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Accueil du site > Culture & Loisirs > Extraits d’ouvrages > L’enterrement de Mozart

L’enterrement de Mozart

Arte a rediffusé durant les fêtes « Amadeus », le chef d'oeuvre de Milos Forman.

Cela m'a rappelé la réflexion amusante d'une très jeunes spectatrice, quelques années en arrière, dans ma classe de ZEP.

Réflexion autour de laquelle j'avais rédigé la petite nouvelle que je soumets à votre attention critique. 

Bon. Eteindre la télé. Pour la dernière fois. Sur le vomissement d’ images de la Techno-Parade. Pas l’ombre d’un regret.
Ce goût morbide des « fêtes » kolossales, « teufs » obscènes et lugubres, est le symptôme aveuglant, le signe tragique du terme de l’agonie. Les dernières heures de… Rome ? Tu parles ! De Dysneyland. Et encore !
Ping ! Le petit point implose, écran noir.
Il s’imprègne de l’odeur de métal bien graissé et pose les cylindres cuivrés sur la table basse en verre, lentement. Clac..Clac…Clac… Clac… Cinq… six… sept.
Sept ! Un signe ? Un présage ? 
Et comment… ? Chiffre monument ! 
Sept jours de la semaine, sept nains, sept péchés capitaux, sept plaies d’Egypte, sept étages de la tour de Babel, sept couleurs de l’arc-en-ciel…
Des sept dormants d’Ephèse aux sept gisants de Dinan en passant par les sept cercles de l’Enfer.
Sept… Le chiffre de la décision, de la dérision, de la déraison.
Il saisit l’ « Apocalypse » sur l’étagère. Un bouquin dont il ignorait tout il y a quelques mois… dans une autre vie.
Première page : « Les lettres aux Eglises d’Asie » : sept Eglises, sept esprits présents devant son trône, sept candélabres d’or, sept étoiles.
Le murmure interrogatif du destin devient grondement assourdissant.
Il reprend dans sa main les objets denses et luisants. Presque rassurants. Les fait glisser lentement dans le chargeur. Qu’il enfonce doucement dans la crosse du Colt 45, l’ultime interlocuteur, vieux trophée guerrier autour duquel son père entretenait une psychose diffuse de crainte et de respect. C’était plutôt réussi. Enfant, l’arme lui inspirait une sainte pétoche. Ce morceau d’acier crachait la mort..
Peut-il encore une fois lâcher prise dans le flash-back gris, revenir sur les mois écoulés, essayer de se bercer de cette mélancolie glaciale.
Les rideaux sont tirés, il ne les a pas touchés depuis plusieurs jours. Seul le tube cathodique lui fournissait une vague sensation, très confuse, de la présence du monde.
« Interruption définitive de notre programme... »
Un incident technique ? Oui, on pourrait dire ça.
Tout se déglingue si vite !

