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Bayrou et Internet

En septembre 2006, les médias ne prenaient pas au sérieux François Bayrou mais, après ses attaques contre ces mêmes médias, il s’attira un vent de sympathie sur le web. À cette occasion, je l’ai rencontré pour parler avec lui du cinquième pouvoir. Quelques mois plus tard, ses espoirs comme ses mises en gardes sont plus que jamais d’actualité.

Le 27 septembre 2006, François Bayrou me reçut dans son QG rue de l’Université. Je notai avec amusement qu’en face se trouvaient les bureaux de la filiale internet de Microsoft. Était-ce un signe ? D’un côté l’UDF, un parti traditionnel, de l’autre Microsoft, une entreprise tout aussi traditionnelle par sa structure, mais qui distribue pourtant quelques-uns des outils clés du cinquième pouvoir.

Le rapprochement était-il juste géographique ?

Bayrou me fit vite comprendre que non.

"Je considère que les logiciels Open Source et les wikis sont deux choses fantastiques pour l’humanité", me dit-il.

Je fus surpris d’entendre ces idées exprimées par François Bayrou, mais aussi de découvrir que l’UDF était un parti à l’écoute d’un blogueur comme moi. Sa stratégie internet est d’ailleurs simple : pas de stratégie. Quand on manque de moyens, on n’a pas d’autre possibilité que de faire confiance aux militants. Le hasard fait bien les choses. Comme l’a montré Joe Trippi avec Howard Dean, il faut décentraliser la campagne, l’ouvrir vers l’extérieur, jouer la transparence dans l’esprit Open Source.

Conscient de cette révolution, François Bayrou critiqua les grands médias, leur penchant pour le people et le spectaculaire. Pour lui, il se passe quelque chose de beaucoup plus important en ce moment : un nouveau peuple s’éveille, le peuple d’internet.

"C’est un peuple créatif et coopératif", dit-il. Tout n’est pas du domaine de l’avoir. Il y a deux sortes de biens. Les biens matériels, nous pouvons les échanger. Tu as une voiture, j’ai une voiture, nous les échangeons, nous avons toujours une voiture. Mais j’ai une chanson, tu as une chanson, nous les échangeons, nous avons deux chansons.

Je parlai alors de la théorie des jeux, du concept de gagnant-gagnant.

"Pour moi, c’est une théorie de l’être, de l’enrichissement mutuel", me dit François Bayrou. Internet est de cet ordre-là. Le coopératif, le mutuel, le collaboratif... tout ça va changer le monde. Je suis absolument pénétré de cette idée. Ça va aussi changer les campagnes électorales. Entre il y a cinq ans et maintenant, il n’y a plus rien de commun. Les acteurs des pouvoirs traditionnels ne s’en rendent pas compte parce qu’ils ne sont pas familiers avec l’outil internet.

François Bayrou parlait avec passion : "Internet est un média éruptif. Vous vous faites engueuler comme féliciter avec une grande force. En même temps, ça remplace tous les sondages qualitatifs qui mettent des mois à être élaborés. J’ai les mots des gens, j’ai les mots de la vie. Pour moi, c’est formidable et ça bouleverse tout. Nous assistons à un changement de monde dont le monde officiel ne se rend pas compte. Une révolution est en cours."

François Bayrou parlait bien sûr d’une révolution non violente. Il laissa tout de même planer une crainte. "Quoique... on ne sait jamais".

Je partage cette crainte. J’espère que le vieux monde ne défendra pas ses positions à tout prix, la poursuite de la croissance matérielle par exemple, au risque de précipiter les perturbations climatiques, sans quoi la rupture violente sera inévitable. Comme me le dit François Bayrou, nous n’en sommes pas là et devons essayer de trouver des solutions pacifistes.

"Avant la Révolution française, il y avait un tiers état exclu de tout mais qui finit par s’emparer du pouvoir. Nous sommes dans la même situation."

Quand je lui parlai du cinquième pouvoir, il me dit :

"On n’imagine pas combien c’est fort. Moi, je le ressens, je le vois dans les blogs, sur Agoravox, c’est réel, c’est visible. Le nouveau monde est là. J’ai l’avantage d’en être tout en connaissant l’ancien monde. Je suis sorti de la guerre des tranchées gauche-droite. Je suis capable de travailler avec des gens à gauche comme à droite. Pendant cent ans, la France a été coupée en deux par le combat entre les chrétiens et les laïques. Un jour, on s’est aperçu non pas que cela avait disparu mais que ce n’était plus la question. Aujourd’hui, c’est pareil pour le clivage gauche-droite. Il n’est plus d’actualité. Des gens de gauche, de droite et d’ailleurs rejoignent l’UDF, dans des proportions égales. Nous nous revendiquons du tiers état, d’une troisième voie. Si ce projet-là se réalise, les citoyens reprendront le pouvoir, aujourd’hui entre les mains des puissances financières et médiatiques."

Nous discutâmes aussi des stratégies internet de ses adversaires.

"Ségolène Royal dit qu’elle s’ouvre à la participation mais elle ne le fait pas. Personne ne le fait, je veux le faire. Nicolas Sarkozy cherche à tout verrouiller. Il applique à internet un marketing des années 1950. À coup de millions d’euros, il veut prendre les citoyens contre leur gré. Je ne veux pas le faire, je n’en ai pas les moyens d’ailleurs, et puis c’est le contraire du Net. Aujourd’hui, le réseau lui-même dit « Ce Bayrou-là nous intéresse. » Je n’ai pour cela déployé aucune tactique. On ne matraque pas le vivant, la Toile c’est du vivant, c’est trop complexe, trop aléatoire pour être contrôlé. Nous sommes dans la situation du papillon qui d’un battement d’aile déclenche une tempête à l’autre bout du monde. Je crois que le vent commence à souffler. Je ne sais pas jusqu’où il nous entraînera mais ce que nous sommes en train de faire en ce moment entrera peut-être dans les livres d’histoire. Ce que je voulais et cherchais depuis longtemps est en train de se produire. C’est passionnant".

