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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > L’État libre du Goulot : franc et racé comme un bon riesling (...)

L’État libre du Goulot : franc et racé comme un bon riesling !

En ces temps d’apéros géants festifs, on pourrait voir dans cette étrange appellation la référence à un lieu de rassemblement bachique ; ou bien l’enseigne d’un cabaret accueillant les adeptes du populaire Gambrinus. Foin de ces billevesées : la chose est autrement plus sérieuse car l’État libre du Goulot a bel et bien existé. La faute à une erreur topographique...

Perdre une guerre, c’est courir le risque de voir le sol de sa patrie occupé, les alliés vainqueurs se répartissant le contrôle de tout ou partie du territoire national. C’est précisément ce qui s’est passé au lendemain de la Première guerre mondiale pour la Rhénanie. Et, au cœur de ce bassin rhénan, pour la province prussienne de Hesse-Nassau.

L’État-major allié ayant décidé d’établir trois têtes de pont outre-Rhin, il fut décidé que les Américains prendraient en charge le secteur de Coblence, les Britanniques celui de Cologne et les Français le secteur de Mayence. Un officier de chacune des nations victorieuses se pencha alors sur une carte topographique et, muni d’un compas, traça d’une main ferme un arc de cercle de 30 km autour de la ville placée sous la responsabilité de son corps d’armée.

Las ! le Yankee avait sans doute abusé de l’American Bud (la future Budweiser) et le Français probablement trop honoré Saint Émilion. Ni l’un ni l’autre n’eut, de ce fait, la curiosité de vérifier le résultat de ces tracés. Validés par un traité, ils devinrent officiels et s’imposèrent à la toute récente République de Weimar, née le 9 novembre 1918, deux jours avant l’Armistice de Rethondes

C’est ainsi que les habitants de deux petites localités, Lorch et Kaub, et de quelques villages de vignerons, eurent la stupeur de découvrir un jour d’hiver qu’ils ne faisaient partie ni du secteur d’occupation américain ni du secteur français. Leur modeste territoire étant en outre coupé de la République de Weimar à l’est par les montagnes du Taunus, il leur fallut se rendre à l’évidence : ils étaient libres de toute autorité !

Un nom espiègle et léger en bouche

Les édiles se réunirent alors, probablement dans une accueillante Weinstube autour d’une bouteille de l’excellent riesling local, et décidèrent après mûre réflexion et quelques verres du gouleyant breuvage, de s’ériger en république indépendante. Encore fallait-il trouver un nom à ce nouvel état. Après quelques verres supplémentaires pour stimuler la réflexion, l’un de ces élus observa la carte puis la bouteille placée devant lui. Gott in Himmel ! s’exclama-t-il en découvrant cette évidence : borné à l’ouest par le Rhin, à l’est par les montagnes du Taunus, au nord par la zone américaine et au sud par la zone française, le territoire avait la forme d’un… goulot de bouteille (Flaschenhals). Inutile de chercher plus loin : quel plus beau nom que celui-là dans un pays de vignoble ?

Ainsi naquit, le 10 janvier 1919, dans l’enthousiasme de ses 8000 habitants – exception faite de quelques grincheux – l’État libre du Goulot (Freistaat Flaschenhals) dont les rênes furent aussitôt confiées au bourgmestre de Lorch, Herr Edmund Pnischeck. En ces temps troublés d’après guerre et alors que les négociations du futur Traité de Versailles n’étaient même pas encore entamées, cette proclamation laissa la République de Weimar indifférente. D’autant plus indifférente qu’une lutte ouverte opposait, dans un contexte d’émeutes et de virulentes manifestations, les tenants de Weimar aux spartakistes, eux-mêmes en désaccord avec les néo-communistes menés par Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht. Ces deux là seront abattus cinq jours plus tard. Mais ceci est une autre histoire, autrement plus tragique…

Si la République de Weimar était indifférente – elle avait tant d’autres chats à fouetter ! –, ce n’était pas le cas des Alliés qui virent dans cette proclamation un insupportable pied de nez doublé d’une manifestation d’arrogance inacceptable de la part de vaincus censés courber l’échine. En représailles, ils décidèrent donc de mettre en place un blocus de cette communauté d’impudents buveurs de riesling. Ordre fut notamment donné aux trains qui circulaient le long du Rhin en traversant l’État libre de ne plus s’arrêter dans la gare locale.