Rien, ce n’était rien. Une remarque, quelques mots jetés par une môme.
Une salle de classe, proprette, banale, sobre. Les vingt cinq paires d’yeux, qui ne le quittaient pas, heure après heure, jour après jour. La vie ordinaire de tout instit. Il pensait avoir l’estime des gosses, pas avares en démonstrations d’affection, et de leurs parents, maghrébins pour la plupart, de braves gens, modestes et rugueux, qui appréciaient l’autorité naturelle dont il savait faire preuve. Serein dans la cinquantaine, partageant son existence depuis trente ans avec une femme qu’il aimait et lui avait donné un garçon robuste, rieur, impatient de se lancer dans la vie professionnelle après avoir suivi une solide formation d’ingénieur en télécoms.
Au midi de son existence, il pouvait jeter, sans remords ni regrets, un regard satisfait sur les années écoulées.
Heu-reux.
Une salle de classe, le samedi matin. On décompresse. Les difficultés de la semaine sont derrière nous, demain sera jour de repos, relax…
Le moment où il détourne les vingt cinq regards vers le petit écran. Tellement pratique la vidéo ! En choisissant bien ses cassettes, on peut, encore et toujours, enseigner, éduquer, former. Faire son boulot quoi…
Personne n’étant omniscient, il existe un domaine où il ne brille pas, mais alors pas du tout. La musique ! Formation zéro, incapable de déchiffrer une portée, comme la quasi-totalité des jeunes français à la fin de leur scolarité et, par-dessus le marché, chantant horriblement faux.
Merci sainte Vidéo ! Sans trop y croire, quelques années plus tôt, il avait présenté, en plusieurs épisodes, « Amadeus », le film de Milos Forman sur la vie de Mozart. Et, à sa grande stupéfaction, les petits marocains, algériens, « gaulois » de milieux pour le moins défavorisés avaient accroché au-delà de ses espérances. Bouleversés par la musique, éclatant de rire avec le génie facétieux, pleurant au Requiem. Et prenant plaisir à écouter une autre musique, ce qui était l’essentiel.
Depuis, la projection d’ « Amadeus » était attendue chaque année avec impatience par la « promotion » montante.
Ce samedi là, c’était la fin du film. Requiem, enterrement de Mozart, générique. Sanglots et reniflements. Puis vint la séance des questions, inévitable pour tout pédagogue moulé et calibré par la vieille Ecole Normale . Tournant principalement autour du rôle de Saliéri, ce salopard, le traître !
Zahia semblait bouleversée, se cachant derrière un doigt timide et hésitant. Quand il lui donna la parole, il ne savait pas où il venait de mettre les pieds…
-M’sieur…Pourquoi les chrétiens enterrent-ils leurs morts comme ça ?
-Comment, comme ça ?
-Ben…Dans une boite !
-Le cercueil ?
-Oui…Il ne faut pas ! Chez nous, les gens sont enterrés dans des espèces de grands draps.
Si on les enferme dans une boîte, leur âme ne peut pas s’échapper !
Il faillit éclater de rire et se reprit juste à temps devant le désarroi de la gosse…et les visages tendus de ses petits camarades. Pas un sourire, une attention rare…comme si l’on venait de pénétrer ensemble dans un domaine obscur et interdit. Le mot « âme » n’avait jamais été prononcé par un de ses élèves. Encore moins par lui, évidemment…
Il réagit en professionnel. Ne pas se moquer de la gamine, évidemment, et éluder le problème. Dans ce quartier en grande majorité musulman il fallait éviter les vagues !
 -Tu as remarqué que Mozart n’était pas musulman ! Quant à l’âme…on en reparlera une autre fois.
Et il mit fin au débat devant vingt cinq mines déçues et réprobatrices, fascinées par l’allongement inhabituel du nez de Pinocchio…
L’ « incident » fut oublié dès qu’il franchit la porte de l’établissement.
Week-end familial paisible sans le moindre espace pour les interrogations métaphysiques. Un long jogging à travers la forêt proche lui permit de tester la résistance de ce corps qui savait toujours répondre présent lorsqu’on le mettait à l’épreuve, ce dont, à son âge, il n’était pas peu fier.
Les questions importantes, familiales, financières ou pédagogiques, faisaient toujours irruption au même moment. Lorsqu’il éteignait sa lampe de chevet. Ce fut le cas ce dimanche soir quand le visage de Zahia, et l’interrogation qui s’y reliait, s’imposèrent dans l’obscurité. Comment aborder cette affaire d’âme ? C’était parfaitement ridicule. Des foutaises de curés, d’imams, de rabbins. Il n’avait pas de réponses à cette question parce qu’elle ne l’avait quasiment jamais effleurée. Il avait été élevé dans la plus parfaite indifférence à tout ce qui touchait à la religion, sans la moindre interrogation existentielle.
Sa mère était décédée peu après sa naissance. Son père, militaire de carrière, les avait élevés, lui et sa sœur. Il n’avait d’autre préoccupation que leur santé physique, l’épanouissement de leur corps et leur réussite sociale. Un haussement d’épaule irrité répondait à toute question ou discussion ayant trait à la foi, l’existence de Dieu, le Ciel.
A l’enterrement de sa grand’mère, il se risqua, audace rare, à lui demander ce qu’il pensait des gens qui affirmaient… qui prétendaient…que les morts continuaient à vivre.. .ailleurs…
La réponse claqua, sec, définitive :
-Foutaises !