Bayrou me parla de sa marotte pour internet. "Je suis sur internet au moins trois heures par jour. C’est devenu ma principale source d’information sur ce que ressentent les gens. Je ne m’intéresse plus aux sondages. Ce n’est que du bourrage de crâne. On a d’un côté les forces médiatiques, de l’autre le peuple des citoyens. Eh bien, c’est le peuple des citoyens qui gagnera. Il y a adéquation entre le moment et ce que je porte. C’est un coup de chance d’en être là. Je n’ai pas créé ce mouvement."

Bayrou lui aussi se mit soudain à parler comme Howard Dean. J’avoue que je ne m’y attendais pas.

"La France s’appuie sur un modèle de société plus en phase avec la logique participative d’internet - mis à part la centralisation - qu’avec l’hypercapitalisme. Nous ne nous sentons pas tous le devoir de maximiser nos bénéfices. Notre modèle prend au sérieux le mot démocratie. Il place les citoyens en position d’autonomie et de responsabilité."

J’étais en train de découvrir que Bayrou relevait du cinquième pouvoir tout aussi définitivement que moi. Sur un coup de tête, je voulus tester le pouvoir qu’a justement ce cinquième pouvoir : j’invitai Bayrou à la soirée République des blogs qui se tenait le soir même au Pavillon Baltard, près de la Bourse du commerce. Vous rencontrerez des blogueurs de tous les partis.

Bayrou me posa deux ou trois questions, il regarda son agenda et accepta aussitôt de nous rejoindre. À ce moment, j’étais sûr que n’importe quel politicien aurait fait comme lui. Le cinquième pouvoir n’est peut-être pas réel dans l’esprit de tous les citoyens mais les politiciens savent qu’ils doivent compter avec lui. D’ailleurs, l’intérêt qu’ils lui portent le renforce. Plus il est fort, plus il intéresse : c’est une dynamique positive, un jeu gagnant-gagnant.

La politique change.

Dans le petit monde de la blogosphère, minuscule excroissance du cinquième pouvoir, nous sommes, tout comme François Bayrou, de plus en plus nombreux à sentir une force monter de chacun d’entre nous, une force irrésistible et envoûtante, une force historique à laquelle nous ne pouvons pas échapper. Personnellement, pour la première fois, j’ai l’impression de vivre dans un pays de citoyens solidaires.

Comme le dit Bill Clinton lors d’une conférence devant le parti travailliste anglais, ce qui importe c’est l’ubuntu. Ce mot bantou signifie qu’une personne n’existe qu’à travers ses relations avec les autres. « Je suis parce que vous êtes. » Cette prise de conscience est vitale, elle est notre seule chance de nous en tirer sur cette planète.

La politique politicienne n’a pas grand-chose à dire dans ce qui nous préoccupe. Nous nous trouvons à un embranchement historique. D’un côté, comme beaucoup de mauvais augures l’annoncent, se profile un temps de catastrophes climatiques et sociales. Mais de l’autre, il y a l’espoir, un espoir nourri d’idées concrètes et déjà mises en œuvre par endroits. Nous n’avons pas le droit de nous tromper de direction ni de nous reposer, nous devons aller de l’avant, construire ensemble le cinquième pouvoir.


Le lendemain de mon entretien, une équipe de La Générale de Production rencontra aussi Bayrou pour lui parler d’internet. On mesure combien doit être lobotomisant le métier de politicien : répéter tous les jours la même chose... J’en tire une seule conclusion : les campagnes sont beaucoup trop longues, d’autant trop longues que peu d’idées profondes les traversent.

Ce reportage vidéo a été tourné pour un film sur la netcampagne qui sera diffusé sur Arte le 8 mai. Pour en savoir plus, visitez le blog.


PS : Ce texte est extrait de mon livre Le cinquième pouvoir.

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30 réactions à cet article    


  • jps jps 19 avril 2007 21:38

    Stratégie de Bayrou Reprendre les idées de Ségolène

    Le programme de Bayrou n’est que des reprises soit de Ségolène soit de sarkozy. C’est à se demander s’il a les sens de l’analyse, du discernement et a-t-il de l’imagination ? Il écrit sur son site « tous ceux qui sont bénéficiaires de minima sociaux, je forme le voeu que l’on propose pas seulement un chèque mais une activité au service de l’intérêt général » ( Clermont-Ferrand 19 janvier 2007) . Il paraphrase Ségolène qui a dit « Il est exclu de revoir nos solidarités à la baisse, mais il faut qu’en contrepartie de toute ressource, il y ait un travail ou une formation utile. » (, Les Echos 19 mai 2006). Ségolène est pour la valeur travail et contre l’assistanat Par contre, la compassion l’habite c’est pourquoi elle prendra des dispositions sociales suivant le principe que tout droit est assorti d’obligation ; Principe qu’elle rappelle à chaque fois qu’elle aborde ce domaine. Par ailleurs Bayrou écrit « Il n’y a qu’une politique juste et efficace de lutte contre l’immigration, que nous devrions imposer à la communauté internationale et à l’Europe : c’est de garantir aux Africains qu’ils peuvent vivre convenablement en Afrique, de leur travail, comme des hommes debout. » ( Lille du 14 décembre 2006) idée tirée des propos de Ségolène qui avait précédemment souligné que « La question de l’immigration ne peut pas être déconnectée de la question du co-développement » (Forum mondial des droits de l’Homme, Nantes, 10/13 juillet 2006). Ces exemples peuvent être multipliés. Comment fera Bayrou quand il sera au pouvoir s’il rencontre des difficultés ? il appellera Ségolène ? ou Sarkozy ?

