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Accueil du site > Culture & Loisirs > Extraits d’ouvrages > La novlangue néolibérale, ou la rhétorique du fétichisme capitaliste

La novlangue néolibérale, ou la rhétorique du fétichisme capitaliste

Cet ouvrage d’Alain Bihr paru récemment vise, selon les propres mots de ce professeur de sociologie à l’université de Franche-Comté (1), « à établir dans quelle mesure le discours néolibéral qui règne aujourd’hui en maître dans toutes les sphères de la société, ressortit à la catégorie orwellienne de la novlangue ».

En quatrième de couverture du volume on peut lire ceci :

"Les Soviétiques avaient l’habitude de dire que la Pravda méritait bien son titre. En effet, il suffisait de la lire pour apprendre la vérité (Pravda en russe)... à condition d’en prendre le contre-pied. Le discours néolibéral qui colonise actuellement les scènes médiatiques et politiques est de la même farine. Pour entendre la vérité en l’écoutant, il suffit d’en inverser les termes, c’est ce qu’entreprend de démontrer cet ouvrage pour les concepts-clés de ce discours. Chacun d’entre eux apparaît alors soit comme un mot-valise qui passe son contraire en contrebande, soit comme un mot écran qui fait obstacle à l’usage de son contraire, soit même comme les deux à la fois. Le discours néolibéral se révèle ainsi être un nouvel avatar de cette perversion discursive pour laquelle Orwell a créé le néologisme ’novlangue’.

Dans les toutes premières pages du livre, l’auteur évoque dans ses grandes lignes le contexte général qui a vu émerger ce discours. C’est d’abord sur le plan économique, la crise structurelle dans laquelle le mode capitaliste de production est entré au niveau mondial au cours des années 70. Ce contexte se caractérise ensuite, sur le plan politique par la rupture de ce que, rétrospectivement, on a pu identifier comme le ’compromis fordiste’ (2). Ce contexte se caractérise enfin, sur un plan plus strictement idéologique, par la faillite de tous les modèles socialistes.

Sur ce dernier point, l’auteur insiste sur la faillite du ’socialisme démocratique’ c’est-à-dire de la sociale-démocratie, qui, au mieux, s’accroche encore quelquefois désespérément aux ruines institutionnelles du compromis fordiste et qui, au pire le plus souvent, a vendu son âme au diable néolibéral dont elle n’est plus que l’avatar soft."

Et, dans l’introduction toujours, l’auteur écrit : "N’oublions jamais que les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes (3). En l’occurrence, le discours néolibéral vise non seulement à justifier les politiques néolibérales en en masquant le caractère de politique de classe, cherchant à transformer et refonder l’exploitation capitaliste, mais encore à les renforcer, tant en servant de langage véhiculaire qu’en brouillant l’intelligence de leurs enjeux pour les membres des classes dominées. C’est le langage actuel des maîtres du monde".

Qui mieux que Nicolas Sarkozy illustre pour nous ces propos et use de la novlangue néolibérale, notamment lorsqu’il soutient avec aplomb et sans rire que "la pensée unique c’est celle de l’opposition" ? C’est du Orwell, non pas au second degré, mais puissance deux !

En quatrième de couverture de l’ouvrage, encore, Alain Bihr ajoute : "En renouant avec la critique marxienne du fétichisme économique, dont la fécondité théorique est ici une nouvelle fois illustrée, il est possible de mettre en évidence l’essence religieuse de ce discours. Ce dernier n’hésite pas à proposer d’immenses sacrifices humains pour assurer la survie de la marchandise, de l’argent, du capital, du marché, de la propriété privée, etc., autant de rapports sociaux réifiés et déifiés devant lesquels il se prosterne comme devant autant d’idoles barbares (...) le roundup, l’aspartame, l’agent orange, les OGM, la dioxyne... sont à ce titre, des conspirations financières et politiques contre les peuples du monde."

Ces propos ont été clairement démontrés mardi 11 mars sur Arte dans cet excellent documentaire de Marie-Monique Robin : Le Monde selon Monsanto (4) suivi d’un débat auquel participait José Bové (excellent), diffusés à la suite. Télérama écrivait dans sa présentation de l’émission : "La démonstration de M.-M. Robin permet aussi de saisir les moyens crapuleux ou retors employés par la firme pour désarmer ses opposants et obtenir des gouvernements qu’ils lui permettent d’étendre son empire."

