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Accueil du site > Culture & Loisirs > Extraits d’ouvrages > Les origines esséniennes du christianisme et de l’islam

Les origines esséniennes du christianisme et de l’islam

Présentés comme des révélations d’origine divine qui, miraculeusement ou allégoriquement, seraient descendues du ciel dans le monde des hommes, le christianisme et l’islam s’inscrivent en réalité dans le prolongement d’un courant de pensée du judaïsme ancien revenu de l’exil de Babylone après le règne du roi Nabuchodonosor.

Le ciel ! Mais oui, c’est bien lui qui, au début de notre histoire, nous a fait lever les yeux. C’est lui qui, lorsque nous étions enfants, nous a balancé sur la tête quelques météorites pour nous obliger à prendre conscience d’un Quelqu’un ou d’un je ne sais quoi qui nous domine, nous entoure et nous dépasse. Ces pierres tombées du ciel, ce sont surtout dans les déserts qu’on les remarque. En Arabie, les textes et l’archéologie nous révèlent qu’elles furent, avant l’islam, l’objet de vénérations. Rappelons que c’est une pierre du ciel, la pierre noire, que l’ange Gabriel remit à Ismaël - Ibrahim - afin qu’il l’enchâsse dans un angle de la Kaaba. Rappelons également qu’en Occident, ce sont des pierres que l’on dressait vers le ciel pour attirer l’attention des puissances célestes.

Comme une pierre tombée du ciel, c’est ainsi que j’aimerais qualifier la découverte, dans une grotte proche de Qumrân, des célèbres manuscrits de la Mer morte. Cette découverte date de 1947, autrement dit d’hier, mais la prise en compte de son importance a demandé un certain temps, je dirais même un temps certain. D’abord, il a fallu que les savants attendent que les armes se taisent dans la région, cedant arma togae. Et puis, il y eut des retards surprenants, très critiqués d’ailleurs, et d’autres dus aux difficultés de déchiffrement et de traduction.

En 1950, une communication d’André Dupont-Sommer présentant le "Maître de Justice" comme un prototype de Jésus produisit l’effet d’une bombe. Cette annonce provoqua une levée de boucliers et une vigoureuse riposte des instances catholiques qui ne pouvaient admettre que soit ainsi mise en cause la singularité du Christ et son caractère unique. (N° 189/janvier 1994 des Dossiers de l’archéologie, page 94, article de Jean Perrot, directeur de recherche honoraire au CNRS).

En 1956, J.-M. Allegro se brouilla avec l’Ecole biblique de Jérusalem, affirmant que M. Dupont-Sommer était encore plus près de la réalité qu’il ne le supposait. « Les origines de certains rites et doctrines du christianisme se retrouvaient, disait-il, dans les textes d’une secte extrémiste juive qui avait existé cent ans avant la naissance de Jésus-Christ... » (Note de l’auteur : au lieu de cent ans, lire deux cents ans). Cette "secte juive" a été presque aussitôt identifiée comme étant celle des Esséniens, que les auteurs antiques ont situés autour de la Mer morte, ce qui est en parfait accord avec l’emplacement du site de Qumrân.

Or, voici ce qu’on peut lire dans le document intitulé Rouleau des hymnes, V, 7 et 8 : « Tu m’as placé dans un lieu d’exil parmi de nombreux pêcheurs qui étendent leurs filets sur la surface des eaux. » La Mer morte n’ayant ni poissons, ni pêcheurs, les manuscrits n’ont donc pu être rédigés, en fait, que dans la région du lac très poissonneux de Galilée, dans le Nord de la Palestine. Et il s’agit non pas d’une simple secte mais d’un important courant du judaïsme, le plus authentique et le plus ancien qui, après l’exil de Babylone, s’est réimplanté dans la région. Ces Galiléens et ces Babyloniens, dont les manifestations révèlent l’ardeur religieuse, sont cités plus d’une fois par l’historien juif Flavius Josèphe. Peut-être se considéraient-ils toujours comme des exilés en s’opposant à ceux qui, à Jérusalem, avaient le pouvoir ainsi que le bonheur insigne d’habiter dans la Ville sainte ? Dans cette hypothèse, les documents retrouvés à Qumrân doivent être considérés comme une copie ou un double à l’usage d’un monastère propulsé dans le désert de Judée à l’image d’une tête de pont, en vue de la reconquête future de la Ville.

