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Accueil du site > Culture & Loisirs > Extraits d’ouvrages > Marc Besse : dans le tipi de « l’Indien »

Marc Besse : dans le tipi de « l’Indien »

« J’écris pour me taire », disait Philippe Léotard. C’est un peu le jeu qui s’est instauré pendant 8 ans entre le taiseux Bashung (« l’indien », pour les affranchis et les proches) et Marc Besse, ex. journaliste aux Inrockuptibles, déjà auteur d’une bio sur Noir Désir. Icône classieuse de la chanson française ciselée et des billards textuels à trois bandes, Alain était un taiseux dans la vie. Il avait mis ses émotions censurées dans le container et avait jeté la clef aux orties du pavillon des lauriers. Il savait pourquoi : le bonheur, c’est juste du chagrin qui se repose, disait Ferré. Autant dire que ça partait mal, son affaire, au Sieur Besse, qui n’était ni sage-femme ni confesseur en robe de bure. Tout juste bon cuisinier. A force de sillonner la macédoine Bashungienne, l’incroyable est arrivé : la mayonnaise a pris. On peut déguster un peu de la gelée royale de l’« apiculteur ». Un peu seulement, bien sûr. Le reste est à la nuit. 

 
Autant le dire tout de suite, je ne voulais pas la lire, cette bio. Même pas en entendre parler. Trop tôt, trop tout. Trop près de ce 14 mars de malheur. Comme tous les proches et fans, je voulais naïvement que tout cela reste dans les disques, dans nos boites crâniennes et au Père Lachaise ("vigilant, dans son inquiétante étrangeté de pierres, les yeux clignotants, le peuple de Bashung", disait Bayon dans Libération au lendemain de l’enterrement).
 
- Cela partait mal aussi pour Marc Besse, en 1990, quand il tente une approche de Bashung après l’album "Novice". La réponse est cinglante : " Tu veux qu’on se voie ? Pour quoi faire ? L’amour ?".
Le fan qui n’est pas encore chroniqueur aux Inrockuptibles devra attendre 10 ans pour s’approcher de nouveau de l’Indien, et se glisser en observateur de sa personnalité caméléon ( d’où le "s" à Bashung dans le titre). Jusqu’à faire la cuisine chez lui, car Besse n’est pas du Sud Ouest pour rien, et les escalopes de foie gras poêlées et déglacées au Monbazillac ont un peu fendu l’armure de celui qui n’a longtemps mangé que des pizzas ( jusqu’à en faire un album).
 
- Non, je ne voulais pas lire cette bio, mais c’est Jean Fauque qui m’a convaincu.
 
 Le survivant du canal historique Bashungien. L’ami de 34 ans, le confesseur des maux d’Alain qu’il transformait en mots. D’abord ami, puis régisseur de ses tournées, puis son parolier pendant 10 ans de ping-pong verbal de haut niveau (" des prix décernés à tes yeux"," les ombres s’échinent à me chercher des noises", "ma vie sous verre s’avère ébréchée"). Lui qui a sauvé au moins deux fois la vie d’Alain, qui l’a emmené par ses textes dans "les hauts de Bashung", en banlieue de la poésie, du jeu de mots, du courant multiprises et des contre-allées en sens interdit.
Il m’a dit qu’il avait tout relu de cette bio, veillé aux détails , aux dates, à la mémoire. Un sésame. Il m’ a dit que Marc Besse n’était pas un "crevard" venu vendre sa soupe à la mort de "pépère". Qu’il y travaillait en silence depuis 8 ans. Que petit à petit, A.B l’avait accepté et baissé (un peu) la garde. Qu’il avait aussi relu la majorité des chapitres. Que quand il a rendu sa maladie publique, Besse voulait tout arrêter, mais que Bashung lui a dit de continuer. Préférant valider de son vivant un travail fiable et recoupé que de laisser venir l’imprudence des écrits post-mortem de complaisance, ou, au contraire, les charognards.
 
- Donc, j’ai pris le livre en mains : d’emblée, j’ai touché la couverture dont certaines parties sont en taille douce, pressées en relief. J’y ai vu comme un bouton à pousser pour vaincre le signe indien, et rentrer un peu de le tipi mystérieux.
Puis, j’ai lu. D’abord la préface de Fauque : simple, limpide, pure comme un diamant, lui qui savait si bien faire dans l’alambiqué.
 