Il interrompit son « flash-back » pour saisir un autre bouquin sur l’étagère. Le dernier roman qu’il ait lu avant tout cela, un signe peut-être. « Plate-forme », de Michel Houellebecq. Les passages soulignés étaient rares.
Il trouva rapidement le premier. Il savait pourquoi ces quelques lignes où le personnage principal décrit son père défunt lui avaient paru si saisissantes. Elles auraient pu être de lui.
« Je revoyais mon père cloué dans son lit, terrassé par une dépression subite -terrifiante chez un homme si actif - ses amis alpinistes l’entouraient, gênés, impuissants devant ce mal. S’il avait fait tant de sport, m’avait-il expliqué une fois, c’était pour s’abrutir, pour s’empêcher de penser. Il avait réussi : j’étais persuadé qu’il avait réussi à traverser la vie sans jamais ressentir de réelle interrogation sur la condition humaine ».
Encore que son père à lui n’ait jamais rien expliqué, pas même une seule fois.
Ce dimanche soir, Zahia le confrontait à son passé et ses fantômes.
Il s’était placé dans le sillon paternel d’autant plus facilement que l’Ecole Normale où il était entré à dix-huit ans figurait parmi les forteresses du rationalisme laïc et républicain et que ses amis et collègues provenaient du même moule.
Quant aux médias…Tout ce que l’on fourrait dans un gros casier étiqueté « irrationnel » était vendu sur le mode bouffon dans des débats conclus par un scientifique méprisant, front d’airain du savoir officiel :
-Foutaises.
Il ne s’en portait pas plus mal et ne souffrait d’aucun manque. Comme papa. L’âme de Mozart !!!… Dodo…
Il se rendit en classe le lendemain le cœur léger. Son enjouement fut pourtant de courte durée. Au début de chaque matinée, il laissait en général cinq à dix minutes aux élèves pour poser toutes les questions qui leur venaient à l’esprit. Ca tournait le plus souvent autour de la vie du groupe, les changements de place, les conflits non réglés, les demandes de spectacles ou de sorties, au gré des informations reçues par les uns ou les autres. Rarement sur le contenu des leçons.
Quand il vit Zahia tendre un doigt plein de détermination, il lui lança un regard courroucé qui la surprit et la désarçonna. Il ne lui laissa pas le temps de se reprendre :
-Pas de questions ce matin, le programme est bien trop lourd. Prenez vos livres de lecture !
Soupir d’indignation résignée, mais, bon, l’incident était clos. Provisoirement du moins car, c’était sûr, tout ça remonterait à la surface. Ces mômes n’oublieraient pas, d’autant plus qu’ils avaient clairement perçu son trouble.
Les heures, puis la matinée, la journée, la vie en classe s’écoula dans sa plus tranquille banalité. Mer étale. C’est dans sa tête qu’un étrange bruit de fond, un ressac sourd et menaçant, enflait lentement, lancinant et légèrement douloureux. Cela lui faisait penser aux premiers signes douloureux, encore tolérables, d’une carie dentaire. Rien de grave encore, mais sans espoir. Certitude que les choses ne pourront qu’empirer.
L’âme…Que raconter ?…Ca n’existe pas…Il n’y a pas en nous une espèce de bulle d’esprit qui s’envole au moment du décès…pourquoi pas avec des ailes ! Nous sommes faits de chair, de sang, d’os, de nerfs, de neurones…de MATIERE. Point final !
Attends, point final, vite dit. Ces gosses ne rêvent pas tout seuls, des milliards de gens pensent comme eux. Ca vaut peut-être la peine de réfléchir à la question non ?
Il s’était mis, presque en cachette, à la recherche de quelques livres. Un gros recueil sur les trois monothéismes, un autre d’un moine tibétain, une bible ramassée dans un hôtel. Les Evangiles, l’Apocalypse. Il s’était même fait prêter un Coran en édition de poche.
Impossible de prendre ces vieilles histoires au sérieux, les bouquins lui tombaient des mains au bout de quelques minutes.
Lui, son truc, c’était « Sciences et Vie », les travaux de Changeux, Monod, des types qui ne rêvaient pas. De la matière, du vérifiable, du reproductible. Solide comme le roc.
Il lui était arrivé de s’égarer aux marches des « terras incognitaes » de la physique quantique. Il s’en était vite enfui, ses certitudes refusaient toute pollution au parfum d’irrationnel.
Non, non, que des scientifiques certifiés aux idées attestés par des faits prouvables ! Encore que…que resterait-il de leurs théories dans trois ou quatre cent ans ? Les savants du futur seraient sûrement pliés de rire ! Ca y est, le doute le taraudait.
L’âme !
Il lui suffisait de regarder Zahia pour repartir dans des méditations moroses. L’objet en était d’abord pédagogique. Il était censé répondre à toutes les interrogations que ces gosses pouvaient formuler ou, au moins, les aider à préciser leurs pensées, orienter leurs recherches. Et il avait fait face à tout ce qui peut traverser l’esprit d’un môme d’une dizaine d’années. Pourquoi la Terre tourne ? Pourquoi les lapins ne mangent-t-ils pas de viande ? Pourquoi des prisons ? Pourquoi les garçons sont-ils différents des filles ? Pourquoi meurt-on si on met les doigts dans les prises ? Pourquoi existe-t-il des hommes de différentes couleurs ?
Liste interminable...
Et voilà qu’il se retrouvait tétanisé par une interrogation toute simple : « Avons-nous une âme ? » … 
Mais y en avait-il de plus grave, essentielle, pour un enfant, pour un adulte, pour n’importe qui ! Et il ne pouvait rien répondre, il refusait même d’aborder le sujet. C’était un échec grave, plus qu’une faute professionnelle une défaillance humaine. A quoi bon enseigner les mathématiques et l’histoire, l’orthographe et la botanique si on se retrouvait totalement démuni devant une interrogation aussi capitale ? Autant se terrer dans sa chambre et rester couché de longues journées chahutées de cauchemars grisâtres.
Il ne perdait pas pied pourtant, et repartit « au front », le lendemain, pas vraiment gaillard mais pas non plus « dans eul’brun » comme on disait chez lui. La nuit entrecoupée de réveils agités, fut traversée des rêves glacés. Sa part animale sentait venir le vide obscur.
Le petit déjeuner familial effaça les miasmes nocturnes. C’était un moment qu’il aimait par-dessus tout, tendresse matinale, épouse et fils encore embrumés de sommeil, sourires promis à la journée naissante, parfum du moka et pain grillé.
Il monta dans sa Citroën en sifflotant. Aucun nuage du côté de l’avenir proche, d’ici un quart d’heure il serait parmi ses élèves. Il choisit une cassette de Miles Davis et se mit en route, laissant ses réflexes le mener à destination.
C’est à un détour du phrasé de la trompette de génie que ses angoisses lui revinrent à l’esprit.
L’horizon s’obscurcit brutalement.
« Les derniers instants.... ». Bien sûr, l’existence de l’âme, de l’esprit indépendant du corps renvoyait à la disparition dernière. Sa mort.
Que laisserait-il derrière lui ? Il n’avait pas le moindre souvenir de ses arrière-grands-parents, il ne savait même plus où se trouvaient leurs tombes. Le passé et l’avenir des hommes, de la Terre, l’Histoire ? Tout le monde sait que la vie cessera inévitablement sur notre globe. Très bientôt à l’échelle de l’Univers. Quand elle se sera éteinte, il ne restera plus rien de tout ce qui aura été vécu ici. Qui « est » parce que nous en avons conscience. Ce qui n’est pas perçu n’existe pas. La vieille histoire de l’arbre qui tombe dans la forêt et ne fait pas de bruit si aucune oreille ne l’écoute.

