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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > Le fraudeur repenti

Le fraudeur repenti

Les Français ont appris cette semaine que la fraude dans les transports en commun coûte chaque année environ 400 millions d’euros aux seules entreprises SNCF et RATP (300 millions pour l’une, 100 millions pour l’autre). Tous les fraudeurs sont-ils pour autant des personnes malhonnêtes ? Non, si l’on en croit l’étonnant cas de monsieur L...

L’affaire ne concerne pas la SNCF, mais la RATP. Depuis de nombreuses années, cette entreprise s’efforce, sous le regard tutélaire de l’autorité organisatrice des transports en Ile-de-France, le STIF, de lutter par différents moyens techniques ou humains contre la fraude qui sévit sur l’ensemble de ses réseaux, particulièrement dans les bus et les tramways où l’accès des véhicules reste libre.

Au fil du temps, des obstacles ont en revanche été installés aux barrières de péage sur le réseau ferré (métro et RER) afin de compliquer la vie des fraudeurs en les contraignant, d'une part à une acrobatie physique, et d'autre part à dévoiler aux yeux de tous leur statut de personnes malhonnêtes. Mais, revers de la médaille, ces obstacles se révèlent souvent difficilement franchissables par les personnes transportant des valises ou conduisant des poussettes.

La lutte contre la fraude doit-elle devenir encore plus pénalisante pour les voyageurs en règle ? Nul doute que cette question revient régulièrement dans les réflexions conduites par les responsables de la RATP. François Saglier, directeur des Relations Clientèle, apporte une réponse négative à cette question : malgré les 5 % de voyageurs en situation irrégulière, pas question d’aller plus loin dans la lutte anti-fraude. Chaque point gagné entraînerait en effet la mise en œuvre de moyens de lutte supplémentaires qui ne seraient pas compensés par un gain suffisant de recettes.

Malgré les campagnes publicitaires destinées à la contrer, la fraude a par conséquent encore de beaux jours devant elle, et cela d’autant plus que le prolongement de la crise économique donne des arguments aux fraudeurs. Tous ne sont pourtant pas des personnes impactées par les difficultés économiques, si l’on en croit les typologies établies tant par la RATP que par la SNCF. Les fraudeurs sont-ils pour autant tous des personnes malhonnêtes ? Non, car une partie d’entre eux est réellement confrontée à un tel manque de ressources que la fraude relève d’une évidence et s’apparente au « vol de nécessité ».

Monsieur L... a-t-il été confronté à cette nécessité de frauder ? Il affirme que oui, et l’on est obligé de le croire lorsqu’on connait son étonnant cas.

Revenons une douzaine d’années en arrière. Un jour, arrive au siège de la RATP une lettre pour le moins inhabituelle en provenance de Suède. Un homme, confortablement installé dans ce pays depuis plusieurs années, raconte qu’il a fraudé durant des mois sur les réseaux de la RATP lorsqu’il était étudiant à Paris et vivait avec des moyens réduits au strict minimum. Une « fraude par nécessité » qu’il estimait dans sa lettre à 1500 euros. Toute dette devant, à ses yeux, être un jour remboursée, M. L... demandait à la RATP comment faire pour s’acquitter, des années après, de cette somme en dédommagement des pertes de recette subies de son fait.

Sans base juridique, une telle somme ne pouvait être perçue au titre des anciennes infractions, celles-ci n’ayant de surcroit pas donné lieu à l’établissement de procès-verbaux de fraude. Quant à recevoir un don de 1500 euros d'un particulier, cela semblait totalement surréaliste. C’est pourquoi la RATP a répondu à M. L... en lui suggérant de verser cette somme à une association caritative à choisir parmi quatre ayant, de près ou de loin, un rapport avec l’entreprise.

C’est ainsi que M. L... a envoyé un chèque de 1500 euros à l’une de mes amies, employée à la RATP et présidente d’une association dont l’objet consiste à recevoir pour de courtes vacances des enfants handicapés dans une grande maison de l’Yonne spécialement aménagée à cet effet. Je vous laisse imaginer la stupéfaction de cette amie dont l'essentiel de l'action visait à trouver des subventions pour assurer le fonctionnement de l'association. Une bien belle surprise pour elle et pour ses protégés !