Plutôt que parler de conspirations, personnellement, j’accuse ici les multinationales de "crimes contre l’humanité dans ces guerres qu’elles ont déclarées contre les peuples de la terre".

(1) Alain Bihr a notamment publié L’Actualité d’un archaïsme (1998), Le Crépuscule des Etats-nations (2000), La Reproduction du capital (2001) et La Préhistoire du capital (2006), tous aux éditions "Page deux".

(2) Le compromis fordiste est un accord tacite selon lequel, en échange d’un salaire relativement élevé et indexé sur la productivité du travail, les salariés sont tenus de se plier aux méthodes de production de masse, créatrices d’efficacité et de gains de productivité, qui caractérisent le fordisme.

(3) Chomsky ne dit pas autre chose, pour qui "le langage que nous manions régulièrement pour décrire les réalités de notre monde est adapté aux intérêts de Washington".

(4) Ce reportage peut être visualisé sur www.foxbghsuit.com et www.arte.tv/lemondeselonmonsanto. Voir aussi en librairie : Le Monde selon Monsanto chez Arte éditions - La Découverte, 20 euros.


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77 réactions à cet article    


  • millesime 20 mars 2008 10:56

    depuis l’éffondrement des régimes communistes, le dogme néo-libéral est le pavillon sous lequel les Etats-Unis, imités par la majorité des pays occidentaux ont décidé de défendre leurs intérêts stratégiques.

    Les deux grands mots d’ordre de ce que l’on appelle "la mondialisation" : "moins d’Etat," et "liberté des marchés" sont désormais leurs armes privilégiés pour assurer leur domination sur le reste du monde.voir le site www.syti.net

    la compétition est truquée et les pays accidentaux en position de force, recourent à toutes sortes de mesures (y compris la guerre) qui sont autant de violations déguisées de la liberté qu’ils prétendent défendre... !


    • Gazi BORAT 20 mars 2008 11:10

      A propos de Novlangue..

      "MONDIALISATION" terme si cher aux néo libéraux, n’est autre que la traduction du concept d’ INTERNATIONALISATION DU CAPITAL (moins "glamour" peut-être) cher à Karl Marx..

      CITATION

      "Par l’exploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. Au grand désespoir des réactionnaires, elle a enlevé à l’industrie sa base nationale. Les vieilles industries nationales ont été détruites et le sont encore chaque jour.

      Elles sont supplantées par de nouvelles industries, dont l’adoption devient une question de vie ou de mort pour toutes les nations civilisées, industries qui n’emploient plus des matières premières indigènes, mais des matières premières venues des régions les plus lointaines, et dont les produits se consomment non seulement dans le pays même, mais dans toutes les parties du globe.

      A la place des anciens besoins, satisfaits par les produits nationaux, naissent des besoins nouveaux, réclamant pour leur satisfaction les produits des contrées et des climats les plus lointains. A la place de l’ancien isolement des provinces et des nations se suffisant à elles-mêmes, se développent des relations universelles, une interdépendance universelle des nations.

      Et ce qui est vrai de la production matérielle ne l’est pas moins des productions de l’esprit Les oeuvres intellectuelles d’une nation deviennent la propriété commune de toutes. L’étroitesse et l’exclusivisme nationaux deviennent de jour en jour plus impossibles et de la multiplicité des littératures nationales et locales naît une littérature universelle.

      Par le rapide perfectionnement des instruments de production et l’amélioration infinie des moyens de communication, la bourgeoisie entraîne dans le courant de la civilisation jusqu’aux nations les plus barbares. Le bon marché de ses produits est la grosse artillerie qui bat en brèche toutes les murailles de Chine et contraint à la capitulation les barbares les plus opiniâtrement hostiles aux étrangers.

      Sous peine de mort, elle force toutes les nations à adopter le mode bourgeois de production ; elle les force à introduire chez elle la prétendue civilisation, c’est-à-dire à devenir bourgeoises. En un mot, elle se façonne un monde à son image. "

      FIN de CITATION

      Toujours d’actualité...

      gAZi bORAt


    • jako jako 20 mars 2008 12:05

      C’est vrai qu’en relisant certains écrits on peut se demander s’il n’est pas né 160 ans trop tôt 


    • Gazi BORAT 20 mars 2008 12:16

      @ leon

      Bonjour,

      si l’on dépoussière un pu ce texte de quelques adjectifs ("bourgeois n’a plus guère d’écho aujourd’hui), le constat qu’opère l’extrait cité est d’une troublante actualité, notamment la partie sur la "world culture"..

      gAZi bORat


    • JL JL 20 mars 2008 12:37

       

      Gazi Borat, vous avez choisi pour posté sous cet article, un texte de Marx assez atypique. En soi, que l’on dise mondialisation ou internationalisation du capital, je ne vois là rien qui relève de la novlangue je rappelle : inversion de sens et/ou oblitération de sens.

