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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > Have Fun With Clock Reaction

Have Fun With Clock Reaction

Dans son strip parlant des liquides rhéoépaississants (ou fluides non-newtoniens), Boulet finissait en évoquant la probable arnaque derrière le miracle de la transformation de l’eau en vin. (quoi, je parle trop de Boulet sur SSAFT ? c’est pas ma faute si lui et moi, on pense EXACTEMENT pareil. On a les mêmes prises de têtes en tout cas). Bref, selon lui, il aurait utilisé du vin en poudre : Jésus verse un peu de poudre au fond du verre en faisant diversion avec un p’tit sermon qui parle de claques dans la tronche, et zou, quand il verse de l’eau, il retrouve du vin.

 

Mais il y a mieux, les amis ! Attention révélation : Jésus était probablement chimiste. Preuve en image :

 

 

L’astuce ? Eh bien Jésus (ou en l’occurrence le magicien qui vous fait ce tour de magie devant vous), ne se mettra pas à boire dans le verre. Et pour cause, il s’y trouve de l’eau, de la phénolphtaléine et un mélange de soude et d’acide…

En fait, les verres ne sont pas totalement vides. Ils contiennent tous quelques gouttes de différents liquides qui vont permettre, chacun à leur tour, de faire changer la couleur de la solution. Dans la carafe, il y a de l’eau avec quelques gouttes d’hydroxyde de sodium (autrement dit, de la soude) pour rendre la solution basique.

Dans le premier verre, de la phénolphtaléine, au contact de la solution basique, rend l’ensemble rouge carmin, donnant l’illusion de se changer en vin. La phénolphtaléine est un composé organique qui est incolore dans une solution acide ou neutre, et devient rouge dans une solution basique : un indicateur colorimétrique. Peut-être vous souvenez vous d’en avoir utilisé pour titrer le pH d’une solution dans vos TP de chimie (ou peut être que comme moi, vous désespériez vos profs en cassant systématiquement les burettes et en arguant que de toutes façons, de nos jours, les pH-mètres sont électroniques…). Bref, rebelotte dans le second verre : il y avait quelques gouttes d’une solution basique qui va rendre la solution neutre. Qui dit pH neutre, dit phénolphtaléine incolore. Je vous laisse deviner la suite pour le dernier verre. En bref, on aurait pu continuer ça longtemps…

Alors si vous vous demandez pourquoi la phénolphtaléine change de couleur en fonction de pH, je vous répondrai que c’est une très bonne question, que je me la suis posée moi même, que j’ai visité ce lien, et que ça me prendrai bien des heures et des tas d’explications pas funky pour vous l’expliquer en retour. Bref, très bonne question et merci de l’avoir posée…

 

Mais bon, que serait-il arrivé si Jésus avait été américain ? Hein, je vous le demande ? Et bien la réponse est simple et résumée dans la vidéo ci-dessous : il aurait transformé l’eau en coca !

 

 

Mais bon, ça va très vite et on y voit pas très clair. Une vidéo plus jolie et sous différents angles de vue est nécessaire…

 

 

C’est beau hein ? Et cela porte un joli nom aussi : la réaction oscillante de l’iode !

Une réaction oscillante, c’est une réaction chimique au cours de laquelle un composé chimique va voir sa concentration augmenter et diminuer de façon périodique, osciller en d’autres termes…

La réaction oscillante de l’iode a été découverte pour la première fois Hans Heinrich Landoldt, un chimiste Suisse qui en 1886 mélangea deux solutions incolores pour obtenir le résultat ci-dessus. Ici, c’est la concentration d’ions diode dans la solution qui varie, et pour révéler ce changement de concentration, la solution contient (à l’instar de la phénolphtaléine pour le pH), de l’amidon qui au contact de l’iode, forme un composé bleu-noir. Comment ça vous ne vous rappelez pas du test de l’iode pour révéler la présence d’amidon dans une solution ? Mais c’est très pas bien ça ! Allez zou, retour sur la paillasse du TP de chimie ou de biologie pendant lequel vous piquiez un petit roupillon :

 

 

Pratique quand on veut évaluer si des pommes sont mures ou pas : quand les pommes sont pas mures, elles sont pleines d’amidon qui n’a pas encore eu le temps d’être transformé en sucre. Du coup, si on dépose quelques gouttes d’iode sur la pomme, on peut évaluer sa maturité en un coup d’œil comme ci dessous :

 

Test iode amidon sur des pommes Empire

 

La pomme 1 est dégueu et la pomme 9 vous rendra obèse ! 

 

Pratique la chimie ! Et impressionnante, surtout quand on présente diverses expériences oscillantes comme dans l’émission ci-dessous.

 

 

C’est beau hein ? Mais bon, niveau explications, ils auraient pu appuyer un tantinet plus, vous ne trouvez pas ? Enfin je dis ça, c’est surtout parce que je n’ai pas pu trouver les réactions qui se déroulent dans certaines de leurs démonstrations, comme celle où la solution se transforme en jaune avant de se retransformer en bleu… Réaction dont une variante encore plus jolie se trouve dans la vidéo suivante :

 

 

Non mais j’déconne, j’ai quand même trouvé de quelle réaction il s’agissait. C’est en fait une variante de la réaction oscillante de l’iode (ou réaction Landolt, maintenant que vous êtes intimes) sauf qu’une réaction intermédiaire vient s’ajouter : ici, la libération de l’iode (qui va réagir avec l’amidon pour se transformer en composé bleu) n’est possible que si une réaction intermédiaire, la précipitation orangée d’iode-mercure, s’achève.

Plus d’infos ici, sur un site de la société chimique serbe… pourquoi pas, hein ? Surtout qu’il s’agit d’une mine d’informations avec une tonne cinq d’expériences chimiques amusantes (mais pas du genre de celles que l’on pouvait faire avec le kit qu’on nous offrait à noël… non, non, du genre la chimie industrielle amusante !)

Exemple avec encore des réactions oscillantes : cette fois-ci avec celle de Belousov-Zhabotinsky illustrée dans une boîte de Pétri ce qui permet de voir des cycles d’accumulations de certains composés colorés qui forment ainsi des vagues psychédéliques !

 

 

Allez, une dernière réaction oscillante pour la route ?

 

 

Celle-ci s’appelle la réaction de Briggs–Rauscher et nous permet d’observer des oscillations qui vont se répéter pendant plus de 10 cycles, sans interruption.

 

Bref, autant dire que si Jésus avait dit qu’il pouvait transformer de l’eau en jus d’orange puis en coca, puis en eau, en jus d’orange, et en coca pendant plus de dix cycles… les romains l’auraient peut-être gardé pour les intermèdes au cirque.
 

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Taupo

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