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Accueil du site > Culture & Loisirs > Extraits d’ouvrages > L’imposture du choc pétrolier de 1973

L’imposture du choc pétrolier de 1973

Le choc pétrolier de 1973 et ses conséquences relèvent pour une bonne part d’une imposture gigantesque, efficacement orchestrée. La vérité est bien éloignée de la légende : en 1973, il n’y a jamais eu de véritable pénurie de pétrole. Il suffit d’examiner les faits un à un.

Il n’y eut jamais de pénurie

Pendant des décennies, le pétrole, abondant et bon marché, a servi à l’Occident d’euphorisant et d’anesthésiant. Il nous a rendus prospères, mais aussi arrogants et aveugles. A l’issue de la Première Guerre mondiale, il existait en tout et pour tout 2 millions de voitures et de camions à travers le monde. Au milieu des années 1950, le nombre de véhicules est passé à 100 millions, pour atteindre, au moment de l’embargo, plus de 300 millions de voitures et camions, dont 200 millions pour les seuls Etats-Unis. En quelques jours, des pays producteurs de pétrole, auxquels jusqu’ici personne ne semblait s’intéresser, prennent en otage l’économie mondiale, et la font vaciller. C’est du moins le souvenir durable que nous en avons gardé. Un souvenir totalement erroné, en grande partie fabriqué.

Le choc pétrolier de 1973 et ses conséquences relèvent pour une bonne part d’une imposture gigantesque, efficacement orchestrée. Il suffit d’examiner les faits un à un.

Le 19 octobre, au moment même où le royaume saoudien et ses homologues arabes décident de l’entrée en vigueur de l’embargo, le président Richard Nixon annonce publiquement l’octroi d’une aide militaire d’un montant de 2,2 milliards de dollars à destination d’Israël [1]. Dès le 8 octobre, deux jours après le déclenchement du conflit, le chef de l’Etat américain avait autorisé des avions d’El Al dépourvus d’immatriculation à se poser aux Etats-Unis pour approvisionner l’Etat hébreu en fournitures militaires.

Un soutien aussi appuyé à Jérusalem, alors que sur le terrain Tsahal a repris l’offensive et qu’un cessez-le-feu n’est toujours pas signé, aurait dû provoquer la fureur des pays producteurs et les inciter à durcir encore leurs positions. Il n’en est rien, et l’embargo s’achève au bout de trois mois comme il s’est déroulé : dans la plus grande confusion, sans que l’on sache exactement combien de temps il a duré, la rigueur avec laquelle il a été appliqué et pourquoi il y a été mis fin. Les pays producteurs n’ont pas obtenu le moindre gain politique [2].

Jeune journaliste, je suis fasciné par l’événement. Durant cette période, je voyage fréquemment dans les pays producteurs et aux Etats-Unis. Plusieurs faits, que les médias, curieusement, ne soulignent pas, m’ont frappé. L’Arabie saoudite, qui aurait dû être à la pointe du combat, s’est montrée la plus mesurée. Le roi Fayçal, alors sur le trône, a toujours écarté l’usage du pétrole comme arme politique, et ne s’est rallié à cette décision qu’avec réticence, pour ne pas se retrouver isolé. En septembre 1973, un mois avant le déclenchement de la crise, il déclare qu’un « simple désaveu par les Etats-Unis de la politique et de l’action israéliennes aurait une portée considérable et permettrait de désamorcer l’arme du pétrole [3] ». Des propos qui ne rencontrent aucun écho à Washington, où personne, à la Maison-Blanche, au Pentagone ou au Département d’Etat, ne prend au sérieux une telle demande. Selon Sheikh Yamani, le ministre saoudien du pétrole, Henry Kissinger minimisait auprès de Nixon les menaces proférées par Fayçal. Peut-être, d’ailleurs, avait-il raison.

Plusieurs opérateurs pétroliers m’ont en effet confié que les Saoudiens n’ont jamais appliqué à la lettre l’embargo, utilisant les services d’opérateurs indépendants et de spéculateurs pour le contourner et vendre aux pays théoriquement « boycottés ».

La vérité est bien éloignée de la légende : en 1973, il n’y a jamais eu de véritable pénurie de pétrole.

Je suis en revanche frappé par le climat d’hystérie qui règne dans les pays consommateurs. Pendant des décennies, le prix du baril a, agréablement pour nous, stagné à 1 ou 2 dollars [4]. Pour la première fois de son histoire, le monde riche a atteint un niveau de bien-être et de développement économique sans précédent, grâce à une matière première achetée à un prix quasi symbolique. Ce constat rend les mouvements de panique encore plus indécents.