Jean-Baptiste, l’ermite du désert, était-il un Essénien de Qumrân ? Flavius Josèphe le cite dans ses ouvrages. Connaissait-il les documents qui y ont été découverts ? Oui, cela ne fait aucun doute. Mais au Ier siècle de notre ère, la pensée essénienne a évolué. Les épis de blé qu’il ne fallait pas ramasser dans les champs le jour du sabbat (Ecrit de Damas, X, 20 à 23), les disciples de Jésus les cueillent dans l’Evangile de Marc. Pire, ils ont l’intention d’en faire griller les grains alors que dans les manuscrits de la Mer morte, il fallait préparer le repas la veille pour ne pas avoir à travailler le jour consacré à la prière. Ce jour-là, si une bête trébuchait dans un puits, on ne la retirait pas ; si un homme tombait dans un trou d’eau, on ne lui tendait ni échelle ni corde ; si une vache avait un accouchement difficile, on laissait périr le veau (Ecrit de Damas, XI, 13). Et même, d’après Flavius Josèphe (Guerre des Juifs, II, 8 - 9), certains se retenaient d’uriner jusqu’au soir pour ne pas offenser le Seigneur. Et Jésus enseigne, corrige, modifie et remet l’évolution sur ses rails. « Il est écrit ceci dans la loi de Moïse... mais moi, Je vous dis... » Non, la femme qui a ses règles n’est pas impure. Non, les maladies ne sont pas des châtiments que Dieu inflige à l’homme pour le punir de ses péchés. Non, on ne lapide pas la femme adultère. Le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat (imaginez que le Christ ait eu la mauvaise idée de supprimer ce repos hebdomadaire, et ce sont nos week-ends qui n’auraient peut-être jamais vu le jour).


Au IVe siècle, l’empereur Constantin ouvre, à Constantinople, le premier concile de l’histoire, celui de Nicée. Il s’agit de trancher sur les thèses d’Arius qui divisent les évêques d’Orient. Le Père et le Fils ne seraient pas de la même substance, d’après cette conception. Jésus ne serait donc pas Dieu. Cinq évêques d’Occident assistent au concile. A l’issue d’un débat très argumenté, l’arianisme est condamné, le Christ sera Dieu. Et c’est ainsi qu’après le Je vous salue, Marie, et après le Notre Père chaque dimanche depuis cette date, nous récitons sous le nom de Credo le symbole de Nicée : Nous croyons en un seul Dieu, le Père tout-puissant créateur de toutes choses visibles et invisibles et en un seul Seigneur Jésus Christ, le Fils unique, c’est-à-dire, le Fils de Dieu, né du Père comme Fils unique... Dieu né de Dieu, engendré, non pas créé, consubstantiel au Père... qui, pour nous les hommes, et pour notre salut, est descendu et a pris chair, s’est fait homme... est ressuscité... est monté aux cieux d’où il viendra juger les vivants et les morts...

Mahomet apparaît dans le cours de l’histoire, à La Mecque, vers l’an 578. Neuf ans plus tard, son oncle, qui fait du commerce avec la Syrie, accepte de l’emmener avec lui. La caravane fait étape à Bosra, cité chargée d’histoire, plus précisément au monastère de Ba’hirâ. C’est là qu’un moine (des moines) découvre sur le corps de l’enfant le sceau de la prophétie.

Quel était le nom de ce monastère ? Saint-Siméon comme celui de Syrie ? Saint-Georges comme celui qui se trouve près du Krak des chevaliers ? Dans le cas d’une fondation d’après J.-C., on pourrait penser à l’abbaye Saint-Pierre, mais dans le cas de Bosra, qui existait bien avant J.-C., il faut remonter plus haut dans le temps. Je fais donc l’hypothèse logique que le monastère de Ba’hirâ portait le nom de Gabriel. Gabriel, c’est en effet le nom du grand archange préféré des Esséniens. C’est lui qui prophétise dans le livre de Daniel, au temps de l’exil. C’est lui qui fait l’annonce à Marie. Il est le héraut qui, la nuit, se fait voir dans sa constellation céleste, mais il est aussi, sur terre, dans l’esprit des communautés monastiques qui portent son nom. Sur les murs aujourd’hui écroulés du monastère de Ba’hirâ, se trouvait-il une fresque qui le représentait ? C’est probable.

