• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > L’érotisme rouge

L’érotisme rouge

En notre époque de totale et entière jouissance libérale, des questions ne manquent cependant pas de nous tarauder parfois... Y a-t-il eu un paradis marxiste-léniniste pour le sexe ? La révolution prolétarienne a-t-elle brisé les barrières psychologiques et renversé les tabous sociaux ? Il semblerait en effet que la sexualité des pays de l'Est ait été beaucoup plus débridée qu'à l'Ouest pendant la Guerre froide.

Des études comparatives ont été effectuées entre la RFA et la RDA (pays nés de la séparation de l'Allemagne de 1949 à 1990), et synthétisées dans un documentaire malin, RDA, l'amour autrement (Liebste des Osten anders), réalisé par André Meier en 2006. Dans ce pertinent comparatif de l'activité sub-cinctoriale des Allemands des ex RFA et RDA, la conclusion est sans appel : les Allemands de l'Est avaient le coït plus joyeux et plus fréquent que leurs cousins (germains...) de la république fédérale voisine qui bénéficiaient pourtant d'un système plus libre et plus démocratique.

Premier facteur d'explication mis en avant par les chercheurs : l'absence des Eglises. Pas de dieu pour juger et punir. Pas d'enclume religieuse à porter. Dans un régime athée, on est seuls, camarade, donc on est libres. Il n'y a que le Parti (communiste, pour ceux qui auraient oublié leurs cours d'histoire du collège) qui puisse nous taper sur les doigts et faire la morale. Mais il avait d'autres chats à fouetter. Tant que les libidos individuelles n'entravaient pas son projet d'édification de l'Homme nouveau...

Ensuite, un facteur politique : le totalitarisme communiste. Pour chaque citoyen(ne), les plaisirs étaient rares, la vie difficile, surveillée, cadenassée. Les parties de jambe en l'air étaient des moments d'intimité, et par conséquent de liberté ; le lit était le seul endroit où l'Etat ne pointait pas son oeil. Un espace précieux où l'on pouvait enfin s'exprimer !

Un facteur social, également. Dans les "démocraties populaires" d'Europe de l'Est, le sexe était plus accessible grâce à une vie plus collective où l'égalité hommes-femmes s'instituait solidement. Dans les mouvements de jeunesse, camarades filles et garçons se côtoyaient naturellement, pratiquaient du sport ensemble, mangeaient ensemble, partageaient parfois les mêmes dortoirs. La découverte du corps de l'autre s'en trouvait plus précoce et plus naturel qu'à l'Ouest.

De plus, en RDA (République démocratique allemande), les filles craignaient moins d'avoir un enfant tôt car l'Etat se chargeait alors de tout : logement pour la fille mère, crêche et école gratuites pour l'enfant... En cas d' "accident", moins de honte (pas de poids religieux) et moins de tracasseries pratiques. En Occident, pour les Wessis (surnom donné aux habitants de la RFA), l'affaire devient vite plus compliquée. Il faut assumer individuellement, trouver un boulot, un logement, éventuellement un père... D'où le recours à l'avortement, parfois sauvage. L'IVG en France n'a été voté qu'en 1975. Voilà qui a freiné l'épanouissement sexuel de moult donzelles occidentales.

Enfin, un facteur socio-économique : la société de consommation. A l'Est, le sexe n'était pas merchandisé : pas de sex-shop, ni de sex-toys, pas de femme-objet publicitaire non plus, etc. Pas de produits à vendre, donc moins de frustrations à ne pas pouvoir se les offrir, donc moins de névroses. Au contraire des pays capitalistes (RFA, USA, France...) où le sexe est devenu un produit comme les autres, où tout se vend, tout se loue : cassettes porno, abonnements en boîte échangiste, sites de rencontres internet, gadgets, lubrifiants, aphrodisiaques... et même les corps. Il faut payer pour vivre une sexualité considérée comme intéressante. 

Le sexe en Occident est une affaire sérieuse (et juteuse pour ceux qui en font un business) : il fait gagner de l'argent, participe de l'esprit de compétition et de performance propre au capitalisme, valorise l'image sociale, contribue au culte du corps... Pour briller en société, ou simplement s'y insérer, chaque individu ne doit pas hésiter à révéler ou montrer "avec qui et dans quelle position" il baudouine ou saillit.

Finalement, sous son aspect très libre, le sexe capitaliste se révèle extrêmement normatif jusqu'à devenir aliénant. A l'Est, il s'agissait d'un pur amusement, d'une vraie gâterie sans rien d'ostentatoire.