Aux Etats-Unis, sur la côte Est comme à Los Angeles, je vois les files de voitures s’allonger à proximité des stations-service en activité, les conducteurs maintenant les moteurs allumés et l’air conditionné branché, brûlant plus d’essence qu’ils ne pourront en acheter. Le consommateur américain vit désormais dans l’angoisse du « réservoir vide » et ne pense qu’à faire le plein, alors que jusqu’à ce moment il circulait avec une jauge proche de zéro. Les stockages de précaution se multiplient et les Etats-Unis, comme l’Europe, confrontés cette année-là à un hiver glacial, déclenchent une forte augmentation de la demande mondiale en pétrole. Il existe pourtant une large capacité excédentaire mais, face à l’ampleur de cette demande, elle disparaît rapidement, provoquant une importante tension sur les prix.

Les consommateurs, angoissés par cette pénurie redoutée et des prix qui atteignent le « sommet vertigineux » de 5 dollars le baril, attendent avec impatience le retour aux niveaux raisonnables d’avant.


Une vérité soigneusement cachée

La crise de 1973 vient de sonner le glas du pétrole bradé et de la toute-puissance des compagnies pétrolières, qui contrôlaient 80 % des exportations mondiales. Au plus fort de l’embargo, les « sept soeurs » - Exxon, Shell, Texaco, Mobil, BP, Chevron et Gulf - publient des bénéfices records. Ceux d’Exxon, par exemple, sont en hausse de 80 % par rapport à l’année précédente. Ces gains proviennent de la plus-value considérable réalisée sur les stocks détenus par ces compagnies.

Les consommateurs soupçonnent ces firmes d’avoir partie liée avec les pays producteurs. Après des décennies de règne sans partage, les grandes sociétés pétrolières voient une grande partie du pouvoir leur échapper, au profit de pays producteurs qu’elles ont pendant longtemps méprisés. Mais le soupçon des consommateurs n’est pas dénué de fondement. En coulisse, dans le plus grand secret, producteurs et majors du pétrole ont noué la plus improbable des alliances ; une vérité soigneusement cachée encore aujourd’hui. Sans cet accord, le « choc » pétrolier n’aurait jamais eu lieu.

Phénomène identique pour les prix. A la fin de l’année 1973, le coût du baril est passé de 5,20 à 11,65 dollars en deux mois. Mais, contrairement à ce qui a toujours été affirmé, ce n’est pas le bref embargo décrété par les producteurs qui a conduit au quadruplement des prix, même si désormais, la leçon retenue, les prix élevés agiront sur eux comme un aimant.

Le climat d’hystérie, la peur de manquer qui règnent dans les pays industrialisés provoquent la flambée des cours. Les consommateurs, en se comportant au fond comme des enfants gâtés et égoïstes refusant d’affronter la réalité, contribuent à amplifier la crise [5].

Une situation fascinante à observer : une opinion qui rejette la plus petite contrainte imposée à son mode de vie et de consommation ; des responsables politiques atones, incapables de réagir efficacement et d’anticiper l’avenir. Pour éviter de devenir impopulaires en imposant une réduction de la consommation, ils décident de réduire la vitesse sur les routes - le seul résultat sera la réduction de 23 % du nombre de victimes d’accidents - et d’amplifier les consignes pour lutter contre le gaspillage d’énergie sur les lieux de travail. Une illustration parfaite de la formule cynique du pilier de la IVe République, Henri Queuille : « Il n’y a pas de problème, si complexe soit-il, qui ne puisse être résolu par une absence de décision politique. » (...)


L’OPEP, un coupable tout trouvé

Lorsque Richard Nixon apparaît à la télévision, le 27 novembre 1973, épuisé, butant sur les mots, son allocution marque les esprits : « Les Etats-Unis, lit-il, vont avoir à affronter les restrictions d’énergie les plus sévères qu’ils aient jamais connues, même pendant la Seconde Guerre mondiale. » Ces propos impressionnent, et très vite l’ensemble des responsables désignent le coupable tout trouvé : l’OPEP, et notamment ses membres arabes. Prenant la parole au Sénat, le sénateur Fullbright, président de la commission des Affaires étrangères, un des esprits les plus indépendants du Congrès, déclare : « Les producteurs arabes de pétrole n’ont que des forces militaires insignifiantes dans le monde d’aujourd’hui. Ils sont comme de faibles gazelles dans une jungle de grands fauves. Nous devons, comme amis, le leur rappeler. Ils prendraient pour eux-mêmes des risques terribles, s’ils en venaient à menacer vraiment l’équilibre économique et social des grandes puissances industrielles, la nôtre en particulier [6].  »