Le Goulot ne prendra pas de la bouteille

Une situation analogue fut parfaitement illustrée, en 1949, par l’excellente comédie d’Henry Cornelius Passport to Pimlico. On découvre dans ce film au parfum rétro un quartier de Londres où l’explosion accidentelle d’une bombe de la seconde guerre mondiale a mis à jour un trésor et une très vieille cassette. Dans cette cassette, un vieux grimoire de 1482 apporte la preuve indiscutable que Pimlico est un fief… bourguignon. Les habitants ayant proclamé leur indépendance, la couronne britannique organise le blocus, coupe les alimentations et ordonne aux conducteurs de métro de ne plus arrêter les rames à la station Pimlico. Mais la résistance va s’organiser, et avec elle la contrebande…

C’est très exactement ce qui se passa dans l’État libre du Goulot. Très vite la contrebande s’organisa et permit, tant bien que mal, de faire vivre les 8000 habitants de la communauté. Un train de charbon fut même bloqué lors de sa traversée du territoire, et son chargement entièrement détourné par les républicains du Goulot, au grand dam des Alliés. Contrebandiers et pilleurs, nos vignerons firent encore monter d’un cran l’irritation des forces d’occupation rhénanes lorsqu’ils décidèrent de battre monnaie en créant leur propre taler et, à l’instar de quelques principautés, d’imprimer leurs propres timbres.

On créa même, dans la nouvelle république, des passeports pour les citoyens du Goulot désireux, le moment venu, de se rendre en France, en Belgique ou en… Allemagne. Et comme cela se pratique entre nations, Edmund Pnischeck et ses collaborateurs envisagèrent d’envoyer des ambassadeurs dans les capitales étrangères, Berlin en tête ! Un projet qui n’eut pas le temps de voir le jour : le 25 février 1923, un régiment de spahis marocains, détaché du contingent d’occupation de la Ruhr par les armées française et belge, mettait fin à une indépendance de quatre années.

Le souvenir de cet épisode historique est encore très présent dans la petite enclave rhénane. Il est même devenu un atout pour le tourisme local – déjà riche de l’épopée de Blücher* – et pour le commerce d’un territoire qui continue de s’appeler, mais désormais de manière symbolique, l’État libre du Goulot. Tout le monde peut même en devenir citoyen. Il suffit pour cela d’adresser une demande de passeport aux autorités locales à l’adresse suivante : Freistaat Flaschenhals 65391 Lorch-am-Rhein. Un sésame qui vous permettra, lorsque vous irez sur place, de bénéficier de remises commerciales. Notamment sur ce fameux riesling dont je lève un verre à votre santé, amis lecteurs, et à celle de tous les citoyens du Goulot, passés, présents et à venir, en les priant de bien vouloir excuser le ton gentiment ironique de cet article. Prosit !

* Aidé d’habitants de Kaub, le général Blücher réussit, dans la nuit du 1er janvier 1814, à faire traverser le Rhin sur un pont flottant à 60000 hommes et 20000 chevaux pour combattre l’armée napoléonienne.

Ci-dessous, photos de Lorch en hiver et de Kaub en été. Ces localités allemandes sont situées sur le Rhin moyen, exactement au centre de la superbe partie classée en 2002 au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Documents joints à cet article

L'État libre du Goulot : franc et racé comme un bon riesling ! L'État libre du Goulot : franc et racé comme un bon riesling ! L'État libre du Goulot : franc et racé comme un bon riesling !

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46 réactions à cet article    


  • alberto alberto 6 août 2010 12:17

    Super l’ami !

    Une vraie trouvaille cet article : ça me rappelle un peu l’histoire d’une mini principauté comme il y en avait tant autrefois dans ce qui n’était pas encore l’Allemagne. C’était raconté par Jean Raspail dans un de ses livres que je n’ai plus : Hourra Zara ! (je crois).

