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"Tibet : la question qui dérange" par Claude B. Levenson chez Albin Michel

En 1993, j’ai eu l’avantage de faire la connaissance de Claude B. Levenson auteur de ce "Tibet : la question qui dérange" que je présente ici aux lecteurs d’Agoravox. Autorité en la matière, Claude B. Levenson est une proche du Dalaï-Lama que j’ai eu moi-même le plaisir de rencontrer en France et en Inde à de multiples reprises.

Tibet : la question qui dérange : « L’histoire enseigne que toutes les civilisations sont mortelles, ce n’est pas une raison pour les laisser assassiner », clame Claude B. Levenson, c’est, en effet, que « Nous avons besoin du Tibet, car si le Tibet venait à disparaître, ce serait l’extinction de l’ultime flamme vive qui maintient encore le monde en éveil ».

Dans son ouvrage Tibet : la question qui dérange publié chez Albin Michel, Claude B. Levenson, liée de longue date au Dalaï-Lama et spécialiste très engagée de la cause tibétaine, fait face courageusement à la « machine de propagande » mise en route par Pékin où « contrevérités et coercition » font « bon ménage dans son arsenal ».

Un bien lourd labeur.

L’écrivaine dispose toutefois de sérieux appuis à commencer par certains dissidents chinois « de renom » qui ont pris parti pour le Tibet : Wei Jingsheng, « l’inflexible », pour qui les cadres du PCC « s’expriment et se conduisent en colonialistes » sur le Toit du Monde, ou encore l’astrophysicien Fang Lizhi et l’écrivain Wang Ruowang qui « n’ont pas hésité à se prononcer en faveur du droit des Tibétains à l’autodétermination ». Wang Ruowang va jusqu’à maintenir que « l’indépendance est le droit du peuple tibétain », rien moins.

Et, pour Harry Wu, « c’est aux Tibétains de décider s’ils souhaitent faire partie de la Chine ou non ». « Choqué » par la condition des Tibétains au Tibet, Hu Yaobang, secrétaire général du PCC, avait promulgué « six exigences prioritaires » pour améliorer le sort des habitants de ce pays vaste comme l’Europe centrale réduit à la peau de chagrin d’une « Région autonome » dont « l’autonomie » purement nominale gît entre les seules mains du Parti communiste chinois.

Hu Yaobang paya de sa carrière son outrecuidance et sombra dans la disgrâce. Si comme le dit l’auteur « Le Tibet meurt de nos silences », il ne meurt du silence de celui-là. Aussi faut-il continuer de « résister afin de ne pas tolérer l’intolérable ».

Autre voix qui s’éleva en faveur du Tibet, celle d’un député indien qui écrivit à son Premier ministre lors de la visite du président chinois à la mi-mai de 2006 : « seuls le Dalaï-Lama et le peuple tibétain ont le droit de décider du destin de leur terre dont ils ont été illégalement évincés par la force ».

C’est que, dans ce qui apparaît comme un « Shangri-la pour le monde entier », là donc au Tibet, « se joue à ciel ouvert une certaine idée de la liberté ». Pour Claude B. Levenson, en effet : « L’enjeu est aussi en ce sens notre propre liberté ».

Pour l’heure, si « La colonisation par sinisation accélérée ne faiblit pas », c’est que la Chine ne saurait se développer sans l’exploitation des ressources naturelles dont regorge le Toit du Monde. Qu’on en juge : « Plus de 40 % des ressources recensées à l’intérieur des frontières actuelles de la Chine se trouvent au Tibet, de l’arsenic au zinc en passant par la bauxite, le charbon, le fer et l’uranium, sans négliger l’or, le jade ni le saphir, pas plus que le quartz ou le sel, ni même le pétrole ».

Vertigineux !