L’avertissement est clair, mais les pays producteurs n’ont jamais songé à s’engager dans une épreuve de force avec l’Occident. Ils n’en ont ni la volonté ni les moyens. Pourtant, une campagne extrêmement efficace va souligner les dangers que ces pays en développement font peser sur notre indépendance et notre prospérité. Dans la presse, l’OPEP devient brusquement un « cartel » dictant sa loi, et aucun connaisseur du dossier ne prend la peine de rappeler qu’entre 1960, date de sa création, et 1971, date de la signature des accords de Téhéran, l’OPEP n’a jamais été en mesure d’arracher une seule hausse des prix du pétrole, même de quelques centimes. Pis, durant cette crise, le prix du pétrole, en valeur absolue, n’a cessé de baisser.

On évoque ensuite sa richesse nouvelle, les pétrodollars qui lui confèrent une puissance vertigineuse. En 1974, les pays de l’OPEP ont engrangé 140 milliards de dollars, dont 60 milliards pour les seuls membres arabes de l’organisation. Je me souviens d’un long article publié par l’hebdomadaire britannique The Economist qui expliquait combien de minutes, d’heures, de jours de « surplus OPEP » seraient nécessaires pour acquérir tel ou tel pan de l’économie mondiale. L’Express, peu après, soulignait qu’il suffirait de 15,6 années de « surplus OPEP » pour acheter la totalité des sociétés cotées en Bourse à travers le monde, 3,2 années pour acheter tout l’or des banques centrales au prix de 850 dollars l’once, de 10 jours pour acheter l’ensemble des Champs-Elysées, de 8 minutes seulement pour acheter la société de la Tour Eiffel [7].

Là encore, la réalité tient peu de place. Personne ne s’attache à une autre interprétation des chiffres, qui relativiserait, elle, la puissance financière de l’OPEP. Ce montant, en apparence impressionnant, de 60 milliards de dollars équivaut à 14% du revenu national du Japon, à seulement 18% de la trésorerie des firmes multinationales, évaluée à plus de 300 milliards de dollars au début de l’année 1974, à 4,3% du revenu national des Etats-Unis ou, dernier exemple, à près des deux tiers des exportations de l’Allemagne fédérale.

Ce vertige ne touche pas seulement les esprits occidentaux. Je me souviens d’une discussion, au début de l’année 1974, à Alger, avec Belaïd Abdessalam, le ministre du pétrole. Pur produit du parti unique, cet homme massif et doctrinaire défend l’industrialisation à outrance de son pays, grâce aux revenus pétroliers qui vont, m’explique-t-il, permettre un rééquilibrage planétaire. Certains responsables de pays en développement commencent à ébaucher l’idée d’un nouvel ordre économique mondial qui, selon Abdessalam, contraindra l’Occident à accepter le transfert de 25 % de son potentiel industriel vers le tiers-monde, pour éviter d’être à nouveau frappé par l’arme du pétrole. Il s’agit non seulement d’un projet irréaliste, mais d’une vision déjà dépassée. Je lui demande si le développement de l’agriculture ne serait pas un choix plus judicieux ; il me réplique sèchement  : « Le pétrole permettra d’assurer toutes les importations alimentaires [8].  »

Son collègue iranien, Amouzegar, analyse de manière plus fine et réaliste l’état des rapports de force en confiant : « Comme tout est fragile... ». Ô combien. Quatre ans plus tard, en 1978, le monde, étonné, découvre que les surplus financiers de l’OPEP ont fondu comme neige au soleil sous les effets conjugués de l’inflation, de la chute du dollar et des prix des produits industriels et alimentaires importés à 90 % par la majorité des Etats arabes membres de l’OPEP. Certains pays, comme l’Irak, et justement l’Algérie, manquent même cruellement de capitaux et, suprême humiliation, doivent emprunter au prix fort sur les marchés internationaux. Entre-temps, la peur a disparu et le monde développé repris sa marche en avant. En renouant avec la croissance, il recommence à croire que celle-ci apporte des solutions à tous les problèmes économiques et sociaux, sans imaginer une seconde qu’elle puisse atteindre un terme ou se révéler elle-même source de problèmes. (...)