-Puis le reste du récit, que Besse a délibérément choisi de faire selon un plan chronologique, en ne gardant que 300 pages des 600 que comptait le manuscrit original. Il l’a débuté en écrivant d’abord la fin. La chambre finale de l’hôpital St Joseph. Ces Victoires de la Musique de malheur, le 28 février 2009, où la faucheuse et les voyeurs se sont bien rincés l’œil. Ce soir où ses bras trop maigres chargés de trophées trop lourds disaient le "yé n’en pé plou" lancé en 1980. Décharné mais apparemment heureux, il tutoyait déjà l’aigle noir de Barbara.
Besse nous parle ensuite de l’incroyable tournée en noir et blanc de "Bleu pétrole" en 2008, le pied de nez à la chimio et aux cancérologues bien-portants. 40 dates où il a forcé le respect et le destin, avec une voix intacte et puissante. Sa manière de nous dire que la vie ne vaut rien, mais que rien ne vaut la vie. Sa manière de dire, comme Ferré sur la fin, "si vous m’aimez, n’applaudissez pas"’.
 
Oui, et puis, avant tout ça, avant le "nénuphar dans le poumon" (sa manière de désigner le crabe), le Bashung royal mais jamais apaisé. L’astre noir perfectionniste et tourmenté, souvent dans l’introspection, qui a toujours un coup d’avance sur musiciens, paroliers et arrangeurs.
Le Bashung qui s’est assis, après 15 ans de galère professionnelle , à l’arrière des berlines du succès et du respect des pairs.
On remonte aux années 60/70 de galère parisienne, au jeune homme timide qui veut faire du rock à la française, quelle idée…Les Guy Lux et Carpentier regardent sans comprendre celui qui plus tard fera son footing au milieu des algues et des coraux, mais qui n’a pas encore le contrat de confiance et l’encéphalo qu’il faut.
Il finira ses recherches (et débutera la bio) par les passages qu’AB n’a pas relu. L’enfance marquée au fer rouge d’un destin qui boit un peu et distribue ses mauvais coups au hasard. Le studio de la rue Marcadet où une Maman célibataire lui donne le jour au bout de sa nuit, d’un père inconnu trop connu. Alain cherchera en vain l’amour de cette mère, mais il n’y avait pas de place pour s’y garer.
Ce sera l’exil en Alsace dans la famille de son père adoptif, les foins, les humiliations, la langue étrangère qui bouleversera à jamais son champ lexical.
 
 
- Cette biographie tente honnêtement de rendre témoignage de l’être complexe que fut Bashung : un personnage tantôt lunaire, tantôt solaire, qui brûlait alors tout ce qu’il touchait.
Elle n’oublie presque personne de ceux qui ont compté ou aidé "le Bash" à devenir ce qu’il fut. Ni le KGDD, ni aucun auteur ou parolier (y compris les moins connus comme Daniel Tardieu, Pierre Grillet). Aucun guitariste, d’Olivier Guindon à Yann Péchin. Aucun express, aucun des wagons qui se sont un jour accrochés à la locomotive Bashung.
Elle inclut aussi les silences et les moues de l’Indien à certaines questions de Besse. Les assentiments tacites. Le genre"ouais, tu peux dire ça comme ça".
L’auteur cite volontiers Oscar Wilde : "l’homme est moins lui-même quand il est sincère, mais donnez-lui un masque, et il dira la vérité".
 
Ah oui, deux choses encore.
 
-Quand on demande à Marc Besse ses projets, ce qu’il compte faire après cette biographie, il répond : "Arrêter de fumer. Je ne vois que cela". Ce ne sera pas simple Mr Besse, car "volutes partent en fumée", chantait l’Indien il y a longtemps déjà. Qui s’y connaissait en Gauloise blondes légères qui goudronnent le rail à plume des Lucky Luke et des Lucky Strike.
 