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44 réactions à cet article    


  • Mr Dupont 31 août 2013 11:29

    Mr Fergus


    La situation est telle que ceux qui compostent leur ticket ou passent leur carte Navigo : baissent les yeux pour le faire de peur de passer pour des cons et d’être reconnus

    A l’inverse ceux qui fraudent le font fièrement et attendent vos applaudissements

    Que risquent-ils d’ailleurs ?

    Rien....absolument rien

    Pour en être convaincu ils suffit de se rappeler les pirates du rails avec violences ( imaginez la terreur dans les wagons ) : sitôt arrêtés....sitôt libérés

    Quelques heures de TIG qu’ils ne feront jamais

    Alors le jumping en station ou en gare a de beaux jours devant lui, avec un nombre de plus croissant de participants

    Une discipline de la sorte aux prochains JO , nous ferait avoir toutes les médailles

    • Fergus Fergus 31 août 2013 12:15

      Bonjour, Mr Dupont.

      Cédant à votre péché mignon, vous caricaturez. Et pour cause : la très grande majorité des voyageurs possède un passe Navigo ou un titre en règle. Cela dit, je vous concède bien volontiers qu’il reste de trop nombreux fraudeurs, particulièrement sur certaines lignes à propos desquelles ni la SNCF ni la RATP ne communiquent d’information.

      A noter que Chirac, que l’on voit « frauder » le métro, n’a jamais fait l’objet d’un PV, pas même lors de son saut (pas du meilleur) effectué à l’époque devant les photographes médusés.


    • Mr Dupont 31 août 2013 12:32

      Mr Fergus


      Il ne vous ai jamais venu à l’idée que Mr Chirac en agissant ainsi pointait du doigt la facilité de la fraude ?

      Non ?

      Rassurez-vous à moi non plus smiley

    • Fergus Fergus 31 août 2013 13:24

      @ Mr Dupont.

      Merci de me permettre d’ajouter le mot qui sauté dans mon commentaire ci-dessus : pas du meilleur goût.

      Quant à la facilité de frauder en franchissant de manière illicite le tourniquet, ce n’est pas vrai pour tout le monde. En tous les cas pas pour ce quarantenaire que j’ai vu un se ramasser une belle gamelle en choisissant le franchissement aérien ; ni pour cette brave dame un peu dodue qui, en choisissant de passer sous le tourniquet, est restée coincée au niveau des reins ; pas plus que pour ce jeune qui, en sautant joyeusement d’un bond magnifique a vu son téléphone portable éjecté de sa poche de chemisette avant d’aller s’écraser sur le sol à deux mètres de là.

      Qui plus est, il y a toujours le regard des autres, et lui reste toujours dissuasif pour une partie des postulants à la fraude.

      Bonne journée.


    • PhilVite PhilVite 31 août 2013 12:00

      Bonjour Fergus,
      Juste une question en marge de votre article. Vous qui êtes un grand voyageur, savez-vous s’il existe des villes dans le monde dotées de transports en commun - bus, métro, tramway - dont l’accès soit totalement gratuit pour l’usager ? Et si oui, avez-vous une idée de leur mode de financement ? Parce que durant mon enfance lyonnaise, j’ai toujours rêvé d’une ville sans ticket, carte, pass...etc.


      • Fergus Fergus 31 août 2013 12:27

        Bonjour, PhilVite.

        Sur les autres continents, je n’ai pas d’information, mais en Europe, l’expérience des transports gratuits vient d’être instaurée à Tallin, en Estonie. Je ne connais pas d’autre cas.

        Comme vous, les transports gratuits sont l’un de mes chevaux de bataille en matière de transport. Comment les financer ? Par les subventions (qui existent déjà partout mais pourraient être augmentées), par la contribution des entreprises régionales (actuellement elles prennent en charge la moitié de la dépense de transport de leurs salariés), par la diminution importante des coûts d’exploitation en matière d’installations antifraude et de salaires des équipes de contrôleurs. Problème : cela reviendrait à supprimer des emplois, sauf à centrer ce personnel uniquement sur des missions d’accueil du public et de sécurité des réseaux. En tout état de cause, cela relève encore du vœu pieu...


      • PhilVite PhilVite 31 août 2013 14:49

        Merci, j’imaginais, allez savoir pourquoi, que le cas était plus fréquent que ça.
        De toute évidence ça ne doit pas être très facile à mettre en place, le cas « Tallin » va donc être intéressant à suivre.