Les vraies raisons de l’imposture

Pourtant, en analysant froidement les faits, on peut se demander si ces cris d’effroi et ces lamentations ne servent pas à masquer une gigantesque manipulation. Depuis deux ans, les responsables de l’industrie pétrolière ne cachent pas que les investissements futurs exigeront des sommes énormes, qui ne pourront être obtenues que par une augmentation notable des prix. Prenant la parole à Rome en 1973, David Rockefeller, président de la Chase Manhattan Bank et chef de file de la célèbre dynastie, chiffre à « 3 trilliards de dollars (3000 milliards de dollars) les besoins de l’industrie pétrolière pour les années à venir en matière d’investissements », et il ajoute : « Pour ces firmes, l’investissement commande la production. » (...)

Un fait essentiel a été soigneusement caché, qui explique l’intervention de David Rockefeller à Rome en 1973, sur les immenses besoins en capitaux de l’industrie pétrolière. A la veille du choc de 1973, les grandes compagnies affrontent d’énormes difficultés financières, qu’elles dissimulent soigneusement. Certaines d’entre elles sont même au bord du dépôt de bilan. Elles ont investi dans des projets dont le coût final se révèle dans certains cas cinq à dix fois supérieur aux estimations de départ...



[1] Henry Kissinger, Years of Upheaval, Little Brown, Boston, 1982.

[2] A.F. Alhajji, The Failure of the Oil Weapon : Consumer Nationalism vs Producer Symbolism, College of Business Administration, Ohio Northern University.

[3] Congrès des Etats-Unis, Multinational Hearings, 1974, section 7, Washington.

[4] Durant la période 1955-1970, le dollar américain a connu une dépréciation de 34,7 % qui a augmenté après 1971, passant d’une moyenne annuelle de 4,4 % en 1971, à 3,2 % en 1972, 4,7 % en 1973 et 9,3 % en 1974. Ce qui allégeait d’autant la facture pétrolière et réduisait les revenus des pays exportateurs. Nicolas Sarkis, op. cit.

[5] Jerry Taylor et Peter Van Doren, "An Oil Embargo Won’t Work", The Wall Street Journal, 10 avril 2002.

[6] Walter Fullbright, The Arrogance of Power, Random House, New York 1967. Intervention au Sénat des Etats-Unis, novembre 1973.

[7] Nicolas Sarkis, op. cit.

[8] Entretien avec l’auteur, 1974.


PS:

NDLR : Nous inaugurons une nouvelle rubrique intitulée « Extraits d’ouvrages ». Nous y publierons des extraits de livres que nos lecteurs ou nos rédacteurs nous aurons conseillé et qui sont en adéquation avec notre politique éditoriale (après avoir obtenu l’accord de leur auteur naturellement). Nous démarrons avec un premier extrait de « La face cachée du pétrole » d’Eric Laurent, souvent évoqué dans certains articles ou commentaires récents sur AgoraVox, et qui a accepté de participer à ce projet.

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36 réactions à cet article    


  • 2 mai 2006 12:23

    aahhhh, très bon article....ce que nous vivons aujourd’hui trouve ses racines dans les évènements de ces années là.

    Des auteurs soulignent la possible manipulation qui aurait consisté effrayer les opinions pour générer du cash-flow pour les industries pétrolières afin de moderniser cette industrie et d’un point de vue politique à la sécuriser .

    Oui da....mais qu’en est il de la dette des pays producteurs de pétrole suite à cette redistribution des cartes ? Ne serait-elle pas une des cause de cette nouvelle crise dans un contexte à multiples facettes ?


    • pauldavid22 5 février 2007 17:49

      j’ais un ami qui a 115kg d’or quil veut vendre a bon pris si vous vous etes interresser je vous pris de me contacter cordinalement paul david


    • cupiflo 2 mai 2006 14:23

      Le peak oil, approchant à grand pas (s’il n’est pas déja derrière nous), la prochaine crise pétrolière risque de faire beaucoup plus mal...

      Un petit tour sur oleocene vous en convainquera.


      • joseph 2 mai 2006 14:40

        je pense que c’est vouloir prêcher un convaincu, mais il est certain que la participation E.L. au forum d’oleocene serait enrichissante.


      • Douane Laïd 7 mai 2006 22:26

        Il n’y aura pas de crise pétrolière mais il y aura ce qui ressemble à une faillite chez les occidentaux. Elle ne nous fera pas de mal. Au contraire, on aura rendu ce qui appartient à César, c’est à dire la misère ! Nous, les gens du Sud avons besoin d’un brin de bonheur. Nous avons jusque là à cause de l’endettement systèmatique du NORD. C’est là que ça peut faire du mal et ça va le faire ! Que vive le SAHARA !