Surtout qu’en sus c’est au Tibet, « un vrai château d’eau », que prennent leur source les fleuves parmi les plus géants de la planète : Yangtsé, Fleuve Jaune, Mékong, Brahmapoutre et quelque 365 rivières. Pour résumer : « Le Tibet recèle environ 20 % des ressources hydrauliques de la Chine ». D’où l’idée qui aurait germé dans la tête des « autocrates de Pékin » consistant à « détourner des eaux tibétaines vers la Chine continentale », notamment le Brahmapoutre, qui arrose le nord de l’Inde, qui irait alimenter le Fleuve Jaune. Claude B. Levenson dénonce cette « utilisation sans scrupules des eaux tibétaines ». Mais n’est-elle pas un peu seule sur ce créneau ?

Au-delà des « rêves tissés d’immensités, de sérénité et de nuages », « au-delà des Songes éthérés d’un Shangri-la de pacotille », le Tibet est une « terre d’appropriation dont les maîtres de Pékin happent goulûment les richesses pour hâter leur course mégalomane ». Ce qui me semble fort bien décrire la situation. Les Hans veulent « rendre irréversible la conquête de l’Ouest » saccageant « un pays, une culture, la mémoire d’un peuple ».

De nous remettre en mémoire quelques chiffres édifiants : « alors que les Hans forment 93 % de la population chinoise, les régions des minorités ethniques représentent 60 % du territoire ; 89,6 % des terres de pâturage ; 37 % des forêts ; 49,7 % des ressources forestières et plus de 50 % des ressources hydrauliques ».

On comprend les formidables enjeux pour Pékin.

Certes, « le statut actuel du Tibet est celui d’un État illégalement occupé » selon le juriste Michaël Van Valt qui, dès 1987, a publié un ouvrage de fond sur le sujet, un ouvrage juridique qui fait référence en la matière. « Le vrai, le seul problème tant pour la Chine que pour le Tibet est celui de la légitimité de la présence chinoise au Tibet ».

Et cette légitimité, peut-on le constater, a sérieusement été remise en question par le soulèvement insurrectionnel qui vient de déferler récemment sur Lhassa et tout le « Grand Tibet » à l’image des émeutes précédentes en 1987, 1988 et 1989 ainsi que de leur « répression sanglante ».

Mais le « dragon chinois » peine « à digérer le lion des neiges tibétain ». Car, si « les Tibétains, eux, survivent plutôt mal que bien en une existence parallèle, comme en marge de leur propre histoire » voilà qu’ « au cœur du Tibet, Lhassa refuse de plier ou de se rendre, sous les dalles ou le béton une autre vie palpite, qui résiste à l’entreprise d’anéantissement voulu par ceux qui se prennent pour ses maîtres ».

De repenser alors à cette vision du Premier Zhou En-lai qui « avait prédit qu’il faudrait un siècle pour que le communisme s’implante au Tibet ». La plume de Claude B. Levenson de remarquer du tac au tac : « A moins qu’en suivant la voie du milieu, il ne faille cent ans au bouddhisme tibétain pour remodeler le visage de la Chine ».

Le chef de file actuel de la dissidence chinois, Hu Jia, tout juste condamné à trois ans et demi d’emprisonnement pour délit d’opinion requalifié en crime de subversion, n’est-il pas décrit comme un « fervent bouddhiste » (sic) ? En effet, peut-on nier le succès considérable de la secte bouddhiste Falun gong ? Et le fait que, par le passé, des révoltes menées par des sectes bouddhistes ont renversé des dynasties en place en Chine ? Mais Claude B. Levenson, certainement en raison d’un manque de place, n’évoque pas cette question hautement révélatrice et qui expliquerait pourquoi le PCC se livre à une « lutte à la vie à la mort » au Tibet, et ce, de façon thématiquement déclarée, depuis 1993.

Voilà pourquoi le Dalaï-Lama autorité spirituelle et temporelle bouddhiste, prix Nobel de la paix (1989), ferait « tellement peur aux autocrates » qui à Pékin se déchaînent contre lui, l’accablent des sobriquets les plus infâmants tout en l’accusant de tous les maux.

