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Accueil du site > Culture & Loisirs > Extraits d’ouvrages > Le capitalisme de catastrophe : comment gagner de l’argent sur le dos (...)

Le capitalisme de catastrophe : comment gagner de l’argent sur le dos du malheur

Naomi Klein, de passage à Paris à l’occasion de la publication chez Actes Sud de son livre "La Stratégie du chaos", était interviewée ce matin sur France Culture par Ali Baddou. Voici la retranscription aussi fidèle que possible de l’interview. Les propos de Naomi Klein étaient traduits en direct, par Michel Slotowski. Le scripteur a fait le choix de ne pas reformuler, afin de ne pas influencer les lecteurs par sa propre compréhension.

Nota : pour alléger la lecture, on n’a pas utilisé les ponctuations habituelles, et seules les questions d’Ali Baddou sont retranscrites en italique.

Interview :

Ali Baddou  : Votre ouvrage est une réflexion sur ce que vous appelez le "capitalisme de désastres". Première question, la stratégie du choc, qu’est-ce que c’est ?

Naomi Klein : C’est une philosophie du pouvoir et ce que je dis dans le livre c’est que ce modèle économique souvent appelé capitalisme sauvage n’a pas entraîné le monde dans la démocratie et la liberté comme on l’a souvent entendu, mais exploite intentionnellement ce choc et ce chaos. Nous le savons dans les étapes précédentes du capitalisme, mais l’étape actuelle du capitalisme qui a trente ans depuis l’époque de Reagan et de Thatcher change un petit peu l’histoire officielle, celle qui est racontée par les vainqueurs, et maintenant que cette idéologie est en crise, il est temps d’avoir une vision plus réaliste de la façon dont différents désastres et différentes situations de désorientation ont préparé le terrain pour faire avancer des politiques qui ne sont pas populaires et auxquelles on s’oppose avec véhémence.

AB : Pour comprendre cette vision réaliste, il faut avoir l’image du choc. Pour comprendre cette image, il faut imaginer ce système de torture mis en place par la CIA ces dernières années. Pourquoi est-ce que ce choc il faut le chercher dans ces situations de torture ?

NK : Ce livre a commencé avec ma recherche faite à Bagdad en 2004. En fait, je couvrais la guerre pour les journaux nord-américains. Quand je suis rentrée de Bagdad, j’ai senti que je devais comprendre ce qu’était ce choc parce que ça c’était la métaphore, l’invasion américaine "choc et terreur" était le slogan pour la transformation économique de l’Irak, la thérapie du choc et quand les premières photos d’ABou Graïb ont été publiées, j’ai commencé à lire les manuels de la CIA : "Comment mettre des individus en situation de choc" qui est défini comme une situation de régression, et là ça ouvre une fenêtre où l’on peut arriver à faire faire aux prisonniers ce que l’on veut. Et donc j’ai compris que cette stratégie s’appliquait à tout l’Irak, pas simplement pour quelques prisonniers. Tout le pays mis en situation de choc et de terreur était par là soumis à la volonté des Nations unies. Cette méthode de torture était une méthode pour mettre en place et appliquer des méthodes politiques et économiques qui n’étaient pas du tout populaires. Et ça m’a permis aussi de voir ce qu’était la psychologie au travail dans ce qu’on appelle le capitalisme du désastre.

AB : C’est le fil que vous tirez pour expliquer ce que vous appelez le capitalisme du désastre. On connaît les profiteurs de guerre, Naomi Klein, ils existent depuis qu’existent les guerres. Mais vous parlez d’un système nouveau. Comment fonctionne-t-il ?

