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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > L’étron sauvage

L’étron sauvage

ou "La colique bucolique" 

Ethnologie d'un quotidien trivial

Second volet des commentaires intimes de mes lecteurs. L'histoire des tinettes reste évocatrice de bien des souvenirs où se mêlent nostalgie, crainte, frayeur, rire et farce. Chacun pour peu qu'il soit quinquagénaire se souvient de ce petit coin au fond du jardin. Ils m'ont offert sans fausse pudeur un petit pan de leur passé après avoir lu : « La cabane au fond du jardin ».

Que ce billet ait pu susciter ici ou là plus de cent commentaires est un petit miracle. Rien de graveleux, des récits tout en retenue sont venus parsemer ce joli moment de communication. J'ai le bonheur de restituer les plus beaux fleurons de ces confessions intestines. L'étron sauvage ou la colique bucolique, le souvenir fugace ou la peur viscérale, rien ne nous est épargné.

Ouvrez la porte, laissez entrer ce doux parfum du passé. Derrière cette énigmatique cœur ou bien ce losange parfait, un pan de notre vie s'est écoulé. Recevez ce présent commun, ce moment si secret aujourd'hui dévoilé à tous. Que les chercheurs des temps futurs en fassent bon usage et qu'ils laissent ce billet dans l'état où ils l'auront trouvé en y pénétrant sur la pointe des pieds.

« Cet édifice branlant ornait mon jardin quand je suis arrivé ici et il était utilisé.....jusqu'au jour où ma compagne a été surprise (horrifiée même) de constater que le lieu était squaté par une magnifique couleuvre....la sortie en catastrophe (culotte aux genoux) a été assez croquignolesque . »

« Sans oublier l'édicule dans lequel Michel GALABRU dérivait sur un cours d'eau car , pour des raisons pittoresques , " sa cabane du fond du jardin " se retrouva embarquée à l' arrière d'une embarcation genre futreau de Loire . L' auriez - vous secouru dans de telles circonstances  ? »

« Chez moi, à Nice, on appelle ça un « cagadou ». Une cabane au dessus d'un torrent, je me souviens du grondement effrayant de l'eau, avec la peur de je ne sais quelle chute ! »

« Billet quelque peu trivial, mais toujours d’époque.
 Je me souviens bien des « cabinets » de ma grand-tante, posés sur un petit torrent, Royo comme on dit chez moi dans les Hautes Vosges.
 C’était nickel, mais même en été, on ressortait de là les fesses gelées, tant l’air venant du torrent était froid ! »

« Allez vous balader sur la mer de glace et remontez le glacier de Léchaux rive droite, face aux grandes Jorasses, jusqu'au refuge du même nom, du type "boîte de jambon" retenue à la paroi par des câbles. Pendant que vous y êtes, allez donc aux toilettes, de préférence l'après midi pour voir le papier remonter jusqu'au plafond à chaque tentative de le jeter dans le trou... qui conduit toutes les "matières lourdes" vers le glacier. Ramuz a raison : "la pensée remonte les fleuves" et le vent remonte les vallées l'après midi... »

« Ça me fait penser à un passage d'un bouquin : "Tziganes" de Jan Yoors. Il y était dit que les Roms Lovara trouvaient indécent d'avoir des toilettes, car quand quelqu'un s'y rendait, tous les autres savaient ce qu'il allait y faire alors que cela relevait de la plus grande intimité. Eux allaient philosopher dans la nature, en partant comme pour n'importe quelle autre balade. »

« Quelques rochers en croissant de lune vous dissimulaient du refuge. Un simple trou avec un spectacle à vous donner le vertige. Le lac de Serre-Ponçon s'offrait à votre admiration. Perché à 2 200 mètres, vous étiez maitre du monde, le pantalon en bas des jambes. Votre dépôt terminé, il fallait brûler le papier, ce qui n'était pas une mince affaire avec le vent qui soufflait en cet endroit. »

« Je m’en souviens aussi... 
Mais nul mystère, dans la cabane près de la ferme : un petit ruisseau coulait sous le siège, qui enchantait les oreilles du résident temporaire. 
Les canards, à la sortie, faisaient le ménage...Recyclage assuré !
 On prenait son temps et on s’instruisait : lecture du journal local, de Spirou.
 On échappait aussi pour un temps à la surveillance parentale. »

« Dans mon enfance, nous avions aussi un petit coin au fond de la propriété, tout près du tas de fumier, dont mon père se servait pour le jardin. Des couches de papier de toutes sortes étaient accrochées à l’une des parois, et des toiles d’araignées tapissaient le plafond.

Mais ce petit coin servit aussi à autre chose.

