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Accueil du site > Culture & Loisirs > Extraits d’ouvrages > L’air du temps qui passe, d’Est en Ouest

L’air du temps qui passe, d’Est en Ouest

Le nouveau livre de Bertrand C. Bellaigue vient de paraitre en ce début d’année à Paris aux Editions Publibook. André Paroy commente l’ouvrage dans cet article.

Les reportages et les analyses qui en forment le corps évoquent, mois après mois, les évènement cruciaux d’une année de tous les dangers. En les publiant, Bertrand C. Bellaigue, membre de l’ Agence France Presse, pendant quarante ans à travers le monde, prend le risque de reproduire en avant-propos l’extrait d’une lettre du sénateur et philosophe stoïcien romain Sénèque, né quatre ans avant notre ère, à Cordoue en Bétique romaine (Andalousie), dont la carrière romaine, terminée par un suicide sur l’ordre de Néron, sera obsédée « par le sentiment du temps qui leur file entre les doigts, comme du sable et de la futilité des événements, pour si importants et si cruels qu’ils soient, auxquels ils assistent », comme ce fut encore le cas en 2006, à l’aube du XXIe siècle, sans voir « la mort qui est devant nous, alors qu’elle est, en grande partie déjà, chose passée ».

Au début de ce témoignage se trouve une évocation de la Turquie qui, douze années à peine après la fin de la Seconde Guerre mondiale, manifeste son désir d’entrer dans le monde moderne avec l’aide des Etats-Unis d’Amérique, en se fondant sur les réformes draconiennes du dictateur Kemal Atatürk, successeur des sultans de l’Empire ottoman, premier chef d’Etat à imposer la laïcité à un pays profondément musulman.

L’observateur de ce moment constate que l’établissement d’une société moderne de consommation ne coïncide pas forcément avec l’installation des libertés individuelles. Encore traumatisés par les agressions russes auxquelles ils ont dû faire face depuis l’avènement sur le trône des tsars, les Turcs sont prêts à échanger leur indépendance contre une aide financière et militaire que leur offre le pays le plus puissant du monde, champion de la « lutte contre le mal », selon le président Ronald. Cette obédience constituait déjà les prémices d’une alliance militaire avec Washington, qui, en transformant la Turquie en « pays tampon » entre l’Est et l’Ouest, l’isolera d’une Europe à la porte de laquelle, cinquante ans plus tard, elle viendra frapper avec l’espoir de participer à l’enrichissement d’un ensemble humain de cinq cents millions de consommateurs.

Puis, en faisant, avec ce pays, un bond de cinquante ans, on retrouvera les événements et les crises qui ont focalisé l’attention et contribué à faire recréer les conditions d’un monde instable soumis à la crainte de millions de migrants, et de la réapparition d’une société internationale hantée par la crainte du terrorisme et d’une potentielle confrontation nucléaire.

Bertrand C. Bellaigue déclare à ce sujet :

« J’ai vu les guerres d’Indochine et du Vietnam, le conflit sino-indien dans l’Himalaya et l’implantation de quarante ans de dictature en Birmanie.

Puis, j’ai été témoin des drames d’Afrique occidentale, au Nigéria et au Ghana, déchirés par des coups d’Etat militaires. Dans la Corne d’Afrique, terre d’esclavage, j’ai vu l’agonie de l’Empire d’Éthiopie. En Afrique orientale, terre de safaris au Kenya et en Tanzanie, j’ai découvert des peuples diabolisés, qui se livraient au Rwanda et au Burundi à un génocide ethno-religieux.

En Amérique latine, j’ai assisté à la « croisade » lancée par des généraux, soldats du Christ - au prix de répressions sanglantes - contre les guérillas marxistes-léninistes en Argentine, au Chili et au Paraguay. »

La Turquie, le Vatican, de la France à l’Espagne, de la Turquie à la Russie et à l’Extrême-Orient, le champ d’investigation est large.

