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Accueil du site > Culture & Loisirs > Extraits d’ouvrages > Pourquoi nous travaillons

Pourquoi nous travaillons

L'expérience est un feu qui éclaire la route derrière nous dit l'adage. Rien d'étonnant, à voir la manière dont sont traités les livres qui ont été écrits pour nous la transmettre. Ceux qui ont regardé, le 30 janvier 2012, l'émission d'Elisabeth Quin sur Arte ont pu en juger.

Que cette charmante animatrice et ses invités prennent le temps de lire celui-ci :

   J. Fourastié

   Pourquoi nous travaillons

   P.U.F. - 1959

Ils réaliseront combien nos modernes intellos branchés, peuvent nous abreuver d'insanités.

Extraits :

« Une certaine conception du monde place dans le passé l'âge d'or de l'humanité. Tout aurait été donné gratuitement à l'homme dans le paradis terrestre, et tout serait au contraire pénible et vicié de nos jours. Jean-Jacques Rousseau a donné une couleur populaire et révolutionnaire à cette croyance, qui est restée vive au cœur de l'homme moyen [pour gagner celui du Bobo] : ainsi l'on entend parler de la vertu des produits "naturels" [devenus "bio"] et bien des français [ils ne sont pas les seuls] croient que la vie d'autrefois était plus saine qu'aujourd'hui.

En réalité, tous les progrès actuels de l'histoire et de la préhistoire confirment que la nature naturelle est une dure marâtre pour l'humanité. Le lait "naturel" des vaches "naturelles" donne la tuberculose, et la vie "saine" d'autrefois faisait mourir un enfant sur trois avant son premier anniversaire. Et des deux qui restaient, dans les classes pauvres, un seul dépassait, en France encore et vers 1800, l'âge de 25 ans. (...)

Toutes les choses que nous consommons sont en effet des créations du travail humain, et même celles que nous jugeons en général les plus "naturelles", comme le blé, les pommes de terre ou les fruits. Le blé a été créé par une lente sélection de certaines graminées ; il est si peu "naturel" que si nous le livrons à la concurrence des vraies plantes naturelles il est immédiatement battu et chassé. Si l'humanité disparaissait de la surface du sol [Ce qui ne saurait tarder au train où vont les choses dans bien des domaines], le blé disparaîtrait moins d'un quart de siècle après elle ; et il en serait de même de toutes nos plantes "cultivées", de nos arbres fruitiers et de nos bêtes de boucherie ; toutes ces créations de l'homme ne subsistent que parce que nous les défendons contre la nature ; elles valent pour l'homme ; mais elles ne valent que par l'homme.

À plus forte raison les objets manufacturés, des textiles au papier et des montres aux postes de radio, sont des produits artificiels, créés par le seul travail de l'homme. Qu'en conclure sinon que l'homme est un être vivant étrange, dont les besoins sont en total désaccord avec la planète où il vit ? Pour le bien comprendre, il faut d'abord comparer l'homme aux animaux, et même aux plus évolués dans la hiérarchie biologique : un mammifère, cheval, chien ou chat, peut se satisfaire des seuls produits naturels : un chat qui a faim ne met rien au-dessus d'une souris, un chien, rien au-dessus d'un lièvre, un cheval, rien au-dessus de l'herbe. Et dès qu'ils sont rassasiés de nourriture, aucun d'eux ne cherchera à se procurer un vêtement, une montre, une pipe ou un poste de radio,. L'homme seul à des besoins non naturels.

Et ces besoins sont immenses [et vont croissant, inéluctablement] ...

... la planète sur laquelle nous sommes, sans trop savoir pourquoi ni même s'il y en a d'autres moins inhumaines, est assez peu adaptée à nos aspirations, à nos facultés d'agir, à nos besoins. Elle satisfait libéralement et sans travail à un seul de nos besoins essentiels : la respiration. L'oxygène est le seul produit naturel qui satisfasse entièrement et parfaitement l'un des besoins de l'homme [Pour combien de temps encore ?]. Pour que l'humanité puisse subsister sans travail, il faudrait donc que la nature donne à l'homme tout ce dont il éprouve le besoin comme elle lui donne l'oxygène. L'eau, il faut déjà la puiser, la pomper et souvent la filtrer.

Cela étant... nous travaillons pour transformer la nature naturelle qui satisfait mal ou pas du tout les besoins humains, en éléments artificiels qui satisfassent ces besoins : nous travaillons pour transformer l'herbe folle en blé, les merises en cerises et les cailloux en acier puis en automobiles. »


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8 réactions à cet article    


  • jpm jpm 2 février 2012 08:57

    Un exemple tres concret de l´interet de travailler... c´est par exemple de se retrouver bien au chaud et de boire un bon petit cafe dans une tasse manufacturee lorsque qu´il fait un vent glacial dehors... propos de circonstance smiley


    • JL JL1 2 février 2012 09:50

      Voilà un exemple concret de perversion des mots et des concepts !