Comme il y avait un vieil arbre couvert de lierre à proximité, mon père, les jours d’hiver, se mettait « à l’espère » dans le cabinet, son fusil à portée de la main. Il était ainsi protégé du froid, et pouvait surveiller merles et grives venant déguster les graines.

 Enfant, j’arrivais en courant, comme tous les enfants. Voyant mon père installé avec son fusil, je disais « papa, ça presse, vite » et il sortait en rouspétant que j’avais fait fuir les oiseaux.
 »

« Et y’avait même pas besoin de mettre une pièce pour que la porte s’ouvre et se ferme ?
 De quoi rendre JC. Decaux malade  ! »

« L'épandage aussi m'a marquée. Production collective qui rapproche l'humain de la terre dont il est issu et à laquelle il est censé retourner un jour... Je me souviens d'un oncle à la manœuvre, qui crachait dans ses mains avant d'étaler le limon au bout de la fourche... Devant mes yeux d'enfants horrifiés (je restais à distance comme quand on tuait une poule ou un lapin), il clamait qu'il n'y avait pas mieux, qu'on récolterait les meilleurs légumes la saison suivante »

« Chez mon grand-père c’était très étudié !
 En amont (la maison était sur une pente) le tas de fumier. L
es liquides (pluie polluée) partaient dans une canalisation à 1 m de la surface.
 Cette canalisation traversait un petit bâtiment : dans l’ordre

- poulailler : une petite pièce


- cages à lapins 

- une petite pièce
- coin wc avec siège percé en bois, journaux accrochés à la cloison. Cette troisième pièce outre la cabane wc contenait un ’bloc" pour casser le bois, un petit stock de bois cassé pour allumer le feu, le matériel pour tuer et dépouiller les lapins et plumer les poules.
Après avoir traversé la cour, la canalisation récupérait le purin de l’étable et terminait par une fosse devant le logement du cochon ! »

« J’ai connu ça dans ma jeunesse en Touraine, les pages de journal coupées en 4 directement

attachées avec une ficelle sur une paroi . La cabane était directement au dessus du trou où l’on mettait le fumier des lapins, des poules et des oies, le broc d’eau servait à la maturation du tout ! La nuit, nous allions nous coucher avec le seau hygiénique dans des lits sans draps de dessus, juste un édredon en plume d’oie fait par ma grand mère. Dans mon chalet, j’ai des WC chimiques mais j’ai gardé la cabane originelle sur le terrain et chaque fois que je passe devant je me souviens comme ma jeunesse est loin désormais... »

« Chez nous, nous avions les WC dans la maison. Invité chez un lointain cousin alsacien dans les années 55, je fus pris d'une envie subite. J'ai dû me rendre dans la cabane que ma tante avait désignée comme étant l'endroit que je cherchais. Pas de lumière en ce lieu et pas de lampe de poche pour cette aventure nouvelle, pour moi. Je cherchais le fameux trou à l'aveuglette et j'ai fini par uriner là où j'estimais viser juste. Ça éclaboussait un peu ! Le lendemain, je suis revenu au grand jour sur le lieu de mes exploits. J'ai aspergé le couvercle ! »

« Chez nous, en Berry, la cabane était au fond de la cour, derrière les clapiers à lapins. La nuit, les lapins faisaient grand bruit. Nous, les enfants, étions effrayés par ce vacarme. Le produit de nos entrailles tombait dans une grande casse (marmite en fonte de 100 litres de contenance). Quand celle-ci menaçait de déborder, il fallait la charger sur une brouette pour aller la vider dans le jardin distant d'un bon kilomètre. Nous traversions le village dans ce bel équipage. Un jour, l'oncle alors âgé de 16 ans, ayant sans doute mieux à faire voulut s'acquitter de sa corvée avec empressement. Ce qui devait arriver, survint pour sa plus grande honte, la casse chut de la brouette et se renversa au beau milieu de la rue centrale qui par bonheur était en pente. L'oncle se prit une avoinée mémorable et s'en est allé sans rien ramasser. Les gens du bas de la rue ont du en profiter ... »

Ainsi se termine ce récit épique. C'est avec regret que nous quittons ces tranches de vie. La modernité s'est installée chez vous, cabinet de toilette et cabinet fermé de l'intérieur furent les deux éléments du confort des trente glorieuses. La machine à laver a libéré la femme, les WC ont soulagé beaucoup d'entre nous. Pourtant, nous gardons un souvenir ému, de cette période qui sera un jour, un sujet de thèse (à moins que ce ne soit déjà fait).
 

Viscéralement leur.

Vidéo totalisante :


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33 réactions à cet article    


  • voxagora voxagora 26 février 2013 12:34

    Georges Yang est battu ! Cela ne se voit pas, car la forme est là pour nous aveugler.