      Ce qui selon moi dans ce texte est pertinent vis à vis de la novlangue est ceci : "" Sous peine de mort, (la bourgeoisie) force toutes les nations à adopter le mode bourgeois de production ; elle les force à introduire chez elleS sa prétendue civilisation, c’est-à-dire à devenir bourgeoises. En un mot, elle se façonne un monde à son image.""

      Et ce monde à son image se fait précisément et en priorité, au travers du langage, ce que ne dit pas Marx dans votre extrait.


    • Gazi BORAT 20 mars 2008 14:06

      @ JL

      Vous avez raison, il n’y a effectivement pas là inversion de sens mais usage de synonyme.. Je n’ai pas pu résister à l’envie de citer Marx dont une phrase de L’idéologie Allemande ("la pensée dominante") figurait dans l’article..

      gAZi bORAt


    • Michel Maugis Michel Maugis 20 mars 2008 23:18

      @ Gazi Borat

      Effectivement, mais chutt, montrer que le Marxisme a clairement prévu cette phase impérialiste du développement tend à prouver que le marxisme est une science.

      Mais le meilleur est de relire L´Imperialisme, Stade suprême du capitalisme de V.Lénine écrit il y a quasi 100 ans, en 1916, en pleine guerre mondiale. Fichier déchargeable.

      C´est drôle que ce mot Impérialiste, n´apparaît jamais chez les gens de droite. Celui de "classe possédante" non plus, ne parlons pas de Oligarchie, elle n´existe pas pour eux. Quant aux classes, pour eux elle se détermine par le niveau de vie. 

      Cachez ce sexe que je ne saurais voir ! Sexe dans le sens de immoralité bien perçue par ces "humanistes" de droite et pas mal qui se disent de gauche.

      Et ces gens prétendent discourir objectivement sans devoir utiliser les mots qui décrivent la triste réalité immorale qu´ils ne sauraient voir.

      D´où le besoin impérieux, pour ces gens, de cette langue virtuelle dont parle l´article

      Merci Bozi, vous m´avez donné la sacrée envie de relire ce géni de notre époque. Lénine !!

      Michel Maugis

       


    • Michel Maugis Michel Maugis 21 mars 2008 00:21

      @ JL

      "mondialisation ou internationalisation du capital, je ne vois là rien qui relève de la novlangue je rappelle : inversion de sens et/ou oblitération de sens."

      ERREUR.

      La novlangue c´est la volonté de cacher la réalité par l´emploi d´un diccionaire euphémisant et plutôt sympathique. L´inversion du sens, oblitération de sens ne sont que des méthodes de construction de ce vocabulaire. Il doit y en avoir d´autres. Le plus important est la mise en v aleur de la forme au détriment du fond ( l´essence). Exemple typique est le mot "démocratie".

      Et GAri Bozat a raison, puisque le mot mondialisation est un terme de la novlangue qui cache de quoi il s´agit. Qu´est ce qui est mondialisé ? C´est un euphémisme qui ne retient d´une bonne description un aspect plutôt attrayant, sympathique " mondialisation". Comment peut on être contre une mondialisation ?

      L´internationalisation du Capital , selon Marx, est très descriptif. Il implique automatiquement la domination du capital le plus puissant sur les autres donc à l´impérialisme ( Lenine). Cet avantage ne peut qu´augmenter jusqu´à aboutir à un impérialisme unique ( Fascisme mondial). Imaginer une course de voitures, ou à chaque tour une prime de cylindrée serait donné au vainqueur du tour. Le vainqueur ne pourrait qu´écraser encore plus les autres. C´est la loi du capital.

      De plus ce terme est, en l´etat des choses, faux. Il n´y a pas de mondialisation, car il y a heureusement plusieurs monde.

      Il y a le monde qui n´accepte pas cette règle du jeu impérialiste dirigé par Washington.

      Et ce monde est plus peuplé que l´autre.

      Donc la mondialisation n´existe heureusement pas. Ce terme est donc mensonger.