Soudainement, il se sentait tout proche des mouches écrasées sur son pare-brise. S’il n’était que matière, il n’avait pas plus d’importance qu’elles. Sa mort aurait autant d’écho que le bruit mou du crapaud qu'il avait écrasé sous sa semelle lors du dernier footing. Sa mort ou celle de ceux qu’il aimait, qu’il respectait, qu’il adorait.
Rien. Quatre lettres qui envahissaient tout le champ de sa conscience. Panique en synapsie. La matière s’affolait. 
Et ce fut le plongeon. Ses lectures récentes l’avaient amené à connaître des conversions subites frappant des gens sans aucune prédisposition, athées notoires, communistes militants, qui, sans aucun signe avant coureur, rencontraient Dieu, la Vierge Marie ou le petit Jésus. De saint Paul à Paul Claudel en passant par André Frossard et bien d’autres.
Lui, en un instant, sur le périphérique, fut terrassé par un éclair glacé. La révélation aveuglante du NEANT.
Sa mort ne vaudrait rien de plus que le glapissement d’un souriceau avalé par un prédateur. Les morts ne sont pas partis ! « Partir » n’a pas de sens…Rien, il allait devenir rien ! Ne plus être ! Même plus de « il », ni « je » ni « il. » RIEN !
Il disparaîtrait. Comme Mozart, la feuille d’automne, Hitler, Comte-Sponville, ou le moindre petit mammifère dans la jungle.
Le non-être. Rien.
Rien de plus que le frère dont il a rêvé et qui n’a jamais été conçu.
Et le monde n’existerait pas plus que lui.
N’aurait jamais existé, ne serait plus jamais, pas plus qu’il n’existe pour celui qui n’est pas né. Si la conscience disparaît, l’Univers fait de même. La vie, le temps présent, sa vie, femme, fils, amour, argent, science, métier, Bien et Mal.
Rien !