    Reprendre les idées de sarkozy

    Bayrou envisage une refonte du régime des retraites. Dans le cadre d’un système de retraite par points, où le montant augmente avec le temps de cotisation. Les salariés conserveront le droit de partir à la retraite à 55 ans, mais leur retraite sera plus importante s’ils partent plus tard. (14 décembre 2006) mais qu’elle est la différence avec la proposition de sarkozy ? Comme lui, il ne se soucie pas des personnes qui ne pourront poursuivre une activité suite à un incident de la vie. Comment pourront -ils vivre avec de maigres subsides s’ils ne peuvent plus travailler au delà de 55 ans ? Nonobstant ceci, il est vrai que l’âge de la retraite à 55 ans peut être trop tôt pour certains mais son dispositif ne fait aucune distinction quant à la pénibilité du travail, alors que Ségolène en tiendra également compte dans le cadre de sa réforme négociée avec les partenaires sociaux. En tout état de cause Bayrou maquille son programme ultralibéral par des touches sociales reprises à Ségolène comme démontré précèdemment.

    Reprendre l’existent en lui donnant le caractère de nouveauté

    Cependant pour se démarquer de ses adversaires il se doit de faire des propositions que nul autre a déjà évoquées. Mais son problème est qu’il manque d’originalité alors il reprend l’existent en l’habillant en projet. Bayrou s’est insurgé contre, « la politique agricole commune » (PAC), et veut garantir le revenu des agriculteurs ( 10 février 2007, Barcelonne-du-Gers). Cependant l’accord de Luxembourg, conclu en 2003 a réformé la PAC.Les aides seront subordonnés au respect de normes en matière d’environnement, de sécurité alimentaire et de bien-être des animaux et donc versées indépendamment des volumes de production. En fait pour assumer cette garantie c’est l’Etat qui devra verser ce différentiel dont les montants sont astronomiques et indépendants de la taille des exploitations (Bayrou est membre de la FNSEA, il ne va pas moduler en faveur des petites ). De même, il affirme, il faut « sortir les jeunes qui déstabilisent leur classe ou leur établissement, en créant des structures scolaires de recours ; et introduire des parcours d’excellence, des classes de réussite, précisément dans ces quartiers dit sensibles ((7 février 2007) Que veut -il dire ? qu’est-ce qui diffère de ce qui existe déjà ? (http://poly-tics.over-blog.com/ )

    Ne soyez pas dupe, écoutez, analysez , comparez les programmes

    Bayrou va nous mener à un second 21 avril 2002 en fourvoyant certains qui ne sont pas ultralibéraux. Aurons nous le choix entre droite et extrême droite une nouvelle fois ou extrême droite et extrême droite ?


  • Dominique Dutilloy Dominique Dutilloy 19 avril 2007 14:01

    Je dis : bravo pour votre initiative...

    Il est dommage que François Bayrou (qui, visiblement est le seul homme « moderne ») soit le seul candidat à avoir accepté votre initiative...

    J’aurais tant voulu que ce débat ait lieu : malheureusement, les 11 autres candidats ont refusé !

    Je pense que beaucoup de médias, qui sont responsables de ce manque de débat politique (puisque les citoyen(ne)s en sont privé), entretiennent ce fameux clivage « GAUCHE/DROITE »... Et c’est voulu !

    Malheureusement les citoyen(ne)s n’ont pas accès sur beaucoup de plateaux de télé : on leur propose, soit Internet, soit des numéros surtaxés (commençant par 08 92...), soit des SMS (surtaxés) !... Est-ce ainsi qu’on fera marcher la démocratie ?

    Je suis entrain d’écouter les propos de François Bayrou et j’abonde réellement dans ses commentaires...

    Ne faudrait-il pas prévoir à l’avenir des débats entre les citoyen(ne)s et les femmes et hommes politiques, par le biais d’Internet...

    Ce genre de débat serait un plus dans cette France adepte de la « bienpensance » et de la « Pensée unique » !


    • Voltaire Voltaire 19 avril 2007 14:13

      Merci pour ce reportage.

      Domage que cela n’ait pas été diffusé avant l’élection...


      • albert 19 avril 2007 15:11

        Internet définit comme un média éruptif convient parfaitement Internetqui permet en outre, sans animosité ni allégeance,de comparer des points de vue

        Sans timidité,voire d’exhaler ,éventuellement,sa colère Sans violences autres que« scripturales »

        Si seulement ces errements pouvaient se généraliser


        • machinchose machinchose 19 avril 2007 16:14

          Thierry Crouzet se met en scène , épisode 201589

          Aujourd’hui bizarrement Thierry Crouzet va dire tout le bien qu’il pense de ... François Bayrou...

          et bizarrement ... tout le monde va trouver ça formidable

          et après il y en a qui s’étonne que le débat n’ai pas eu lieu ???

          mais d’où sortez vous ?


          • machinchose machinchose 19 avril 2007 16:37

            je croyais que la « montée » des articles sur la page d’accueil était liée à leur lecture et « activité » de manière « mécanique »....

            celui là est arrivé quasiment tout de suite en haut avec ces trois commentaires époustouflés (bien sur) et ses 6 votes (positifs forcement)...

            Encore un miracle de Saint François j’imagine...

            pauvre agoravox...


          • Dilettante 19 avril 2007 16:21

            « Je suis sur internet au moins trois heures par jour. C’est devenu ma principale source d’information sur ce que ressentent les gens. »

            C’est une bonne nouvelle, mais attention : tous les français n’ont pas pignon sur web, et de grandes tendances peuvent passer totalement à la trappe sur internet. Je pense en particulier aux milieux ruraux, pour lesquels internet est beaucoup moins accessible, et en particulier aux réfractaires à ces « nouvelles technologies ». Les plus âgés, les plus pauvres, peuvent aussi facilement se faire oublier sur la toile.