      Ce qu´il y a est la tentative désespérée de l´Impérialisme US de sauver son économie en faillite par son fascisme sur le reste du monde

      Mais le fait même de l´employer, comme si c´était une réalité, cache la volonté fascisante de la société, de l´Empire US sur le reste du monde.

      Ceux qui s´y opposent sont forcément diabolisés par les utilisateurs de cette Novlangue.

      Voilà pourquoi le terme "mondialisation" au lieu de internationalisation du Capital, ou impérialisme, à une finalité trompeuse et fait donc parti de cette novlangue.

      Michel Maugis


    • JL JL 21 mars 2008 09:28

      @ Michel Maugis, et Gazi Borat :

      Michel Maugis, vous écrivez : ""C’est drôle que ce mot Impérialiste, n’apparaît jamais chez les gens de droite. Celui de "classe possédante" non plus, ne parlons pas de Oligarchie, elle n’existe pas pour eux. Quant aux classes, pour eux elle se détermine par le niveau de vie.""

      Je pense effectivement que si ces mots n’existe pas dans les discours dominants, en revanche ils font partie du vocabulaire des opposants : C’est probablement ce que Nicolas Sarkozy désigne par la Pensée unique. (cf. mon texte). Si bien que Pensée unique, comme libéralisme et d’autres sont des places fortes que chacun des deux camps tente de prendre et garder.

      Si dans l’esprit de Marx, internationalisation du capital ne relevait pas de la novlangue (et pour causes), mondialisation n’est-il pas un mot valise, tout comme libéralisme ?

      En relisant l’ouvrage je m’aperçois que le mot Mondialisation en bonne place (quel potache je fais !), voici ce que j’ai relevé en notes : "De l’internationalisation (p150) ... à la transnationalisation (156)… ce qui se trouve remis en cause c’est radicalement la forme internationale de la structure du monde capitaliste et par conséquent l’Etat nation lui-même en tant qu’élément de cette configuration structurelle (157)… la forme internationale de cette structure devient forme transnationale … il est impossible au capital d’unifier réellement le monde". (mais je vous renvois à a lecture, je ne saurais faire ici un bon résumé).

      Fernand Braudel dans son ouvrage "La dynamique du capitalisme" distingue deux expressions : "économie mondiale" et "économie monde" (pp 84, 85), ce que ne fait pas la novlangue. Quand G. Bush parle du monde, de la communauté internationale, il ne connaît que la partie du monde qui se plie à son économie monde dont l’Amérique est le Coeur (voir Braudel).


    • karg se 21 mars 2008 10:43

      En fait Marx n’a rien prévu puisque la mondialisation est un phénomène très ancien, l’amélioration technique et le développement de l’économie à travers la spécialisation entraine forcément échange de marchandise et de capitaux. Sans barrière politiques (comme les guerres) ce mouvement est auto-entretenu et s’accélèrent.

      Le Marxisme n’est pas une science, pas plus que le libéralisme. Le point commun entre Marx et Smith c’est d’avoir très bien décrit et critiquer leur époque, pour le reste on peut pas comparer notre société à la leur. Smith ne croyait pas aux sociétés par action, l’héritier de Marx Engels fustigé l’enbourgeoisement du prolétariat anglais qui d’après Marx aurait du être le premier à se retourner contre les capitalistes.


    • tvargentine.com lerma 20 mars 2008 11:03

      Vous citez Nicolas Sarkozy pour dénoncer le libéralisme économique

      Nicolas Sarkozy à permis que des entreprises comme AIR FRANCE en 1994 puisse se redresser et voici quelques années la société ALSTOM a été sauvé par l’intervention de Nicolas Sarkozy avec un vrai projet de développement à chaque fois

      Rien à voir avec le libéralisme bobos des socialistes au pouvoir qui ont privatisé à tout va

      Soyez un peu objectif dans vos écris

       


      • JL JL 20 mars 2008 11:16

        Cher lerma, je n’ai pas cité Sarkozy pour dénoncer le libéralisme économique, mais j’ai cité l’un de ses affirmations renversantes préférées pour illustrer ce langage orwellien dont on parle. Si vous lisez les articles, veuillez essayer en même temps de les comprendre au delàn de ce que vous voulez dire dans un réflexe pavlovien.


      • JL JL 20 mars 2008 11:27

        PS : J’ai omis de dire que cet ouvrage, au delà deson titre, est un véritable et précieux document et un outil d’analyse économique, chaque concept exploré donnant lieu à une explication pertinente et iconoclaste de son contexte, et en tous cas condensée et enrichissante. Je me suis régalé.

