s’éteint pour l’hiver. Et avec les feuilles tombent les glands, et les galles. La vie des plantes et des insectes est en suspens. Mais des changements imperceptibles sont cependant en train de se produire.

Le printemps arrive enfin. A l’intérieur de la galle, quelque chose commence à bouger. La larve s’est transformée en guêpe adulte. Elle aura passé 9 mois à l’intérieur des tissus du chêne, et elle n’a plus que quelques semaines à vivre. Maintenant, en tant qu’adulte, elle doit chercher un autre chêne, pour l’injecter avec des œufs. Un seul chêne peut être atteint par plus de 70 différents types de galles, chacune produite par une espèce différente de guêpes, et chacune possédant sa forme particulière.

Ces coquilles dures semblent être des protections solides pour les larves qu’elles abritent, mais ne le sont pas toujours. Ceci est une autre espèce de guêpe à galles, mais elle ne possède pas des talents de manipulations génétiques, il s’agit d’une cambrioleuse. Elle est fourni d’un équipement pour réaliser ses méfaits : une perceuse. Elle cherche minutieusement un lieu pour réaliser son exploit, et puis elle vise. Elle se débarrasse du fourreau de sa perceuse, et commence à travailler. Elle doit viser juste si elle veut atteindre sa cible : la larve au centre de la galle. La pointe de sa perceuse a une extrémité faite de zinc qui l’aide à percer les tissus de la galle avec facilité. Lorsqu’elle sent qu’elle a atteint le centre de la chambre, un œuf microscopique voyage à l’intérieur de la perceuse et pénètre dans la larve. L’opération est complète. Sa progéniture va maintenant se développer à l’intérieur de la galle, en se nourrissant des tissus de la larve qui y réside, er prendre ainsi contrôle de la galle.

 

Et si vous voulez voir des vidéos de meilleure qualité de ces timelapses impressionnants, vous pouvez jeter un coup d’œil sur ce lien, ou celui .

Croyez moi, c’est un ré-galle !

 

Référence :

Stone GN, Schonrogge K, Atkinson RJ, Bellido D, Pujade-Villar J : The population biology of oak gall wasps (Hymenoptera : Cynipidae). Annu Rev Entomol 2002, 47:633-668.


Moyenne des avis sur cet article :  3.67/5   (3 votes)




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1 réactions à cet article    


  • slipenfer 21 août 2010 12:59

    @l’auteur
    continuer ma série sur ces salopes de guêpes parasitaires !
    vous ete sérieux ?

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Taupo

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