            • machinchose machinchose 19 avril 2007 16:54

              M. Crouzet pourquoi ne faites vous pas un article sur :

              Comment j’ai décidé d’utiliser internet pour, sous couvert d’un médias citoyen et impartial, imposer peu à peu la voix de mon maitre .

              Comment une fois ceci réalisé, j’ai décidé de manipuler ce même média, citoyen et impartial, pour appeler à un débat dont je savais qu’il n’aurait pas lieu mais dont mon maitre pourrait se prévaloir.

              Comment j’ai trompé les gens en sabotant moi même ce débat en me mettant en avant alors que je suis connu dans tout le net comme un fan absolu de F. Bayrou et comment j’ai laissé agoravox mettre la photo de Bayrou en premier sur une illustration (moche) de ce débat pour être bien sur que personne ne pourrait le croire impartial et donc ne pourrait vouloir sérieusement le faire.

              comment avec ma copine de web Quiterie Delmas on a « dragué » les amis de Lepage pour les rallier à la sainte cause Bayrou prenant pretexte de rencontres, impartiales et citoyennes sur le net.

              comment je m’aime tellement que j’ai pas pu m’empêché à la journée agoravox de dire : (grosso modo) que grace à internet j’ai réussi le ralliement de lepage à Bayrou. (vous ne vous donneriez pas un peu trop d’importance ?)

              M. Crouzet, vous avez (vous ou vos amis) détourné agoravox (à moins que ce soit prévu depuis le début) noyauté le comité de rédaction (grosse rapidité de publication du moindre papier UDF), vous avez pourri le débat de premier tour... je ne vous dis pas merci.

              et si ça fait trop « conspiracy » je me permets de vous renvoyer à un site qui adore les article « conspiracy » : www.agoravox.fr


              • machinchose machinchose 19 avril 2007 18:25

                j’aimerais beaucoup que les gens qui votent sans doutent très légitimement pour dire que mon commentaire n’est pas constructif prennent ici le temps de m’expliquer en quoi je me plante... M. Crouzet n’a pas dit ça ?

                M. Crouzet ne s’est pas mis en avant pour cette histoire de débat ?


              • machinchose machinchose 19 avril 2007 23:47

                c’est bien ce que je craignais... Plutôt que de répondre on met du négatif. ça ne mange pas de pain et bientôt ces questions trop génante pour les purs yeux du militant UDF auront disparues...

                j’aurais pourtant bien aimé en discuter...


              • Florent Thiery 19 avril 2007 16:58

                Un commentaire particulièrement intéressant vis à vis de la réponse de bayrou à l’appel de candidats.fr

                « Aucun engagement réel contre les brevets (ce qui signifierait véritablement légiférer contre au niveau européen), rien sur l’enseignement de l’informatique sérieux (le retour de l’ »option« informatique, ça me fait rire), et aucun engagement sur rien ou presque au final. »

                http://linuxfr.org/comments/821313.html#821313

                Bref, démago smiley


                • Aldoo Aldoo 19 avril 2007 17:13

                  Certes intéressant, mais c’est du réchauffé !


                  • La Taverne des Poètes 19 avril 2007 18:07

                    Cet homme est dangereux !

                    - De qui s’agit-il ? Qui menace ainsi gravement notre pays ? Est-ce Jean-Marie Le Pen ?

                    - Mais non, il ne faut pas diaboliser Le Pen. Il incarne en partie l’expression démocratique et on peut jouer de lui et de ses électeurs à notre guise.

                    - Alors qui ? Nicolas Sarkozy ?

                    - Mais non ! Cessez là aussi de diaboliser ! Nicolas est un parfait démocrate et c’est un rassembleur. Il a l’estime de personnalités très honoralbles. Même à gauche on le respecte (Jospin et Attali l’ont décrit comme un type très bien).

                    - Mais alors Olivier Besancenot ? Alain Krivine ? avec leurs idées de révolution ?

                    - Mais non ! vous n’y êtes pas : François Bayrou est très dangereux ! Nos partis l’ont dit (le PS, l’UMP), les anciens de son parti aussi. Notre journal vient de nous le confirmer : n’avez-vous pas donc lu l’édito de Colombani ?

                    - Mais comment se fait-il alors que les gens ne considèrent pas du tout François Bayrou comme un candidat dangereux ?

                    - Bah ! Laissez tomber ! Vous ne pouvez pas comprendre, c’est trop compliqué pour vous la politique...

                    L’union de toutes nos forces


                    • machinchose machinchose 19 avril 2007 18:24

                      je suis d’accord. l’edito du monde sert trop sarkozy alors même qu’ils admettent qu’il a passé la ligne jaune. (Mon rêve : Royal / Bayrou)

                      c’est la nefaste influence de Minc...


                    • La Taverne des Poètes 19 avril 2007 18:40

                      « Vous ne comprenez décidément rien à la politique : laissez-nous faire, on s’en occupe à votre place...Et vous, retournez donc à votre place ! »


                    • aktos 20 avril 2007 12:28

                      j’ai pas compris en quoi et pourquoi Bayrou est dangereux.

                      J’ai l’impression que c’est des infos dans le vide qui sont lancé ici pour orienter le vote. J’hésite à voter pour lui ! Mais en lisant ces ligne j’ai envie de voter pour lui ! NA ! smiley


                    • aurelien 19 avril 2007 18:08

                      François Bayrou surfe-t-il sur la vague du net ?


                      • Johan Johan 19 avril 2007 19:30

                        Et si on jouait à un jeu.

                        Je n’ai aucune certitude, mais je pense que Bayrou vient sur Agoravox, et qu’il a du se plier au jeu de la critique, voir de l’exposition d’idées.