Or, le Dalaï-Lama que les Tibétains au Tibet réclament à grands cris, s’il a tôt dénoncé « la duplicité et la barbarie des communistes chinois », n’en a pas moins relégué aux oubliettes « l’aspiration à l’indépendance » des Tibétains, prévoyant même de transformer le Tibet en zone de paix au sein de la République populaire chinoise.

C’est « le plan en 5 points », vœu pieux que le « hiérarque » et « conscience morale du XXe siècle » selon Michel Rocard, présenta d’abord en 1987 au Capitole de Washington DC puis en 1988 à Strasbourg au Parlement européen. En vain. Le plan, « caduque », est abandonné en 1991 faute de réaction positive du PCC.

Mais n’était-ce pas se leurrer sachant que pour « les autocrates de Pékin » le Tibet est une « zone géostratégique, militaire et économique, cruciale » ? C’est qu’aussi Pékin a des ambitions territoriales qui dépassent le Tibet mais passe par lui, à savoir l’« occupation tout aussi illégale de l’Aksai Chin annexé en 1962 » et la « revendication Arunachal Pradesh » territoires de l’Union indienne. Il y a d’ailleurs eu guerre frontalière entre les deux grands voisins en 1962.

De plus, si l’on se fie aux arguments du PCC pour mettre la main sur le Tibet, le Népal et le Bhoutan « appartiendraient » donc à la Chine, relève à juste titre Claude B. Levenson. Alors se pose la question de savoir ce qu’a fait l’ONU. L’auteur y revient dans son chapitre très détaillé sur « L’épreuve du Tibet ». Le solde semble peu encourageant : « des résolutions sans lendemain ».

Dès le 7 novembre 1950, le Dalaï-Lama lance un Appel aux Nations unies, seul El Salvador répond. En 1959, le délégué philippin aux mêmes Nations unies s’exclame : « Il est clair qu’à la veille de l’invasion de 1950 le Tibet n’était assujetti à aucun pays étranger ». Qui l’a entendu ?

Pour Claude B. Levenson la chose est claire : « À l’épreuve du Tibet, l’ONU a failli à sa mission première de protection du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » et a fait fi de la « défense du plus faible » comme de la « décolonisation ».

Peut-être peut-on y voir l’importance du droit de veto dont Pékin, depuis 1971, jouit au Conseil de sécurité en tant que membre permanent, et, auparavant, l’importance du soutien du grand frère soviétique. Mais, là, l’auteur ne revient pas sur les relations entre la Chine communiste et la défunte URSS toute puissante avant la chute du Mur de Berlin à la fin de 1989.

C’est encore que la Chine, elle nationaliste, fait partie des premiers fondateurs de l’ONU en 1944 à Washington DC aux côtés des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de la Russie et de « vingt-six États en guerre contre les puissances l’Axe ».

De son côté, le Tibet vit isolé, replié sur lui-même, qui, même après sa déclaration d’indépendance par le XIIIe Dalaï-Lama en 1913, s’abstient de rejoindre la Société des nations, ancêtre des institutions onusiennes. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Tibet, au lieu de s’engager avec les Alliés, préserve donc une neutralité qui sera jugée de mauvais aloi.

C’est que le nouveau Dalaï-Lama, l’actuel Tenzin Gyatso né en 1935 en Amdo, est encore dans les limbes, il n’a que 4 ans lors de la déclaration des hostilités, et le pays est gouverné par deux régents plus soucieux de leurs querelles internes que de rayonnement diplomatique externe. Le Tibet n’est donc pas dans les petits papiers du « Machin » comme disait de Gaulle pour désigner l’ONU.

Pour remonter dans l’Histoire, dès le XIXe siècle la politique britannique consiste à donner pratiquement à la Chine « un contrôle complet sur le Tibet, en soulignant que la Grande-Bretagne ne permettrait aucune interférence au Népal, au Bhoutan ni au Sikkim ». Or, et la Grande-Bretagne et la Chine font partie des membres fondateurs de l’ONU. Pas le Tibet. Et les vieilles ententes ont à n’en pas douter la vie dure. Surtout que la Russie, elle aussi membre fondateur onusien, tentait à la même époque d’étendre son influence sur le Toit du Monde.