-Quant à Jean Fauque, le soldat sans joie dont la compagnie de l’ami de 30 ans a déguerpi dans la 13 ème Division du Père Lachaise ( première à gauche après le Rond-point Casimir Perrier), il chante. Avec sa voix Marlboro King Size, il dit simplement sa douleur intacte, massive, son Tchernobyl à lui : ne pas avoir pu sauver son ami. Il le chante bien, crooner des boites crâniennes, des kilomètres de vie en gris et des lendemains qui tuent. Dans son album buissonnier "13 aurores", et la tournée des petites salles parisiennes qu’il écume depuis un an . On dit à Paris que par nuit claire et vent du nord, sa voix porte jusqu’au dernier tipi de l’Indien.
Ce qui reste de Bashung est là, chez " le Janot ", et nulle part ailleurs.
 
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
 
 
Notes :
1. Marc Besse, "Bashung(s), une vie" ; Préface de Jean Fauque, Ed. Albin Michel.
 
2. Jean Fauque sera en concert le 20 octobre au Festival de la chanson française à l’Amphi Richelieu de la Sorbonne (75005 Paris), le 23 octobre à Louviers, les 17 et 18 décembre à l’espace Jemmapes à Paris 10 ème.
 
3. Merci à Jean Fauque et Marc Besse de m’avoir ouvert leur table et partagé nos souvenirs communs, cette soirée du 24 septembre à Bruxelles.
 
 

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25 réactions à cet article    


  • Volontaire Volontaire 30 septembre 2009 11:13

    « L’homme est moins lui-même quand il est sincère, mais donnez-lui un masque, et il dira la vérité ».

    Merci à l’auteur pour cette brillante et sensible incursion en pays indien, et aux auteurs de cette sublime biographie, qui hantera longtemps nos mémoires. Il en va de ces mots couchés sur le papier comme de ces précieuses petites clés d’or, dons des nues qui dévoilent à défaut de les ouvrir de toutes petites portes protégées par de lourds rideaux.

    « Parce que les signes tracés, aussitôt le feu les fambe » * mais aussi parce que « seul ce que j’ai perdu m’appartient à jamais »**

    * Jean Tardieu
    ** Christophe Miossec/Rachel

    PS : L’espace Jemmapes (La scène du Canal) se situe au 116 Quai de Jemmapes, dans le Xème arrondissement de Paris


    • SANDRO FERRETTI SANDRO 30 septembre 2009 11:32

      Merci Volontaire, on ne saurait mieux dire.

      PS : je saisis l’occasion pour corriger une coquille en note de bas de page.
      L’ami Jean Fauque sera en concert le 17 décembre à 20H00 à l’espace Jemmapes (et non en septembre), et c’est dans le 10 eme et non le 14 eme, comme a déjà corrigé Volontaire.
      Une occasion rare d’écouter la longue plainte de l’Indien. Il faudrait beaucoup de visages pâles pour entendre ce chant...


      • Philippe D Philippe D 30 septembre 2009 11:39

        Paris, 12 Septembre

        2 hommes assis à la terrasse d’un bistrot parlent longuement, très longuement.
        Moi assis à la table voisine.
        Leur conversation m’attire irrésistiblement, les souvenirs qu’ils évoquent tournent autour de Bashung et du livre que l’un d’eux fait paraître.
        L’un des deux est Marc Besse, le second je ne sais pas.

        Je n’avais aucun droit d’entrer dans leur conversation, de l’écouter ni d’essayer d’intervenir.
        Pourtant qu’elle envie j’ai eu.

        Le nombre de mégots dans le cendrier attestait de la durée de leur échange, de la difficulté de s’arrêter de fumer.
        J’ai bien du en griller 3 moi aussi.
        J’arrêterai sans doute trop tard.


        • SANDRO FERRETTI SANDRO 30 septembre 2009 12:17

          Bonjour Philippe,

          « A l’analyse y ressortirai
          Que j’suis pas d’équerre
          J’m’accroche au cendrier
          J’m’arrange pas les maxillaires... »

          ...chantait-il il y a longtemps dans « Volontaire » (extrait de « Play Blessures », co -écrit avec Gainsbourg, qui s’y connaissait aussi en cendriers )

          Votre deuxième convive était-il ce Monsieur ?

          http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/jean-fauque-le-jongleur-immobile-53938


        • Philippe D Philippe D 30 septembre 2009 22:25

          Non Sandro,
          Sûrement pas. Ils en ont beaucoup parlé, et de sa préface aussi.