    J’aime beaucoup les histoires de ces territoires qui à un instant ou à un autre de l’Histoire ont su, ou pu échapper au destin commun. Il y en a bien sûr de moins en moins, soumis à la convoitise de leurs puissants voisins. Certains ont eu l’intelligence de proposer leurs services en tant que paradis fiscaux : depuis, ils sont devenus intouchables !!!

    @ + et bien à toi.


    • Fergus Fergus 6 août 2010 15:49

      Bonjour, Alberto, et merci pour ton commentaire dynamique.

      Il est vrai que ces territoires qui échappent momentanément à l’ordre imposé par les puissantes nations a quelque chose de rafraîchissant, et même de réjouissant dans ce cas-là, tant les circonstances qui ont présidé à la naissance de cet éphémère état sont cocasses dans un contexte pourtant très sombre.

      Cordiales salutations.


    • cathy30 cathy30 6 août 2010 12:31

      bonjour Fergus
      Excellent cet article, dommage qu’ils ont trinqué par la suite.


      • Fergus Fergus 6 août 2010 15:56

        Salut, Cathy.

        Pour avoir trinqué, ils ont en effet trinqué avec l’occupation de la Ruhr, mais on peut faire confiance à la débrouillardise de cette population de vignerons pour s’être sortie sans trop de dommages de cet épisode au cours duquel ils se sont payé la tête des nations victorieuses. Un bémol : je sais qu’Edmund Pnischeck a été brièvement arrêté, mais je n’ai pas obtenu de précisions sur son cas.

        Benne journée.


      • Gabriel Gabriel 6 août 2010 14:24

        Bonjour Fergus et à ta santé. Cela donne envie de louer un bateau pour faire la descente du Rhin en s’arrêtant dans quelques auberges champêtres. 


        • Fergus Fergus 6 août 2010 16:03

          Bonjour, Gabriel.

          La descente du Rhin dans cette partie, truffée de beaux villages et de châteaux, est en effet une superbe balade. Tout comme celle du Neckar, plus au sud, à combiner avec la visite de Heidelberg.

          Prost ! (Yec’hed mad ! en breton)


        • LE CHAT LE CHAT 6 août 2010 15:06

          Salut Fergus ,
          merci pour cette anecdote historique .

          Pour les amateurs de depaysement , moi je propose Sealand  , ils ont même frappé des monnaies , ces frapadingues !  smiley


          • brieli67 6 août 2010 15:28

            @ Fergus 




            L’opération markéting Flaschenhals récente : Flasche leer.

          • Fergus Fergus 6 août 2010 16:06

            Salut, Le Chat.

            J’avais entendu parler de Sealand, mais sans en connaître les détails. Merci pour ces liens qui permettent d’en savoir plus.

            Bonne journée.


          • brieli67 6 août 2010 16:24

            Ein Trainer ist kein Idiot ................. CULTE !!!



            Was erlauben Strunz“, „ ware’ schwach wie eine Flasche leer 
             „Ich habe fertig

            • Gabriel Gabriel 6 août 2010 16:35

              Das ist zu entraineur, großer Intellektueller !


            • Fergus Fergus 6 août 2010 16:40

              Zornig, Trapattoni !

              Je ne connaissais pas l’expression « Schwach wie une Flasche leer ! » Germanisme ou italiénisme traduit ?


            • brieli67 6 août 2010 21:36

              pense pas que c’est italien.... 


              une expression consacrée chez nous au foot :: esch dess a Flasch .... si le joueur « joue » mal
              des senn m’r Flasche .. quelle équipe de médiocres.

              S’geld ! --- allemand sich gelten lassen..... Prosit ! Xondheit !

            • Fergus Fergus 6 août 2010 16:28

              Salut, Brieli.

              Merci pour ce lien en rapport avec le Duché de Courlande. A noter qu’il existe en Auvergne, à deux pas du Puy de Sancy, un sommet volcanique riche en hématites et en zircons que l’on nomme le Roc de Courlande.