Bref, Mahomet avait quarante ans quand Gabriel lui apparut la première fois : « Je te salue, Mahomet, lui dit l’ange de Ba’hirâ (suivant mon hypothèse), tu es l’apôtre de Dieu. » Quelque temps après, dans un grand fracas, Gabriel se manifesta de nouveau et lui dit : « Appelle les hommes à Dieu... »

Il est fort possible que les moines de Ba’hirâ aient été des opposants à la décision prise par le concile de Nicée qui fit Jésus, Dieu. Ces moines étaient instruits. D’après le livre de Tabari, ils étaient détenteurs d’un livre qu’ils se transmettaient soigneusement d’une génération à l’autre. Un livre ? Ou plutôt des livres : les anciennes écritures, les évangiles sans oublier les documents de Qumrân. Il est impensable qu’une telle documentation, indispensable à la réflexion théologique et politique, ne se soit pas trouvée à Bosra, capitale mystique de la région, dans la bibliothèque de son monastère.

Jean-Baptiste était une sorte de Gandhi. Il prêchait et baptisait les foules. Cet homme, qui discutait avec les puissants (voir Flavius Josèphe), avait choisi, apparemment, de convaincre, plutôt que de faire usage de la force. C’est dans le cadre de cette stratégie que le serviteur du centurion a été guéri dans l’Evangile de Luc, pacifiquement, mais en respectant le contrat suivant : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». C’est sur la base de ce contrat que s’est ensuite converti au symbole de Nicée l’Empire romain d’Occident presque en entier. Mais dans ce Proche-Orient si compliqué, les avis semblent avoir été beaucoup plus partagés. On devine que, dans les monastères, les moines discutaient fermement. Entre les livres sapientiaux et le Règlement de la guerre des documents de Qumrân, ils pouvaient hésiter. Quel futur et dernier prophète fallait-il promouvoir ou soutenir pour le Proche-Orient, un Gandhi ou un chef de guerre ?

Tabari et Ibn Hichâm nous donnent la réponse dans leurs ouvrages. Ils nous montrent, dans une première période, un Mahomet prêchant et souffrant à La Mecque puis, dans une deuxième période, un Mahomet chef d’État et chef de guerre à Médine.

L’esprit qui vient d’en haut, la certitude de détenir la vérité, la guerre au nom de Dieu, le martyre qui ouvre les portes du paradis, le drapeau qu’on remet au départ des expéditions, les oriflammes avec leurs devises guerrières, la rigueur religieuse, l’intervention des anges dans les batailles, les détachements de mille hommes, tout cela se retrouve dans l’histoire de Mahomet, après Médine, dans la droite ligne de ce que les "Saints de Dieu" des documents de Qumrân avaient projeté mais qu’ils n’avaient pu réaliser.

Irréfutable précision, les noms des quatre archanges, Michel, Gabriel, Sariel et Raphaël qui, dans le plan de mobilisation de l’armée essénienne (Règlement de la guerre), désignent des tours humaines de trois cents combattants, se retrouvent dans l’armée musulmane pour désigner, suivant mon interprétation, les éléments réservés qu’on lance dans la bataille, en dernier recours, pour emporter la décision... et la victoire... victoire des anges. Ces troupes d’élite, ce seront celles-là qui auront le grand honneur d’accompagner le cortège funèbre du Prophète... Gabriel, Michel, Izrafil, Azrël.

La stratégie que les Esséniens ont élaborée deux siècles avant J.-C. pour reconquérir le Croissant fertile, Mahomet et ses successeurs l’ont mise en oeuvre huit siècles plus tard.