                        Et si on jouait à chercher le Bayrou ?

                        Attention, ça ne veut pas dire qu’il faut se braquer contre les Bayrouistes qui expriment leur opinion en conscience, juste de chercher derrière quel masque il se cache.

                        Est ce qu’on ne pourrait pas utiliser les outils d’analyse lexicale automatisés à cet effet ?


                        • Shrub roman 19 avril 2007 20:30

                          Il y a 6 mois je trouvais que c’était une bonne idée de rassembler des gens de gauche et des gens de droite et qu’ils travaillent en harmonie suite au meeting de Bayrou avec Rocard, nicolas Hulot et une autre personne de droite dont je ne me souviens plus le nom. Je me suis alors dit que dans 6 mois je voterai Bayrou, et Ségolène n’était plus ma favorite bien que je la respectait totalement. Je me suis dit que si Bayrou arrive à confirmer pendant la campagne qu’il est capable de faire ce rassemblement de façon exceptionnelle ce sera lui.

                          Finalement ce fut la première et la dernière fois que j’ai vu Bayrou discuter avec d’autres personnes que Mr Crouzet et Corinne Lepage. Santini s’est barré depuis longtemps, Simone veil et Giscard aussi, Strauss Khan dit qu’il n’a aucun contact avec Bayrou contrairement à ce que dit Bayrou, cela semble être le cas aussi pour Borlo, et même Nicolas Hulot n’a jamais dit que Bayrou était son préféré. Donc petit à petit et depuis longtemps je suis revenu à Ségolène reconnaissant qu’on l’a jugée peu compétente essentiellement à cause de sa façon de parler, du terme bravitude,... alors qu’il en est rien. Sa compétence au sein d’un parti ne fait plus aucun doute. Elle a un vrai programme clair contrairement à ce que disent les démagogues et est la seule à pouvoir sauver la France du cercle viscieux dans lequel Sarkozy est rentré avec les banlieues.

                          Bayrou dans tout ça je me demande ou il est. Grâce à Mr Crouzet il a pu faire ami ami avec Corinne Lepage et c’est bien tout, car tout son entourage le fui, de même que les gens de droite et de gauche qu’il voulait rassembler. Comment fera t’il le rassemblement alors ? avec les déchets de la droite et de la gauche ? encore faut-il qu’ils acceptent, et cela bien après la présidentielle. Donc quand la droite et la gauche mais aussi bien d’autres partis disent qu’il est une imposture, je suis désolé c’est pas une attaque mais bien la vérité. C’est un très bon orateur qui a su rassembler des internautes mais à part ça il n’a rien. T’as une chanson j’ai une chanson c’est cool ça fait 2 chansons avec internet. Mais faut pas oublier le monde réel avec ses lois car faut bien quelqun qui fasse la chanson, qui soit payé, qui a le droit de partir en vacances sans son ordi et son protable (sauf si c’est un bobo biensur).

                          Biensur que le monde va changer avec internet, qu’il sera très différent, mais les internautes resteront un lobby plus ou moins fort mais en aucun cas un pouvoir direct comme les autres. Le 5ième pouvoir est une invention des gérants de sites internet pour donner l’impression à leur cliètèle qu’ils ont de l’importance afin de mieux la fidélisée. Le pouvoir reste toujours celui de l’argent, typiquement la droite de Sarkozy. Si vous voulez le changer complètement devenez communiste ou fasciste. C’est pour ça que je suis socialiste, pour changer la société au fil du temps en fonction du contexte international et de la solidarité sans aboutir à des massacres.

                          En tous cas vous m’avez bien fait rigoler dans votre article car j’ai vraiment vu Jean Claude Vandamme parler dans bayrou. Quel visionnaire ce Bayrou !!

                          Un extrait : « On ne matraque pas le vivant, la Toile c’est du vivant, c’est trop complexe, trop aléatoire pour être contrôlé. Nous sommes dans la situation du papillon qui d’un battement d’aile déclenche une tempête à l’autre bout du monde »


                          • Jarodd 19 avril 2007 21:10

                            Il y a ceux qui veulent pêcher tout le poisson, et tout garder pour leur famille.

                            Il y a ceux qui pêchent le poisson à votre place, qui vous le prépare, et vous le donne à manger.

                            Et il y a ceux qui aprennent à chacun à pêcher pour qu’il puisse se nourrir lui-même.

                            (déformation volontaire d’un proverbe chinois bien connue, que m’a inspiré la lecture de cet article smiley )


                            • Thierry Crouzet Thierry Crouzet 19 avril 2007 21:59

                              Pour ceux qui ne cessent, sans trop savoir ce que je pense, de m’accuser de manger dans la main de François Bayrou, voici quelques liens vers mes propres articles.

                              1/4/2007 Bayrou, après avoir fait jeu égal avec ses adversaires, se laisse décrocher. Il a intéressé mais il n’a pas su retenir l’attention, faute de créer un électrochoc dans la population. Il regrettera peut-être bientôt de ne pas avoir fait exploser l’UDF au profit d’un nouveau mouvement.

                              23/2/2007 Cette force est en train d’atteindre sa maturité. À François Bayrou de l’irriguer maintenant et de ne pas en décevoir les attentes comme vient de le faire Ségolène Royal avec la génération participation. Il y a du travail, un immense travail, à commencer par celui de proposer un vrai programme alternatif que nous attendons encore. Pour le moment, une dynamique positive est à l’œuvre. Il serait bête de ne pas le reconnaître, bête pour François Bayrou de ne pas voir le tas d’or sur lequel il est assis.