    • C'est Nabum C’est Nabum 26 février 2013 12:36

      voxagora


      Nulle volonté de vous aveugler mais simplement le souhait de vous soulager !

    • Agoranymous633 26 février 2013 13:54

      Cher auteur, pour donner de la matière fécale tout autant que focale à vos productions quotidiennes si léchées et alléchantes, je vais m’employer à vous donner un point de vue que vous ne demandez pas et qui vous paraitra des plus hors sujet au premier abord.

      Il y a quatre sortes d’agoravoxien(ne)s, sachant que les attributs et états peuvent ou faire l’objet de mandats cumulatifs :

      1. le puceau : il vient en son âme et conscience ou par délégation mandataire s’exprimer dans l’agora. Il peut être fourbe, dilettante, besogneux pertinent ou lumineux, mais dans tous les cas, il ne se prononce qu’à l’aune de sa connaissance personnelle et parcellaire de la prise de parole publique, s’en contenant souvent mais se trouvant toujours soumis à brève ou moyenne échéance aux aléas de voir débouler un contradicteur un peu plus tatillon, un peu plus revêche ou carrément empêcheur de tourner en rond.

      2. le guerrier de l’agora lambda : il fera partager ou passer son avis en propre ou par tous les subterfuges possibles, restera sniper ou commencera à s’agglomérer à une meute.

      Il est souvent à ce stade fier de lui et de son fait, mais il est incapable de juguler le moindre vent contraire qui peut lui échapper ou le laisser coi, ou des fois éparpillé en mille morceaux façon puzzle.

      3. le trou noir ordinaire . Il a fait le point et/ou expérimenté les deux états précédents, il sait que tout ce barnum est une soupe infâme mais unique, alors il tente sa chance par l’intermédiaire de son égo de taille galactique de faire sa police. Il engloutit tous les discoureurs du quotidien, les embrouille à sa façon (en version multipseudo standart), et recherche en permanence un frittage de haut niveau pour au moins se reconnaître dans d’autres trous noirs prédateurs concurrents, le seul objectif en fait revenant à avoir le plus gros trou noir qu’il puisse être, celui qui engloutirait l’agora tout entière.

      4. le supermassive blackhole, toujours en gestation et fourmillement au sein de l’agora.
      Celui ou celle-ci n’a aucune limite dans la méthode à utiliser, a l’agora pour raison d’être dans la vie, en connaît toutes les ficelles, a dans certain cas une situation directement liée à la marche effective de l’entreprise mais se contente de rester en veille, de mordre quelques mollets à l’occasion ou d’éclairer l’agora de son incomparable suffisance ou magnificence. Celui ou celle-ci sait que seule sa vigilance, soin éthique personnelle sans faille par rapport à ses pairs du 4eme niveau est à même de faire sortir l’agora un jour du très profond trou noir dans lequel elle est complètement aspirée, faisant au final un simple parallèle entre la situation du monde réel et la situation comparée de cette métaphore de l’esprit qu’est l’espace de discussion présent.





      Et puis y’a le 5eme soleil qu’un clampin visqueux et irritant cherche seul à montrer à toutes et toutes sans distinction de classification, d’état ,de connaissance ou d’expérience de ce dont votre serviteur vous parle , Monsieur l’auteur de l’article ici présent.

      Peut être que ce soleil en forme de confrérie inviolable et universlaficatrice (sic), brulera t’il de mille feux un jour prochain ou tombera au plus profond du trou comme un étron des plus sauvage, c’est tout ce qu‘on peut en dire à ce jour.

      En attendant le sujet est tabou pour tous sauf pour un ou deux ou trois, les autres préférant rendre l’âme plutôt que se l’avouer à eux ou elles mêmes.

      PS : aucune distinction n’est faite à escient entre auteurs et commentateurs dans ce descriptif panoramique et panégyrique, la propriété ou attribution du support servant d’espace de discussion étant à impropre à rendre compte complètement de la situation passée, présente et future de l’agora.

      Bonne pause caca


      • Agoranymous633 26 février 2013 14:03

        « ...peuvent interférer ou faire l’objet de mandats cumulatifs... » ... «  ... étant impropre à rendre compte... »


      • C'est Nabum C’est Nabum 26 février 2013 14:04

        Agoranymous633


        Me voilà largement fourni en matère à réflexion, analyse et classification.

        Je vais faire une pose intime pour digérer tout ça et en extraire l’essenteil

        Merci cher maître !

      • LE CHAT LE CHAT 26 février 2013 14:14

        la chiasse , plus rapide que la pensée , plus rapide que la lumière , t’as même pas le temps de penser à allumer la lumière des chiottes que t’es déjà dans la merde ! smiley


        • C'est Nabum C’est Nabum 26 février 2013 14:26

          Le chat


          Tirer la chiasse et il ne reste rien !