              Impossible d’en connaître l’étymologie. Sans doute est-elle purement locale, mais quelques érudits du cru n’en ont pas moins fantasmé sur ce nom qui rappelle si bien le duché balte. Comble de la coïncidence, l’une des vallées qui descend du Sancy, à moins de 5 km de là, s’appelle le « val de Courre », un nom qui, au doublement du « r » près, évoque la majorité « coure » qui a donné son nom au duché balte...

              Coïncidence ou pas, Ich weiss net !

              Bonne journée.


              • brieli67 6 août 2010 21:30

                c’est par la Marine marchande et ses colossaux benefs dans le « bois d’Ebène » ( comme Nantes, Bordeaux)

                que l’Electorat de Brandebourg est devenu Royaume de Prusse


              • rocla (haddock) rocla (haddock) 6 août 2010 17:02

                Comme quoi les compas en connaissent un rayon dans l’ espièglerie

                dit-Till


                • Fergus Fergus 6 août 2010 17:27

                  Bonjour, Rocla.

                  Till Eulenspiegel et non Uhlandspiegel comme on aurait pu le croire en ces temps de guerre dans une Hesse prussienne.

                  A la bonne vôtre, capitaine !


                • adeline 6 août 2010 17:40

                  Merci Fergus, belles photos , bizarre que les régions ou l’on sait le mieux vivre sont toujours frontalières. (dont l’Alsace d’ou je suis originaire)


                  • Fergus Fergus 6 août 2010 18:06

                    Merci pour ce commentaire, Adeline.

                    Originaire d’Auvergne et vivant en Bretagne, je pense qu’il existe des régions de l’intérieur où l’art de vivre est également bien présent.

                    Cela dit, vous avez quand même raison, si j’en crois mes expériences basques ou alsaciennes. Concernant l’Alsace, sans doute faut-il y voir un résultat de la très forte identité locale. Mais on retrouve la même approche pour la qualité de vie en Suisse, notamment alémanique.

                    Bonne journée.


                  • Papybom Papybom 6 août 2010 17:59

                    Bonjour Fergus,

                    Article gouleyant, il n’est point vin de le dire. Il est en somme-lier à l’histoire du cru. Silvaner dans les livres, cépage d’histoires restent en mémoire.

                    Connais-tu l’Edelzwicker ? C’est un vin d’assemblage que je ne trouve qu’à Colmar et environs.

                    Prosit  ! 


                    • Fergus Fergus 6 août 2010 18:29

                      Bonjour, Papybom.

                      Personnellement, j’apprécie tellement les vins blancs d’Alsace que je ne bois quasiment que cela, excepté un muscadet de temps en temps (Bretagne oblige !) et un pouilly fumé ou un sancerre (bref, du sauvignon !).

                      Quant aux vins suisses, que j’apprécie énormément également, impossible d’en trouver à Rennes, ou alors à des prix exorbitants. Dommage car un petit fendant ou un dézaley, ça se laisse bigrement bien boire !

                      Oui, je connais l’edelzwicker, cet assemblage de cépages nobles parfois remarquable sur place, notamment dans ces superbes fermes-auberges dont l’Alsace a le secret. On trouve de l’edelzwicker également dans certains supermarchés, mais sans rapport avec celui que l’on trouve sur place.

                      Santé également, Papybom !


                    • brieli67 6 août 2010 20:14

                      L’Edel qu’à Colmar !! depuis quand ?? 

                      Faut faire un tour dans les dernières wynstubs qui restent à Strasbourg.....

                      Tout un art ce coupage pour présenter un vin blanc en pichet. C’est le vin de l’année qui commence à perler avec le printemps ( un spécialiste vous dira, vin instable pas assez souffré qui fait sa malo (fermentation malique). 
                      Le Fendant suisse tiré du raisin de table Chasselas n’est pas assez acide donc deux choix soit on rajoute un cépage plus acide du Sylvaner par exemple soit on souffre. Méfiez vous du Fendant.