      • Douane Laïd 7 mai 2006 22:59

        Il n’y a aucun doute que « Le choc pétrolier de 1973 et ses conséquences relèvent pour une bonne part d’une imposture gigantesque, efficacement orchestrée » Une crise systématique vous vouliez dire ? Mais tout le monde sait maintenant que crise veut dire argent, que complot veut dire affaire et qu’occupation veut dire marché juteux de l’emploi. Je ne vois pas qui penserait le contraire quand on sait que les compagnies pétrolières américaines contrôlaient 80 % des exportations mondiales. Tout le monde sait maintenant que grâce à cette crise, Shell, Texaco, Mobil, BP, Exxon, Chevron et Gulf avaient bénéficié de la hausse du pétrole. C’est aussi le cas du de la flambée des prix en 2005 qui, Dieu merci, nous permet de respirer. A la différence que les peuples pétroliers sont conscients !


      • gem 2 mai 2006 15:30

        Curieux mélange de perspicacité et lucidité (notamment pour le rappel que le pétrole n’était pas cher, et d’ailleurs ça reste vrai !) et de thèse du complot. Résultat : d’étranges contradiction, où un paragraphe qui dénonce un prix ridiculement bas précède un autre paragraphe dénonçant une manipulation visant à faire artificiellement (!) monter les prix... et où le responsable de la hausse est successivement le consommateur paniqué puis le milliardaire cynique qui a besoin de pognon pour combler ses pertes dues à des projets ruineux.

        Vraiment curieux mélange. Reste à savoir si ça ratissera large ou si ça dégoutera le lecteur. Moi en tout cas je n’ai pas envie d’en lire plus


        • parkway 3 mai 2006 11:06

          Oui,certes, curieux mélange !

          Il y a dix ou 15 ans, j’aurais pensé comme vous !

          Mais l’appauvrissement mondial est un fait avéré.

          A qui profite le crime ?


        • CTZn 2 juin 2006 04:23

          A nous, puisque nous nous taisons !


        • Eric 2 mai 2006 21:25

          C’est bien connu, le système capitaliste a besoin d’être en crise pour avancer. On s’inquiètera le jour où ça ira bien. « On n’a pas de pétrole, mais eux non plus » (slogan pour plus tard)


          • dropzone 2 mai 2006 23:58

            Arretons de nous plaindre, si on paye, c’est qu’on a les moyens sinon il y aurit des voitures et des stations services avec du biocarburants ; le brésil le fait déjà, pourquoi pas nous ? parce que les gouvernements europ&ens nous prennent pour des gogos !!


            • Phoenix 3 mai 2006 00:19

              « Les consommateurs, angoissés par cette pénurie redoutée et des prix qui atteignent le « sommet vertigineux » de 5 dollars le baril, attendent avec impatience le retour aux niveaux raisonnables d’avant. »

              Mais ou l’auteur a t’il pu trouver ce fameux chiffre « 5 » ? Car en fait de Septembre 1973 à Janvier 1974, le prix du baril brut « Saudi Light » est passe de $2.59 à $11.65.

              Sur la courbe de « World Nominal Oil Price Chronology : 1970-2005 » le 5 se réfère à une note pas un prix, les prix sont sur l’axe « Nominal dollars per Barrel ». Vous pouvez aussi cliquer sur le graphe pour obtenir un fichier .xls plus précis.


              • www.jean-brice.fr 3 mai 2006 09:42

                Que ce soit une imposture, c’est une évidence ; mais ce qu’on oublie, c’est la CAUSE : le détachement du dollar de l’or, le 15 Aout 1971 et la fin du GOLD EXCHANGE STANDARD. Avant cette date, il n’y avait pas de choc pétrolier !!!


                • Kader 3 mai 2006 11:20

                  C’est vrai, mais Eric Laurent, Allah le bénisse, parle aussi de la vraie cause derrière cette cause de l’or et tous plein d’autres causes, dans d’autres de ces livres : les groupes occultes sionistes et chretiens islamophobes


                • CTZn 2 juin 2006 04:28

                  no comment


                • CTZn 2 juin 2006 05:14

                  «  » C’est vrai, mais Eric Laurent, Allah le bénisse, parle aussi de la vraie cause derrière cette cause de l’or et tous plein d’autres causes, dans d’autres de ces livres : les groupes occultes sionistes, chretiens islamophobes et islamistes misanthropes, enfin n’importe quel extrémiste en fait car tous veulent gouverner des innocents par le mensonge «  »

                  Pas de bol Kader, je suis juif et pas sioniste, marre de l’affirmer aux ignorants qui se gargarisent de la suprémacie de la mort sur la vie.

