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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > Tel un avion sans kérosène

Tel un avion sans kérosène

Loin des gros porteurs polluants et avides de carburant, les chercheurs multiplient les innovations vers une aviation plus respectueuse de l’environnement.

Les initiatives se multiplient, et même si elles ne sont que rarement relayées par les gouvernements, les chercheurs accumulent les innovations.

L’imagination chère à « Dany le Vert » est au pouvoir : Patric Peebles, chercheur sans diplômes, vient d’inventer l’hélico silencieux, le Fanwing récompensé par un diplôme décerné par le WTN (World Technology Network) prix attribué par CNN, Microsoft, Nasdaq, le magazine Science et Time Magazine.

Cet engin soulève des poids 4 à 5 fois supérieurs à ceux soulevés par un hélicoptère classique, et consomme beaucoup moins de carburant.

En Italie, l’université polytechnique de Turin vient de présenter en mars dernier un prototype (Skyspark) qui vole à l’hydrogène afin d’arrêter l’énorme pollution que représente le trafic aérien.

Equipé de batteries Lithium polymère, d’un moteur électrique à courant continu sans balayage, de piles à combustibles à hydrogène, cet avion révolutionnaire capable de voler à 300 km/h sur une distance de 500 km, n’en est qu’à ses débuts, et ont peut dans l’avenir imaginer que cette technologie se développe afin de remplacer les polluants avions actuels.

Déjà, en avril 2008, un avion du même genre, mis au point par la société Boeing avait volé dans le ciel espagnol.lien

Bien sur, le vol était encore modeste car le petit appareil d’une envergure de 16,3 m pour 6,5 m de long avec un poids de 800 kg a volé à 1000 mètres d’altitude, pendant une vingtaine de minutes.

Et puis il y a le SolarImpulse, l’avion solaire en fibre de carbone de Bertrand Piccard, de 80 mètres d’envergure, d’un poids de 2 tonnes, et qui vise en 2011 la réalisation d’un tour du monde sans escale, grâce à ses cellules photovoltaïques.

Il sera présenté le 26 juin prochain à Dübendorf près de Zürich.

Toutes ces technologies innovantes pourraient demain faire disparaître définitivement une préoccupante pollution aérienne.

Une étude publiée dans le journal Nature du 15 juin 2006 a prouvé que les vols de nuits, ne représentent que 25% du trafic, mais qu’ils sont responsables de 60 à 80% du réchauffement climatique dû aux traînées de condensation de l’eau émise par les réacteurs.

Cette étude menée par une équipe de chercheurs britanniques de l’université de Reading conduite par Nicola Stuber affirme en plus que le CO2 émis reste dans la haute atmosphère pendant environ un siècle, car il n’est pas absorbé par la photosynthèse.

Ces traînées appelées les contrails ne sont en effet pas si innocentes que çà et ont un double effet sur l’atmosphère.

En bloquant une partie de la lumière du soleil, ils font baisser la température, et sont également responsables d’un effet de serre qui réchauffe l’air, en piégeant dans la basse atmosphère une partie des rayons infrarouges émis par la Terre.

Le refroidissement intervient le jour, et le réchauffement le jour et la nuit.

Or cette pollution des contrails est en forte augmentation depuis vingt ans, et (hélas) a été soigneusement évitée lors des accords de Kyoto.

Les auteurs de l’étude préconisent des mesures pour limiter cet impact et Nicola Stuber estime que « ces découvertes vont bien au-delà de la dimension purement scientifique qu’elles revêtent ; elles pourraient être utiles si les politiques décidaient de modifier la gestion des vols, afin de réduire l’impact de l’aviation sur le climat ».

Un chercheur américain Davis Travis, de l’université du Wisconsin a remarqué que lors des évènements du 11 septembre, lequel avait provoqué l’interdiction de tout survol du territoire américain pendant trois jours, il y avait eu un écart de température entre le jour et la nuit de plus d’un degré Celsius. lien

Cerise sur le gâteau, les contrails sont aussi responsables d’une partie de la destruction de la couche d’ozone.

 L’AEE (agence européenne de l’environnement) a publié un rapport qui affirme que le trafic aérien va quasiment doubler d’ici à 2020 en Europe et confirme que les émissions de CO2 des vols internationaux au départ de l’Europe ont augmenté de 85% entre 1990 et 2004, mais l’Europe promet d’agir et vient d’approuver un projet visant à obliger les compagnies aériennes à réduire leurs émissions.