        Je voulais au départ faire un article qui donnerait envie de lire cet ouvrage, mais je n’ai pas su exprimer l’ampleur des informations qu’on y trouve autrement qu’en le disant platement ici.

        Que Mr Bihr me pardonne.


        • el bourrico 20 mars 2008 12:25

          Lerma + réfléchir = bug


          • pallas 20 mars 2008 12:26

            Le liberalisme c’est la liberté d’entreprendre, de crée des entreprises. Les socialistes sont la cause premiere de la destruction des entreprises a cause d’un impot trop important qui ettoufe l’economie. Les socialistes a chaque fois qu’ils sont au pouvoir augmentent les impots du contribuable, associé aux ecolo, detruisent le transport des frets, en taxant encore les entreprises, ce qui se repercutent sur le prix. Vous oubliez que Segolene Royal voulai augmenter l’impot sur le revenu, c’etait dans son discour, alors que Sarkozy l’a baissé. L’impot local, a chaque fois qu’un socialiste devient maire d’une ville, il augmente l’impot de sa collectivité et acccuse ensuite la droite. la gauche accuse toujours la droite pour ce donner une excuse et legitimé l’augmentation des impots et des taxes, ainsi qu’un pouvoir addministratif qui ettoufe le contribuable et l’investisseur. Maintenant vous pleurez que les investisseurs, les entrepreneurs, les ingenieurs s’en vont, a vous d’assumez vos choix, ne faite pas payer la droite de vos erreurs propagandistes.


            • JL JL 20 mars 2008 12:41

              Pallas vous n’avez pas compris : le sujet n’est pas le PS ou l’UMP, ne faites pas comme lerma, quoique...

              Les socialistes sont peut-être ceux qui véhiculent avec le plus de talent cette novlangue en France, tout comme les travaillistes en GB ou les démocrates aux US.


            • Gazi BORAT 20 mars 2008 14:01

              @ Philippe reneve

              A propos de Bareuzai :

              A quand un article sur le chanoine Kir ?

              Et cette petite curiosité existe-t-elle toujours : un graffiti peint en blanc sur le mur d’un hotel particulier de la Rue Jeannin, à gauche quand on se dirige vers le carrefour de la rue Berlier et proclamant :

              Vive Bucard !

              (Collaborationniste extrème qui déclara un jour : "Je n’ai qu’un ami, mon revolver !")

              gAZi bORAt


            • JL JL 20 mars 2008 14:47

              @ Philippe Renève, Parkway ne parlait peut-être pas de cet article.


            • Gazi BORAT 20 mars 2008 16:29

              @ Philippe reneve

              Ok pour le mail, dans les jours prochains. Il se trouve que j’ai habité plusieurs années à Dijon.

              gAZi bORAt


            • Gazi BORAT 20 mars 2008 16:37

              @ Philippe Reneve

              Il existe un excellent ouvrage sur le chanoine, édité localement et que l’on ne doit guère trouver que chez des bouquinistes à Dijon :

              "Le Chanoine Kir a-t-il existé ?"

              C’est un recueil des hauts faits et grandes phrases du défunt maire, écrit très peu de temps après sa mort.. Pour l’actualité du sujet : l’anniversaire de sa mort ? Un autre ecclésiastique local haut en couleurs : l’Abbé Simon dit "le curé volant" ou "le curé plongeur".

              http://www.culture-guinguette.com/photos/Baignade5.jpg

              gAZi bORAt

               


            • yasunari yasunari 21 mars 2008 09:54

              Le chanoine Kir était un social traitre de la pire espèce. Franchement, de la part de quelqu’un qui célébrait la messe au Meursault, créer un lac d’EAU, c’était déguelasse. Surtout que ce n’est pas une région ou les bon liquides font défaut...

               

              Allez, je vais aller vider mon baril de lessive aux pieds du Bareuzai et vider un pichet de blanc-pomme à la Petite Taverne...


            • yasunari yasunari 21 mars 2008 09:55

              Et Maloka, ça existe encore ?


            • Gazi BORAT 21 mars 2008 15:04

              @ Yasunari

              Vous avez connu ces dangereux compagnons de route de la Fédération Anarchiste ?

              gAZi bORAt


            • yasunari yasunari 22 mars 2008 09:49

              @Gazi

              Je les ai croisés deux ou trois fois.