                  De plus, si on te demander de sucer l’orteil à un producteur de pétrole pour qu’il te donne la Palestine tu ferai comme les sionistes avec les américains, en fait tu en rêves !

                  Le problème c’est qu’après t’avoir regardé te faire péter la gueule avec une bombe et des innocents (comme ta mère, Dieu la bénisse), ledit producteur se marrera bien d’avoir mis la pression sur son client et fournisseur de dollars ; ils marchent la main dans la main, mais tout les deux on besoin de petits soldats aveugles pour terroriser le monde. Le 9/11 c’est un contrat entre américains et saoudiens, ils étaient tous les deux dans la même ville ce jour-là :

                  - « T’as des armes ? Cool moi j’ai du pétrole ! On fait un bizness ? »

                  - « Ok, si on fait semblant de se taper dessus tu vendras ton pétrole plus cher à ces pigeons et moi je leur vends des armes à tous, parce qu’on les aura bien fait flipper ! »

                  Et Allah dans tout ça, bénis soient Ses Noms ?

                  Ils nous a interdit d’éxécuter ses sentences de nos mains, alors il faut vraiment ne pas avoir la Foi en Lui pour appeler à tuer quelqu’un. Arrête de salir Son Nom tu veux bien ?

                  Mécréant !

                  Juifs et palestiniens sont victimes de leurs propres dirigeants, si tu ne l’as pas compris je te pardonne mais si tu aides le chien, ou son allié le chacal, tu vaut moins que leur caca pour eux.

                  Enlève ces déjections de tes yeux et surtout de ta bouche, si tu as des enfants. Rejoins les rangs de la Vie, quitte les armées sombres de la conspiration !

                  Ton frère.


                • parkway 3 mai 2006 11:11

                  Moralité :

                  Quoiqu’on dise, nous sommes toujours des bernés,et plus encore les pays du tiers monde !

                  on ne peut plus faire confiance aux salopards ! Il faut lutter contre ces gens qui ne sont pas nos amis, loin de là !


                  • CTZn 2 juin 2006 04:31

                    Tu veux parler des politiciens qui couvrent les industriels qui les couvrent de pétro-dollars qui financent les armes qui couvrent l’exploitation ?

                    Je ne suis pas sûr de te suivre...


                  • skypreacher 3 mai 2006 12:07

                    lorsque nicolas tesla, fraichement recruté par thomas edison pour enrichir de ses compétences la toute nouvelle industrie de l’électricité, a imposé le courant alternatif (de son invention) et a proposé de le distribuer par l’intermédiaire de cables de cuivre, jp morgan a racheté tout ce qui existait comme mines de cuivre dans le monde afin d’avoir le monopole. à chaque fois on retombe sur le m^me très petit nombre d’individus et force est de constater qu’ils dirigent réellement ce monde. bien sur on peut continuer à se masquer les yeux, à se complaire dans l’abêtissement des masses, à hurler au conspirationnisme, mais il n’en reste pas moins qu’il s’agit là de faits et que le plus dur en fait c’est d’accepter d’être des pigeons... ne pas le reconnaitre c’est être un peu comme un poulet élévé en batterie qui serait persuadé que le fermier veut son bonheur...


                    • Serge 3 mai 2006 12:13

                      [... Mais l’appauvrissement mondial est un fait avéré...]

                      Hum ???

                      On ne doit pas parler de l’économie de la même planète...

                      La richesse mondiale (de la terre) n’a jamais été aussi élevée...


                      • sigis 3 mai 2006 12:34

                        Ce qui me préocupe dans tout ça c’est l’impuissance de l’Europe pour ne pas avoir de complications économiques dans cette lute entre l’argent et un produit stratégique qui est le pétrole. L’argent es dans les mains des juifs. Le pétrole es dans les mains des musulmans et l’Europe en soufre les conséquences. c’est un signe que l’Europe ne va point bien.


                        • CTZn 2 juin 2006 05:30

                          Allons donc, encore un adepte de De Villiers L’innocente Victime Des Autres ! Le Monde Est Plus Simple Quand On Est Bête !

                          Je compatis avec ta peine, mais arrête de faire le pigeon c’est pas flatteur pour ton intelligence aryopéenne !

                          On ne t’as pas assez dit que la victimisation est une psychopathologie ? <- ça veut dire maladie de la tête, fais gaffe y’a des hopitaux spécialisés.