                              18/2/2007 Pour toutes ces raisons, je crois que Bayrou ne sera pas au second tour de la présidentielle. [...] En quelque sorte, François Bayrou est une tête qui s’est détachée de son corps, l’UDF, un grand corps malade. Il est encore temps de donner à cette tête un nouveau corps pour qu’elle ne vienne pas très vite à manquer d’oxygène.

                              2/1/2007 François Bayrou est-il assez fou pour se lancer dans un tel projet qui soulèverait l’enthousiasme de beaucoup de Français ? Est-il prêt à lâcher un vieux bateau [l’UDF] qui ne l’amènera jamais à bon port ? Est-il prêt à embarquer dans le monde des réseaux ? Les jours à venir nous le dirons... car il y a maintenant urgence, soit un signe est fait rapidement, soit il ne se passera rien.

                              Depuis le début de l’année, je reproche à François Bayrou de ne pas avoir été assez audacieux, de ne pas avoir su faire vivre le rêve qu’il avait fait naître en septembre. Ce rêve s’est lentement propagé à l’ensemble de la population, Bayrou est monté dans les sondages alors même que je ne cessé de le critiqué.

                              Et puis le rêve est retombé, car le rêve 2.0 n’est jamais arrivé. Je ne veux mas être un oiseau de mauvais augure...

                              Mais ce qui m’intéresse, c’est le rêve. D’une certaine façon, aujourd’hui, me fait plus rêver. Sans rêve, il n’y a pas de civilisation qui tienne.


                              • La Taverne des Poètes 19 avril 2007 22:54

                                C’est que vous vous êtes laissé gagner par ce que j’appelle le « contre-espoir », qui est le résultat d’un travail de sape quotidien des medias et appareils politiques mais aussi des vieilles et pesantes habitudes. Insidieusement, il se faufile et finit par vous faire abdiquer. Lutter contre est un acte de résistance. Lutter pourquoi ? Pour la même raison qu’avançait Pascal dans son texte « Le pari » : risquer le rêve ne vous fera pas perdre grand chose mais ne pas le risquer, passer à côté, peut vous coûter cher en regrets. Il ne faut pas tourner le dos aux chemins qui s’ouvrent devant nous. Parier sur ce « projet d’espoir » est le vote le plus audacieux. Tout le reste est résignation.


                              • machinchose machinchose 19 avril 2007 23:30

                                ça ne change rien à ce que je dis (d’ailleurs vous ne répondez pas directement) et ça confirme que vous vous prenez pour une sorte de Bouddha du net... « il ne m’a pas écouté » « j’avais dit ceci » « j’avais conseillé cela »


                              • machinchose machinchose 20 avril 2007 09:55

                                ainsi j’ai - 9 ?? pour avoir le malheur de rappeler que M. Crouzet est à la neutralité ce que je suis à un premier prix d’orthographe

                                J’ai - 9 pour avoir eu le malheur de dire ce que je redis ici, parce que c’est tellement vrai qu’il ne le nie pas (ce que vous niez M.Crouzet, c’est le « maitre » vous préfereriez qu’on vous qualifie de maitre à penser au service de votre « candidat ») :

                                M. Crouzet pourquoi ne racontez vous pas :

                                Comment vous avez décidé d’utiliser internet pour, sous couvert d’un médias « citoyen et impartial », imposer peu à peu la voix de votre candidat .

                                Comment une fois ceci réalisé, vous avez décidé de manipuler ce même média, « citoyen et impartial », pour appeler à un débat dont vous saviez qu’il n’aurait pas lieu mais dont votre candidat pourrait se prévaloir.

                                Comment vous avez trompé les gens en sabotant vous même ce débat en vous mettant en avant alors que vous êtes connu dans tout le net comme un fan absolu de F. Bayrou et comment vous avez laissé agoravox mettre la photo de Bayrou en premier sur une illustration (moche) de ce débat pour être bien sur que personne ne pourrait le croire « impartial » et donc ne pourrait vouloir sérieusement le faire.

                                comment avec votre copine de web Quiterie Delmas vous avez « dragué » les amis de Lepage pour les rallier à la sainte cause Bayrou prenant pretexte de rencontres, « impartiales et citoyennes » sur le net.

                                comment vous vous aimez tellement que vous n’avez pas pu vous empêcher à la journée agoravox de dire : (grosso modo) que grace à internet vous avez réussi le ralliement de lepage à Bayrou. (vous ne vous donneriez pas un peu trop d’importance ?)

                                M. Crouzet, vous avez (vous ou vos amis) détourné agoravox (à moins que ce soit prévu depuis le début) noyauté le comité de rédaction (grosse rapidité de publication du moindre papier UDF), vous avez pourri le débat de premier tour... je ne vous dis pas merci.

                                et si ça fait trop « conspiracy » je me permets de vous renvoyer à un site qui adore les article « conspiracy » : www.agoravox.fr


                              • flammekueche 20 avril 2007 11:26

                                Non Mr Machinchose,

                                Si vous avez -10 ce n’est pas parce que le monde entier est contre vous, c’est simplement parce que sur les 8 commentaires que vous avez écrit pour cet article, il n’y en avait qu’un seul de « constructif ». Et 5 commentaires, sans aucun intérêt, successifs, cela s’appelle du spam. Et comme tout bon antispammeur qui se respecte, on finit par filtrer la source, vous ! Vous voulez qu’on vous lise ? Ecrivez des commentaires intéressants et ne spammer plus. Merci.


                              • machinchose machinchose 20 avril 2007 11:38

                                Ah bon...

                                ok moi qui croyais que ce débat était important, que la neutralité d’avox avait un sens... non non

                                En fait on ne doit pas poser ces questions là.

                                ok


                              • LordOfEden LordOfEden 19 avril 2007 22:39

                                Petit HS... Les internautes exigent une réponse immédiate sur certaines questions sur les libertés sur le net :

                                Bayrou, Sarko, Ségo : Les trois singes du net... qui s’assoient sur vos libertés.