Moyenne des avis sur cet article :  4.56/5   (9 votes)




Réagissez à l'article

14 réactions à cet article    


  • Hecetuye howahkan howahkan Hotah 28 décembre 2015 09:43

    Plus qu’tu possèdes ou veux posséder , plus q’ tu es frustré et plus qu’t ’en veux.....et plus qu’ t ’ es frustré....le piège marche bien, je tourne en rond..cerise sur le gâteau je n’y comprends rien du tout,sauf quelques mots jetés ici et là au hasard soit par un psycho blabla soit par moi même..soit par mon voisin ou la télé magouille..là ou on s’en met plein les ...fouilles !!

    l’effet escompté par cela comme par une forme de sexe de consommation pseudo libérale est l’optimisation de la souffrance que crée la frustration..

    je crée le désir auquel je ne connais rien si je ne connais pas mon propre fonctionnement qui ne peut se trouver par analyse, impossible, en même temps je crée la souffrance, la douleur du désir jamais atteint.

    si nous étions restés comme à nos débuts, intelligents, nous saurions cela et bien plus encore...mais comme le signale le mythe qui pour moi n’est pas un mythe ,d’Adam et de Eve, un jours nous avons pris définitivement le mauvais chemin,celui ou il n’y a pas de vie,mais seulement de la survie ..si nous étions resté intelligents donc connectés avec L’Univers , nous n’aurions pas mis en avant et seulement la pensée donc la connaissance cumulative donc l’analyse donc la pensée qui en devenant totalitaire dans nos cerveaux nous a coupé de L’Origine...en anesthésiant nos autres capacités aujourd’hui totalement endormies sauf exceptions dont certains ne savent pas que il est question de cela..qu’ils ont eux aussi vécu cela, une seconde, une minute , une journée etc

    la vie étant le miracle de ce cadeau nous ne vivons plus que dans l’emballage , nous n’ouvrons plus le paquet , or la le miracle c’est l’emballage et le contenu...sans emballages, le corps donc la pensée pas de contenu...

    et sans contenu , ........................................................ ????

    le sexe comme l’argent,comme le vol, comme la guerre,comme la possession ,comme le pouvoir comme tout le reste sont des tentatives toujours inaboutis ,frustrantes donc douloureuses qui rendent pas mal de gens fou ou déprimés etc de chercher le contenu dans l’emballage...

    la science fait la même chose...

    seule la douleur d’une telle non vie passée dans l’emballage et donc de ne rien connaitre du miracle de vivre , seule la douleur comme symptôme d’erreur et catalyseur à laisser libre d’agir peuvent quelque chose pour nous .

    la pseudo religion, la pseudo politique, la science orgueilleuse et arrogante etc ont toutes échoué ....
    rassurez vous ceci est normal, logique ,prévisible , inévitable..

    il suffit juste de le vivre et non de le fuir....mais là, les mots ne disent plus rien..et c’est un chemin avant tout solitaire....

    je ne décide pas si connexion avec L’Origine il y aura...l’humain n’a pas accès à L’Origine, cela marche dans l’autre sens, si et quand la pensée la ferme même pour une seconde.....ceci va ouvrir sur le contenu du cadeau...

    mais aucun descriptif ne vaut rien à part celui ci , pour moi : contentement absolu sans motifs....


    • Hecetuye howahkan howahkan Hotah 28 décembre 2015 09:45

      @howahkan Hotah

      Merci David..je retiens ceci de ton propos sur le sexe : pur amusement, d’une vraie gâterie sans rien d’ostentatoire.

      j’y souscris.... smiley


    • malko malko 28 décembre 2015 09:47

      Tous les gens dont la vie sexuelle a débuté dans les années 60-70 vont bien rigoler en lisant cette « étude ».

       
      Vous avez oublié la minijupe, les drogues douces, le communautarisme des flower people... etc ... dans votre « démonstration ».
       
      Merci, j’ai bien ri ! smiley

      • malko malko 28 décembre 2015 10:16

        Quant à l’IVG, elle a été complètement marginalisée par l’arrivée de la pilule dans les sixties.

        La pilule a joué un rôle révolutionnaire dans les moeurs de l’époque d’ailleurs. Elle a même accéléré la déchristianisation de la société.
        Et il n’y avait pas le sida.

      • César Castique César Castique 28 décembre 2015 10:13

        « A l’Est, il s’agissait d’un pur amusement, d’une vraie gâterie sans rien d’ostentatoire. »



        Et naturellement pas un mot sur le puritanisme communiste rigide qui a régné pendant des dizaines d’années, de Kollontaï, libératrice sexuelle, qualifiée de « décadente » par Lénine et Trotski, au couple Thorez-Vermeersch contraint de cacher sa liaison pendant 15 ans, en passant par la condamnation de l’homosexualité qualifiée de “vice d’aristocrate”, de “perversion bourgeoise et occidentale”, et par Gorki, écrivant dans la Pravda du 23 mai 1934 : « Extirpez l’homosexualité, et le fascisme disparaîtra. »

        • arthes arthes 28 décembre 2015 14:18

          C’est le premier facteur d’explication qui me fait marrer : Absence d’églises....Donc pas de dieu pour juger , punir etc...Ce qui revient à dire : Supprimons les hôpitaux et il n’y aura plus de malades...Ou bien ; Pas de cimetières, donc pas de morts.