NK : Il est à la fois ancien et nouveau. Le président américain Dwight Eisenhower avait averti dans son dernier discours après la guerre de la montée du complexe militaro-industriel. Ce que je décris dans ce livre c’est ce complexe militaro-industriel. C’est beaucoup plus important que ceux qui fabriquent des armes et les sociétés d’ingénierie que nous avons construites tout de suite après la guerre. Il y a maintenant l’obsession de privatisation. Tout a été privatisé. Black Water, par exemple, c’est la société qui se bat en Irak. Ce sont des sociétés privées qui s’occupent des anciens combattants qui rentrent d’Irak. Lorsqu’il y a des épidémies, ce sont des sociétés privées de vaccination qui font des profits. Quand il y a pénurie de nourriture, ce sont des sociétés agroalimentaires qui font des bénéfices. Les semences vendues par les sociétés privées sont préparées à des systèmes dans lesquels l’atmosphère ne sera plus la même qu’aujourd’hui. Par exemple, ce qui s’est passé après l’ouragan Katrina, il y a eu énormément de sociétés privées qui ont vendu des secours, du sauvetage aux rescapés, et ça n’a pas fait baisser les cours. Il y a très peu d’analyses excepté du côté de la gauche qui disent "oui, le capitalisme est en crise, regardez ce qui se passe en Irak, regardez le réchauffement global, tout le système va s’effondrer". Mais moi je dis quelque chose d’un peu différent. Ce que je dis c’est que le marché s’adapte à un marché qui sera fait de crises à l’avenir. C’est un nouveau modèle et c’est très inquiétant parce que nous perdons la motivation à sortir de cette ligne qui nous mène au désastre.

AB : Vous savez le reproche qu’on peut vous faire et que vous désamorcez, Naomi Klein, c’est celui de la théorie du complot. Il y aurait une conspiration d’un certain nombre de grandes firmes multinationales qui voudraient mettre la main sur le monde entier ou en tout cas sur ce qui peut leur profiter, et pourtant il n’y a pas de complot.

NK : Je ne pense pas qu’il y ait une conspiration, on m’appelle théoricienne du complot. Non, c’est une stratégie de la part de mes opposants pour critiquer mes recherches, mais l’idée qu’il y a une logique au sein du système capitaliste qui cherche une croissance c’est un fait, ce n’est pas une conspiration. C’est d’ailleurs la théorie qui est au cœur de toutes les théories du marché ! L’incitation au profit est l’incitatif le plus puissant de l’être humain. Ce que je recherche c’est où cette logique est placée à l’époque moderne. Et, dans mon livre, les preuves pour cet argument proviennent des économistes eux-mêmes et des politiciens. Il y a un corps de recherche, disons principalement à gauche que l’on ignore. C’est la théorie des crises, de l’utilité des crises, et je fonde mes arguments sur un corps de recherche sur les littératures que j’ai découvertes qui montrent qu’il a été impossible d’imposer une thérapie de choc économique sans une préparation. Ça peut être une hyper inflation, ça peut être un choc politique, ça n’a pas été suffisamment étudié. Ça a été étudié par le Trésor américain, par la Banque mondiale, par des économistes très célèbres comme Milton Friedman. Il est très important que cette information soit divulguée parce que l’information elle est là, et il nous faut nous préparer pour le prochain choc.

AB  : Justement, il y a un spectre dans votre livre Naomi Klein, une sorte de fantôme, c’est justement celui de Milton Friedman mort en 2006, et celui des Chicago boys, on a avec lui la matrice théorique de ce système-là, ce système qui fonde son approche du profit sur trois principes : la privatisation, la déréglementation et la réduction draconienne des dépenses sociales. Pourquoi avoir trouvé l’origine, la souche dans le travail de Milton Friedman ?

NK : Je vais être très claire : si Milton Friedman n’avait pas existé, quelqu’un d’autre aurait joué ce rôle. Ses idées viennent du marché lui-même, de Wall Street, et la croisade de Milton Friedman vers la privatisation, vers la déréglementation vers la coupe drastique des dépenses sociales, c’est une contre révolution aux Etats-Unis contre le New deal et donc, vous savez, après la dépression c’est la gauche qui est arrivée au pouvoir, les syndicats sont devenus beaucoup plus puissants et le capital a dû partager son pouvoir, et il y a eu une guerre des classes des riches contre les pauvres, et si vous regardez cette politique depuis Reagan, il y a eu vraiment de grosses réussites, et Milton Friedman a popularisé cette théorie et reçu des budgets par les corporations les plus puissantes.