              Ils m’ont fait un peu de peine lors de leur manif contre la première guerre du Golfe, au Bareuzai justement. Ils devaient être cinq... Je ne suis pas certain que les bons bourgeois qui sortaient da la fnac les aient bien différenciés de la petite bande de punks vin blanc - bière qui trainaient alors près de la fontaine.

              Ils devaient aussi être là quelques années plus tard lors de la grosse manif djembé-bordel visant à empêcher la venue du gros borgne... Celle où les poubelles du McDo ont été vidées sur les paniers à salade... Mais je n’y étais pas hein... Et puis il ya prescription...

              Ca devait être à l’époque de la révolte des prisonniers à la maison d’arrêt. Comme les échappés du mitard s’étaient réfugiés sur les toits pour caillasser les flics, les lignes de bus qui allaient à la fac avaient été détournées...

              Qu’est-ce que j’ai vieilli...


            • JL JL 20 mars 2008 14:33

              @ Didier, ""si on ne peut plus dire bourgeoisie quand on pense bourgeoisie""...

              Jamais avec cet article je n’aurais voulu susciter une telle phrase. Désolé si je n’ai pas su dire tout le bien que je pense de cet ouvrage.

              Sur les milliards "partis en fumée" : cette expression est assez novlangue en ce que, d’une part, il y des gens pour qui cette ’fumée" a bel et bien été et est toujours de la monnaie sonnante et trébuchante. Mais c’est leur identité qui est partie en fumée. Pour les autres, il faut dire qu’une grande part de cette fumée, c’était de la monnaie virtuelle, du rêve.

              D’une certaine façon, le meilleur ennemi du mal c’est le mal : espérons que ces scandales financiers à répétition inciteront les amateurs de fonds de pensions à y regarder deux fois, avant de lacher la proie de la retraite par répartition pour l’ombre de la retraite par capitalisation.


            • ZEN ZEN 20 mars 2008 16:20

              Derrière les rideaux de fumée sémantique , il importe plus que jamais d’appeller un chat , un chat...

              http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=4071

              Certains économistes ont aussi un jargon qu’il serait bon de démystifier parfois, comme le fait J.Sapir ,dans :Les économistes contre la démocratie" (A.Michel)


              • ZEN ZEN 20 mars 2008 16:26

                Une analyse de la notion de fétichisme chez Marx , essentielle pour comprendre celle de marchandise , de valeur , de rapports de production (ouvrir le fichier)

                http://semimarx.free.fr/article.php3?id_article=43


              • JL JL 20 mars 2008 20:19

                 

                Merci Marcel pour ce lien qui détaille le chapitre consacré aux charges sociales. Ce texte représente 9 pages du livre qui en comporte 234, c’est vous dire la densité du travail, vu que le développement des 17 autres concepts est à l’avenant de celui-ci : aussi riches.

                Pour ceux que cela intéresse, les concepts passés au crible de la critique d’Alain Bihr sont :

                Capital humain, Charges sociales, Dette publique, Egalité, Etat, Flexibilité, Fonds de pension, Individualité, Insécurité, Libéralisation, Liberté, Marché, Mondialisation, Propriété, Réforme, Services d’intérêt général, Sociétré civile, Workfare.

                Vous dire lequel est mon préféré est assez difficile, tous sont bons, et à lire. Peut-être le Grand soir les publiera-t-il tous. L’ouvrage coûte 16 euros, si vous avez une bibliothèque municipale à proximité, surtout ne manquez pas d’en profiter.


              • ZEN ZEN 20 mars 2008 21:45

                L’exemple d’une analyse de J.Sapir :

                Sur le prétendu rôle fondateur de la notion de concurrence :

                http://www.monde-diplomatique.fr/2006/07/SAPIR/13645


              • Gazi BORAT 21 mars 2008 08:07

                @ Philippe reneve

                C’est en effet l’une des contradiction du libéralisme et la raison pour laquelle il est obligé périodiquement de faire appel au rôle régulateur des états et aux solutions keynesiennes lorsqu’arrive l’inévitable blocage.

                L’un des discours adressé au public pour la promotion des mesures libérales est aussi d’affirmer que la libre concurrence profite aux consommateurs, en oubliant d’ajouter : dans un premier temps.

                On l’a vu avec la libéralisation des telecommunications et l’arrivée de nouveaux acteurs sur ce marché. Très rapidement, lorsque le nombre d’entreprises présentes s’est révélé réduit, celles-ci se sont immédiatement entendues pour harmoniser leurs tarifs, quitte à rendre cette entente invisible à grand renforts de forfaits complexes destiner à brouiller toute évaluation ou comparaison.