E. Mourey

site internet [->http://www.bibracte.com]

(extraits de mes livres publiés et non publiés)

Documents joints à cet article

Les origines esséniennes du christianisme et de l'islam Les origines esséniennes du christianisme et de l'islam Les origines esséniennes du christianisme et de l'islam

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163 réactions à cet article    


  • Demian West (---.---.224.19) 5 décembre 2006 11:32

    Cher Emile,

    Outre que le sujet de votre article sait tétaniser l’attention quand on vous lit, j’aime beaucoup, sur le plan poétique et mystérique, vos hypothèses qui font oeuvre de suites fécondes en richesses spirituelles.

    Aussi, il serait encore plus merveilleux que vous nous disiez plus précisément sur lesquels éléments, textes, et ouvrages de références, vous auriez établi vos hypothèses.

    Demian West


    • Emile Mourey Emile Mourey 5 décembre 2006 12:33

      A Demian West

      Merci de votre soutien. J’ai étudié les manuscrits de la mer Morte entre 1984 à 1988, principalement d’après la traduction qu’en a donné le professeur Dupont-Sommer et de quelques autres feuillets que son épouse m’avait envoyés après le décès de son mari. (cf.A. Dupont-Sommer - Les écrits esséniens - éditions Payot, réédition 1983.)

      J’ai travaillé également sur les ouvrages de Flavius Josèphe ; (cf.Flavius Josèphe - Antiquités judaïques - traduction Arnauld d’Andilly et J.A.C. Buchon, 1968, éditions Lidis.)Egalement Flavius Josèphe - Guerre des Juifs - Traduction de A. Pelletier. Tomes I à IV. Société d’édition “Les Belles Lettres”, 1975.

      Les derniers textes des manuscrits ont été traduits par R. Eisenman « Les manuscrits de la mer Morte révélés », éditions Fayard, septembre 1995. Publiée après mes écrits, c’est une œuvre majeure qui recoupe mes interprétations sur de nombreux points.

      Depuis cette date et après la publication de mes ouvrages sur l’histoire du Christ en 1996, j’ai été pris par d’autres occupations.

      Amicalement


    • Demian West (---.---.246.139) 5 décembre 2006 13:15

      Cher Emile,

      Merci, pour vos précisions complètes.

      On notera, par ailleurs, le système de vote des commentaires qui dérive jusqu’à considérer que des félicitations pour votre article, ainsi qu’une demande polie de quelques références supplémentaires qui seraient bien-utiles à la poursuite de cette étude : seraient un commentaire non-constructif et donc à replier.

      CQFD

      Demian West


    • pierrot (---.---.141.25) 5 décembre 2006 18:41

      DW !

      j’aime pas quand tu délires et je ne souscrit pas à tes avis en règle générale.

      MAIS LA c’est carrément dégueulasse


    • Demian West (---.---.116.51) 5 décembre 2006 19:24

      A Pierrot,

      C’est surtout l’expression que ce qu’on expérimente pour me mener à quelque silence (improbable) sera bientôt appliqué à tous, et à vous ainsi qu’à tous ceux qui se taisent aujourd’hui.

      Plus tard, quand ils voudront simplement parler, et qu’on ne leur permettra plus de parler : ils appelleront des personnes afin qu’elles les aident à recouvrer la parole.

      Et d’aucuns leur diront : « Quand Demian a été replié, on ne t’a pas entendu te plaindre qu’on le censurait. Maintenant, il n’y a plus personne pour parler, car tous se sont tus, puisqu’ils ont peur de parler. »

      Bienvenu dans le nouveau monde orwellien.


    • pierrot (---.---.141.25) 5 décembre 2006 23:13

      @ Demian West (IP:xxx.x21.116.51) le 5 décembre 2006 à 19H24

      Ok on ne va tout de même pas dire que t’en dit des plus grosses que toi. C’est un fait avéré.

      Mais de là à fusiller par défaut ...tout de même faut pas pousser.


    • La Taverne des Poètes 5 décembre 2006 23:34

      à Demian West,

      Le repliage par un ou deux anonymes ne grandit pas ceux-là : au contraire, il vous distingue et vous rend hommage. C’est là ce qui rend inepte l’entreprise de ces idiots intolérants (Brassens aurait dit des « cons »).