On comprend dès lors que la question du Tibet soit si complexe pour la diplomatie internationale héritière de la colonisation, des guerres de l’opium et autres traités inégaux puis des fameux Accords de Yalta dont le Toit du Monde fit les frais comme tant d’autres. Claude B. Levenson n’aborde pourtant pas cet aspect des choses.

Mais, quoi qu’il en soit, pour le Tibet, les bonnes volontés, sur la scène internationale, n’ont pas par ailleurs manqué comme en 2000 avec la « Résolution du Parlement européen sur la possible reconnaissance du gouvernement tibétain en exil sous les trois ans ». Résolution qui, par malheur, est restée elle aussi lettre morte. En octobre 1991, George Bush père signe une résolution non contraignante du Congrès américain déclarant explicitement le Tibet « pays occupé selon les principes de la loi internationale, dont les représentants légitimes sont le Dalaï-Lama et le gouvernement en exil, reconnus par le peuple tibétain ». Une résolution elle encore sans suite ni effet.

Tôt, dès les années 1959-60, la Commission internationale des Juristes s’était indépendamment prononcée, puis, par la suite, le Tribunal permanent des Peuples. Les Nations unies ont donc « adopté en 1959, 1961 et 1965 des résolutions sans lendemain qui demandent au gouvernement chinois de respecter les libertés fondamentales et le droit à l’autodétermination du peuple tibétain ».

Et force est de constater que toutes les autres initiatives ont fait également chou blanc face à la dictature chinoise qui, « jamais » à l’image de toute « dictature ne s’embarrasse de scrupules pour prêcher le faux en le proclamant vrai », pour reprendre les justes termes de Claude B. Levenson.

Cette propension au « faux » proclamé « vrai » est on ne peut mieux illustrée par l’intronisation par Pékin d’un « faux » Pantchen Lama, deuxième plus haute autorité spirituelle au Tibet, après que le « vrai », Gendhun Choekyi Nyima, ait été « kidnappé par les autorités chinoises » avec toute sa famille. On ne les a jamais revus. Qui s’en émeut-il ? Ingrid Betancourt ? Par suite, Gendhun Choekyi Nyima a été présenté par les partisans du Tibet à travers le monde comme le plus jeune prisonnier politique de la planète.

Aujourd’hui, après que le nouveau Karmapa se soit fait la belle dans des conditions rocambolesques depuis son monastère Kargyu de Tsurpu près de Lhassa, les « autocrates de Pékin » vont jusqu’à désigner eux-mêmes les réincarnations des grands lamas. De quoi réveiller, si besoin en était, les aspirations des Tibétains à l’indépendance.

Or, peut-être faudrait-il reprocher à Claude B. Levenson d’avoir fait l’impasse sur le mouvement indépendantiste tibétain, organisé et structuré autour du Tibetan Youth Congress sis à Dharamsala en Inde, ainsi qu’à ses multiples initiatives pacifiques comme la publication de la revue Rangzen (Liberté) ou l’organisation de « marches » dont la première, lancée en 1994, fut, par malheur, étouffée dans l’œuf tout comme les suivantes.

Ce mouvement indépendantiste est réel et consistant parmi la diaspora et se réunit, bien entendu, sous l’emblème du drapeau national tibétain et du slogan « Rangzen » (Liberté), tout un programme. Et il est dommage que ce mouvement si vivace soit la plupart du temps passé sous silence, notamment dans la presse française, alors qu’il traduit, me semble-t-il, les exactes aspirations et revendications de la jeunesse tibétaine... de 7 à 77 ans !

Mais comme les correspondants de l’AFP et du quotidien Le Monde à New-Delhi me le rétorquèrent lorsque je les informai de l’initiative de la première « marche de retour au Tibet » ourdie courant 1994 depuis Dharamsala où je résidais : « Vous voulez changer le monde ?! »

Effectivement et merci pour l’info.

