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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > La Rate au court-bouillon

La Rate au court-bouillon

Cuisine linguistique

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Une expression de mec.

Se faire ou ne pas se faire la rate au court-bouillon ? La question mérite d'être posée et pourtant la riposte est cinglante : « Voilà bien une expression de mec ! ». J'avoue ne pas comprendre ce particularisme à connotation sexuelle qu'on veut bien me signifier ainsi. Il faut en examiner lucidement le contexte pour juger de la chose.

L'usage d'expressions imagées serait-il une spécificité masculine ? J'ai comme un doute. Mes compères ne brillent pas tous par leur maîtrise de la langue et de ses enluminures. La métaphore est bien plus un attribut de la sensualité, de la nuance et du sens de la subtilité. Voilà bien des qualités qui échappent à ce sexe qui se prétend fort, en gueule surtout …

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Le domaine culinaire serait-il devenu une chasse gardée des porteurs de pantalon à braguette ? Là encore, il est permis d'en douter. Si les chefs portant haute et fière toque sont le plus souvent des hommes, la cuisine demeure encore une zone où la femme s'escrime au quotidien quand son compagnon aime à briller les soirs de gala.

Évacuons donc sans hésitation cet argument pour émettre une hypothèse qui mérite d'être soulevée. La rate, tout comme le pied de cochon, la tête de veau, le foie ou bien la tripe sont certainement des produits qui rebutent la gent féminine. Curieusement, les abats auraient un sexe et, seul, l'homme, dans toute sa splendeur, aime à cuisiner les animelles, la cervelle et le cœur. S'il est incontestable qu'il est mieux pourvu que sa compagne du premier ingrédient, on peut en douter pour les suivants …

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Serait-ce donc le court-bouillon qui aurait alors un caractère purement masculin laissant alors le bain-marie à la femme ? Il se peut qu'il y ait là une piste intéressante, un point de vue qui soit susceptible de poser sérieusement le débat actuel du genre. J'ai cependant la conviction que ce n'est pas dans les pots que l'homme brille et qu'il se montre bien plus expert face à un barbecue que devant une cuisinière. Il préfère faire des étincelles que surveiller le lait sur le feu.

Non, décidément, la remarque ne tient pas la route d'autant plus qu'elle ravive la flamme d'une guerre des genres qui n'a plus de raison d'être. L'accord des mets et des modes de cuisson est aussi complexe que celui des plats et des vins ou que l'entente entre les humains. Ne venons pas aggraver les querelles par des remarques absurdes. Il est bien plus simple de ne pas se faire la rate au court-bouillon pour de telles billevesées.

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Je pensais en avoir fini de cet exposé laborieux quand une intervention intempestive du syndicat des producteurs de pommes de terre est venue apporter son grain de sel. Selon cette noble assemblée corporatiste, il faudrait écrire ratte, en référence à cette merveilleuse pomme de terre qui tient si bien la cuisson et reste ferme en toutes circonstances.

Ferme en toute circonstance, c'était bien la chose à ne pas dire car des fiers-à-bras, des machistes prétentieux se sont rués sur la formule pour se l'approprier. Oui, c'est bien spécifiquement masculin que cette qualité-là. La levée de tabliers que provoque l'assertion atteste que nous n'obtiendrons jamais l'unanimité en ce domaine et qu'il y a bien plus de forts en gueule que de vaillants soldats de l'amour.

Il me semble prudent de laisser choir ce sujet de réflexion. De toutes parts, il me conduit dans l'impasse : les truismes les plus éculés sur la bataille des sexes, le risque de dérapages graveleux. La rate aurait donc, à elle seule, cette tendance à ne sortir que de la bouche d'un homme ? Il faudrait, peut-être bien, interroger les grandes sommités médicales pour en connaître les raisons.

Rate5.jpg

Je préfère laisser là le débat. La langue n'a pas de genre, n'en déplaise aux grammairiens. Voilà un domaine où il est prudent de marcher sur des œufs. De coq ça va de soi !

Rativement leur.