      Aujourd’hui, quand je vois un commentaire de Demian West, je le déballe comme un papier cadeau.

      Pour le système de vote, je ne change pas d’avis. Je dis qu’il faut le conserver mais que, si persévéver dans l’erreur est une faute, persévérer à ne pas voir que le contrôle mis en place est passé aux mains de quelques-uns (bref que le contrôle échappe à tout contrôle !) serait de la censure. C’est pourquoi je re-redis qu’il faut que les commentaires pliés abusivement soient dépliés par la modération et soient figés c’est-à-dire soustraits aux votes.

      Hugh j’ai parlé. smiley


    • domdi (---.---.177.21) 6 décembre 2006 10:56

      non Pierrot, Demian a raison cette fois-ci, son commentaire est très correct et à-propos et pourtant se retrouve replié par -21 votes ! C’est aberrant et montre juste qu’en ce qui le concerne quoi qu’il écrive il se retrouve « condamné », c’est aberrant. Il faut quand même noter selon le commentaire écrit et pas au vu du personage. Qu’on l’aime ou pas est irrelevant et personel, c’est de l’acharnement à son encontre.

      Vous pourrez bien dire qu’on récolte ce que l’on mérite, mais alors il faut être soi-même bien prudent hein et le pardon reste la clef d’un esprit libre. smiley


    • Jean 30 décembre 2009 20:55

      Bonjour,

      je tiens à signaler une erreur très répandue qui est d’écrire « Mahomet » alors qu’en réalité il s’agit de Mohamad !

      horaire de priere


    • domdi (---.---.194.44) 5 décembre 2006 11:54

      c’est étrange... il me semble que les esseniens n’avaient pas le droit de porter une arme.

      Ce qui semble sûr par contre c’est que LA prière, le notre père, du Christ est une adaptation d’une prière essenienne, d’ailleurs l’eucharistie introduite en sainte scène sont de nature essenienne, le partage des aliments était une de leurs règles.

      On peut aussi noter que les esseniens étaient connus pour être de bons guérisseurs, qu’ils s’habillaient de blanc et qu’ils s’appliquaient à connaître toutes les médecines de leur époque ce qui leur valait le respect des autres tribus.

      Le terme de charité de la terre (devenue la charité chrétienne de la mère, de la vierge) est probablement issu du karité, de l’arbre et du beurre de karité, capable de soigner multiples maux.

      On peut facilement se dire que Jésus a visité les esseniens, a sûrement vécu parmi eux et revient habillé de blanc comme eux. Sa transfiguration ayant lieu dans une de leurs communautés.

      De grandes sagesses provenaient des esseniens que l’église a tenté de discréditer, voire de faire disparaître dans sa course de pouvoir sur les hommes. Le fait-même que les esseniens débarquent dans le sud de la France pour fonder une colonie, qui ira s’implanter dans le massif de l’Aubrac et dont la mémoire nous vient des saintes Maries débarquant en Camargue est tout à fait plausible. Non pas seulement trois femmes, mais toute une communauté qui sera à l’origine des Cathares.

      Il ne serait pas étonant nomplus que les trois Maries en question aient été recueillies par les esseniens après la crucifixion.

      Que pensez-vous des livres des Meurois-Givaudans comme « mémoires esseniennes » ... plus intéressants et « inspirés » que vraiment instructifs à mon avis. Amitiés. smiley


      • Emile Mourey Emile Mourey 5 décembre 2006 12:58

        A Domdi

        Vous dites : il me semble que les esseniens n’avaient pas le droit de porter une arme.

        En réalité, les auteurs des manuscrits de la mer Morte ne se sont jamais donné le nom d’Esséniens pour la simple raison qu’ils se considéraient comme étant les seuls Juifs authentiques sortis de la cuisse de Jacob. En revanche, il ne fait pas de doute qu’ils se considéraient comme des saints de Dieu, et certains même comme des parfaits. D’où des qualificatifs divers pour distinguer différents courants ou établissements. D’où le terme essénien qui a probablement prévalu à l’époque où Flavius Josèphe a rédigé ses ouvrages. A cette époque, la guerre de Jérusalem de 70 avait eu lieu et le désastre ne pouvait qu’inciter ces Esséniens à revenir aux travaux des champs, ce qu’ils faisaient d’ailleurs très bien avant le conflit.

