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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > Le mariage des nano-bio-info-cogno

Le mariage des nano-bio-info-cogno

Avec le mariage des nano-bio-info-cogno-technologies (les fameuses NBIC), les nouvelles technologies embarquent dans un train qui roule à très grande vitesse. Quelques prévisions pour une journée 2020 montrent que ce tsunami technologique va bouleverser nos habitudes et nos manières de vivre notre quotidien.

1. La proximité sera lointaine. Bien qu’étant à des milliers de kilomètres de nous, notre amour nous tirera des bras de Morphée.

On assiste au développement des murs de téléprésence qui donnent l’illusion du contact physique grâce à un mur d’image et des enceintes au rendu très réaliste. Ce dispositif peut, par exemple, relier en permanence, via l’Internet, deux sites distants et favoriser ainsi les contacts entre collègues.

On peut imaginer que le système se démocratise et qu’il soit utilisé par les particuliers. Si c’est le cas, n’oubliez pas d’enlever votre patron et votre belle-mère du carnet de connexion, sinon le réveil risque de manquer de chaleur.

2 Nous enfilerons des vêtements intelligents qui thermoréguleront la température de notre corps, diagnostiqueront notre état de santé, prodigueront un traitement médical, nous permettront de communiquer et changeront de couleur selon nos humeurs.

Jogging autoventilant, tee-shirt diffuseur de parfum, collant amaigrissant, foulard changeant de couleur, costume capable de transmettre des informations au médecin ou encore veste permettant de communiquer à l’autre bout du monde...

Qu’ils diagnostiquent, soignent, subliment ou communiquent, les vêtements intelligents sont l’objet de recherches par des nombreux industriels et pourraient bientôt envahir nos armoires et nos penderies. Enfin, rien ne nous empêchera d’être assez intelligent pour choisir ceux qui nous apportent un réel plus.

3. Nos bureaux auront pignon sur le Net, on ira travailler en se connectant depuis chez nous à un univers virtuel.

Les entreprises flirtent avec les univers virtuels. Elles sont chaque jour plus nombreuses à s’installer dans Second Life et certaines ne lésinent pas sur les moyens. IBM a acheté 12 îles virtuelles dans cet univers virtuel et 250 personnes travaillent à leur développement.

Sun propose des applications destinées à un usage interne, où le virtuel devient l’extension naturelle du travail. Dans MPK20 les employés du groupe peuvent échanger des documents, organiser des réunions, converser... (Confère magazine de vulgarisation sur le Virtual business).

4 Notre provatar rougira lorsque notre patron touchera notre point sensible.

Gartner Group affirme qu’en 2011, 80 % des internautes et les 500 premières sociétés mondiales auront une vie virtuelle. On peut en déduire que nous serons nombreux à avoir des avatars professionnels (des provatars).

Avec le développement de logiciels comme FaceCommunicator d’Oki qui capte les expressions du visage et les transmet au double numérique, l’avatar pourra communiquer de manière non verbale. Enfin, rassurez-vous, les vendeurs de technologie toujours soucieux de nous inciter à l’achat, nous permettront sans doute de filtrer ce clone de bits et d’octets. On pourra lui enlever rides et kilos et autres dommages commis par le temps sur notre être réel et le rendre apte à encaisser toutes les remarques déplacées.

5. Notre travail ressemblera de plus en plus à un jeu vidéo et on passera des tests de jeu lors de l’embauche.

Selon un article du New York Times intitulé pourquoi le travail ressemble de plus en plus à un jeu vidéo, les salariés ayant un profil de joueurs seraient plus loyaux envers leur entreprise, plus autonomes, capables d’innover ou encore de travailler en réseau que les autres... Comme le souligne Jane McGonigal, créatrice de jeu et chercheuse à l’Institut du futur, c’est à croire que “les talents que l’on développe dans les mondes virtuels permettent de régler des problèmes du monde physique“. Une donnée à prendre en compte lorsque vous tenterez de limiter la frénésie ludique de vos adolescents !

6. A midi, les robots-serveurs refuseront de nous servir la pizza demandée sous prétexte que notre taux de cholestérol est trop élevé.

Enfin, si nous insistons, ils nous obligeront à souscrire à une assurance complémentaire !

Si la commission Informatique et liberté veille au grain et limite les dérives, les assureurs seront assez malins pour nous faire des offres alléchantes nous incitant à donner notre accord pour que nos données personnelles soient croisées. On aura au début une assurance à un euro si l’on accepte un contrôle de notre alimentation. Ensuite, quand la pratique sera rentrée dans les mœurs, les prix grimperont. Enfin, rien n’empêche que l’on refuse ce futur à la mode Big Brother.

7. Nous enverrons un bouquet de fleurs virtuel à nos meilleurs clients.

Les chiffres de vente de biens virtuels sont hallucinants. Chaque année plus de 1,5 milliard de dollars sont dépensés dans des biens virtuels. Tencent, l’un des plus grands portails internet en Chine, a généré plus de 100 millions de dollars, dont 65 % proviennent de biens virtuels. Habbo Hotel a plus de 75 millions d’avatars enregistrés dans 29 pays. La vente de bien virtuels génère environ 60 millions de dollars.