      • Fergus Fergus 31 août 2013 16:05

        @ PhilVite.

        il semblerait que la tentation de franchir le pas ait progressé sur différents réseaux. Mais il reste sans doute pas mal d’obstacles à lever. Qui plus est, la crise économique n’arrange pas les choses, notamment au niveau de la prise en charge par des collectivités endettées.

        Bonne journée.


      • lautrecote 31 août 2013 19:15

        bonjour
        on trouve au moins un exemple de transports publics gratuits en France :
        http://www.aubagne.fr/fr/services/se-deplacer/en-bus.html

        De mémoire, Chateauroux s’y est mise aussi, et uil me semble qu’Avignon y réfléchit


      • Fergus Fergus 31 août 2013 20:14

        Bonsoir, Lautrecote.

        Merci pour cette information. Un exemple qui sera peut-être suivi par d’autres villes...


      • escartefigue 31 août 2013 12:22

        Bonjour fergus ,


        Elle est rigolote l’ histoire que vous racontez , comme quoi on peut 
        être fraudeur et finalement payer sa fraude plus tard . 

        Concernant la fraude , ce qui me fait rire c ’est que les contrôleurs qui mettent 
        des PV à des gens qui ont pas de billet voyagent eux gratuitement sans jamais 
        en acheter un . 

        Paradoxal non ?

        • Fergus Fergus 31 août 2013 12:30

          Bonjour, Capitaine.

          Rigolote, en effet, mais surtout surprenante, notamment à notre époque.

          Pour ce qui est des contrôleurs qui voyagent gratuitement dans le cadre de leur métier, c’est effectivement un paradoxe amusant.

          Cela dit, pour sortir de la plaisanterie, les voyages gratuits dont bénéficient les cheminots constituent des éléments de salaire. Supprimer ce droit reviendrait de facto à devoir revaloriser leurs salaires.


        • wesson wesson 31 août 2013 14:06

          Bonjour Fergus, 


          Savez-vous que je prends pratiquement quotidiennement le TER pour me rendre à mon lieu de travail ou rentrer chez moi. Je sais, j’ai les moyens d’y aller en voiture, mais ma lexus chauffe dans les embouteillages smiley

          Donc, pour en revenir au TER, j’y côtoie une clientèle très nombreuse et diverses, qui irriteraient facilement nos amis du Front National. 

          Nous sommes contrôlés très fréquemment. En moyenne, une fois tous les deux trajets. De mémoire, et depuis les 4 ans que je fait ce trajet, je n’ai assisté que à 2 occasions ou un passager n’avait pas son billet. Par contre, plusieurs fois j’ai vu des gens monter dans le train et aller immédiatement voir le contrôleur pour leur dire qu’ils n’avaient pas eu le temps de prendre le billet. Et d’ailleurs, ça m’est arrivé 2 fois ou arrivé à la bourre à la gare ou machine en panne, je n’avais pas eu le temps de recharger ma carte pastel (équivalent local du pass navigo). Le controleur vous fait alors le billet, moyennant un surcoût, ce que je trouve d’ailleurs très limite lorsque il s’agit de l’automate qui est en panne .. ce n’est quand même pas de votre responsabilité.... passons.

          peut-être est-ce l’air de la campagne, mais ça me donne l’impression que la fraude est vraiment très faible, surtout concernant les transports professionnels. Dans ce contexte, je pense que le coût de la fraude se résume au coût des contrôles, des fois les contrôleurs étant accompagnés de 5 ou 6 molosses d’une société privé de sécurité, dont on se demandent bien ce qu’ils foutent là.

          Et pour tout dire, je milite activement à ce que les trajets professionnels - qui vous emmènent du lieu de résidence au lieu de travail et inversement - devraient être totalement gratuits et pris en charge par les entreprises. Si on mets ça en place, plus de problèmes de fraude, ni de controleurs et de vigiles à payer.

          • Fergus Fergus 31 août 2013 14:15

            Bonjour, Wesson.

            Merci pour ce témoignage. Manifestement, il ne va pas dans le sens de Calmos. Mais il est évident qu’il est conforme à la réalité, eu égard aux taux de fraude finalement assez limités. Cela dit, comme évoqué plus haut, la cartographie de la fraude varie fortement d’une région et d’une ligne à l’autre, notamment en raison de la clientèle, un transport largement dominé par les trajets domicile-travail étant moins soumis à la fraude, du fait des abonnements, qu’un transport plus ouvert aux occasionnels.