AB  : Il y a le versant théorique de votre travail Naomi Klein, et il y a aussi l’approche pratique, l’enquête de terrain, le travail de journaliste, "observateur au plus près des désastres". Vous vous êtes rendue à la Nouvelle-Orléans, en Louisiane, après Katrina, et c’est un assez beau cas d’école, et j’emploie l’expression à dessein de ce qu’il se passe dans cette stratégie du chaos, notamment à travers l’école, justement. Le système d’enseignement public, décrivez-nous ce qui se passe après le passage de l’ouragan.

NK : Je crois que c’est quelque chose que les gens ne comprennent pas très bien au sujet de la Nouvelle-Orléans. On entend toujours que l’administration Bush a été incompétente, que c’étaient des crétins. Mais, si on va à la Nouvelle-Orléans, on réalise que ce n’est pas de l’incompétence ce que l’on voit. Au contraire, c’est un processus extrêmement efficace qui a complètement détruit la sphère publique après Katrina. On a utilisé Katrina comme paravent, en tant qu’excuse, et un très bon exemple en est le système scolaire. Il n’y a pas grand-chose qui reste aux Etats-Unis qui n’ait pas encore été privatisé. Il restait l’école, et Milton Friedman a considéré que l’école était le dernier bastion du socialisme et, à l’âge de 94 ans, il a écrit un article qui a été publié dans un journal américain qui disait que le fait que les parents, les enfants et les instituteurs étaient hors de la Nouvelle-Orléans à la suite de l’ouragan c’était une tragédie, mais c’était aussi une occasion de refonder le système éducatif et de le privatiser et c’est exactement ce qui s’est passé. La Nouvelle-Orléans est maintenant le laboratoire de l’éducation privée aux States. Avant le cyclone, il y avait sept écoles privées, aujourd’hui il y en a plus de quarante. Même chose avec les HLM qui ont été complètement détruites et remplacées par des copropriétés et des hôtels. L’administration bush n’est pas incompétente quand il s’agit de s’occuper des gens et de faire leur travail de gouvernant, mais en fait ils œuvrent pour les gens qui paient pour leur réélection.

AB : Avec des raids qui surviennent contre la sphère publique au lendemain de grands cataclysmes, il faut lire ce que vous racontez au sujet de la Nouvelle-Orléans il faut aussi raconter ce que vous dites d’un tout autre contexte, le Sri Lanka juste après le tsunami, qui a vu une extraordinaire opération spéculative.

NK : Le Sri Lanka, c’était très choquant parce qu’il y avait tant de générosité à travers le monde et, lorsque nous avons vu les ravages du tsunami qui avait détruit les vies de façon tellement chaotique, on a voulu reconstruire ce qui avait été ravagé par cette catastrophe naturelle. Quand j’y suis allée six mois après la catastrophe, j’ai vu quelque chose qui représentait beaucoup plus que de l’ingénierie sociale : les côtes qui avaient été dévastées par la vague étaient reconstruites, mais de façon totalement différente. Les gens qui vivaient là-bas ont été relogés à l’intérieur des terres et le bord de mer a été donné aux industries du tourisme. Ce sont des détails qui m’ont le plus surpris : je me suis rendue compte qu’une loi pour privatiser l’eau avait été votée quatre jours après la catastrophe. Alors que 40 000 personnes venaient de mourir, c’était le moment utilisé par les spéculateurs internationaux pour faire passer une politique aussi impopulaire. Ça c’est l’histoire du tsunami au Sri Lanka.