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4 réactions à cet article    


  • Le p’tit Charles 23 février 2015 17:22
    Je n’suis pas bien portant - 1 -
    Depuis que je suis militaire
    C’n’est pas rigolo... entre nous
    Je suis d’une santé précaire
    Et j’me fais un mauvais sang fou
    J’ai beau vouloir me remonter
    Je souffre de tous les côtés.

    J’ai la rate qui s’dilate
    J’ai le foie qu’est pas droit
    J’ai le ventre qui se rentre
    J’ai l’pylore qui s’colore
    J’ai l’gosier anémié
    L’estomac bien trop bas
    Et les côtes bien trop hautes
    J’ai les hanches qui s’démanchent
    L’épigastre qui s’encastre
    L’abdomen qui d’démène

      J’ai l’thorax qui s’désaxe
    La poitrine qui s’débine
    Les épaules qui se frôlent
    J’ai les reins bien trop fins
    Les boyaux bien trop gros
    J’ai l’sternum qui s’dégomme
    Et l’sacrum c’est tout comme...
    J’ai l’nombril tout en vrille
    Et l’coccyx qui s’dévisse.

    Refrain
    Ah ! Bon Dieu ! qu’c’est embêtant
    D’être toujours patraque
    Ah ! Bon Dieu ! qu’c’est embêtant
    Je n’suis pas bien portant.

    - 2 -
    Afin de guérir au plus vite
    Un matin tout dernièrement
    Je suis allé à la visite
    Voir le major du régiment.
    D’où souffrez-vous ? qu’il m’a demandé
    C’est bien simple que j’y ai répliqué

    J’ai la rate qui s’dilate
    J’ai le foie qu’est pas droit
    Et puis j’ai ajouté
    Voyez-vous c’n’est pas tout
    J’ai les g’noux qui sont mous
    J’ai l’fémur qu’est trop dur
    J’ai les cuisses qui s’raidissent
    Les guiboles qui flageolent
    J’ai les ch’villes qui s’tortillent
    Les rotules qui ondulent

      Les tibias raplaplas
    Les mollets trop épais
    Les orteils pas pareils
    J’ai le coeur en largeur
    Les poumons tout en long
    L’occiput qui chahutte
    J’ai les coudes qui s’dessoudent
    J’ai les seins sous l’bassin
    Et l’bassin qu’est pas sain...

    Refrain
    Ah ! Bon Dieu ! qu’c’est embêtant
    D’être toujours patraque
    Ah ! Bon Dieu ! qu’c’est embêtant
    Je n’suis pas bien portant.

    - 3 -
    Avec une charmante demoiselle
    J’devais me marier par amour
    Mais un soir comme j’étais près d’elle
    En train de lui faire la cour
    Me voyant troublé, elle me dit :
    Qu’avez-vous ? - Moi, j’lui répondis.

    J’ai la rate qui s’dilate
    J’ai le foie qu’est pas droit
    J’ai le ventre qui se rentre
    J’ai l’pylore qui s’colore
    J’ai l’gosier anémié
    L’estomac bien trop bas
    Et les côtes bien trop hautes.
    J’ai les hanches qui s’démanchent
    L’épigastre qui s’encastre
    L’abdomen qui d’démène
    J’ai l’thorax qui s’désaxe
    La poitrine qui s’débine
    Les épaules qui se frôlent
    J’ai les reins bien trop fins
    Les boyaux bien trop gros
    J’ai l’sternum qui s’dégomme
    Et l’sacrum c’est tout comme...
    J’ai l’nombril tout en vrille
    Et l’coccyx qui s’dévisse.
    Et puis j’ai ajouté...
    Voyez-vous c’n’est pas tout.
    J’ai les g’noux qui sont mous
    J’ai l’fémur qu’est trop dur
    J’ai les cuisses qui s’raidissent
    Les guiboles qui flageolent
    J’ai les ch’villes qui s’tortillent
    Les rotules qui ondulent
    Les tibias raplaplas
    Les mollets trop épais
    Les orteils pas pareils