        J’ai conservé le mot essénien car c’est le terme retenu par la communauté scientifique.

        Quant aux livres des Meurois-Givaudans, je ne les connais pas.

        Cordialement


      • minijack minijack 7 décembre 2006 00:52

        Tout à fait d’accord avec vos hypothèses. Je les ai moi-même adoptées comme explications probables de tant de ressemblances entre le « maître de Justice » essenien et le Jésus (« sauveur », au sens de guérisseur) mais ce ne sont plus désormais que des spéculations. A défaut de trouver encore d’autres preuves convergentes de cette similitude, l’Eglise catholique reste la seule détentrice de la « vérité »...

        Quant aux ouvrages de Maurois-Givaudan (« De mémoire d’Essenien » et quelques autres), ils sont fascinants mais sont prudemment affublés de l’étiquette « romans »... Dans les années 60/70 un autre auteur avait fait un carton dans ce domaine de la spiritualité. je veux parler de Lobsang Rampa. On l’a vite décrié et dénoncé comme éttant un escroc.

        J’ai moi-même commis un ouvrage en rapport avec ce thème. Si vous avez aimé « De mémoire d’Essenien », je vous recommande Saga Deus, Temps UN que vous trouvez sur le Net en libre accès pour l’instant. Je crois avoir écrit également un excellent roman mais je n’en garantis pas la véracité. Seule l’expérience personnelle apporte une certitude.

         smiley


      • Emile Mourey Emile Mourey 7 décembre 2006 10:11

        A Minijack

        Je ne connais pas les ouvrages dont vous me parlez. Je me suis intéressé aux manuscrits de la mer Morte au moment où cela a soulevé une polémique. Depuis, j’ai été pris par d’autres occupations. J’ai lu les premiers chapitres de votre ouvrage. C’est très vivant, je vais le signaler à mes enfants car ce sujet les intéresse.

        Cordialement


      • panama (---.---.198.59) 5 décembre 2006 12:30

        J’ai visité Qumrân en mars dernier. Les esseniens passaient leurs journées en prières et en purifications. Le réseau de bains à Qumrân est impressionant, quand on pense qu’on se trouve en plein désert et à quelques centaines de mètres (à notre époque) de la mer morte.

        Les influences des esseniens sur le christianisme sont reconnues même par le vatican.

        Mais j’ai appris qu’ils en avaient eu également sur l’islam, et je vous remercie pour votre article si intéressant !


        • thomas (---.---.153.54) 5 décembre 2006 12:42

          Il serait aussi interessant de faire un article, sur les emprunts juives à toutes les cultures qu’elle a cotoyé, histoire de cesser certains mythe.


          • panama (---.---.198.59) 5 décembre 2006 12:46

            ... vous faites allusion aux babyloniens ?


          • Marsupilami Marsupilami 5 décembre 2006 13:06

            Comme par exemple les troublantes similitudes entre la Bible hébraïque et L’Epopée de Gilgamesh babylonienne...


          • Grouik (---.---.112.26) 5 décembre 2006 13:19

            Comme par exemple que Moïse n’est que l’image judaïque du pharaon Akhenaton, « inventeur » du monothéisme ?


          • (---.---.27.211) 5 décembre 2006 13:37

            Les origines égyptiennes de la culture juive n’est pas un mythe : C’est d’une totale réalité comme chacun sait, et c’est de plus d’une immense grandeur : Quelle nation n’est pas fière de devoir quelque chose à l’Egypte Antique ?


          • Davidian (---.---.249.40) 5 décembre 2006 13:55

            Ou peut-être est-ce le contraire ? l’influence de la société hébraïque sur l’égypte d’alors...