        • Volontaire Volontaire 30 septembre 2009 12:01

          En fait, il s’agit d’une géographie nocturne secrète : le XIVème abrite l’Entrepôt, un trés bel espace culturel, le XIIème le China damier noir et blanc aux subtiles saveurs d’Asie, le Vème le trés solennel amphithéatre Richelieu de la Sorbonne, riche de son histoire et le Xème la scène du Canal de l’Espace Jemmapes, qui borde le Canal St martin. Que c’est beau une ville la nuit...


          • rocla (haddock) rocla (haddock) 30 septembre 2009 14:24
            Parole Osez Josephine
            A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y #

             Osez Josephine

            A l’arrière des berlines
            On devine
            Des monarques et leurs figurines
            Juste une paire de demi-dieux
            Livrés à eux
            Ils font des p’tits
            Il font des envieux

            A l’arrière des dauphines
            Je suis le roi des scélérats
            A qui sourit la vie

            Marcher sur l’eau
            Eviter les péages
            Jamais souffrir
            Juste faire hennir
            Les chevaux du plaisir

            Osez osez Joséphine
            Osez osez Joséphine
            Plus rien n’s’oppose à la nuit
            Rien ne justifie

            Usez vos souliers
            Usez l’usurier
            Soyez ma muse
            Et que ne durent que les moments doux
            Durent que les moments doux
            Et que ne doux

            Osez osez Joséphine
            Osez osez Joséphine
            Plsu rien n’s’oppose à la nuit
            Rien ne justifie

            Osez osez
            Osez osez
            Osez osez Joséphine
            Osez osez Joséphine
            Plus rien n’s’oppose à la nuit
            Rien ne justifie

            • SANDRO FERRETTI SANDRO 30 septembre 2009 15:15

              Salut Had,
              Toi dont je sais que tu aimes les mots et leur jeu, sache que beaucoup ne soupçonnent pas le billard multi-bandes auquel ont joué l’Indien, Bergman puis Fauque pendant longtemps.
              « Osez » n’est pas la plus représentative, mais quand méme :
              L’autre soir avec Marc et Jean , on se rémémorrait les jeux de sens :( ce que j’appelle les contre-allées et les sens interdits)
              « à l’arrière des Dauphine », ca vise bien sur la petite Renault, mais aussi le libertin qui jouit des faveurs intimes des filles des monarques de la première strophe. Et en propulsion arrière, s’il vous plait. Sans payer de péage.

              Aussi les alitérations/
              « faire hennir les chevaux du plaisir » et « l’écheveau du plaisir »...

              La plupart des gens auront fredonné Bashung sans en comprendre le tiers.

              Bref, il nous manque . Il manque « à la pelle » ( et pas seulement à l’appel) disait-il souvent dans un rictus.

              Et que ne doux.


            • rocla (haddock) rocla (haddock) 30 septembre 2009 15:31

              Exact Sandro .

              Je l’ aime le son des phonèmes .

              Des fois je me glisse dans une voyelle pour écouter la volupté des consonnes .

              Dring .

              J’ aime encore plus ta sobre façon de naviguer entre les lignes bleues des choses .

              Continues .


            • tonton 30 septembre 2009 15:52

              oui, la multi-lecture .... comme Serge


            • SANDRO FERRETTI SANDRO 30 septembre 2009 16:00

              Du reste, Joséphine ne s’appellait pas comme cela, dans le texte initial de J. Fauque.
              C’est AB qui l’a changé, en mémoire de Wingersheim en Alsace. Besse ne disant pas pourquoi et pourquoi sur cette chanson, je ne le dirai pas non plus.

              Pour parler de l’étrangeté, elle était très souvent mâtinée de blessures autobiographique, mais comme l’Indien était pudique et savait se tenir, il glissait des choses, mais en maquillait aussitot le sens et le contexte.
              Par exemple dans« j’ai longtemps contemplé »( superbe chanson parlée à la « y’a plus rien » de Ferré, inspirée justement de l’écoute de l’intégrale de Ferré à Bruxelles avec J.F un jour de 94 où les studios ICP étaient en chomage technique pour l’enregistrement de « Chaterton »), un passage semble évoquer la drague, et tout de suite après , une affaire étrange de luzerne :
              « Au self les elfes me sollicitent
              Tites-moi ou tires-toi
              J’suis pas libre, j’ai ma luzerne ».