            Le transport gratuit, assez largement pris en charge par les employeurs, me semble être la voie de l’avenir.


          • brieli67 31 août 2013 22:44

            Transport public c’est un bien public.

            Les employeurs ?? ils ne sont pas éternels !
            dons /impôts dans la caisse commune et non pour un projet qui les avantage.

            pas que Tallinn
            http://fr.ekopedia.org/Transports_en_commun_gratuits
            compléments


          • Fergus Fergus 1er septembre 2013 09:38

            Bonjour, Brieli.

            Merci pour ces nouveaux liens. Mais, à part Aubagne et l’agglo Castres/Mazamet, aucune ville de plus de 50000 habitants n’est concernée par la gratuité totale du réseau. Les expériences conduites ici et là, tant en France qu’à l’étranger, montrent toutefois que l’idée progresse.


          • escartefigue 31 août 2013 14:28

            Pareil pour me rendre à mon taf je prends pas ma Rolls , les cendriers sont 

             pleins et dans le frigo il n’ y a plus de Bourbon . 

            Je mets ma Rolesque et avec la précision de l’ horloge je prends le 
             TGV à Paris vous me croirez si vous voulez , deux heures plus tard 
             je suis au bord de la piscine dans ma propriété à Gordes . 

            Ni fraudeurs ni autres malfaisants .

            • Fergus Fergus 31 août 2013 16:12

              Super, Capitaine.

              Et à Gordes, vous pouvez regarder la ménerbe pousser, ou lire Justine en posant un regard sur les hauteurs de Lacoste.

              Dans ce coin-là, pas de malfaisants non plus, mais peut-être ici et là quelques faisans dodus du compte en banque.

              Bonn fin d’après-midi.


            • escartefigue 31 août 2013 16:33
              • Vous faites bien de citer Menerbes Fergus 
                C ’est un des plus beux villages de France et je laisse Wiki vous conter l’ histoire de Castor mon ami zozo :

              L’Antiquité tardive est également marquée par l’histoire de Castor d’Apt dit Saint Castor. Originaire de Nîmes, il fonda un monastère en un lieu nommé Manancha dont l’emplacement demeure mystérieux mais qui pourrait se trouver sur le territoire de Ménerbes selon certains14. Vers 410, à la mort de l’évêque d’Apt, le clergé et la population de cette ville vinrent solliciter Castor pour lui confier le siège épiscopal. Celui-ci se réfugia alors dans une grotte du Luberon, peut-être celle du quartier de Ménerbes connue sous le nom de San Castro (Saint Castor). Les aptésiens finirent par le retrouver et le firent sacrer évêque. Parmi les miracles qui lui sont attribués, il aurait rallié son monastère depuis Apt par une nuit d’orage sans que ses vêtements soient mouillés et il aurait sauvé des chasseurs un sanglier venu se réfugier sous son manteau14. L’eau d’un ruisseau de Ménerbes serait devenue ferrugineuse après que sa mule y a perdu l’un de ses fers. La source dont est issu le ruisseau en question se nomme encore la rouillouso ou « font rouilleuse » 17.


              Et l’ eau ferrugineuse est en elle-même une histoire qui vaut plus que dissous .


              Troll Escartefigue Premier .... smiley


              Salut Castor .



              • Fergus Fergus 31 août 2013 16:48

                Merci, Capitaine, pour cette jolie histoire comme il en existe tant dans nos belles régions. Et puis j’adore l’eau ferrugineuse, mais peut-être moins que Sarkozy au G8 d’Heiligendamm dans un remake su sketch de Bourvil.


              • boris boris 31 août 2013 17:10

                L’ami Fergus , le Jean Pierre Pernot d’agoravox.

                 smiley


                • Fergus Fergus 31 août 2013 18:52

                   

                  Ô rage, ô désespoir, ô Boris ennemi,

                  N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?

                  Et ne suis-je blanchi en tant qu’escrivassier

                  Que pour voir en un jour flétrir tous mes lauriers ?