                      Les cépages du Bingerloch ( de l’Etat Goulot) y avait peu de Riesling ( quoiqu’on dispose divers clones précoces) dut temps Goulot
                      le Muller-Thurgau  : un cépage « hybride » pas EDEL noble, aussi planté en Suisse
                      a la base de la célèbre Liebfrauenmilch ( lait de nonne) _ vin blanc non sec sirupeux
                      connu chez nous sous Riesling_sylvaner, mais interdit

                      l’ Elbling  un cépage précoce mais très acide a complètement disparu sauf au Luxembourg et en Moselle......... son débouché Sekt et autres bulles... En fait c’est le Gouais l’ancêtre de tous les cépages dit européen.
                       
                      un site oeno amateur belge  ou vous trouverez de nombreuses réponses, voire des recettes de vin de fleurs de pissenlit 




                    • Fergus Fergus 6 août 2010 21:28

                      Merci pour ces liens et ces précisions, Brieli.

                      Il est vrai qu’il y a fendant et fendant. Mais un bon fendant, lze cas échéant en acciompagnement dune croûte valaisanne, c’est un plaisir pour le palais. Entre outre, rien de mieux pour délier les langues et préparer les oreilles au « Kufsteiner Lied » (je sais, c’est autrichien !), à « Bergvagabunden »ou « Mei Vata is a Appenzella » !


                    • brieli67 6 août 2010 22:39

                      Le vin en pichet servi dans les bistrots à vin 

                      c’était le « Kanales » _ celui qui descendait le canal de la Bruche.
                      et surtout sans du sylvaner : c’est de l’herbe !


                      la base c’est du Chasselas/Gutedel/Fendant 
                      plus dans la série pinot blancs ( chardonnay compris connu comme klevner)
                      pour charpenter le Traminer ( cf vin jaune...)
                      pour parfumer une bonne dose de muscat Ottonel  mais point trop 
                      sinon on parle de Waendeles..... qui pue la punaise écrasée.

                      Ce vin léger ( pas de protection des papilles par des polyphénols et des tannins) doit faire moins que 9° sinon ça prûle.... 
                      servis frais 8_12 ° et non glacé
                      avec des Anis-breddele..... dont Rocla nous délivrera sa recette sinon

                      Es Geld !





                    • Jean d'Hôtaux Jean d’Hôtaux 6 août 2010 22:44

                      @ Fergus :

                      Bonsoir Fergus et heureux de vous retrouver !

                      Pour vous Fergus qui appréciez Appenzell (Suisse orientale), voici du vrai folklore appenzellois avec l’instrument de musique typique des ensembles de musiques appenzellois, le « Hackbrett » (traduction littérale : « planche à hâcher ») en fait c’est un cymbalum :
                       « Mi Vater isch en Appenzeller » : « Mon père est un Appenzellois »

                      http://www.youtube.com/watch?v=nCV3FWXr_sg
                      http://www.youtube.com/watch?v=6V9KSoOnIo8&NR=1

                      Malheureusement si Appenzell est une région très typique et sympathique, qui produit un excellent fromage, il ne produit pas de vin ... Les Appenzellois boivent de la bière et du cidre. La bière d’Appenzell est excellente !

                      Pour les vins suisses c’est plutôt en Suisse romande (francophone) : Valais, Vaud, Genève, Neuchâtel, etc. Quelques vignobles au nord, du côté de Schaffhouse et sur les rives du Lac de Zurich, ainsi que dans la vallée du Rhin (Grisons et St-Gall). Il y a aussi des vignobles au Tessin (Suisse italophone) où l’encépagement est essentiellement du Merlot.

                      Beaucoup de cépages blancs, dont certains très anciens, selon les régions : Chasselas, Pinot blanc, Pinot gris, Aligoté, Chardonnay, Sauvignon, Petite Arvine (Valais), Amigne (Valais), Muscat, Gewüztraminer, Doral, etc.

                      Cépages rouges : Pinot noir, Gamay, Merlot, Humagne (Valais), Cornalin (Valais) Garanoir, Gamaret, etc.

                      N’étant pas sectaire, j’apprécie bien évidemment aussi un bon Riesling d’Alsace !

                      Bien à vous !