On comprend combien il est ardu aux partisans de l’indépendance tibétaine de se faire entendre, surtout que le Dalaï-Lama préfère à l’indépendance une « réelle l’autonomie » dont la réalité est la bête noire des « autocrates de Pékin » qui, dans ce dialogue de sourd propre à ceux qui ne veulent pas entendre, taxent le hiérarque tibétain de velléité d’indépendance et de « séparatisme ».

Pourtant, comme le souligne Claude B. Levenson avec force raison, la position dudit « hiérarque » ne pèche guère par manque de limpidité : « La question du Tibet est de nature essentiellement politique. C’est une question de domination coloniale : l’oppression du Tibet par la République populaire de Chine et la résistance du peuple tibétain ».

Dont acte.

Alors est-ce pour autant l’impasse ou le conflit armé ? Non. « Cette question », en effet, « ne trouvera de solution que par la négociation et, non pas, comme le désirerait la Chine, par la force, l’intimidation et le transfert de population ». Néanmoins au regard de Claude B. Levenson, prophétique : « Pour éviter la répression voire le bain de sang, la voie est particulièrement étroite » ; et l’on voudra bien en convenir à l’aune des récents événements qui ont endeuillé Lhassa et tout le « Grand Tibet ».

Quoi qu’il en soit, pour conclure, comme le remarque l’auteur « Reconnaître l’intégrité territoriale de l’État chinois ne signifie pas reconnaître la légitimité de l’invasion ni de l’occupation du Tibet ». C’est un point. Un autre point me paraît être l’initiative de ces « sympathisants espagnols » qui, selon Claude B. Levenson, « ont déposé une plainte en 2006 à l’Audience nationale de Madrid pour "génocide à l’encontre du peuple tibétain" contre plusieurs dirigeants chinois à la retraite. » Fait révolutionnaire s’il en fût, « En vertu de sa "compétence universelle", la justice espagnole a accepté d’ouvrir le dossier ». Bien vu.

Comme quoi, en dépit des aléas et des pressions comme de la coercition exercés par Pékin, des citoyens de ce monde désespérant ne désespèrent toujours pas de contribuer à ce que justice soit faite et que la vérité éclate.

En effet, pour rependre en conclusion finale les mots mêmes de l’auteur de ce Tibet : la question qui dérange : La vérité tibétaine - en quoi vaudrait-elle moins que celle d’un régime dictatorial et de surcroît colonisateur ?

Rangzen avec Libre Opinion. Claude B. Levenson, Tibet : la question qui dérange, Albin Michel, 2008.

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    Par Vesna (xxx.xxx.xxx.231) 8 avril 2008 12:16

    Qu’est-ce que c’est que cette rhétorique délirante ??

    LE TIBET APPARTIENT AUX TIBETAINS, la voilà la vérité, au nom des peuples à disposer d’eux-même ! Qu’est-ce que ça vous importe si ces gens-là préfèrent la prière à la société de (sur)consommation qu’on leur impose ? Laissons-les vivre comme ils le désirent, laissons-les faire le choix de leur vie. Cette notion de supériorité de la Chine sur le peuple tibétain est insupportable, cette manière de les infantiliser et de les rendre finalement irresponsables jusqu’à les placer "sous tutelle chinoise" est inacceptable et tellement méprisante. Sans l’invasion de la Chine, le Tibet aurait de toute façon fini par se moderniser et par s’ouvrir au monde, le problème se situe ici justement : la Chine n’aurait pas supporté que le Tibet "s’émancipe" et se débrouille sans elle, c’est certain puisque qu’elle a toujours convoité les richesses naturelles du Tibet... D’autre part, tous les pays ont eu leur part de "féodalité" avec son cortège des horreurs en tout genre, à des époques différentes, la Chine y compris, il est donc malvenu de ressortir ces arguments afin de justifier l’invasion chinoise et l’assimilation forcée des tibétains à une culture soi-disant supérieure à la leur. Encore une fois quelle prétention !
    C’est bien une mentalité de colonialistes que de prétendre apporter la "civilisation" et la "protection contre toute autre forme de pensée (occidentale en l’occurrence ici)" à un peuple qui n’a rien demandé et qui aurait souhaité qu’on lui fiche la paix !
    Le Tibet est un pays à part entière, pas une région chinoise ! La culture tibétaine n’a rien à voir avec la culture chinoise, donc on ne peut décemment pas assimiler les tibétains aux chinois.
    La réaction du peuple tibétain est légitime après plus de 50 années de souffrance, plus d’ 1 million de morts dû à une répression inouïe, une mise à l’écart des progrès sociaux et d’un essor économique qui ne profitent qu’aux chinois, un pillage éhonté des richesses naturelles sans même se soucier de la préservation de l’environnement et des espèces animales.