                          Dans ton cas je soupçonne de la malhonnêteté, càd que tu arrives même pas au niveau que ceux que tu dénonces !

                          Pffffffff : D


                        • Phoenix 3 mai 2006 20:57

                          Lien vers le résultat numéro 8 de la requête Google « 1973 oil crisis »(browser langue US) :


                          • Kader 3 mai 2006 21:57

                            Eric Laurent est un vrai journaliste français citoyen courageux, Radio France, France 2, etc. Il nous livre des vérités objectives, la rédaction d’Agoravox ne s’y trompe pas :

                            - le gouvernement américain est piloté par des ’chrétiens-zionistes’
                            - la politique américaine est ’hitlérienne’ (élimination des faibles et des pauvres, l’élaboration des théories autour du ’surhomme’)
                            - Fox News est digne d’une chaîne de télévision de l’ancienne Union Soviétique
                            - le pic du prix du baril de brut lors de la fausse crise de 1973 était d’un ridicule 5 dollars, en fait la multiplication par 4 du prix du baril c’était les compagnies pétrolières !!
                            - On consomme 6 fois plus de pétrole qu’on n’en produit.
                            - Etc.

                            Comme le Koran, Agoravox se base sur le principe de vérité objective et la participation active des lecteurs. Français réveillez vous, le complot ’chrétiens-zionistes’ vous cache la vérité !


                            • CTZn 2 juin 2006 05:50

                              - « Eric Laurent est un vrai journaliste français citoyen courageux, Radio France, France 2, etc. Il nous livre des vérités objectives, la rédaction d’Agoravox ne s’y trompe pas : »

                              Et toi t’es un vrai faux-cul, tu brosses dans le sens du poil avec des assertions doucereuses, et Mr Milan accrédite des thèses qui disent que l’Islam prêche le mensonge devant ses ennemis pour les amadouer !

                              Ahh, j’aimerais bien vous avoir tout les deux en face de moi aaaargh vous vous entretueriez misères que vous êtes !

                              Tellement identiques que vous ne vous supporteriez pas,

                              Les soldats du complot, c’est vous !!!!

                              Vous croyez manipuler et être subversifs,

                              JE ME MARRE HA HA HA ! (un peu jaune qd même, vous êtes vraiment dangereux)


                            • Daniel Milan 3 mai 2006 22:15

                              Merci Kader de ton info et de ton lien ! Le site aredam développe le sujet ;


                              • Thalcave 4 mai 2006 11:26

                                Je me perds dans ces échanges qui sont pourtant richement documentés (merci à Phoenix pour son lien hypertexte vers la chronique très longue des prix du pétrole et produits dérivés. On ne perds pas son temps sur Agoravox).

                                JP Morgan qui a racheté toutes les mines de cuivre pour tirer parti du courant alternatif, était-il juif, musulman, chrétien, agnostique ou athée ?

                                Quelqu’un a-t-il acheté toutes les mines de silicium, la matière première des puces électroniques pour les baladeurs, PC, téléphones portables ?

                                Qui contrôle les mines d’uranium dont on imagine le mauvais usage qu’on peut en faire !


                                • gem 4 mai 2006 20:06

                                  Quand je lis les commentaires, je suis mort.

                                  Nous voilà comblés, entre la consommation de pétrole supérieure à la production (!), le retour de la vengeance du fils de la misère, batard du complot judéo-ploutocrate (à la sauce nazi), et l’autre qui demande la religion de JP Morgan...

                                  JP Morgan était un banquier, c’est à dire un adorateur du Veau d’Or. Il n’a jamais possédé ni géré la moindre mine de cuivre ! Et, comme tous les « maitres du monde », il est mort... Vous ne demandez pas sa race, tant que vous y êtes ? Il était Couperosé (Cf. URL).


                                  • en.marge 5 mai 2006 01:38

                                    Merci Monsieur ! Pour l’un de nous qui depuis 30 ans, le sachant par des voies familiales, n’a cessé de répéter que la crise de 73 fut un coup monté, avec pour seul effet de s’entendre taxer de « conspirationniste faisant le lit du populisme », votre dernier livre et ici votre article offrent un grand soulagement.

                                    Hasard du calendrier ? Les années dont vous parler furent aussi celles où la géothermie fut mise sous le boisseau, alors qu’elle commençait à démontrer ses potentialités. On saura un jour combien l’imposition du nucléaire en France relevait et relève de la même logique prédatrice que l’affaire du pétrole dont vous nous livrez tant de détails. La géothermie, elle, restera longtemps encore ignorée. Mais comment mener enquête sur une telle absence ? En attendant, bravo.