                    • Jean d'Hôtaux Jean d’Hôtaux 6 août 2010 22:53

                      Une autre interprétation du même morceau, mais où l’on voit l’ensemble musical avec un « Hackbrett » ...

                      http://www.youtube.com/watch?v=tND1-92RZwE&NR=1


                    • Fergus Fergus 6 août 2010 23:09

                      Bonsoir, Jean d’Hôteaux.

                      C’est vrai, j’apprécie la Suisse, et notamment ses cantons alémaniques et les Grisons. Contrairement à ce que croient nombre de Français, ce pays n’est pas seulement composé de mercantis mais également de personnes attachantes, particulièrement attachées à leur culture et à leur terroir. Et c’est avec un grand plaisir que j’y retournerai l’année prochaine (probabalemnt dans l’Oberland Bernois) après plusieurs années d’absence.

                      Pour ce qui est de la musique, j’apprécie effectivement le son du hackbrett dont on retrouve l’usage en Autriche. A ne pas confondre avec le cithare, à cordes pincées alors que le hackbrett est un instrument à cordes frappées. Pour ce qui est de la musique traditionnelle, j’ai eu la chance naguère d’entendre Franzl Lang et d’écouter des enregistrements du Trio Oesch. Superbe !

                      Cordiales salutations.


                    • rocla (haddock) rocla (haddock) 6 août 2010 19:25

                      Ah l’ Edelzwicker , voilà un bon sujet de discussion .
                      Mon vin préféré . Un bâtard comme les meilleurs chiens , sylvaner , riesling , chasselas , tokay ,muscat le vigneron fait son assemblage à la tête du pied de vigne .On peut en boire vingt cinquante ou cent , chacun est original selon les mélanges .
                      Quand il est équilibré c ’est une merveille .

                      A Guéberschwihr au sud de Colmar , Francis Burn qui envoie ses bouteilles dans le monde entier a de sérieux concurrents pour l’ Edel . Je mets une majuscule à l’ Edel vu sa grandeur .
                      De plus c ’est un des vins d’ Alsace premier prix , ce qui lui donne un air très abordable .

                      Un p’tit coup d’ Edel , la vie est belle .


                      • brieli67 6 août 2010 20:35

                        La bataille a fait rage :


                        le grand EDEL c’est le Kaefferkopf 

                        un complantage de riesling et de Gewurz sur le même lopin de vigne 
                        +++ d’autres selon le viticulteur.
                        a la dégustation vous ne retrouvez pas les arômes du Gewurz mais un riesling plus ample plus capiteux pétrolé avant l’âge .... du « mazout »..... apprécié les amis du whisky

                        Il s’est toujours vendu plus de Kaefferkopf que la colline puisse produire.
                        Pourquoi des géraniums sur les balcons ......des domaines et maisons viticoles ?




                      • Fergus Fergus 6 août 2010 21:30

                        Je confirme : le Kaefferkopf (tête de cafard) est un nectar dont on ne se lasse pas. Je le conseille vivement aux amateurs de blanc d’Alsace !!!


                      • brieli67 6 août 2010 21:56

                        oh il y a des Kafferkopf. Cela dépend de l’année et de l’assembleur.

                        DE TRADITION : 
                        c’était un vin à accompagner les repas et notamment la viande rouge et le gibier, les viandes en sauce...

                        Parmi les rouges nous avions le Saint_Laurent oui mûr le 1o Aout

                        que l’Inao a déclaré en1920 cépage non AOC
                        Depuis en Alsace on se bat avec d’autres clones de Pinot Noir plus méridionaux !

                        Le Pinot Noir d’aujourd’hui est d’apparition récente marketing de pair avec la tarte flambée. Un rosé.....comme le Gris de Toul. Les « Vorlauf » de Marlenheim et d’Offenburg - Affenthal,la vallée des Singes sont célèbres....