AB : Parce que les sociétés en état de choc, écrivez-vous, abandonnent leurs droits, des droits qu’en d’autres circonstances elles auraient défendus jalousement. On va y venir justement dans ce conflit entre la liberté des marchés et celle des peuples, Naomi Klein, mais il est l’heure de la chronique d’AGS.

 

 

 

 

 


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116 réactions à cet article    


  • Mr Mimose Mr Mimose 29 mai 2008 12:08

    Merci pour cet article ! J’ai bien peur que Naomi soit dans le vrai.

    Bush, Cheney et Cie accusés de crimes de guerre dans un dossier du FBI

    http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=9101


    • Cug Cug 29 mai 2008 12:43

      Indispensable comme Noam Chomsky.


      • Olga Olga 29 mai 2008 13:49

        Naomi, c’est mon idole à moi. Dans un style différent, Michael Parenti, il est pas mal non plus. Ils dénoncent tous les deux les manipulations de nos élites capitalistiques. Et nos élites, pour ce qui est de manipuler, elles en connaissent un rayon...

        Donc, merci à JL, de mettre en lumière le combat de Naomi, contre le catastrophique acharnement, de ces immondes capitalisto-financiers, à semer le malheur pour en récolter les fruits


      • Iris Iris 29 mai 2008 13:02

        Actuellement, tous ceux qui se donnent la peine d’analyser le système dominant sont taxés de complotistes, c’est facile, ça fait taire tout le monde !

        En tout cas, belle analyse que celle de Naomi Klein !

        Merci pour la retranscription !


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 30 mai 2008 00:21

           Naomi Klein est la suite de Chomsky. Je suis en désaccord, toutefois, avec la pudeur qui consiste a dire qu’il n’y a pas de complots. TOUT EST COMPLOT. Nous sommes a sortir des complots grâce à l’internet et c’est une partie bien étrange qu’on peut perdre même si on la gagne.  Quant au fond du problème, le chaos conduit à sa propre solution, mais c’est un peu plus complexe

           

          Pierre JC Allard


        • Philippe D Philippe D 30 mai 2008 00:25

          Putain ! La profondeur de la pensée là ! Je te dis pas !


        • jcm jcm 29 mai 2008 13:10

          J’ai écouté l’émission et vous remercie de cette transcription qui permet de véhiculer ces propos à qui n’aura pas pu le faire.

           

          Car la réflexion sur le système est des plus intéressantes !!!


          • Philippe D Philippe D 30 mai 2008 01:14

            Puissant !


          • ZEN ZEN 29 mai 2008 13:21

            Merci pour cet article, JL

            Iris, j’allais dire quelque chose comme ça, en moins bien :

            "actuellement, tous ceux qui se donnent la peine d’analyser le système dominant sont taxés de complotistes, c’est facile, ça fait taire tout le monde !"

            "complot " : une arme pour essayer de culpabiliser les trop curieux...

             


            • Philippe D Philippe D 30 mai 2008 01:17

              Zen, Cherchez pas, c’est moins bien.

              Navré.


            • Cug Cug 29 mai 2008 13:37

               La gauche aux USA n’éxiste pas ... tout ce qui y ressemble a été pulvérisé ou anihilé par le privé.

               La gauche est remplacée par le mythe du "rêve américain" ...


            • Philippe D Philippe D 30 mai 2008 01:17

              ON est un con !


            • HELIOS HELIOS 29 mai 2008 13:56

              En fait , cette brave personne a raison, probablement raison ou partiellement raison... peu importe.

              Ce qu’il faut lire entre les lignes de ce texte c’est la formidable mascarade qu’est la démocratie telle qu’on la pratique actuellement.

              Car en fait, je prends l’exemple donné pour la loi sur l’eau au sri lanka... ce ne sont pas les industries, les multinationales qui l’ont voté... ce sont leurs parlementaires. et ces parlementaires, ils avaient bien été élus par le peuple.

              Il faut impérativement refonder la démocratie, la vraie au détriment, peut être, d’une efficacité politique sur une representativité vraie, et sur une participation aux décisions des nations, plus transparente dans le temps et l’espace.