              Il s’agit en fait des reminiscences de l’humiliation d’AB adolescent en Alsace. Il faisiat les foins dans la famille de son père adoptif, suant, lorsque des filles passent et leur propose de les accompagner au bal. AB et ses compères, penauds, répliquent « j’suis pas libre, j’ai ma luzerne ».
              Pour brouiller les pistes, il ne situera pas l’action à la campagne, mais dans des HLM ( « ces cités immenses où je ne rutilais pas ».)
              L’étrangeté nait du contraste entre le self d’un grand ensemble urbain et la luzerne.
              Mais le sens caché et là.
              Il y en a des dizaines comme ça.

              Pour ceux qui ne connaissent pas « j’ai longtemps contemplé », voilà le bijou :

              http://www.frmusique.ru/texts/b/bashung_alain/jailongtempscontemple.htm


            • rocla (haddock) rocla (haddock) 30 septembre 2009 19:49

              Il pourrait se trouver que le prénom Joséphine ait été choisi à cause de son séjour en Alsace , pays qui compait à l’ époque du jeune âge à Alain  de nombreux Joseph et Joséphine . Quand j’étais petit on fêtait le Seppi-tag ( le jour de la saint Joseph ) .Ma grand-mère s ’ appellait Joséphine . Quel hasard heureux . Je la vois à l’ arrièr d’ une Daupine , elle a rajeuni de 80 ans du coup ..La vie l’ a emportée à 102 ans , salut Joséphine ... je t’ ai adorée .

              MaIs sans-doute il y a une autre raison ?


            • mika.baila-girl mika.baila-girl 30 septembre 2009 19:53

              Et ta soeur cap’tain, elle bat le beurre ?

              Révises tes classiques, y’a une biblio qui se devrait être privilégiée d’entre toutes sur Avox.


            • SANDRO FERRETTI SANDRO 30 septembre 2009 21:22

              Oui, et une plus noire que cela.
              Joséphine est morte à 51 ans, diabétique, et pesait 120 kgs.En Alsace.
              Le reste est à la nuit, on te dit...


            • A. Nonyme A. Nonyme 30 septembre 2009 14:45

              Beau texte et belle évocation. Bravo et merci.


              • Paul Cosquer 30 septembre 2009 14:57

                Respect. Bashung était un ange du bizarre. Ses textes voguaient dans l’absurde et le surréalisme. Bel hommage. Je lui dédierais bien un texte mais là je suis dans la filiation Vian...Et puis il y a tant de chansons à écrire. J’admire sa sobriété et sa parcimonie d’expression dont je suis assez le contraire.


                • tonton 30 septembre 2009 15:45

                  je ne lirai pas ce livre
                  je ne retiendrai que les disques

                  a +


                  • Yohan Yohan 30 septembre 2009 18:04

                    Salut Sandro
                    Très bien écrit , comme d’hab.
                    PS : Tu devrais te mettre au polar. je suis sûr que tu trouverais un éditeur.


                    • SANDRO FERRETTI SANDRO 30 septembre 2009 21:34

                      Salut, Yohan
                      Des polars ?
                      Ouais, il y en a quelques uns qui dorment à la SGDL. Pas assez faim, sans doute. Ni le temps ni l’envie de faire la tournée des grands Ducs. La faim, faut respecter.Et moi, j’ai pas.
                      Parolier de l’Indien, ça m’aurait mieux convenu.
                      Il avait le coté obscur de la force, et moi la force de l’obscur.
                      La rencontre a eu lieu il y a longtemps. Il m’a reçu poliment ( il était le plus souvent poli avec les gens, surtout dans les dernières années.
                      Il avait lu mes textes de chansons (apparement) et m’a dit que « c’était pas mal ». Mais que , désolé, il était déjà en main avec un escroc, un « beau salopard » ( c’était une expresssion amicale dans sa bouche, beaucoup vous le confirmeront).
                      Le beau salopard, c’était Mr Jean Fauque, « le Janot ». Nous étions un soir de novembre 1990.
                      Comme quoi, avec le recul et l’oeuvre parcourue, on peut dire qu’il y a quand méme des jours où le destin ne boit pas, et fait les choses comme il faut. Bougrement.

