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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > Pourfendre le pourceau

Pourfendre le pourceau

La dinde et le cochon 

La tragédie charcutière.

Puisqu'en chaque homme sommeille un cochon, le marin dyslexique ne peut échapper à la règle. Une escale en chaque porc pour une navigation à contre-courant et de travers, un capitaine qui se fait du mauvais sang pour celui qui fait sa tête de cochon à propos d'une broutille.

« Qui vivra verrat », affirmaient alors les lecteurs attirés par la devanture. Tout n'y est pourtant qu'illusion et chair cuite. D'une histoire il fait un pâté, un pauvre salmigondis indigeste. Ne vous laissez pas leurrer par le bougre, il est aussi fourbe que menteur. Si vous voulez lui tirer les vers du groin, il vous faudra faire des pieds de cochon et des mains pour en tirer la substantifique moelle.

Il ne faut pas se mettre la rate au court-bouillon ; les gens d'ici ne sont pas meilleurs qu'ailleurs. Si les ruelles sordides sont des coupe-jarrets, on peut y croiser des êtres si peu recommandables qu'il n'est rien à espérer d'eux. Je suis de ceux-là, nourri à même l'auge et aimant à me bauger dans la fange et les immondices d'une âme aussi noire que sa cervelle !

Pourfendez le pourceau, étripez-le, mettez-le nu, videz-lui tripes et boyaux, étalez-le tout entier sur la place publique. C'est la Saint cochon et seul le diable reconnaîtra les siens. Ne vous laissez plus prendre à ses mots soyeux : la réalité est plus sordide. Le lard ne fait certainement pas le cochon même si celui-ci se dédit trop souvent.

Sa langue ne vaut pas tripette ; il n'y a rien à sauver et si tout est bon en lui, ce n'est qu'illusion gustative. A sa fréquentation, vous ne risquez que de vous griller, de sentir alors le roussi ou le cramé. Il fait l'andouille, se gausse des piques et des tourne-broches. Il faut le rôtir ou bien le bouillir, il s'autorise toutes les palettes, lui qui n'a ni morale ni dieu.

Le cochon se prend la queue dans le tire-bouchon, il s'en fait une bannière, lui qui n'a aucune manière, il se prend pour le plus malin quand le loup vient frapper à sa souillarde. Le visiteur compte jusqu'à trois et gagne la mise. Le cochon sera une fois encore le dindon de la farce :la bête va le mettre en charpie.

Le porc s'attache, le marin se détache. La déception des truies est à la hauteur des frasques du verrat. Il n'y avait rien à espérer de cet animal-là. Lui donner le bon dieu sans confession, c'était d'ailleurs se mettre à dos bien des croyances. Ce cochon-là justifie bien des interdits, bien des tabous que l'animal transgresse toute honte bue.

Il avait pourtant fière et belle hure ; ce n'était qu'illusion et mensonge. Rien n'est bon en lui, il n'y a pas à y revenir. Le sot scie son piédestal et l'imbécile, ce sale ami, lui en fait grief. Le cochon sent le graillon et le saindoux. Ce gras dont il se nimbe est une couche si épaisse qu'il n'est rien à espérer de lui. Il vous engraisse, il vous enveloppe, il vous entourloupe et vous laisse sur le carreau sans un regard.

Il ne se fait jamais tirer l'oreille pour aller sous d'autres cieux. Le cochon va et vient, se montre et vous laisse sur votre faim. Il vous promet la vie en rose ; il finit par vous en faire voir de toutes les couleurs. Cruchon qui s'en défie, la prudence est la mère de tous les vices et la vertu consiste à ne pas fréquenter ce drôle de lascar, ce cochon qui est tout à la fois, vieux, gros et laid.

Vous avez payé pour être des siens, lui qui écrivait si mal que vous ne pouviez le relire ; vous avez pensé pouvoir élever le débat en sa compagnie. Erreur funeste, il finit tôt ou tard par faire un temps de cochon, le voile se déchire et sous le torchon, la viande finit par moisir et vous laisser un goût amer en bouche. De lui, il n'est rien à conserver. Même le sel n'aura pas raison de ce dur à cuire ...

Charcutièrement vôtre.


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10 réactions à cet article    


  • Jean 24 décembre 2014 12:57

    Illustration de Rop rien à redire, un grand merci et bonnes fêtes sur la loire..


    • C'est Nabum C’est Nabum 24 décembre 2014 13:02

       Jean


      Je laisse la Loire pour le Tarn ...

      Bonnes fêtes à vous aussi
      Merci 

    • Jean 24 décembre 2014 13:07

      Le Tarn c’est bien aussi surtout près de Millau, St afrique etc, merci aussi pour tous vos textes si jolis et bien écrits.


    • C'est Nabum C’est Nabum 24 décembre 2014 13:19

      Jean


      C’est la moindre des politesses que de bien écrire quand on propose des textes. Je sais que ce n’est pas la tendance actuelle, c’est bien dommage.

      Je tiens pourtant à ne pas déroger à cette coutoisie. 

      Merci à vous

    • OMAR 24 décembre 2014 18:45

      Omar33


      Salut Nabum : « Ce cochon-là justifie bien des interdits... ».

      Normal, parce que le porc-il-pique...

      Et puis, il faut le chercher jusqu’en Inde, ce cochon...

      Pourtant, nous les musulmans, on respire de tous nos porcs...

      Mais on déteste le hallouf dénommé porc-no...

      Et ne cherchez pas porc-quoi...

      • C'est Nabum C’est Nabum 24 décembre 2014 21:47

        OMAR


        Je vous laisse faire tout en demandant que vous n’abusiez pas de votre côté. Le porc trait est à notre désavantage ! 

      • OMAR 24 décembre 2014 23:27

        Omar33


        Avec lard et la manière, je souhaite à vous tous, un joyeux Noel.

      • C'est Nabum C’est Nabum 25 décembre 2014 18:47

        OMAR


        Merci 

      • dithercarmar dithercarmar 25 décembre 2014 02:00

        Porc si naît qui groin ni panse, rumen y sens des goûts.
        Bonne appétit à vous C’est Nabum.

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