              Cela veut dire qu’il faut imperativement mettre en place des elections hyper proportionnelles, et des moyens de choix plus performants, pas seulement le choix d’un homme sur une liste. Les moyens de plus en plus modernes nous permettent de preparer cela. il faut également "elargir" l’identification des representants de l’etat en associant chaque parlementaire a son appartenance politique pour permettre la gestion des grands équilibres.

              Enfin, il faut etablir des règles extrèmement punitives pour s’assurer qu’une fois en place, les representants respectent la volonté des peuples.

              Et pour la societe en général, il faut maintenant regarder en face le pouvoir que les media ont sur les esprits. Il est urgent de donner a un CSA le vrai pouvoir de decodage que tout un chjacun a le droit de connaitre en étant sûr de ne pas être manipulé

              Le liberalisme et le marché sont des concepts et des usages interressants, mais comme une voiture de 400 cv sur une départementale, il faut le maitriser par des règles (de pilotage, des règles politiques et economiques) strictes. Parce qu’en fait, tout le monde le sait l’egoïsme de l’homme est sans limite comme son desir de pouvoir, de lucre etc....


              • Cug Cug 29 mai 2008 14:03

                Et je rajouterai que "la cupidité est éternelle"


              • jondegre jondegre 29 mai 2008 14:05

                Vous etes drole Helios. Vous deplorez que les parlementaires (et par consequence les institutions) sont aux ordes du prive et vous preconisez comme derisoire solution de renforcer le pouvoir de cette insignifiante institution qu’est le CSA.


              • HELIOS HELIOS 29 mai 2008 15:41

                Je comprends...ah, les pb de communication...

                Je propose un vrai CSA, pas celui d’aujourd’hui !


              • Yvance77 29 mai 2008 14:04

                Tas d’ignares. Quotidiennement des lerna, hi2mes2, weinstein, calmos, bulgroz se decarcassent vous vous prouver que la vraie, que dis-je la seule, l’unique voie possible est ce capitalisme liberateur.

                Et voila comment ils sont remercies. Par un post tre bon au vitriol. Tsss Tsss Tsss jaloux va.

                 

                A peluche

                 

                Ps : excellent post pour sur


                • Traroth Traroth 29 mai 2008 16:36

                  Je dirais même : TSS, TSS...


                • ZEN ZEN 29 mai 2008 14:18

                  Gagner de l’argent sur le dos du malheur...

                  Il en était question hier déjà à propos des paradis fiscaux...

                  Déjà Chateaubriand :

                  « Neutres dans les grandes révolutions des Etats qui les environnaient, les Suisses s’enrichirent des malheurs d’autrui et fondèrent une banque sur les calamités humaines. »

                   


                  • Cug Cug 29 mai 2008 14:21

                    La stratégie du choc !

                    Le 11/09 a t’il à voir avec cette stratégie car pour un choc ce fut un choc, n’est ce pas. Ose t’elle parler de cela dans le livre ?


                    • Dominique Larchey-Wendling 29 mai 2008 14:54

                      Les exemples sont légion dans son livre ... si je me souviens bien, le 11/9 doit en être un mais ce n’est pas le principal. Les exemples sont pris partout à travers le monde : Amérique du Nord (Katrina), Amérique de Sud (Chili, Argentine), Europe (Pologne, URSS-Russie), Asie (Chine), Moyen-Orient (Irak, Israël)

                      Le livre de NK est excellent. "The Shock Doctrine" qui est un peu plus direct en anglais serait peut-être mieux traduit par "La stratégie de la thérapie de choc".

                      Des passages extrêmement intéressants sur le rôle de la torture et de la terreur dans la thérapie de choc, sur l’impossibilité d’imposer des réformes néo-libérales de manières démocratique (et donc la nécessité de la violence d’Etat pour leurs promoteurs).