Ne serait-il pas plus intelligent de se tourner enfin vers d’autres technologies ?

Car comme disait un vieil ami africain : 

« Le feu qui te brûlera, c’est aussi le feu qui te chauffe ».


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11 réactions à cet article    


  • Philippe D Philippe D 16 juin 2009 16:57

    Autre Avion solaire :
     La société Lisa Airplanes, basée à Chambéry a, elle aussi, dans ses cartons un très bel avion solaire dont le premier vol est prévu cette année.
    Un de tour du monde en 30 étapes devrait être également réalisé.
    http://www.lisa-airplanes.com/fr/hy-bird/hy-bird-e/


    • olivier cabanel olivier cabanel 16 juin 2009 17:19

      Philippe D,
      merci de cette info,
      je suis impardonnable de l’avoir zappé, d’autant que j’habite à un petit 1/4 d’heure de Chambéry,
      je vais de ce pas me renseigner plus longuement,
      encore merci.


    • Halman Halman 16 juin 2009 18:11

      Il existe aussi les avions solaires

      http://www.enerzine.com/1036/7064+avg-¨solaire---tournee-europeenne-du-sunseeker-II+.html


      Et aussi des planeurs à moteurs intégrés dans le fuselage entre les ailes. Petit moteur bipales alimenté par des panneaux solaires sur les ailes.

      Pas le grimpé d’un Mirage mais ça décolle et ça grimpe à 500 mètres en un bon quart d’heure.

      Mais ça c’est pour les sportifs, pas pour ceux qui se contentent de faire de la ligne droite, il faut chercher les ascendances et se battre pour y rester.

      Les aviateurs ne font pas dans la démagogie écolo ou pas, ils passent à l’action.


      • olivier cabanel olivier cabanel 17 juin 2009 00:40

        Halman,
        en politique, la démagogie est toujours en première ligne,
        c’est encore hélas la cruelle réalité,
        et çà plane pour eux.
        ils accumulent promesses sur promesses, et certains sont dupes.
        merci d’avoir évoqué ces avions solaires, bien sur moins performants que les avions actuels, mais ils ne sont qu’à leur début.
        et le meilleur est devant eux.
        en tout cas, il est évident qu’il faudra bien un jour ou l’autre envisager d’utiliser un autre carburant que le kérosène, qui reste une énergie non renouvelable, et terriblement polluante.
        désolé d’enfoncer cette porte ouverte.


      • Karash 16 juin 2009 21:15

        On pourrait dire que comme toujours, vous en dites soit trop soit pas assez.

        Oui, les avions polluent.
        Mais les solutions que vous présentez comme miraculeuses ne le sont assurément pas.

        A propos du Fanwing :
        La technologie de l’hydrogène ne fait que déplacer le problème de la source d’énergie.

        De plus, la « densité énergétique » des carburants fossiles étant bien plus plus grande que celle de toutes les alternatives présentes actuellement, l’équiper d’une pile à combustible (et de batteries) n’est certainement pas à son avantage.

        Pour finir, la comparaison avec un hélicoptère n’a pas grand intérêt si cet « avion » est incapable de décoller à la verticale. (et il ne suffit pas d’avoir la volonté qu’il y arrive pour qu’il le fasse réellement) .
        La comparaison avec l’hélico n’est la que pour occulter celle avec un avion, avec lequel la différence à de grandes chances d’être sinon minime, à son désavantage.

        Au niveau du solarimpulse : s’il était rentable de construire des avions entièrement en fibre de carbone, ce serait fait depuis longtemps.

        C’est comme comparer les performances d’ariane5 et d’une fusée à eau :

        En y mettant des moyens quasi illimités , on peut arriver à satelliser des tonnes de matériel.
        Pour le mec lambda qui n’a pas ces moyens, envoyer un playmobil à 30 mètres de haut, c’est déjà un exploit.
        Et les « moyens » ce n’est qu’un autre mot pour désigner l’énergie dépensée au départ pour construire l’appareil.

        Bref, tout ceci relève du pur fantasme.

        Attendre le messie de la technologie n’est d’aucune utilité.