                                Liberté d’expression, liberté d’information, respect de la vie privée : On aurait pu s’attendre à ce que les trois favoris des sondages dont on ne cesse de nous rebattre les oreilles attachent un miminum d’importance à ces droits et libertés fondamentaux pour une démocratie, qu’ils aient un programme sérieux, clair et complet, qu’ils soient capables de répondre aux inquiétudes que suscite l’évolution du Net et de son environnement technico-législatif...A cinq jours du premier tour, il n’en est rien.

                                Jamais la liberté d’expression et d’information n’aura été autant menacée sur le Net, qui est par ailleurs devenu l’outil de surveillance le plus intrusif jamais mis en place dans une démocratie, puisque désormais, toutes les activités des français sur le net sont enregistrées, et mises à disposition de la police qui peut en disposer sans même demander la moindre autorisation à un juge.

                                La Ligue Odebi a il y a quelque temps publié un bilan, faisant le point sur les atteintes aux droits et libertés sur internet durant le dernier quinquennat, posant par ailleurs des questions très concrètes aux candidats. Ce bilan permet déjà de se faire une idée des actions de la majorité sortante en général, et de Nicolas Sarkozy en particulier. A sa lecture, il devient évident qu’il est peu raisonnable d’attendre de Nicolas Sarkozy qu’il réponde aux questions posées, sauf à ce qu’il se dédise et promette aux électeurs le contraire de ce qu’il a fait...

                                Ségolène Royal, elle, pouvait bénéficier des apports de ce bilan, qui venait compléter les lacunes importantes du rapport Rocard (qui au demeurant ne fait que proposer des recommandations, et non des engagements de la candidate). Malheureusement, elle vient d’imposer un indéfendable blackout sur la publication de ces réponses.

                                Quant à François Bayrou, si les réponses sont rédigées, elles sont encore en cours de validation, car “particulièrement techniques” : Est-il si difficile que ça de dire que l’on refuse le filtrage aux frontières, la limitation de la liberté d’expression par les intérêts économiques du secteur audiovisuel (d’ailleurs, en passant : pourquoi ce secteur et pas celui des machines à laver ?), ou encore la mise sur écoute numérique généralisée de tous les français ? Si l’on maîtrise ses dossiers, ce qui est le minimum qu’on puisse attendre à ce niveau, cela ne devrait pourtant pas poser de problème. Ou alors y aurait-il des problèmes internes ? François Bayrou devrait-il par exemple demander une autorisation de publication de ces réponses -au hasard- au si fameux député Dionis ?

                                Ce qui est étrange, c’est que quand il s’agit d’utiliser internet comme outil électoral, ces trois-là ont pourtant l’air de particulièrement maîtriser le sujet... Le Net : Dans leur intérêt. Pas dans le vôtre.

                                En attendant, pour les électeurs, en matière de droits et libertés fondamentaux dans la société de l’information, tout se passe comme s’ils avaient en face d’eux les trois singes de la sagesse hindoue, qui ne voient rien, n’entendent rien, et ne disent rien.

                                La seule différence est que ces trois singes-là n’attendent pas de chèques en blanc. Et à force d’attendre des chèques en blanc aux élections, on obtient surtout des votes blancs.

                                http://www.odebi.org/new2/?p=264


                                • LordOfEden LordOfEden 20 avril 2007 21:16

                                  Réponse de Bayrou

                                  À l’attention de la Ligue ODEBI.

                                  Paris, le 20 avril 2007, par courrier électronique.

                                  Vous m’avez adressé onze questions, ou proposé onze affirmations, concernant les libertés sur internet. Vous savez sans doute la part que j’ai prise dans la défense de ces libertés dans la bataille sur la loi DADVSI, au Parlement en 2005 et 2006. Je suis donc heureux de vous confirmer mon engagement sur ces sujets.

                                  Tout d’abord, le principe de liberté d’expression du citoyen doit passer avant tous intérêts économiques. Si des intérêts comme ceux de l’économie culturelle sont, par définition, à prendre en compte dans la régulation de la communication “au public”, via internet comme ailleurs, cela ne saurait faire obstacle à la liberté d’expression du citoyen. Dans la “Loi pour la confiance dans l’économie numérique”, les intérêts économiques sont suffisamment pris en compte par la disposition sur le respect de la propriété.

                                  La réglementation récente de la diffusion d’images sur internet n’est que l’un des exemples de la prolifération législative de ces dernières années : la multiplication de dispositions larges, floues, certaines inapplicables, d’autres contradictoires, affaiblit au final la loi elle-même.

                                  C’est à juste titre que la ligue ODEBI pose les questions que pose la combinaison nouvelle entre, d’un côté les usages d’internet par les citoyens pour s’exprimer et agir, d’autre part les moyens d’investigation électroniques : défis pour nos libertés, enjeux de protection de la vie privée, questions que pose la permanence des informations numériques alors que les personnes décrites par ces informations vivent, changent d’opinions ou de pratiques.

                                  Il a été envisagé de créer une commission étatique, ou para-étatique, pour contrôler une déontologie de l’expression sur le net : c’est un projet un peu étrange, qui témoigne du désarroi actuel sur le rôle de l’Etat et les relations entre l’Etat et les citoyens ; elle montre surtout que nous avons besoin de mieux comprendre le rôle de l’Etat dans la société de l’information. Car l’appareil d’État, même piloté par des personnes démocratiquement nommées, même externalisé en commissions associant les intérêts légitimes d’un secteur, ne se préoccupera pas des droits des citoyens à la place des citoyens. Dans un monde - physique et numérique - en mouvement rapide et général, l’État ne trouvera pas les réponses à la place de la société. La création, l’invention, l’ouverture de voies nouvelles, nécessitent une société de l’autonomie. Le travail réalisé par le Forum des Droits sur Internet, appréciable et apprécié, témoigne de cette capacité d’autonomie.