                  Ma plume qu’avec respect tout mon quartier admire,

                  Ma plume qui, tant de fois, m’a évité le pire,

                  Tant de fois affermi le respect et suscité l’émoi

                  Trahit donc mon propos et ne fait rien pour moi ?...


                • alinea Alinea 31 août 2013 18:13

                  Quand on était jeune, dans le métro, on payait un pour deux ou pour trois.. il suffit de ne pas enclencher totalement la barre, ne pas la faire avancer jusqu’au bout !
                  L’estimation de ma resquille ( la mienne et celle de mes accompagnateurs !!) serait, allez, de l’ordre de 1O euros, à tout casser : vous croyez que je dois faire un chèque à votre amie ?
                  Je n’ai jamais compris, enfin si, cette histoire de resquille : si un dimanche matin il n’y a personne dans les wagons, le metro avance quand même ; en revanche, pour le même prix, un soir de semaine vous étouffez sous votre voisin ! Ainsi, un voleur, un resquilleur plutôt, fait-il plus de tort aux autres voyageurs qui ont payé, qu’à l’entreprise ! subventionnée de toutes façons !


                  • Fergus Fergus 31 août 2013 19:00

                    Bonjour, Alinea.

                    Meri pour ce regard décalé sur la fraude. J’avoue n’avoir jamais pensé à la fraude sous cet angle.

                    Pour ce qui est de l’entreprise, elle est certes subventionnée, mais cela vaut mieux pour tous les voyageurs qui paient leurs déplacements. Sans ces subventions, le prix du transport serait sans doute doublé pour trouver l’équilibre. Une large partie de la subvention n’en est en réalité pas une, mais une compensation des limitations de tarifs imposés par la tutelle (le STIF, présidé par Jean-Paul Huchon). 


                  • ahtupic 31 août 2013 18:32

                    La chose la plus importante est de s’attaquer à tous les corrompus qui nous gouvernent, le reste n’est que de la propagande.


                    • Fergus Fergus 31 août 2013 19:01

                      Bonjour Ahtupic.

                      S’attaquer à la corruption des gouvernants, tout à fait d’accord. Pour le reste, j’avoue ne pas comprendre.


                    • ahtupic 31 août 2013 20:18

                      L’exemple vient du haut. Non ?


                    • zozoter 31 août 2013 19:06

                      Mais la RATP est pris en charge par le contribuable à hauteur de 50%. Donc le prix est déjà à moitié gratos pour ceux qui le prennent. Les métropoles de France ayant un métro, ont des usagers qui payent environ le double. Allez encore un petit effort de la part des gros bourrins de Provinces et le Métro parisien sera gratuit. Étonnant non ?


                      • Fergus Fergus 31 août 2013 20:10

                        Bonjour, Zozoter.

                        Désolé, mais il n’est pas exact d’affirmer que les provinciaux paient le double. Je ne connais pas le prix du ticket dans les différents réseaux de France, mais une rapide recherche m’a montré que le prix de ce ticket est de 1,70 euro à Paris contre 1,50 à Marseille et Lille, et 1,40 à Rennes.

                        Des tarifs qui ne concernent que les déplacements occasionnels, les déplacements domicile-travail faisant l’objet d’abonnements pas toujours simples à comparer. Le prix du ticket unitaire, base de la tarification, n’en est pas moins significatif.

                        A noter que tous les réseaux sont, à des degrés, pris en charge par les collectivités, Paris bénéficiant, il est vrai, d’un abondement par l’Etat lié aux contraintes spécifiques de la capitale.


                      • brieli67 31 août 2013 21:44

                        bien guilleret, bien gentillet !
                        c’est la fin de l’été.

                        On est en plein dans la Gestion des Deniers Publics

                        et la gratuité ( économique ) se gère autrement.

                        à comparer avec le système Santé-Retraites :
                        plus il y a des malades, mieux se porte notre Etat-Nation.

                        à ceux qui veulent s’informer :
                        Larry LESSIG et son Republic, Lost
                        Chris Anderson


                        • Fergus Fergus 31 août 2013 22:24

                          Bonsoir, Brieli.

                          Le fait est qu’en matière de services ou de commerce, rien n’est jamais gratuit ; d’une manière ou d’une autre, le client, l’usager, le consommateur, le contribuable paie, même lorsque sur le moment il ne débourse pas un sou. Et si ce n’est pas lui qui débourse, ce sont ses collègues, ses amis, ses voisins, ses parents. Et vice versa...