        Il serait infiniment plus efficace de se concentrer sur les moyens de réduire les besoins en déplacements, plutot que de s’échiner à trouver des palliatifs imaginaires à un comportement intenable sur le long terme de toute façon.


        • olivier cabanel olivier cabanel 17 juin 2009 00:45

          Karash,
          je n’en dit que ce que je découvre,
          comme le montrent quelques commentaires, de nombreuses pistes restent à explorer.
          nul doutes qu’au début de l’aviation, les « fous » qui assemblaient d’improbables machines devaient faire sourire beaucoup de monde.
          je ne suis pas de ceux là.
          il faudra bien un jour considérer que le pétrole viendra à manquer, et je trouve intéressant que déjà on cherche, (et on trouve) des solutions qui ne demandent qu’à être développées.
          bien sur, on n’est pas obligé de traverser la planète pour transporter tout et n’importe quoi, et c’est aussi une partie de la réponse,
          sur ce point, je suis d’accord avec vous.


        • Karash 17 juin 2009 10:32

          Ce qui me contrarie à vrai dire, c’est l’effet d’annonce.

          « youpi banane on a trouvé un truc formidable, regardez ça consomme rien par rapport à un hélico, ça transporte des tonnes, et en plus c’est tout léger et il pollue pas. »

          Sauf que : la comparaison avec l’hélico est une tromperie
          Et que la pollution est déplacée à la source de production de l’hydrogène, rien de plus.

          Justement on ne présente pas les appareils comme ce qu’ils sont, à savoir des ébauches tout au plus, mais comme quelque chose de déjà révolutionnaire, ce qui n’est pas.

          Mis à part le nouveau système de propulsion, dont on ne sait pas grand chose mis à part qu’il est nouveau (efficacité ... ), tout le reste ne relève que du collage de technologies préexistantes.

          Certes, il faut bien imaginer un peu les possibilités pour motiver la recherche.
          Mais c’est à utiliser avec précaution, sinon o nse retrouve dans la situation de MDI,et son moteur à air comprimé, qui sera révolutionnaire grâce aux évolutions à venir depuis 10 ans .... et qu’on attend toujours.


        • mmbbb 13 octobre 2013 18:24

          et oui c’est comme la turbo voile connue de puis des lustres et dont Cousteau a repis le principe en creant l’Alcyone Quant est -il ? Aucun navire a turbo voile sur les mers Il y a toujours un grand decalage entre ces projets et beaucoup d’inventions comme la pile a combustible datent d’hier et leurs applications . En revenant aux avions s’ils sont si nefastent pour la ouche d’ozine et le rechauffeemnt climatiques pourqoui sont ils utilises a des fins de loisirs Probleme les chantres de l’ecologie comme N HULOT l’ont beaucoup utilises Alors c’est toujours la meme histoire comme les preches du cures 


        • hunter hunter 16 juin 2009 21:51

          Salut Olivier,

          Sympa de partager des infos différentes de celles que nous ressassent les médias traditionnels.
          Comme quoi il y a des gens qui réfléchissent, c’est déjà un bon point.

          Par contre je dois avouer que la conclusion du post de Karash est imparable : effectivement, il vaudrait mieux essayer de considérablement diminuer le nombre d’avions en service, et dans ce cas, la balle est un petit peu dans le camp des citoyens non ?

          Bonne soirée et à bientôt Olivier.

          H /


          • olivier cabanel olivier cabanel 17 juin 2009 00:49

            Hunter,
            Karash n’a pas completement tort, ni completement raison,
            sur les besoins de déplacement, il semble évident que beaucoup de déplacements ne sont pas vraiment justifiés,
            en meme temps, ce n’est pas contradictoire de penser que le fait de pouvoir franchir des milliers de kilomètres devrait permettre une meilleure compréhension de l’autre.
            alors pourquoi ne pas imaginer que demain l’aviation nous ouvrira des champs nouveaux d’investigation, avec moins de pollution ?


          • sarcastelle sarcastelle 4 juillet 2016 13:53

            http://www.fzt.haw-hamburg.de/pers/Scholz/dglr/hh/text_2011_01_20_SolarImpuls.pdf


            Ce document technique intéressant et accessible à qui a au moins un niveau scientifique Cabanel + 3, expose bien le pourquoi du comment. 
            .
            En revanche il explique implicitement pourquoi on peut se brosser pour l’avion solaire commercial.

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