    Les tibétains sont obligés d’apprendre le mandarin pour pouvoir travailler dans leur propre pays.
    Les tibétains sont traités comme des moins que rien et méprisés par les colons chinois dans leur propre pays.
    Les tibétains sont quasiment interdits de culte dans leur propre pays.
    Les tibétains sont en train de devenir minoritaires dans leur propre pays. Il y a, dans le cadre d’une assimilation forcée, une politique de natalité strictement contrôlée par le pouvoir communiste et qui consiste à stériliser et à pratiquer des avortements sur des femmes tibétaines, parfois même au delà du 5è mois de grossesse...

    Bref, le Tibet est le reflet de ce qu’un peuple qui se croit supérieur peut infliger à un autre peuple qu’il juge inférieur !
    Il existe bien des exemples de grandes invasions à travers l’histoire et jusqu’à l’époque actuelle ... Pourquoi l’on parle plus précisément du Tibet aujourd’hui, c’est à cause ou grâce aux jeux olympiques de Pékin. Du coup cet évènement entraîne beaucoup de réflexions qui vont au-delà même de la question tibétaine, qui aura servi de catalyseur, et qui deviennent des réflexions universelles sur la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes et sur les limites que se fixent les gouvernements à réagir lorsqu’il y a violation des droits de l’homme, dès lors qu’ ils se trouvent confrontés à des enjeux économiques et financiers importants.
    Je pense que nous sommes actuellement dans une époque de décadence, où il n’y a plus que l’argent qui compte....
    Alors OUI ! Le Tibet, en tant que l’un des derniers remparts contre la "civilisation de l’argent et du profit" et en tant que l’un des derniers bastions d’une pensée saine et dénuée de tout sentiment d’envie, de convoitise, de supériorité, de haine, dénuée de tout esprit guerrier et revanchard à deux balles, dénuée de tout obscurantisme, OUI ce Tibet-là mérite bien que l’on se batte pour lui !

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    Par Max (xxx.xxx.xxx.12) 8 avril 2008 13:31

     

    AUJOURD’HUI la Chine est un Etat colonial !

    Comme certains états occidentaux il y a 50, 100 ou 150 ans, la Chine a colonisée des territoires, tel le Tibet, la province des Hui (musulmane), celles des Mongols, Mandchous ou encore Ouighours.

    Relisons ce que un journaliste Africain écrivait il y a peu : "Aujourd’hui, environ 8 millions de Chinois vivent au Tibet contre 6 millions de Tibétains. Il s’agit là bel et bien d’une colonisation et d’une stratégie d’extermination. Cet état de chose est inacceptable. Et il faut avoir le courage de le dire haut et fort. Nous, Africains qui avons connu la colonisation et les crimes consubstantiels à elle et qui subissons aujourd’hui le néocolonialisme dans ses formes les plus désastreuses, sommes le peuple le mieux placé pour dénoncer l’attitude de la Chine au Tibet".