                          L’avant-dernier lien ne fonctionne pas.


                        • brieli67 31 août 2013 23:19

                          Republic Lost

                          les livres de Larry Lessig et de Chris Anderson sont en e-books gratuits et même traduits en français si vous cherchez bien

                          Longue traîne - Long trail
                          phénomène de longue traîne

                          sur AVOX /
                          la longue traine de l’énergie
                          Alternative  AU GAZ DE SCHISTE

                          Ben merci aux politiciens et aux médias de nous « divertir » avec leurs comptes d’apothicaire
                          à,rapprocher avec les relations France-Maroc :
                          Le Ministre de l’ Intérieur si ce n’est le PM la date, la quantité la feuille de route de la production « verte » du Riff : à part mousser les services de la maréchaussée et d’arroser/calmer les quartiers « difficiles »
                          on ne voit pas l’intérêt.


                        • gaijin gaijin 1er septembre 2013 08:27

                          la fraude ne coute rien !
                          il y a une constante confusion entre le manque a gagner et le cout .
                          comme le fait remarquer alinéa plus haut le train roule quand même qu’il y ait dedans personne ou un fraudeur c’est pareil ......
                          en plus la fraude rapporte : quand le fraudeur se fait pincer il paye plus cher !
                          donc plus il y a de fraudeurs plus ça rapporte ( a condition qu’ils soient contrôlés et il faudrait ici un savant calcul dont je suis bien incapable pour faire le rapport entre le cout du nombre de contrôleurs ramené a ce qui est récupéré par le controle )
                          en fait le seul cout directement imputable a la fraude est le salaire des contrôleurs ......

                          même hallucination pour les grandes marques qui dans leur calculs s’évertuent a faire croire que le type qui achète des fausses lunettes de soleil a 5 euros sur un marché s’apprêtait à se ruer dans un magasin pour se procurer les presque mêmes pour cent fois plus cher

                          même hallucination pour l’industrie du disque qui nous fait croire que le mec qui télécharge 50 000 heures de musique gratos aurait dépensé 500 000 euros a acheter des cd .........

                          ( je précise avant les insultes : non je ne fraude pas ( enfin plus ) )


                          • Fergus Fergus 1er septembre 2013 09:11

                            Bonjour, Gaijin.

                            Désolé de n’être pas d’accord avec vous : il y a quand même convergence entre le manque à gagner et le coût lorsque les infrastructures et les cadences sont organisées en fonction d’un nombre de voyageurs établi par les enquêtes et les comptages.

                            Vous écrivez d’autre part « en plus la fraude rapporte : quand le fraudeur se fait pincer il paye plus cher ! » Cela serait vrai s’il ne fallait déduire des « recettes » de la fraude l’ensemble des infrastructures visant à la limiter et l’ensemble des salaires du personnel affecté à cette seule tâche. Qui plus est, on sait que 1 fraudeur sur 2 ne paie pas ses PV pour différentes raisons. La lutte antifraude n’est par conséquent pas réellement rentable. Pire : comme l’a reconnu M. Saglier de la RATP, elle coûterait nettement plus cher qu’elle ne rapporterait si l’entreprise renforçait encore son arsenal de lutte.


                          • gaijin gaijin 1er septembre 2013 09:21

                            « Désolé de n’être pas d’accord avec vous : »
                            ben pourquoi ? on est là pour causer ........

                            " il y a quand même convergence entre le manque à gagner et le coût lorsque les infrastructures et les cadences sont organisées en fonction d’un nombre de voyageurs établi par les enquêtes et les comptages."
                            en effet mais je ne savais pas que c’était organisé comme ça.....


                          • Fergus Fergus 1er septembre 2013 09:48

                            @ Gaijin.

                            J’ai perdu en route un autre commentaire qui faisait suite à mon propos ci-dessus. Il disait que vous aviez en revanche parfaitement raison pour ce qui est du téléchargement illégal. Contrairement à ce qui est affirmé par les professionnels des milieux musicaux, il ne nuit effet pas, ou peu, aux ventes de CD, les « pirates » n’étant pas forcément des acheteurs potentiels. Qui plus est, un pourcentage important des téléchargements illégaux relève d’une manie compulsive. A noter toutefois une grande différence entre le pirate musical et le fraudeur : le premier n’a pas de nécessité à copier la musique tandis que le second a besoin de se déplacer.