          • (---.---.27.211) 5 décembre 2006 14:05

            Rooh Davidian, là tu prends tes désirs pour des réalités. smiley

            J’ai comme l’impression que tu n’es pas égyptien. Je me trompe ? smiley


          • ZEN zen 5 décembre 2006 14:30

            @Thomas

            Je vous suggère la lecture de « L’invention du monothéisme-Aux origines du Dieu unique »(t.1 et 2) de Jean Soler (Hachette-Pluriel), qui m’a passionné .Bonne initiation, lecture facile avec une connaissance moyenne de la Bible et...bon marché.

            Bien à vous.


          • Marsupilami Marsupilami 5 décembre 2006 14:44

            ... et tant qu’on y est lire aussi La plus vieille religion du monde : en Mésopotamie de Jean Botéro.


          • (---.---.5.34) 5 décembre 2006 13:10

            Les Esseniens ont cotoyé les premiers chrétiens, ils baignaient dans le même univers culturel. Il est donc normal que l’on relève des points communs, mais il est certainement exagéré d’évoquer une origine essénienne ; l’influence des Pharisiens (même si ces derniers ont été fortement critiqués dans le Nouveau Testament), par exemple, me semble davantage déterminante. Il y a également un « effet loupe » dû à la découverte des manuscrits de la Mer morte. Les influences sont certainement multiples.

            idem pour l’Islam. Néanmoins, la piste de Luxenberg me semble prometteuse : certains passages jusque là obscurs du Coran (dans la partie plus ancienne, non-violente...) seraient la reprise d’un lectionnaire chrétien écrit


            • Briseur d’idoles (---.---.168.163) 5 décembre 2006 13:13

              Pourquoi vouloir trouver des références judaïques à tout ?


            • Davidian (---.---.249.40) 5 décembre 2006 13:43

              Milan briseur d’idoles, ça vous fait mal que l’islam soit le parent pauvre du Judaïsme....


            • miaou (---.---.5.34) 5 décembre 2006 13:12

              Les Esseniens ont cotoyé les premiers chrétiens, ils baignaient dans le même univers culturel. Il est donc normal que l’on relève des points communs, mais il est certainement exagéré d’évoquer une origine essénienne ; l’influence des Pharisiens (même si ces derniers ont été fortement critiqués dans le Nouveau Testament), par exemple, me semble davantage déterminante. Il y a également un « effet loupe » dû à la découverte des manuscrits de la Mer morte. Les influences sont certainement multiples.

              idem pour l’Islam. Néanmoins, la piste de Luxenberg me semble prometteuse : certains passages jusque là obscurs du Coran (dans la partie plus ancienne, non-violente...) seraient la reprise d’un lectionnaire chrétien écrit en syriaque.


              • Briseur d’idoles (---.---.168.163) 5 décembre 2006 13:16

                Qu’on me permette de ne pas vouloir me baigner dans un tel « jus » !


              • Bill Bill 5 décembre 2006 14:51

                @ miaou

                En effet un texte en araméen antérieur au Coran et dont le coran reprendrait des passages entiers aurait été mis à jour il y a quelques temps.

                Bill


              • Briseur d’idoles (---.---.168.163) 5 décembre 2006 14:54

                Selon ce même manuscrit, on descenderait tous du même arbre !


              • Bill Bill 5 décembre 2006 15:07

                Je suis toujours amusé par les théories douteuses de cet auteur ! Les chrétiens croyaient que Jésus est le fils de Dieu bien avant Nicée... Les questions débatues sont les suivantes, telles que notées dans wicki : Une controverse survenue au cours de ce Concile est devenue célèbre, et est restée dans l’expression « ne pas varier d’un iota ». Les nicéens soutenaient la thèse que le Fils était de même nature (ὁμοουσιος - homoousios) que le Père, tandis que les (semi-)ariens (qui furent excommuniés) soutenaient celle que le Fils était de nature semblable (ὁμοιουσιος - homoiousios) au Père. Les deux termes ne se distinguaient que par un petit iota.

                Les décisions prises au Concile ne mirent pas fin aux controverses trinitaires comme le montre la fondation des « Églises des deux conciles » (assyrienne) et des « Églises des Trois Conciles » (monophysites : arménienne, copte, syrienne) qui poursuivront leur développement en Arménie, en Égypte, en Syrie, en Éthiopie et en Inde du Sud.

                ils croyaient donc tous déjà que Jésus était fils de Dieu... Inutile de défendre vos opiniuons pro islamique par des thêses fumeuses à à ce point !