      J’ai le coeur en largeur
    Les poumons tout en long
    L’occiput qui chahutte
    J’ai les coudes qui s’dessoudent
    J’ai les seins sous l’bassin
    Et l’bassin qu’est pas sain...
    En plus d’ça j’vous l’cache pas
    J’ai aussi, quel souci !
    La luette trop fluette
    L’oesophage qui surnage
    Les gencives qui dérivent
    J’ai l’palais qu’est pas laid
    Mais les dents c’est navrant
    J’ai les p’tites qui s’irritent
    Et les grosses qui s’déchaussent
    Les canines s’ratatinent
    Les molaires s’font la paire
    Dans les yeux c’est pas mieux
    J’ai le droit qu’est pas droit
    Et le gauche qu’est bien moche
    J"ai les cils qui s’défilent
    Les sourcils qui s’épilent
    J’ai l’menton qu’est trop long
    Les artères trop pépères
    J’ai le nez tout bouché
    L’trou du cou qui s’découd
    Et du coup, voyez-vous,
    J’suis gêné pour parler
    C’est vexant car maint’nant
    J’suis forcé d’m’arrêter...

    Refrain
    Ah ! Bon Dieu ! qu’c’est embêtant
    D’être toujours patraque
    Ah ! Bon Dieu ! qu’c’est embêtant
    Je n’suis pas bien portant.


    • C'est Nabum C’est Nabum 23 février 2015 17:49

      @Le p’tit Charles

      J’ai écrit une chanson marine sur ce principe


      Les nœuds malins



      J’aimerais faire des nœuds marins

      Mais je ne suis pas très malin

      Je m’embrouille les écoutes

      Je m’emmêle dans la soute


      Le cabestan n’est pas marrant

      Et le gabier tout en doigté

      Le nœud de chaise est trop balaise

      C’est pour le drisse que je glisse

      La jambe de chien ne me vaut rien

      Quant à l’écoute j’ai comme un doute

      Pour le bollard je suis ringard

      La demi clef me fait marner


      J’aimerais faire des nœuds marins

      Mais je ne suis pas très malin

      Je m’emberlaise le capon

      Je me berdille sur le pont


      Pour le grappin j’ai pas la main

      Et l’épissure je n’suis pas sûr

      Le nœud miroir c’est pour la Loire

      À l’amarrage si je suis sage

      C’est en tirant que c’est marrant

      Dans le filet tout est défait

      Pour l’arrimeur je suis à l’heure

      Pour l’évadé j’me suis barré


      J’aimerais faire des nœuds marins

      Mais je ne suis pas très malin

      Je m’emberlaude au ponton

      J’m’escagasse le pompon


      Pour l’évadé j’me suis barré

      Pour l’arrimeur je suis à l’heure

      Dans le filet tout est défait

      C’est en tirant que c’est marrant

      À l’amarrage si je suis sage

      Le nœud miroir c’est pour la Loire

      Et l’épissure je n’suis pas sûr

      Pour le grappin j’ai pas la main


      J’aimerais faire des nœuds marins

      Mais je ne suis pas très malin

      Je m’applique pour les faire

      Et j’arcande à les defaire


      La demi clef me fait marner

      Pour le bollard je suis ringard

      Quant à l’écoute j’ai comme un doute

      La jambe de chien ne me vaut rien

      C’est pour le drisse que je glisse

      Le nœud de chaise est trop balaise

      Et le gabier tout en doigté

      Le cabestan est pas marrant


      J’aimerais faire des nœuds marins

      Mais je ne suis pas très malin

      Je m’embrouille les écoutes

      Je m’emmêle dans la soute

      Je m’emberlaise le capon

      Je me berdille sur le pont

      Je m’emberlaude au ponton

      J’m’escagasse le pompon

      Je m applique pour les faire

      Et j’arcande à les defaire


      J’aimerais faire des nœuds marins

      Mais je ne suis pas très malin




    • diogène diogène 23 février 2015 18:38

      Il ne vous aura pas échappé qu’il s’agit là d’une contrepèterie (art dans lequel Frédéric Dard était passé maître :


      la rate au court- bouillon

      la tare au bourre-couillon.

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