                            Bonne journée.


                          • gaijin gaijin 1er septembre 2013 13:50

                            oui bien sur il y a des différences
                            mais mon propos n’est pas sur l’aspect plus ou moins moral des choses
                            ce que je veut pointer c’est la confusion qui règne de manière générale entre la notion de manque a gagner et celle de cout


                          • Fergus Fergus 1er septembre 2013 17:52

                            @ Gaijin.

                            Cette confusion existe en effet, et nombre de responsables de l’habillement ou de l’hôtellerie-restauration ne se privent pas d’en jouer.

                            Bonne fin d’après-midi.


                          • wesson wesson 1er septembre 2013 14:12

                            je sais que sur cet article je suis après la bataille, et que à l’instar des soirées de mariages qui s’éternisent, je vais joueur le rôle du poivrot qui ne veut pas partir pendant qu’il est encore en train de refaire le monde.


                            Pour moi cette estimation de 400 millions d’euros de coût de la fraude est une vaste fumisterie. 

                            Un train, on le fait circuler non pas parce que les fraudeurs vont l’emprunter, mais pour les gens qui paient, et tout simplement parce que c’est un besoin commun, public, que ce train ait à circuler.

                            Et là, il faudra que l’on m’explique en quoi un fraudeur va modifier quoique ce soit par rapport au coût du train circulant ? Chaque train c’est des centaines, des milliers de tonnes à déplacer, que vas changer 60 kilo de racaille là dedans ? Rien du tout.

                            La fraude dans le train, c’est exactement comme la fraude en informatique. Certes c’est une vente qui n’as pas été faite, mais ce n’est pas un surcoût supplémentaire en temps que tel, ou alors vraiment à la marge. Le coût principal c’est le train lui-même (le matériel), le réseau, le personnel qui de toute manière doit être à bord. Et d’ailleurs déjà pour les transports urbains, la SNCF ne veut plus rien prendre en charge, et c’est les régions qui paient les locos et les wagons. En amont c’est donc le pognon du contribuable (ce qui est pour une part assez normal) pour la partie essentielle, et là il n’est évidemment pas question de fraudeur : on réponds à un besoin voilà tout.

                            C’est pourquoi je réfute totalement cette estimation qui fait d’une part estimer le nombre de fraudeur avec déjà une méthodologie des plus discutable, pour ensuite le multiplier à un tarif de billet - en première classe certainement - pour en arriver à une estimation tout à fait grotesque. L’industrie du disque ne fait pas autrement avec le téléchargement illégal, ce qui d’ailleurs donne des estimations tout autant surévaluées.

                            Autre chose également : la fraude j’ai du mal à concevoir qu’elle soit autrement que sur des trajets courts. J’ai parlé de mon expérience perso en TER. Effectivement sur les trajets plus long j’ai moins d’expérience, mais lors de mes discussions et pour le peu que j’en ai fait, le contrôle est bien là systématique. C’est certain que lorsque on est dans un train pour 6 ou 7 heures de voyage, le contrôleur aura tout le temps de vous contrôler, bien plus que dans la demi-heure / heure d’un déplacement local pour le boulot.

                            Bref, cette estimation de fraude ne peut à mon avis que s’inscrire dans la propagande visant à faire accepter le 4ème paquet ferroviaire européen, dont le but est d’arriver à la libéralisation totale du secteur, synonyme de charge accru sur le contribuable pour les transports en commun, ou de leur disparition pure et simple.

                            • Fergus Fergus 1er septembre 2013 17:50

                              Bonjour, Wesson.

                              Pas d’accord sur ce point de vue. Comme je l’ai indiqué plus haut, la fraude n’est pas qu’un manque à gagner, elle a réellement un coût, notamment en matière de dépenses liées à l’antifraude, mais également (bien que ce soit plus marginal) en matière d’offre de transport, celle-ci étant basée sur un nombre de voyageurs qui inclut les fraudeurs. Et l’on ne peut pas parler d’une « racaille » ici ou là : sans lutte contre la fraude, celle-ci serait à un niveau nettement plus élevé.

                              Conclusion : il ne s’agit pas d’une propagande visant à quoi que ce soit, ce langage étant tenu par les responsables de la SNCF et de la RATP depuis des lustres !

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