                Bill


              • Bill Bill 5 décembre 2006 15:12

                Les Esséniens sont des juifs comme les apotres et comme les habitants de Jérusalem, rien d’anormal à ce qu’on découvre des ressemblances ! Ils observaient par ailleurs les rites qui se trouvent chez les prophêtes et dans les psaumes... A noter qu’à cette époque, les juifs étaient très cultivés et lisaient tous régulièrement.

                Bill


              • Emile Mourey Emile Mourey 5 décembre 2006 16:00

                @ Bill

                Iota, petit détail ou simple nuance peut-être, mais toutefois capitale car entre l’expression « de même nature » et le qualificatif de « semblable », il y a le même fossé qu’il y a entre le mot Dieu et l’expression « enfant de Dieu ». D’après le texte de la Genèse, Dieu a créé l’homme à son image, donc semblable, mais il ne l’a pas créé « Dieu » (de même substance que Lui).

                L’expression « fils de Dieu », comme le qualificatif de prophète ne devait pas choquer à l’époque du Christ et même avant. Le texte de la Genèse évoque déjà des fils de Dieu qui voyant que les femmes des hommes étaient belles, prirent femmes parmi elles. (Genèse 6/2-4)

                Citation : « Fils de Dieu » s’applique traditionnellement à un homme exerçant le pouvoir suprême : en particulier, c’est une des qualités reconnues au pharaon, souverain politique et religieux. L’appellation « fils de Dieu » n’est pas un signe de divinité, mais un titre de souveraineté. Or, en Israël, la souveraineté est exercée, à la période post-exilique, par un monarque étranger, perse d’abord, puis égyptien, puis syrien, enfin romain ; et à Jérusalem, le pouvoir est partagé entre un grand-prêtre héréditaire et un gouverneur nommé. Le titre « fils de Dieu » s’applique alors logiquement à la fonction sacerdotale.(par Christian Amphoux)


              • Bill Bill 5 décembre 2006 16:08

                @ l’auteur

                Mais oui et je sais où vous êtes allé chercher cette théorie... Vous êtes donc un ignorant... L’évangile de Jean est plutot ancien, en 80 dit-on, les versets suivants 1.14 Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père. 1.15 Jean lui a rendu témoignage, et s’est écrié : C’est celui dont j’ai dit : Celui qui vient après moi m’a précédé, car il était avant moi.

                Il faut être ou bête, ou de mauvaise foi pour prétendre les absurdités que vous proférez...

                Bill


              • (---.---.106.163) 16 décembre 2006 21:09

                Fils de Dieu = fils de Dieu . Donc, nous venons de Dieu et retournons à Dieu : c’est possible ...


              • (---.---.28.21) 5 janvier 2007 15:13

                Absolument.... Jésus EST DIEU un point c’est tout...pas la peine de construire des théories pour nier ce point fondamental et premier de la foi Chrétienne.Si vous n’en voulez pas..passez votre chemin ...mais laissez nous en paix...personne n’est obligé d’adhérer ... Si Jésus n’était pas Dieu, alors notre foi est vaine...aucun sens...


              • thomas (---.---.153.54) 5 décembre 2006 13:29

                Pour dévier gentillement du sujet je dirais, toutes les religions menent au meme sommet, mais personnellement certaines me paraissent détour sur détour.


                • (---.---.113.65) 5 décembre 2006 14:32

                  J’ai beaucoup aimé aussi les écrits des « Meurois-Givaudan ». J’avoue que de savoir s’ils sont dignes de foi (leurs écrits), en rapport avec leur « technique » d’accés à cette expérience, ne m’a que trés peu dérangé. Leur écrits m’ont transportés et c’est déjà trés bien. Il est vrai que c’est assez surprenant la quantité de détails et de situations singulières qu’ils apportent. Si ce ne sont que les fruits de leur imagination débordante alors ils sont aussi trés fort...

                  merci pour votre article, ça aère un peu...

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