      La bêtise libérale dans toute sa splendeur !


    • JL JL1 2 février 2012 09:50

      Ce copié-collé, un article ? On se fout du monde !

      L’auteur n’a même pas été capable de donner une seule idée de lui !


      • Claudec Claudec 2 février 2012 10:30
        @ Par JL1
        Vous n’avez rien compris et peut-être jamais entendu parler de Jean Fourastié.
        Ce « copié-collé » est tout bonnement employé pour donner la parole à plus autorisé que moi afin de démontrer que les bobos feraient bien de s’instruire eux-mêmes avant de vouloir instruire les autres. (commencez par lire le chapeau de l’article).
        Quant à mes idées personnelles, si réellement cela vous intéressait, vous pourriez en trouver un certain nombre sur Agoravox et en bien d’autres endroits, sous ma signature. Mais je crains que vous soyez trop encombré par la fameuse pensée unique pour seulement être curieux et essayer de comprendre ce qui ne vous donne pas raison.

      • JL JL1 2 février 2012 10:42

        Claudec,

        c’est vous qui n’avez rien compris au principe d’Agoravox.

        Vous croyez qu’il suffit de copier-coller l’avis d’un grand auteur, puis ensuite de se poser en exégète auto-proclamé de sa pensée ?

        Ce que vous avez publié là, par principe, n’est pas digne d’intérêt, sinon, où irions-nous ? Le minimum exigé de celui qui souhaite lancer une discussion sur un sujet, c’est qu’il soit le premier à donner son avis.

        Imagine-t-on un nartic rédigé ainsi : « voici ce qu’a écrit le célèbre Tartempion, qu’en pensez vous ? (ici le texte de Tartempion) » ?

        nb. vous avez tort également, Claudec, parce que la pensée unique, c’est ce que je dénonce le plus ici.


      • Claudec Claudec 2 février 2012 17:36

        @ JL1

        Merci de votre remarque m’engageant à comprendre le « principe » d’Agoravox. Je pense toutefois que vous en avez davantage besoin que moi, ne serait-ce que pour vous éviter de créer des polémiques stériles. Ma contribution a en effet respecté au moins un de ces principes lors de son passage par une modération qui n’aurait pas manqué de la rejeter si elle n’avait pas été jugée digne d’intérêt.
        Sachez que nous sommes tous les exégètes de quelqu’un ou de quelque chose, et la citation en est la démonstration tellement courante, qu’elle ne peut surprendre que les chicaneurs.

        • La Pénurie 9 mars 2012 16:10

          « Une société fondée sur le travail ne rêve que de repos. » Langanesie.


          Qui dit travail de nos jours entend activité économique, production, salaire, capital, profit et labeur. Se tuer au travail quand on peut mourir de plaisir, là n’est pas la vérité.
           C’est la définition que nous faisons du travail qui nous entraîne à en dénaturer le sens. Quelle tristesse que celle de ceux qui ne savent plus trouver de petits bonheurs, de petites saveurs !
          Nous sommes devenus une société de consommation dans laquelle chaque sentiment est banalisé, transformé ou fade.

          « Le propre du travail, c’est d’être forcé. » disait le philosophe Alain.
           Pourquoi ne pas se dépasser afin d’amoindrir cette peine ? Le problème étant que plus on a, moins on veut, alors on se retrouve là, blasé, stressé, dépressif, vicieux, nombriliste et fainéant ! 
          Le travail, avant tout, est humain. Mais c’est le travail manuel, celui de la patience, du savoir et d’une différence. 
          Je ne parlerai pas de culture, ce serait un mauvais jeu de mots, mais libre à chacun de donner sa définition personnelle au travail, libre à chacun de faire en sorte de subir ou pas. Ne rien faire use plus que d’agir, certainement pas de la même façon, mais quand même !

          « On refuse le boulot de merde payé des miettes. »
          Ici je fais référence au film Attention, danger travail, le film documentaire de Pierre Carles, Christophe Coello et Stéphane Goxe, dans lequel la parole est donnée aux RMIstes.
          Bien évidemment que non on ne veut pas ça ! Mais avant la paye, il y a le labeur. Travailler est-il une punition ou une valorisation ? 
          Le travail transforme l’homme et la nature. Il vise avant tout la production de biens et de services.

          « Le travail, c’est la meilleure des polices. Il tient chacun en bride et s’entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs et du goût de l’indépendance. » Nietzsche.
          A nous de faire avec et que tout se passe bien. 



          • Claudec Claudec 9 mars 2012 16:35

            Je note que vos citations et les remarques dont elles sont assorties ne contredisent en rien le point de vue de Jean Fourastié (point de vue que je partage), se contentant d’en contourner l’essentiel au nom de conceptions du travail plus polémiques qu’instructives.

            C’est du travail, forcé ou librement consenti, que naît le progrès dont nous profitons tous, y compris ceux qui rechignent à travailler et qui profitent alors du travail des autres.

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