                                  D’ailleurs, à quoi servirait le label que délivrerait cette commission ? Les sites internet n’ont pas besoin de dispositions fiscales similaires à celles qui permettent à la presse papier d’acheminer et distribuerses publications sur tout le territoire.

                                  L’hébergeur d’un site peut constater, conformément au principe général selon lequel “nul n’est censé ignorer la loi”, la présence de contenus illégaux sur un site qu’il héberge ; il doit donc avoir la faculté de cesser sa contribution technique à la publication des contenus concernés. Mais il doit surtout avoir le droit, s’il doute du caractère légal ou illégal des contenus, de les maintenir en ligne, dans l’attente de la décision du juge qui serait saisi.

                                  Le juge ne saurait en revanche, à mon avis, prescrire aux fournisseurs d’accès internet le filtrage de certains contenus ; serait-il raisonnable de réglementer dans ce sens, alors que certaines techniques de cryptage peuvent empêcher le fournisseur d’accès de connaître la nature du contenu auquel accède l’internaute ?

                                  Le pouvoir de police doit rester, sur internet comme ailleurs, du ressort de la force publique. Quand, fin décembre 2005, un amendement de dernière minute au projet de loi DADVSI, a prétendu instaurer une “réponse graduée” ou “riposte graduée” qui confiait à des entreprises privées un premier niveau de surveillance et de police de l’internet (donc un droit d’intrusion dans les échanges de fichiers), je me suis battu à l’Assemblée, avec succès, pour faire échouer ce projet.

                                  Des dispositions d’exception, qui confieraient à la police une autorité qui appartient normalement au juge, peuvent légitimement être prises à titre provisoire, en raison d’une menace singulière sur la vie de la nation ; c’est, par exemple, ce qui a été fait le 6 octobre 2001 par les amendements sur la “loi pour la sécurité quotidienne” (LSQ). Elles doivent rester l’exception, et la permanence d’une menace terroriste ne suffit pas à justifier qu’elles soient pérennisées.

                                  Vous m’interrogez sur la copie privée et l’interopérabilité. Pour moi, la copie privée, pour un usage personnel, familial ou amical, doit être reconnue comme un droit pour le consommateur, pour le citoyen - et non pas seulement comme une “exception”. Affirmer les droits d’auteur et les droits voisins légitime une indemnisation de cette copie privée.

                                  Que le législateur autorise un producteur d’équipements matériels ou d’oeuvres immatérielles à les assortir de certaines restrictions techniques d’usage clairement indiquées à l’acheteur, c’est une chose ; légiférer pour interdire le contournement de ces restrictions, c’en est une autre.

                                  Pour moi, un usager qui acquiert des oeuvres auprès de différents fournisseurs doit avoir la possibilité de les utiliser sur différents équipements, de changer ses équipements, matériels ou logiciels sans être obligé de racheter les oeuvres. La législation ne peut pénaliser le contournement de mesures techniques de protection lorsque ce contournement a pour finalité une utilisation licite : lire une oeuvre achetée ou prêtée, effectuer des copies privées, assurer la sécurité informatique, par exemple. La loi devrait pénaliser les usages illicites, plutôt que d’incriminer les outils ou les techniques que certains utiliseraient à des fins illicites.

                                  J’ai d’ailleurs dit à l’Assemblée, le 16 mars 2006, mon scepticisme quant à la mise en pratique de cette interdiction, quant à “l’idée bien étrange de construire une usine à gaz, avec des services de l’État qui, tels des pseudopodes, iraient partout contrôler la totalité des codes sources, des DRM transmis, importés ou transférés depuis un État membre de la Communauté européenne : nous ne la croyons guère réalisable.”

                                  Le droit concernant les productions de l’esprit devra, selon moi : • conforter les droits moraux des créateurs ; • assurer aux activités culturelles un financement lié aux oeuvres ; • favoriser la préservation de notre patrimoine culturel ; • assurer l’égal accès aux ressources qui méritent d’être considérées comme des biens communs (dont des ressources pour l’éducation et la santé, entre autres) ; • assurer au légitime détenteur d’un bien numérique, le libre usage de celui-ci dans le cercle privé, et sa libre préservation par des copies de sauvegarde.

                                  Je vous prie de trouver ici l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

                                  François Bayrou

                                  Plus que deux singes


                                • 1984 1984 22 avril 2007 01:32

                                  J’ai l’impression que F.Bayrou a été le seul à vraiment entrevoir le potentiel énorme d’Internet, là où les autres candidats l’ont seulement effleurés, parce que les Internautes commencent à peser un certain poids.

                                  Internet a été créé par des rêveurs, ceux-la même qui, il y a quelques années, étaient des marginaux fans de leurs machines. Il est normal que la concurrence, le coût, l’achat, la monnaie...aient du mal à trouver leur place dans cet univers.

                                  Pour une fois, les sociétés sont obligées de « faire avec », plutôt que « faire comme bon leur semble ». En témoigne le retrait progressif des DRM chez les majors, preuve que les Internautes possèdent un pouvoir.

                                  Le moteur principal de l’évolution du web n’est pas propre aux sociétés, mais est le fait d’une communauté de citoyens « lambda ». A vrai dire, il n’y a pas grand chose dans les Systèmes propriétaires qui ne trouvent racine dans l’Open Source.

                                  Voila, fin de mon soliloque sur l’Internet, je voulais juste illustrer smiley


                                  • Fabien Bardoux 23 avril 2007 21:13

                                    François Bayrou a expliqué avec sincérité lors de la conférence du web3 toute sa conviction sur le potentiel économique et humain de l’internet, des blogs, et des sites communautaires.

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