        • LE CHAT LE CHAT 26 février 2013 14:30

          le comble de la confiance en soi ; c’est péter de bon coeur alors qu’on a la chiasse !

          ton article bucolique me rappelle le jardin de mon grand père , le produit des latrines , c’est très bien pour faire pousser les choux fleurs , rien ne se perdait au temps jadis ....


        • C'est Nabum C’est Nabum 26 février 2013 14:32

          Le chat

          Une confiance qui peut laisser quelques traces à votre ego !


        • Shawford Shawford42 26 février 2013 16:19

          Ou un trou béant dedans ce même égo, Nabum, c’est selon


        • C'est Nabum C’est Nabum 26 février 2013 17:34

          Shawford42 


          Je suis septique devant ce tout à l’ego ! 

        • Shawford Shawford42 26 février 2013 17:38

          Ah là là là, que voulez vous Nabum, on sait tous les deux combien ça sent pas toujours bon dans la fosse aux lions de l’Agora (alors parlons pas des félins de basse espèce smiley ). 


        • C'est Nabum C’est Nabum 26 février 2013 17:40

           Shawford42


          Ne remuons pas les bas fonds ! 

        • Shawford Shawford42 26 février 2013 17:43

          Pour ma part, j’utilise mon bâton de Maréchal comme je l’entends, non mais smiley


        • Bubble Bubble 26 février 2013 16:30

          Dans notre petit coin de banlieue parisienne, on dit qu’on va « pondre une réforme », comme quoi la toilette domestique a encore un usage intellectuel.

          Des thèses sur le sujet, peut être... en tout cas, des bouquins oui ! Cherchez donc « Comment chier dans les bois » sur internet pour visiter l’humour fondemental de certains américains.


          • C'est Nabum C’est Nabum 26 février 2013 17:35

            Bubble


            Un récit de l’Amérique profonde !

          • Pyrathome Pyrathome 26 février 2013 16:46

            Quelle merde........ !



            • C'est Nabum C’est Nabum 26 février 2013 17:36

              Pyrathome


              J’ai le triste sentiment que vous ne pouvez pas me sentir !

            • Pyrathome Pyrathome 26 février 2013 17:38

              Shoushou,

              Dès qu’on parle de matière, tu ne peux t’empêcher de ramener tes (qu)cantiques....
              T’es un vrai trou noir hypermassif  ! smiley smiley


            • Shawford Shawford42 26 février 2013 17:40

               smiley smiley smiley


              si je me rappelle bien tu portais d’ailleurs la même photo en avatar y’a quelques lunes de ça smiley

            • Pyrathome Pyrathome 26 février 2013 17:43

              J’ai le triste sentiment que vous ne pouvez pas me sentir !

              Ben, ça sent pas trop bon votre matière à réflexion quand même.....
              La poésie, j’aime bien, mais j’ai comme l’impression que vous en faites un peu de trop, là....
              Du coup, je reste septique.... smiley


            • C'est Nabum C’est Nabum 26 février 2013 17:46

              Pyrathome


              Je vous assure que vous respirez ici le bouquet final ! 

            • Shawford Shawford42 26 février 2013 17:50

              Et c’est bien ce qui devrait amener certain à plus de scepticisme justement.


            • jluc 26 février 2013 19:56

              ’Je vous assure que vous respirez ici le bouquet final !
              attendez, vous avez oublié la table des matières.


            • Algunet 26 février 2013 17:23

              La cabane au fond du jardin, ou dans la nature, en fait, cela concerne près de la moitié de l’humanité...

              Sans compter les chient dans l’eau, qui n’oublient pas de nourrir les poissons !

              Mais bon, la France fait partie des pays riches...


              • C'est Nabum C’est Nabum 26 février 2013 17:37

                Algunet


                Vous avez raison de souligner ce constat.

                Merci 

              • ZEN ZEN 26 février 2013 17:53

                Et les droits d’auteur ?!! smiley
                 smiley


                • C'est Nabum C’est Nabum 26 février 2013 17:57

                  ZEN


                  Il faudrait faire une analyse ADN

                • jluc 26 février 2013 19:53

                  l’article a été généreusement écrit en pensant aux gens dans le besoin.


                • C'est Nabum C’est Nabum 26 février 2013 20:02

                  JLuc


                  Je me suis ouvert à tous ! 


                • Montagnais Montagnais 26 février 2013 21:29
                   .. la dernière fois que j’ai utilisé une feuille de journal plié en quatre, y’avait ça de marqué :

                  .

                  C’était en 1925 . ; c’était déjà signé Dugué ..

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