HotOrNot propose des fleurs virtuelles à 10 dollars, donc plus chères que des fleurs réelles. Selon, James Hong, son fondateur, le service a trois composants : « Il y a l’objet en lui même, représenté par l’icône d’une fleur. Il y a le geste d’envoyer une fleur à sa dulcinée en ligne, et enfin il y a l’effet de trophée consistant à montrer à tous que l’on a reçu une fleur. Si la fleur en tant que telle n’est pas très importante, les deux autres le sont. » A fur et à mesure que les barrières entre vie réelle et vie virtuelle vont tomber, le marché des biens virtuels va exploser.

8. Les clients nous remercieront en nous envoyant la maquette de six verres en cristal que nous imprimerons et utiliseront sur-le-champ.

Peut-être le plus troublant. Je veux un sac à main. Je me branche sur le site d’un créateur. Je trouve un modèle qui correspond à mes aspirations. Je le personnalise en modifiant la couleur et la texture de mon choix et j’imprime.

Dans un avenir proche, ce scénario ne sera plus de la fiction. Les prix des imprimantes en 3D sont en train de diminuer. La société Desktop Factory prévoit de lancer sur le marché une imprimante 3D à un prix abordable, soit tout de même 5 000 dollars ! Si les objets demandés à l’impression et en relief sont assemblés par couche d’environ 0,2 mm, des nano-imprimantes vont permettre des impressions d’objets extrêmement subtils. On pourra par exemple imprimer chez soi son ordinateur. Imaginez la révolution dans les chaumières, quand cela sera le cas. Comme l’industrie de la musique, du logiciel et du film, les entreprises devront alors composer avec le piratage.

9. Après une journée chargée, on enfilera des lunettes qui nous permettront de voir la ville en rose.

Steve Mann vit depuis plusieurs années en portant des lunettes de son invention, connectées sans fil à l’Internet. Grâce à elles, il aménage la réalité en remplaçant par exemple les panneaux publicitaires dans la rue par des images de son choix. Le principe est nommé réalité augmentée. On ajoute des éléments virtuels dans le réel. Par exemple, on photographie un bâtiment et l’on a sur son téléphone une série d’informations pratiques ou touristiques. Le mouvement « Réalité augmentée » étant enclenché, les frontières entre le réel et le virtuel vont devenir de plus en plus floues.

10. Toutes ses techno-salades ne nous empêcheront pas d’aller arroser nos vraies salades avec de la poussière intelligente.

Quand elles auront soif, elles enverront un SMS au tuyau d’arrosage qui se mettra en marche. C’est ce type de perspective qu’offrent les NEMS (Nano Electro-Mechanical Systems) ou des minuscules microcapteurs capables d’envoyer des informations. Ces nanopuces formeront une poussière intelligente (Smart dust) capables de recueillir et communiquer des informations de toute nature. On pourrait, par exemple, en jeter sur quelqu’un pour, à son insu, suivre en direct sa vie privée. Des perspectives cauchemardesques qui donnent envie de passer rapidement son diplôme de femme de ménage intelligente.


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12 réactions à cet article    


  • aurelien 29 juin 2007 12:08

    Pardonnez-moi d’être un peu direct, mais il faut peut-être arrêter de délirer avec les nouvelles technologies !


    • bulu 29 juin 2007 12:56

      Vous nous servez un melange de poesie et de virtuel. Essayez le LSD...


      • Emmanuel 29 juin 2007 13:42

        La techno-science est l’ultime drogue injectée aux individus par une société qui a détruit toutes les vraies valeurs et qui nous emmène le pied callé sur l’accélérateur dans le mur des catastrophes écologiques et sociales que tout le monde paradoxalement perçoit.

        Il y a fort à parier que la génération qui vient aura d’autres problématiques à résoudre que d’envoyer des SMS à des tuyaux d’arrosage et ceux qui fantasment aujourd’hui sur de telles conneries ne seront pas innocents dans l’histoire.


        • JL JL 29 juin 2007 14:13

          Et pendant ce temps là, les exclus continueront à vivre d’immondices rejetés par les riches... Peut-être, si tout n’a pas sauté avant.

          Plus sérieusement, relisez les prédictions d’il y a 20 ans. Ou ne les relisez pas, cela freinerait votre enthousiasme au sujet duquel on s’interroge : vous faites ça pour le plaisir, pour le buziness, ou pour nous alerter ?


          • aquad69 29 juin 2007 16:11

            Bonjour Anne-Caroline,

            ... et tout deviendra virtuel, ce qui permettra de supprimer petit à petit la réalité « merdique » !

            Et les vêtement deviendront de plus en plus « intelligents », ce qui permettra de rattraper l’abêtissement de plus en profond de ceux qui les portent...