                Le consommateur a finalement été le dindon de la farce... libre de choisir entre des opérateurs différents pratiquant exactement les mêmes tarifs !

                gAZi bORAt


              • Le péripate Le péripate 21 mars 2008 08:38

                Zen, à propos de l’article de Sapir.

                Concernant l’exposition que fait Sapir des différentes écoles libérales, je crois qu’il se débarrasse un peu vite d’Hayek. Il parle de néoévolutionnisme, alors qu’il s’agirait plutôt d’un préévolutionnisme, qui ne doit rien à Darwin et surtout rien à la sociobiologie. Ensuite, Sapir pense réfuter l’argument évolutionniste en arguant du fait que les préférences de chacun peuvent changer. L’argumentation est spécieuse, le climat n’est pas immuable, donc les préférences des organismes changent, et pourtant il y a évolution.

                De plus, pour Hayek, la concurrence est très loin d’être une notion centrale, c’est simplement une conséquence lointaine de la liberté. D’autant qu’il fait sienne l’intuition anti-rationaliste :

                User intelligemment de la raison dans la régulation des affaires humaines exige en premier lieu que nous nous attachions à comprendre quel est le rôle qu’elle joue en fait, et peut jouer, dans le mécanisme d’une société fondée sur la coopération de nombreux esprits distincts...... et il nous faut admettre que, même quand nous avons l’impression de la comprendre, nous pouvons encore nous tromper.

                Je fais cette remarque alors que, bien que j’opine tout à fait à une nécessaire critique du neolibéralisme et de ses mots, je pense aussi qu’il ne faut pas abandonner aux élites le concept fécond de liberté. Et la pensée d’Hayek est de la dynamite...

                 


              • ZEN ZEN 21 mars 2008 09:52

                @ Le Peripate, bonjour

                 

                Je crois que nous ne lisons pas le même Hayek, où pas avec les mêmes lunettes, ou pas le Hayek de la même époque. Les derniers écrits de cet auteur vont clairement dans le sens de libéralisme le plus outrancier, le plus dérégulé...Ceux qui se sont inspirés de lui ne se sont pas trompés : la pensée friedmanienne en est un des derniers avatars...

                Bien amicalement

                http://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Hayek


              • ZEN ZEN 21 mars 2008 09:59

                @ Dup

                 

                Excellents, ces exemples de novlangue globish branchée

                On n’est pas loin de la réalité

                Je n’ai pas trouvé de sm. pour le "rire jaune"...


              • ZEN ZEN 21 mars 2008 10:01

                Com mal placé

                > La novlangue néolibérale, ou la rhétorique du fétichisme capitaliste
                par ZEN (IP:xxx.x16.143.30) le 21 mars 2008 à 09H59

                 
                @ Dup

                 

                Excellents, ces exemples de novlangue globish branchée

                On n’est pas loin de la réalité

                Je n’ai pas trouvé de sm. pour le "rire jaune"...


              • Le péripate Le péripate 21 mars 2008 10:08

                Il vaut beaucoup mieux lire dans le texte que de faire confiance à Wiki... Le texte cité vient de "La constitution de la liberté" qui est de 1960. Quant à ses rapports avec Friedman, Hayek critique la version mécaniste de la monnaie d’Irving Fisher que reprendront Friedman et les monétaristes. Friedman n’aura été qu’un allié de circonstance dans le vif débat entre Hayek et Keynes, qui étaient amis par ailleurs.

                Penser que les monétaristes ou les anarchocapitalistes prolongent Hayek est une profonde erreur.


              • ZEN ZEN 21 mars 2008 10:34

                @ Le Péripate

                Je lis aussi dans le texte...

                Nous ne lisons pas les mêmes textes.

                Existerait-t-il chez Hayek les mêmes ambiguiités que chez Rousseau, dont la lecture a donné lieu a tant d’interprétations divergentes selon le choix de textes que l’on faisait et ses propres présupposés ?


              • ZEN ZEN 21 mars 2008 10:41

                @ cambronne

                Le marxisme n’est pas une science , mais une théorie économique , innovante,éclairante , mais aussi insuffisante.

                Marx le savait et ne se reconnaissait en rien dans ceux qui allaient détourner sa pensée pour en faire un dogme d’Etat ("Je ne suis pas marxiste", disait-il , pour se prémunir contre toute récupération abusive)

                Bonne lecture du Capital !