Il dut stopper son véhicule sur le bas-côté, couvert de sueur glacée. Tout s’était bousculé et avait basculé en une fraction de seconde. Un foudroiement dont, il l’avait su immédiatement, il ne se remettrait pas.
Il ne gardait aucun souvenir de son retour à la maison.
Il partit se coucher sans adresser un mot aux siens.
Il ne rejoindrait pas l’école, ni aujourd’hui, ni demain, ni jamais.
La dépression fut violente. Soins, internement, retour à son domicile, abandon de poste, départ de son épouse et de son fils accablés et impuissants.
Longs mois de désespoir, d’angoisses fiévreuses, de solitude morose, d’abattement médicamenteux. Il avait fait fuir tous ses proches, isolé, bunkerisé avec sa télé pour unique et navrante compagnie. Ne pouvant fixer son attention sur quoi que ce soit. Ses livres scientifiques ne présentaient plus le moindre intérêt. Pitoyables. Les théories savantes, les vanités nobélisées, se révélaient tellement dérisoires devant le grand trou noir.
Les religions, leurs textes, la foi…. Une langue étrangère, une culture bien trop éloignée, une autre planète. Une éducation ratée. Il avait lu tant qu’il avait pu. L’ « Apocalypse » n’était que le dernier d’une longue série. Dans la confusion mentale qui l’enfiévrait, il tentait de découvrir une lueur d’espoir cachée. Progressait à tâtons à travers les obscures métaphores, à la recherche d’un chiffre magique. C’en était plein paraît-il, le Loto du destin ! Aujourd’hui le sept !
Et il refermait le texte poétique de Jean, irrémédiablement inapte, dépité toujours.
Unique et solitaire parmi des milliards de funambules aveugles, il avait progressé de quelques pas sur le fil dérisoire qui surplombait l’abîme.
Je rends mon âme à…rien. 
Mon âme ? 
Je ne rends rien à rien !
Réprimer un dernier rire aussi faux que fou.
Il ne restait qu’un moyen pour connaître la réponse à la question de Zahia.
Il ferma les yeux et introduisit le canon du Colt 45 dans sa bouche….
Au moment précis où il enfonça la gâchette la vérité lui explosa la tronche en même temps que la balle blindée. 

« Le non-être n’existe pas.... Connard ! »


Moyenne des avis sur cet article :  5/5   (3 votes)




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6 réactions à cet article    


  • Sat is Fay 28 janvier 2012 18:05

    Moi aussi j’avais vu ce film en ZEP quand j’étais pré-ado. Ah ces prof’ un rien les tourmente !! smiley
    Ton texte est vachement dans la veine existentialiste, ça s’ confirme un peu à la fin, j’aime bien.
    Quant à Mozart son esprit est toujours là, il n’y a que l’art qui parait transcender la mort, enfin d’un point d’ vue athéiste.
    Je le massacre un peu ici : http://www.youtube.com/watch?v=U_JTTXnsq9M , que le bon maître me le pardonne smiley


    • Antoine 28 janvier 2012 23:01

      Te le pardonner ? pas certain....


    • Sat is Fay 29 janvier 2012 01:25

      « qu’il me le pardonne ou non , d’ailleurs je m’en fous, j’ai déjà mon âme en peine, je suis un voyou »


    • Furax Furax 29 janvier 2012 22:06

      Merci pour votre lecture. Mais ce n’est qu’une fiction !


    • jak2pad 29 janvier 2012 02:12

      beaucoup de profs sont des écrivains inaboutis

      ...et c’est tant mieux !

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