          Non, sérieux, ça fait peur de lire qu’il s’agit d’une étude sérieuse.

          Ensuite, je lis (Malko) que la pilule a contribué à la déchristianisation de la société, mais au regard que le seul message de Christ est « amour et liberté » , le reste (les dogmes, le puritanisme, les interdits ) étant une affaire d’interprétation du « sacré » et des évangiles par les humains afin de régir la vie en société avec des règles (dont il faudra bien s’affranchir, mais ça c’est un autre sujet) , je vois pas trop la pertinence de cette assertion...

          • malko malko 28 décembre 2015 15:10

            @arthes
             

            Pour être précis, c’est le catholicisme qui en a pris un coup ... souvent au profit d’autres confessions chrétiennes moins puritaines sur le sexe.

          • arthes arthes 28 décembre 2015 19:23

            @malko


            Merci pour votre précision, je pensais en effet que vous vouliez parler précisément du catholicisme matérialiste, pesant et poussiéreux , le christianisme quant à lui pouvant se « vivre et ressentir » librement , sans obédience à une confession quelconque dont il faudrait épouser les codes...Et sans chercher à contraindre et/ou juger son prochain, sexuellement entre autre.

          • malko malko 28 décembre 2015 19:44

            @arthes
             

            Oui, voilà ... du « protestantisme », en quelque sorte.
             
            Quand j’avais écrit « christianisme », je pensais en fait aux églises catholiques qui se sont lentement mais inexorablement vidées depuis cette époque, avec la chute des vocations en parallèle.

          • sleeping-zombie 28 décembre 2015 15:34

            Hello,

            Cette grille d’analyse est communiste-ouest capitaliste ne me parait pas pertinente. La péninsule scandinave est aussi connue pour sa liberté sexuelle, et n’était pas pour autant un pays du bloc pseudo-communiste.
            A mon avis, c’est plutôt une histoire de culture, plus on s’éloigne de la méditerranée, et moins on est coincé du cul...


            • Abou Antoun Abou Antoun 28 décembre 2015 15:45

              Pour chaque citoyen(ne), les plaisirs étaient rares, la vie difficile, surveillée, cadenassée.
              C’est votre imagination ou votre vécu ?


              • Jelena 28 décembre 2015 16:59

                C’est « la culture de l’oncle Sam » qui leur fait dire ça. smiley


              • julius 1ER 28 décembre 2015 16:39

                Ensuite, un facteur politique : le totalitarisme communiste. Pour chaque citoyen(ne), les plaisirs étaient rares, la vie difficile, surveillée, cadenassée.

                               VERSUS

                 Un facteur social, également. Dans les « démocraties populaires » d’Europe de l’Est, le sexe était plus accessible grâce à une vie plus collective où l’égalité hommes-femmes s’instituait solidement. Dans les mouvements de jeunesse, camarades filles et garçons se côtoyaient naturellement, pratiquaient du sport ensemble, mangeaient ensemble, partageaient parfois les mêmes dortoirs. La découverte du corps de l’autre s’en trouvait plus précoce et plus naturel qu’à l’Ouest.

                à force d’avoir pris la propagande de l’ouest pour de l’information, vous nagez en pleine contradiction, l’auteur ...

                alors le sexe était-il libre ou pas en ex-URSS ????
                rassurez -vous mon garçon les russes étaient amoureux ou amoureuses comme ici il y avait même des planning familiaux, vous savez ces structures que le FN veut supprimer.....
                à force de prendre les vessies pour des lanternes on s’enfonce dans le ridicule..... enfin heureusement qu’il ne tue pas !!!!



                • Abou Antoun Abou Antoun 28 décembre 2015 18:48

                  @julius 1ER
                  à force d’avoir pris la propagande de l’ouest pour de l’information, vous nagez en pleine contradiction, l’auteur ...
                  Ouais, un ramassis de poncifs éculés, un peu de Paris-Match un peu de France Dimanche, voilà pour la tambouille.Avec le poids des mots, ne manque que le choc des photos.
                  L’auteur ferait bien de s’en tenir à sa spécialité : écrire des romans. J’accepte de me faire une idée sur la vie en URSS à partir des témoignages de ceux qui y ont vécu ou des étrangers qui y ont voyagé (sympathisants ou pas).
                  Le restant c’est du bla bla bla ....

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON


Auteur de l'article

Szem

Szem
Voir ses articles






Les thématiques de l'article


Palmarès