            Sans volonté de méchanceté de ma part, vous êtes qui, vous ? Curé ou Commissaire politique ? Ou simple fumeuse de moquette...

            Thierry


            • Marcel Chapoutier Marcel Chapoutier 29 juin 2007 17:19

              C’est du délire, Mame Paucot vous êtes comme ces hurluberlus, les transhumanistes, (faite une recherche sur le net c’est édifiant) qui ont très mal digéré des bouquins de science fiction des années 50-60(par ailleurs excellents )sorte de secte dangereuse adepte des bio-nanotechnologies qui consiste à mélanger le bio et les nanotechnos créant une « nouvelleu especeu » qui colonisera les « étoileu de notreu galaxieu »,n’importe quoi ! On en enferme au HP pour moins que ça...


              • ZEN ZEN 29 juin 2007 17:41

                Le futur enchanté de Mme Paucot...

                Un exemple :« Selon un article du New York Times intitulé pourquoi le travail ressemble de plus en plus à un jeu vidéo, les salariés ayant un profil de joueurs seraient plus loyaux envers leur entreprise, plus autonomes, capables d’innover ou encore de travailler en réseau que les autres. »

                N’oublions pas qu’elle se présente comme « agitée du cortex »


              • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 29 juin 2007 17:50

                Excitant, mais vous avez oublié l’enjeu principal des technologies en cours de développement qui produira la vraie mutation de l’humain sur le plan biologique, social et éthique : immortaliser l’individu humain en repoussant toujours au delà des limites actuelles la mort dite « naturelle », au besoin en modifiant son code génétique et/ou en lui substituant un mutant bionique ou virtuel.

                Qui voudrait mourir, en effet, dès lors qu’il ne souffre plus, ou de moins en moins, du vieillissement ? Ce processus d’immortalisation est en cours et il est inéluctable, aucune éthique traditionnelle ne pourra lui résister, sinon en tentant de réinventer une manière d’euthanasie morale pour préserver l’acquis principal de notre finitude : le souci de l’autre ; or en l’absence d’une croyance en un Dieu qui nous sauve de la mort en nous garantissant la vie éternelle, cette tentative sera inéluctablement vouée l’échec.


                • JL JL 29 juin 2007 19:05

                  Sylvain Reboul, bonne récupération. Le hic, c’est que ceux qui ont les moyens de payer – greffes ou autre – ne font pas partie de la ’plèbe’. Ces gens ont très probablement eu l’occasion au cours de leur ’heureuse’ vie de se rendre compte que le paradis c’est des histoire pour les prolos.


                • herbe herbe 29 juin 2007 18:09

                  Un petit article sympa "De l’âge d’or à Prométhée : le choix mythique entre le bonheur naturel et le progrès technique" :

                  http://bcs.fltr.ucl.ac.be/FE/02/Promethee.html

                  un petit film de prospective comme bonus :

                  http://www.dailymotion.com/video/x2adiv_video-sur-le-futur-dinternet


                  • jrev jrev 1er juillet 2007 11:05

                    stupide...


                    • Deneb Deneb 3 juillet 2007 15:13

                      Lire les commentaires me transporte 25 ans en arrière. Je venais de m’acheter un ordinateur. Immédiatement je suis devenu la risée de tous mes copains - les commentaires désobligeants fusent : Il ne te fallait plus que ça ? Crois-tu que tu va resoudre tous les problèmes avec ton machin ? Ma femme ne supportait évidemment pas de me voir passer des heures devant l’écran. D’autres copains me conseillaient gentiment d’aller voir un psy.

                      15 ans en arrière : J’étais très content - je venais de m’abonner à l’internet. Les commentaire allaient bon train : Tu ne vois pas que c’est du bidon, tout ça. Ceux à qui j’en ai fait la démonstration constataient que l’on passait notre temps à attendre. J’ai eu beau à leur expliquer la loi de Moore, que la puissance de ces choses là double tous les 18 mois, on me prenait pour un fou furieux.

                      Quand on s’enthousiasme pour quelque chose de nouveau, surtout technologique, on est en général très mal perçu par son entourage. Personnellement je trouve les NBIC passionnants. Depuis des années je suis un fan de Eric Drexler et de Jean-Pierre Dupuy en France. Le reproche que j’aurais à faire à l’auteur de l’article est de se focaliser sur des petits gadgets et de regarder l’avenir avec une mentalité du 20ème siècle. Les NBIC vont avoir un impact beaucoup plus fondamental sur tous les aspects de la société. Les NBIC, c’est probablement la fin des religions, car on aura percé le secret de la vie - on n’y est déjà pas très loin aujourd’hui, de décodage de l’ADN est, lui aussi, soumis à la loi de Moore. On en saura, dans quelques années, aussi beaucoup plus sur le fonctionnement du cerveau, et l’immortalité - transfert de la conscience du cerveau biologique vers le cerveau artificiel, c’est actuellement la chasse gardée des religions.

                      Je sens que l’on va de nouveau me traiter de dingue. C’est pas grave, j’ai l’habitude.

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