                      J’ai déchiré tous mes trucs.
                      Depuis , je suis « folk writer ».
                      J’écris pour les gens.
                      Bonsoir, les gens.


                    • SANDRO FERRETTI SANDRO 30 septembre 2009 21:39

                      @ Furtif
                      Il faudrait que tu me laisses l’adresse mail que j’ai vu rapidement en modération hier, mais qui s’est effacée quand, par erreur, j’ai voté.
                      Mais pas ici.
                      Ici, on cause d’un grand Monsieur, ça me génerait un peu.
                      Vale.
                      « Et que ne durent que les moments doux, et que ne doux ».


                    • Volontaire Volontaire 30 septembre 2009 21:11

                      Sur la question des alitérations, un petit mot en repassant ce soir par Avox (une bien belle boutique au passage)... Pour être certaine de ne jamais les saisir immédiatement, de me laisser porter au fil des écoutes par la multitude des sens possibles, je n’ai jamais chercher à découvrir les textes dans les livrets des albums....


                      • jack mandon jack mandon 3 octobre 2009 10:20

                        @ Sandro

                        Alain Bashung, à chacun sa facette, sa particule d’étoile.
                        La poésie, ce sont les étincelles dans la nuit originelle, le feu magique sur la terre abandonnée, la lueur d’espérance dans l’oeil de notre premier ancêtre.
                        Alain a vécu son rêve et a rêvé sa vie. Il est à mon sens profondément lunaire.
                        C’est le principe matriciel-maternel, un ventre qui aime et qui pense, d’où sa réceptivité et sa fécondité naturelles.
                        Les freudiens ont un terme simple pour évoquer cet état de conscience, le « ça ».
                        L’origine de la psyché, archaïsme, autisme, animisme...pour faire court « l’âme animale »
                        C’est la part du « primitif » qui sommeille au fond de chacun, vivace dans le sommeil, dans les rêves et l’imaginaire.
                        C’est un lieu marécageux d’où l’on émerge douloureusement quand on ne trouve pas les mots pour le dire ou le chanter.
                        Sandro, le passeur, le colporteur des mots et des maux bleus...ce quelque chose en toi d’Alain Bashung.
                        Merci Sandro


                        • jack mandon jack mandon 3 octobre 2009 12:51

                          @ Sandro

                          Depuis mon lac de la tranquillité, j’ai du plaisir à écouter le monde comme tu sais en parler

                          Merci

                          http://jack.mandon.free.fr/


                          • SANDRO FERRETTI SANDRO 4 octobre 2009 09:29

                            Merci Jack d’étre passé ici.
                            Cela ne me surprend pas. AB était en effet une belle enigme.
                            Sur la psychanayse, je suis très béotien, je ne m’y risquerais pas.

                            Au fait, pour ceux qui l’ignorent, le surnom de « l’Indien » vient d’un album confidentiel sorti en 92 . « Réservé aux indiens » (les jeux de mots, toujours...)
                            Il rassemble les titres d’AB non retenus précedement par les « majors » et Barclay.
                            Il est vite devenu « culte » et introuvable.
                            Le surnom vient aussi d’une certaine ressemblance physique ( nette sur la pochette de son dernier album « Bleu pétrole »), et les nombreuses références au Far West, ancien ou moderne. A l’attrait d’AB pour la musique US, tout en sachant que le pays est un mirage.
                            Merci, Dr Jack.


                            • jack mandon jack mandon 27 octobre 2009 12:40

                              @ Sandro

                              A l’occasion, auriez vous l’occasion de passer du côté de mon article sur Sisyphe,
                              je suis tombé dans l’embuscade de deux guerrières talibanes.
                              Selon vous, où se trouve le problème ?
                              Si je pouvais avoir l’avis d’un poète es lettres...
                              Merci Dr Sandro

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