                                    En.marge


                                    • lolo 6 mai 2006 12:08

                                      en 1973 y’avait pas de penurie comme vous le dite.

                                      Mais la situation actuelle n’est pas comparable a celle de 1973... Lisez petrole apocalypse

                                      Toute façon l’europe et Etats unis ont rapidement interet a sortir de la dépendence petroliere et se tourner vers d’autres energies...

                                      Car la mane petroliere depuis des decennies n’a pas permit au moyen orient de rejoindre notre niveau culturel et cette zone du monde reste un poudriere qui tombera tot au tard par la peste verte (islamisme) et qui entamera une guerre non plus terroriste mais de etat contre etat avec les pays de l’occident...


                                      • www.jean-brice.fr 6 mai 2006 18:10

                                        Je pense que tous ces blogueurs, journalistes et commentateurs devraient lire ou clicquer RUEFF (Jacques) : ils s’apercevraient qu’ils font de la DESINFORMATION ... Quand on pense que les anglo-saxons sont allés jusqu’à créer un vrai/faux prix Nobel pour deverser leurs mensonges, il serait temps que les Français redeviennent gaulliste (au vrai sens du terme) pour y voir un PEU PLUS CLAIR !


                                        • Gilbert Spagnolo dit P@py Gilbert Spagnolo dit P@py 7 mai 2006 06:34

                                          Ah ! le slogan de l’époque : « On a pas d’pétrole, mais on a des idées ! »

                                          T’in si je ressortais le vieux gazo de mon pépé !

                                          @+ P@py


                                          • Roland 8 mai 2006 14:57

                                            « Les producteurs arabes de pétrole n’ont que des forces militaires insignifiantes dans le monde d’aujourd’hui. Ils sont comme de faibles gazelles dans une jungle de grands fauves. Nous devons, comme amis, le leur rappeler. Ils prendraient pour eux-mêmes des risques terribles, s’ils en venaient à menacer vraiment l’équilibre économique et social des grandes puissances industrielles, la nôtre ( id « les grand fauves » pour une fois c’est franc !) en particulier"

                                            eh oui ! on m’a bien vu trente ans plus tard !

                                            quand Saddam a commencé à vendre son pétrole en euros st non plus en dollars


                                            • Mahdi 21 septembre 2006 17:29

                                              plutôt que de me focaliser sur le choc pétrolier de 1973, je souhaiterais, si vous me le permettez, poser quelques questions qui méritent, à mon avis, une analyse économique et géopolitique. Ainsi, permettez moi de poser les questions suivantes : 1. dans quel contexte et pour quelles causes directes les chocs pétroliers de 1973 et de 1979 se sont-ils produits ? 2. leurs conséquences étaient-elles plus éprouvantes pour les pays industrialisés que pour les pays « pauvres » (parmi eux les pays producteurs/exportateurs) ? 3.peut-on qualifier de choc pétrolier l’envolée actuelle des prix ? 4.Si oui, pensez vous que ces chocs ont tous en commun un facteur déterminant ? Je vous souhaite à tous un débat aussi passionant que passionné !


                                              • jeff 12 novembre 2009 16:04

                                                - il est a noter que ce choc pétrolier est la fin de la période de prospérité et le début de la crise que nous subissons encore aujourd’hui , dont les effets ,eux , sont tout a fait réel ! , donc on peut penser a juste titre que ce que nous subissons n’est en aucun cas le fruit d’un hasard social-économique comme le prétendent les observateurs institutionnels ,mais plutot quelque chose de commandé , dirigé et voulu.

                                                -par qui ? mais a ceux a qui profite le « crime », regardez un peu qui s’enrichi , et les profits colossaux des « holding » banquaire et pétroliers.

                                                -dans un méme registre extremement comparable , que penser du « réchauffement » le remplaçant de la crise du pétrole d’hier ? méme psychose, méme dramatologie , méme préchi-précha des médias , méme unanimité (apparente) de tous les intervenants dirigeants et scientifiques pour expliquer que demain ce sera la catastrophe assurée ?

                                                -la ou , hier ils ont menti ,aujourd’hui ils diraient la vérité ? faudrai etre sacrément crédule pour le croire.


                                                • yoananda 6 septembre 2010 10:12

                                                  A ceci près que les USA ont atteint leur propre pic pétrolier en 1971. Donc la pénurie locale était bien justifiée.
                                                  D’ailleurs, c’est vous même qui le mentionnez 4 ans plus tard dans votre documentaire « la face cachée du pétrole ».

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