                      Une magnifique déconstruction de la "révolution conservatrice" qui a littéralement scotché les intervenants de l’émission incapables de répondre autrement qu’avec des arguments du style "ce n’est pas parce que le néolibéralisme a mal tourné et a été exploité pour détruire des démocraties qu’il est mauvais" (càd Milton Friedman n’est pas le gros méchant que vous décrivez) ou "vous propagez une théorie du complot". NK lumineuse.

                       


                    • Philippe D Philippe D 30 mai 2008 01:24

                      DLW

                      Z’êtes pas sur Reopen là !

                      Faudrait voir à argumenter, un peu, Minimum syndical quoi ?

                      Alors, les méchants Z’américains (Oups, vous dites Etats-Uniens, j’mai trompé) z’ont fait quoi z’actement ?


                    • Niamastrachno Niamastrachno 29 mai 2008 14:45

                      Merci pour cet article.

                      La mise en application du principe de créations de richesses à le suite d’un événement grave, un élargissement d’une pratique déjà largement usinée lors des conflits mais plus seulement pour les conflits pour toutes les merdouilles à gérer dans le monde. ’Suffisait juste de penser à en provoquer quelques fois tout en préparant le matos pour faire une belle part dans le gateau de la misère des gens...

                      Les USA ont une économie guerrière chaque fois qu’un républicain passe au pouvoir, ils se perfectionnent avec le temps voilà tout...


                      • alberto alberto 29 mai 2008 14:49

                        Oui, Cug, j’ai aussi écouté l’émission, mais Ali Baddou ne l’a pas interrogée, me semble-t-il, la-dessus (le 9/11).

                        Par contre, j’ai pu constater combien la théorie de Naomi Klein a plus que fâché Alain-Gérard Slama, qui est monté sur ses grands chevaux pour fustiger la dame qui osait répendre de telles mauvaises idées sur la société néo-libérale à qui nous devons tant !

                        D’ailleurs, Alain-Gérard, s’était invité le soir même sur RTL, dans l’émission de Nicolas Poincaré pour en remettre une nouvelle grosse couche sur le sujet : le monsieur était très fâché...

                        Je me souviens aussi de son courroux, à Alain-Gérard, quand Eva Joly, était venue dans une même émission des Matinales de France-Culture, présenter son bouquin "La Force qui nous manque" dans lequelle elle faisait ressortir les ambiguités de la Justice française du fait de ses connivences avec le monde des affaires par l’intermédiaire de celui du pouvoir...

                        Décidément, ces conspirationistes...

                        Et bravo pour l’article : bien à vous.


                        • Cug Cug 29 mai 2008 17:03

                           Le Slama dont tu parles c’est celui du Figaro, le journal de Dassault .....

                           Ceci expliquant cela ...

                           Ils tremblent .....


                        • JL JL 29 mai 2008 18:12

                          Le plus comique c’est que AGS, qui avait écrit sa chronique avant l’interview comme il se doit, a fait son billet sur ce thème de la théorie du complot, quelques minutes donc après ce propos de Naomi Klein : "On m’appelle théoricienne du complot, c’est une stratégie de la part de mes opposants pour critiquer mes recherches".

                          Naomi Klein n’a pas besoin d’évoquer une théorie du complot : sa charge est suffisamment évidente et forte contre ceux qui sont à la fois prédateurs et charognards. Il faut le faire : même la jungle n’a pas inventé cela.


                        • Dominique Larchey-Wendling 29 mai 2008 20:00

                          Je ne saurais dire lequel d’Alain Gerard Slama ou d’Olivier Duhamel était le plus pitoyable ... Pour une fois Ali Badou n’était pas mauvais, surtout avec sa conclusion sur Orwell.

                           


                        • JL JL 29 mai 2008 20:33

                          @ D. Larchey-Wendling,Je dispose de l’enregistrement du débat, mais je suis pas sûr que Slama et Duhamel apprécieraient que je retrancrive ici leurs interventions.