L’islam et l’Occident, les rabbins et les imans à la recherche de la paix, le comportement des papes Jean-Paul II, Benoît XVI et les fluctuations du Vatican, la politique, l’espionnage, les guerres et les conflits, les génocides, les émeutes, le terrorisme et le pouvoir corrupteur sont autant de sujets abordés par l’auteur.

Le Maroc et ses cinquante années d’indépendance, les frustrations d’une partie de son peuple, le désespoir des Français musulmans de la seconde et troisième générations, face au mépris et aux discriminations, la guerre au Moyen-Orient, la menace du nucléaire en Iran, le Soudan et le Darfour au feu des passions et des hydrocarbures, victimes de la concurrence féroce à laquelle se livrent les puissances pour le contrôle des sources d’énergie, la progression de la diplomatie de la Russie et l’accroissement de ses fournitures d’armes aux pays antagonistes du Sud-Est asiatique à l’Extrême-Orient et l’Otan menacée de devenir une inutile tour de Babel plantent un sinistre décor alors que commence à peine de troisième millénaire.

Ces articles de Bertrand Bellaigue abordent chacun de ces problèmes de société, de ces faits marquants de l’histoire contemporaine, avec une même rigueur toute journalistique.

Des analyses en profondeur, des reportages éclairés et avisés, un point de vue toujours objectif mais ne prônant jamais la langue de bois, voilà ce que nous propose Bertrand C. Bellaigue dans son Air du temps qui passe... Pour cultiver, si besoin était, l’esprit critique du lecteur, pour répondre à ses interrogations, et surtout pour aiguiser sa perception du monde en lui désignant les rouages qui le mettent inexorablement en mouvement.

Le XXIe siècle allait s’ouvrir, décrit comme devant être celui d’un nouveau mysticisme. Rien ne changea. Ce fut, dès son avènement, le mysticisme qui provoqua une ère de fanatisme et de renouveau des haines religieuses entre monothéistes d’Est en Ouest, objets du contenu de ce livre.

© André Paroy janvier 2006

1 - Au-delà de l’exil

Tome I - Les Amériques

Tome II - Le Valespir

2 - Du Mellah aux rives du Jourdain

3 - Errances dans dans un théâtre d’ombres

4 - Le reportage : Toute une vie, ailleurs

(Editions Publibook, 14 rue des Volontaires, Paris 75015


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4 réactions à cet article    


  • Yahya (---.---.130.5) 9 janvier 2007 10:53

    Merci, Bertrand C. Bellaigue, pour cette critique objective de l’excellent livre de Bertrand C. Bellaigue. Bertrand C. Bellaigue n’aurait pas fait mieux, lui qui connaît si bien toutes les qualités de l’écriture et de l’analyse de Bertrand C. Bellaigue. Une remarque, toutefois : Bertrand C. Bellaigue n’est pas super au point sur les règles de ponctuation, particulièrement sur les virgules.

    Bertrand C. Bellaigue (le vrai !) smiley


    • Bertrand C. Bellaigue Bertrand C. Bellaigue 9 janvier 2007 12:22

      @ Si Yahya

      J’attend vos leçons d’orthographe puisque vous paraissez n’avoir que cela à faire et par ailleurs si habile et bienveillant à l’égard de vos semblbles, sans pourtant être en mesure de d’argumenter sur des sujet que vous ne connaissez pas.

      Quant à l’art de la virgule et sa position dans un texte cela dépend essentiellement de ce que l’auteur veut exprimer, quitte à se faire critiquer par les conseillers qui ne sont pas les payeurs.

      Je transmettrai vos observattions a mon ami Paroy qui, après avoir lu mon livre et les commentaires de l’éditeur, a bien voulu accepter d’écrire ce texte que j’ai transmis, évidememnt, sous mon nom, à AV.

      Salaam alik

      Bertrand C. Bellaigue


    • rené fix 14 janvier 2007 09:50

      Si l’auteur de cet article est bien le signataire du livre commenté, cela manque d’une certaine éthique et cela nuit considérablement à l’écho de ce livre.

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