              • Le péripate Le péripate 21 mars 2008 10:56

                Probablement de même farine, oui. Surtout si l’on pense que Hayek était partisan d’un revenu de vie sans conditions, thèse portée aujourd’hui plutôt dans la gauche alter-mondialiste.

                En tout cas, il ne faut jamais jeter le bébé avec l’eau du bain.


              • Michel Maugis Michel Maugis 21 mars 2008 14:17

                @ ZEN

                "Le marxisme n’est pas une science , mais une théorie économique , innovante,éclairante , mais aussi insuffisante."

                Non, le marxisme n´est pas seulement une science, ni seulement une théorie économique. C´est bien plus que tout cela.

                C´est globalement la seule conception du monde cohérente et scientifique qui se passe de Dieu, actuellement à notre disposition.

                Le noyau du marxisme, la base sur laquelle il est bâti n´a rien d´économique. C´est une philosophie matérialiste du monde et une méthode "la dialectique" qui s´oppose à la méthode métaphysique.

                L´oeuvre de Marx ( et Engels) est construite scientifiquement avec de nombreux exemples qui se ratachent au passé et à la science. L´équivalence entre Masse et Energie a été établie par Marx et non par Einstein. Einstein en le démontrant et en établissant la relation a démontré la validité du matérialisme dialectique.

                 

                Philosophiquement pour le Matérialisme est matière tout ce qui existe en dehors de la conscience de l´homme. Temps, espace, Energie, mouvement, matière, sont MATIÈRE DEPUIS TOUJOURS.

                Le Darwinisme est exemple d´application du marxisme par la Nature. Le Darwinisme n´a pas été inventé ni par Marx, ni par Darwin. Il a été découvert par Darwin. Mais le Darwinisme n´est que du "matérialisme dialectique" appliquée pour expliquer scientifiquement l´origine des espèces et en particulier de l´homme.

                Le Marxisme c´est l´existence initiale de la matière, depuis toute éternité, qui se meut par la dialectique interne de ses contradictions , jusqu´à la création de la pensée chez l´homme. Cette pensée n´a pu se créer dialectiquement qu´à partir de réalités physiques de l´espèce humaine qui sont la bipédie, l´articulation et la main. Et a partir de là, la Nature poursuit son développement dialectique dans la pensée humaine qui modifie son environnement qui à son tour modifie la pensée humaine.

                Le changement qualtitatif et donc révolutionnaire d´un état à un autre par augmentation quantitative des contradictions internes ( le mouvement marxiste) se répète partout dans la Nature et aussi dans les sociétés humaines. L´eau passe révolutionnairement de l´état liquide au gazeux, comme un mode de production doit passé au suivant.

                Marx et Engels ont unifié la Nature depuis la matière ( jamais inerte et jamais initiale) jusqu´à nos sociétés.

                Ce que vous appelez l´insuffisance de la théorie économique marxiste ne signifie absolument rien sinon que l´insuffisance est justement la caractéristique déclarée de toute science.

                La théorie de Newton est insuffisante. Même les mathématiques le sont.

                Vous ne pouviez dire cela sans dire que c´est actuellement la plus complète de toute. Ou tout au moins dire si vous en connaissiez une autre meilleure.

                Quant à Cambronne, il continue à dire que la science c´est de la merde et ne vaut rien car on a vu ce que cela a donné avec la bombe atomique. Il refuse aussi la validité du newtonisme et de ´l´aéronautique au vu des premières expériences désastreuses. Que Cuba, société marxiste par excellence soit classée par le PNUD première en développement économique au service de l´homme en relation avec son PNB/h est un résultat purement propagandiste d´une organisation castriste de l´ONU.

                Voilà l´imbécilité toute crue de celui qui me fait penser à une matière grasse rien qu´ à évoquer son pseudo.

                Michel Maugis


              • Gazi BORAT 21 mars 2008 15:27

                @ Michel Maugis

                 

                Là, vous m’épatez !

                 

                Vous professez là une vision orthodoxe que l’on ne rencontre plus guère aujourd’hui.

                 

                Je ne vous en fait ni le reproche ni la critique mais cela me fait songer que nos échanges sur Marx doivent sembler bien naïfs au regard de ceux qui avaient cours jusque dans les années soixante-dix. Une certaine culture qui s’est perdue.

                 

                Pour ma part, j’ai toujours été bien piètre théoricien. Si j’ai milité en ma jeunesse, j’étais plus porté sur l’activisme que sur les études.. mais ceci est une autre histoire..

                 

                gAZi bORAt

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