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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > Où l’on parle d’animaux et de leurs crottes : le fulgore porte (...)

Où l’on parle d’animaux et de leurs crottes : le fulgore porte lanterne et la mite

Continuons notre exploration du monde incroyable des déjections et tournons nous aujourd’hui vers le derrière de nos amis à 6 pattes. Mais soyons rester poli et avant de nous focaliser sur les habitudes post-alimentaires de nos protagonistes, apprenons d’abord à les connaitre.

Le premier personnage de notre histoire se nomme le fulgore porte lanterne. Derrière ce nom, ce cache en réalité des milliers d’espèces d’insectes aux formes et couleurs très variées, proches cousins des cigales, et qui se caractérisent par une protubérance frontale hypertrophiée et qui prend des formes assez originales, comme par exemple le cas extrême du Fulgore cacahouète ou alligator :

 

Fulgora laternaria

 

 

Fulgora laternaria

 

 

Comme vous le suggère les faux yeux qu’arbore Fulgora laternaria sur ces ailes, beaucoup de choses sont d’apparences trompeuses chez ces insectes. Gardons par exemple le cas de Fulgora laternaria qu’on trouve principalement en Amérique du Sud : sa morsure est prétendument mortelle… à moins d’avoir un rapport sexuel dans les 24 heures. Superstition sympathique pour justifier des ébats précipités, mais peu crédibles quand on prend en compte le fait que cet insecte ne peut pas infliger des morsures…

Vous aurez remarqué également qu’il est facile de confondre les Fulgoridés avec des papillons, surtout lorsqu’ils ont leurs ailes dépliées :

 

Pyrops clavata, Cédric Porchez

 

fulgoridés de Thaïlande

 

Il y a pourtant plus de 370 millions d’années d’évolution qui les sépare !

Enfin, on a longtemps cru que leur protubérance frontale était lumineuse, d’où leur nom de Fulgore porte lanterne… Mais aucune étude n’a rapporté d’observations scientifiques du phénomène.

 

Bon, vous en savez assez sur le Fulgore pour commencer à le tutoyer, alors passons tout de suite au coeur du problème, une énième fois narrée par l’inénarrable Sir David Attenborough :

 

 

Transcription :

Les Fulgores à lanternes se nourrissent en perçant l’écorce des arbres avec leur proboscis et en aspirant la sève. La sève contient un peu de protéines, nécessaire à l’insecte, mais beaucoup de sucres, dont l’excès n’est pas désirable. Donc il fait jaillir le surplus sucré, et pour être sûr de ne pas attirer des fourmis, friandes de sucres et qui pourrait attaquer le Fulgore, il utilise une spatule à ressort située à l’extrémité de son abdomen pour expulser au loin les gouttelettes de nectar. Une espèce de mite, vient régulièrement se placer derrière le fulgore, toute la nuit, avec la pointe en boucle de son proboscis placée délicatement dans le flot de gouttelettes. Tandis que l’eau sucrée s’accumule, la mite l’aspire au plus vite.

 

Les mites, ce sont que des lèches-cul… Et ce ne sont pas les seules ! Les images du documentaire Life in the Undergrowth que vous venez de découvrir ont en fait été obtenues après la publication d’un article rassemblant des centaines d’observations de ces comportements appelés interactions trophobiotiques (l’acte de lécher le cul), entre des Fulgores et plusieurs mites (le léchage de cul multiple), des fulgores et des cafards, des fourmis et même des escargots, procurant le premier exemple de léchage de cul entre insectes et gastropodes !!!

 

Interaction trophobiotique entre gastropode et Enchophora sanguinea, P. Naskrecki & K. Nishida

 

Ce genre de comportement odieux peut durer plus de 4 heures, pendant lesquelles d’autres opportunistes peuvent pointer leur bout de proboscis, comme cette fourmi voleuse de cul à lécher (qu’on appelle kleptotrophobiotique quand on sait de quoi on parle…) :

 

Enchophora sanguinea avec un escargot trophobiotique et fourmi kleptotrophobiotique

 

Comme quoi les interactions trophobiotiques ne sont plus l’apanage des travailleurs humains zélés…

 

Référence :

Novel trophobiotic interactions in lantern bugs (Insecta : Auchenorrhyncha : Fulgoridae) P NASKRECKI, K NISHIDA - Journal of Natural History, 2007 (pdf)

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5 réactions à cet article    


  • ZEN ZEN 26 octobre 2010 12:05

    Crotte alors ! smiley
    Voilà qui détend et qui instruit...
    Merci !


    • voxagora voxagora 26 octobre 2010 12:48

      .

      Et les crottes qui parlent et chantent elles-mêmes
      pour promouvoir leur utilité, vous ne connaissez pas ?
      C’est dans South Park et ça se mérite aussi !

      • OuVaton OuVaton 26 octobre 2010 15:28

        Merci d’éclairer notre lanterne...
        Ces fulgores et leurs proboscis d’éléphant sont fulgurants mais les trophobiotiques (et leur klepto) sont proprement écœurants. Beurk ! 


        • JL JL 26 octobre 2010 15:36

          « Comme quoi les interactions trophobiotiques ne sont plus l’apanage des travailleurs humains zélés… » (Taupo)

          Je conchie cette phrase. Oui, moi aussi je sais faire scato.

          Je dirais même : lécher ou traviller, il faut choisir !

           smiley


          • LE CHAT LE CHAT 26 octobre 2010 15:55

            les lèches cul existaient donc bien avant l’apparition de l’homme !
            mais mieux vaut être lèche cul que suce pêt !

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Taupo

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