                        Les rouges d’Alsace étaient connus à toutes les cours d’Europe avant le phylloxéra. Le cépage Saint Laurent se vendangeait déjà à la... St Laurent soit la mi-août. C’est un clone précoce du pinot noir et qui a actuellement le vent en poupe en Suisse et en Autriche. Il est vinifié en rouge... Si le jeune viticulteur a fait son BTS non a Rouffach/Colmar mais à Dijon c’est normal qu’il soit tenté par le folklore bourguignon. A lui d’inventer des mythes.... et de s’amourracher des barriques. Pour le non connaisseur,une perte de temps inutile. Le Kayser se délectait........ des mots « Ottrotter Roter oder Owertrotter Roter » à prononcer de plus en plus vite. A Ottrott la Famille Vonville perpétue la tradition.....




                      • Fergus Fergus 7 août 2010 07:34

                        Merci pour toutes ces informations, Brieli.

                        J’aime beaucoup le pinot noir d’Alsace parce qu’il est fruité, léger, et qu’il se boit comme un rosé (rien à voir avec le pinot noir de Bourgogne).

                        Il m’est arrivé plusieurs fois d’acheter des vins en Alsace, notamment chez Joseph Freudenreich à Eguisheim (superbe cave ancienne !), mais il existe pas mal de bonnes adresses comme celle-là et je ne suis pas spécialiste !


                      • Surya Surya 6 août 2010 19:56

                        Bonjour Fergus,

                        C’est trop marrant cet état qui résulte d’une faute d’inattention dans les tracés ! Ca a dû être assez grisant pour les habitants de cette zone de créer leur propre état, s’organiser... Et tout de même assez dingue que ça ait eu pour conséquence un blocus de la part de ceux là même qui avaient commis l’erreur... Merci pour cet article à la fois instructif et au ton humoristique.
                        Moi qui adore les timbres, j’aimerais vraiment en avoir un de l’état libre du Goulot, ou au moins en voir un, un jour, comme par exemple de 50 pf celui que vous présentez.
                        Bonne soirée à vous,


                        • Fergus Fergus 6 août 2010 23:15

                          Salut, Surya.

                          Oui, l’expérience a dû être assez cocasse et même jouissive à vivre compte tenu du contexte, à la sortie de la Grande Guerre.

                          On présente les Allemands comme un peuple austère. Faute de les connaître, il suffit de lire quelques histoires comme celle-là ou d’aller respirer l’atmosphère de Berlin pour se rendre compte que tout cela est faux.

                          Pour ce qui est des timbres, bien que n’ayant plus de collection (un cambrioleur m’a délesté de toute ce que je possédais),j’aimerais moi aussi mettre la main sur un timbre du Goulot.

                          Bonne nuit.


                        • Surya Surya 7 août 2010 17:28

                          Salut Fergus,

                          Vraiment désolée pour votre collection de timbres !! Espérons qu’au moins il aimait la philatélie. Mais vous pouvez recommencer une autre collection, et j’espère que c’est vous qui trouverez les timbres de l’Etat du Goulot. smiley
                          Je ne connais pas du tout l’Allemagne ni les Allemands, Berlin est une ville que j’ai toujours eu envie de visiter, mais l’occasion ne s’est encore jamais présentée. Votre article m’a donné envie d’en savoir plus.

                          A la prochaine,



                          • rocla (haddock) rocla (haddock) 6 août 2010 20:56

                            Tu joues à l’ ésotériquet à la houppe ?


                            • brieli67 6 août 2010 21:57

                              au cap’taine du Moulinsart du Nordeste et à son Nestor

                              Allez faire un tour chez lui  vous serez moins de mauvaise foie

                              http://www.washingtonpost.com/wp-dy...

                              des rieslings et des gewürz hors normes et bien secs son Muscat réservé aux étoilés à déguster tout neuf dans sa panoplie un super pinot noir décrit il y a 15 jours par Pudlo des DNA léger gouleyant griottes cerises inspiré des « Smaragd » du Weinviertel autrichien une robe rutilante comme les verres de cristal de Saint Louis !

                              nix fer ungöd

                              ps.... faut planter et vinifier le/les bon clone  et les chimistes-oenologues en font des merveilles !



                              • Jean d'Hôtaux Jean d’Hôtaux 6 août 2010 23:09

                                Merci à Fergus pour son article idéalement gouleyant et parfait pour un vendredi soir !

                                Cordialement !

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