                        • Dominique Larchey-Wendling 29 mai 2008 20:43

                          De toutes façons, l’émission est archivée sur le site des Matins de France Culture ...


                        • Dominique Larchey-Wendling 30 mai 2008 09:30

                          Effectivement, j’ai écouté Slama dans la rubrique coup de gueule de "On refait le Monde" sur RTL et il est vraiment très fâché mais je n’ai toujours pas compris son argumentaire qui se résume à c’est mal de prêter de sombres intentions au néo-libéralisme ...

                           


                        • Mr Mimose Mr Mimose 29 mai 2008 15:08

                          Ce qui est triste, c’est que malgré l’état catastrophique de notre monde, les citoyens continuent de croire aux balivernes des bonimenteurs de foire qui nous distillent leurs idées nauséabondes dans nos médias.


                          • Yvance77 29 mai 2008 22:01

                            Mr Mimose, je ne pense pas que ce soit cela. au final les gens ne sont ni dupes, ni aussi manches que l’on veut bien croire sauf si on se nomme lerna hihi weinsten etc...

                            Ce qu’il manque c’est une alternative credible et la les gens plongeront. Mais vu qu’ils ne peuvent rien faire sans banques, edf, carrefour et cette putain de bagnole. En gros pas pour demain le truc est bien verouille par le haut, donc c’est le haut qu’il faut passer au TNT

                             

                            A peluche


                          • sisyphe sisyphe 29 mai 2008 15:17

                            JL, merci pour cet article.

                            Naomi Klein fait partie, avec notamment Jean Ziegler, Stiglitz, Viviane Forrester, Noam Chomski, et quelques autres, des analystes lucides de ce temps, qu’on a rarement l’occasion d’entendre, de voir ou de lire, sur les grands médias.

                            Constat impitoyablement lucide et juste des épouvantables dérives du capitalisme financier menant aux désastres que l’on constate, et dont on est loin d’être sorti....

                            Le marché ? Une main invisible dans un gant de fer...

                            Dans un sens assez désespérant, mais, dans un autre, stimulant, pour peu que cet éveil de la conscience se répande, et aide à une nécessaire mobilisation des citoyens dumonde : surtout chez les jeunes


                            • JL JL 29 mai 2008 19:10

                              @ Sisyphe, d’accord avec vous sur ce constat.


                            • JL JL 29 mai 2008 19:12

                              @ Furtif, je ne suis ici qu’un modeste rapporteur des propos de cette grande analyste.


                            • JL JL 29 mai 2008 19:26

                              Furtif, ceci dit, je suis très heureux d’être ce modeste rapporteur, merci de ce témoignage.


                            • Philippe D Philippe D 29 mai 2008 15:27

                              Oh, la Belle unanimité Agoravoxienne !

                              Comme cela fait plaisir à voir tout ce petit monde d’esprits éveillés, tous aux avant-postes de la conscience citoyenne. Les éclaireurs de notre pensée !

                              Que dis-je les éclaireurs ? Les Phares incontestés de cet immense espace d’intelligence et de clairvoyance !

                              La dame semblerait un peu pencher pour la théorie du complot ? Raison de plus pour adorer !

                               


                              • Philippe D Philippe D 29 mai 2008 15:30

                                Ca roule !


                              • sisyphe sisyphe 29 mai 2008 15:40

                                Toi qui n’es pas dans cette théorie de phares, dans cette caste "d’esprits éveillés", tu vas certainement nous expliquer pourquoi nous faisons erreur, et quelle est la bonne manière de voir les choses, n’est-ce pas ?

                                Tels des phares éteints, nous attendons que tu viennes nous éclairer, ô astre suprème...


                              • Philippe D Philippe D 29 mai 2008 15:44

                                Sisyphe,

                                Je bois vos paroles !

                                Vous tracez le chemin qui mène droit à la vérité.

                                Vous n’êtes pas un Phare, vous êtes Le Phare !

                                Merci

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