     

    Et plus loin dans le même article : "Le président Hu Jintao disait à l’Université de Pretoria en Afrique du Sud, lors de sa tournée en Afrique en 2007 ceci « en raison des souffrances qu’ils ont endurées et de la lutte qu’ils ont menée- et qu’ils n’oublieront jamais- les Chinois sont catégoriquement opposés au colonialisme et à l’esclavage sous toutes leurs formes. La Chine n’a jamais imposé sa volonté ou des pratiques inégales à d’autres pays et ne le fera jamais à l’avenir ». Le même Hu Jintao peut-il tenir ces propos devant les Tibétains, les Mongols, les Mandchous et les Ouighours ? Cela s’appelle du négationnisme ou tout au moins du révisionnisme contre lesquels les Africains se battent quotidiennement".

    Sur afriquechos.ch

    Plein de bon sens...

    La Chine avait besoin d’espace pour caser sa nombreuse population, de matières premières, de terres agricoles, les provinces voisines colonisées lui ont apporté tout cela.

  • vote :
    Par cza93 (xxx.xxx.xxx.221) 8 avril 2008 15:39
    cza93

    j’apprécie en général les prises de position de J-L Mélenchon, mais là, son analyse des valeurs et de l’histoire du Tibet est biaisée et bourrée de mauvaise foi, de raccourcis bien pratiques pour créer des amalgames qui défendent sa vision.

    Moi aussi je pense que nous devons défendre sans relache la notion de laïcité qui est un des piliers de notre République, mais pour autant je ne porte pas des oeillères et je peux envisager qu’il existe d’autres modes de fonctionnement de la société, d’autres fondements que ceux adopté par notre pays. 

    Les propos tenus sur le Dalaï Lama en particulier me semblent injustes et insultants ; qu’il ne l’aime pas, soit, mais cela n’engage que lui !

    Ensuite, que ces jeux olympiques servent de détonateur, effectivement c’est bien triste pour tous ces sportifs du monde entier qui s’entrainent depuis des années, attendent ce moment depuis longtemps, ... Oui, c’est bien triste, mais pour autant, devons nous continuer à fermer les yeux comme à Münich ?

     Après, que la personnalité du leader de RSF soit discutable, OK, admettons ... et dénonçons cela s’il y a lieu ... MAIS quantité d’ONG (Amnesty International, entre autres), d’associations de Tibétains en exil dénoncent depuis longtemps la torture et l’emprisonnement arbitraire de Tibétains, de religieux surtout, la relégation des Tibétains comme citoyens de seconde zone dans leur propre pays ; devons nous jeter aux horties tous ces témoignages datés, quantifiés, avec des noms, des photos ??

    Bien sur qu’il ne faut pas seulement avoir une vision angélique de cette crise : ce n’est ni plus ni moins qu’un affrontement "délocalisé" entre la Chine et les USA, pour la suprématie économique et militaire du monde ... mais au milieu, il y a des civils tibétains innocents qui trinquent ... Alors oui, il faut continuer à parler de ce soulèvement tibétain et demander aux Chinois de cesser leurs exactions, même si cela doit gacher la fête des JO !

  • vote :
    Par cza93 (xxx.xxx.xxx.220) 8 avril 2008 15:54
    cza93

    @JP DOGUET

    Effectivement il y a peu de terres agricoles au Tibet (du reste c’est une agriculture vivrière qui y est essentiellement pratiquée), mais il y a d’immenses surfaces de pâturage (biotopes souvent uniques et très fragiles) alors que les Chinois mangent de plus en plus de viande, une biodiversité végétale et animale très importante, mais surtout, ce qui intéresse le plus nos amis Chinois, outre la position géostratégique du Tibet, il y a une richesse du sous-sol extraordinaire (plus grosse réserve mondiale de lithium, uranium, entre autres ...), un potentiel de production d’hydro-électricité immense (la politique de construction de barrages a commencé), et le 2e potentiel au monde de production d’énergie photovoltaïque (pas encore mis en exploitation).

    A votre avis, ça ne suffit pas à aiguiser l’appétit de la Chine qui souhaite continuer à se développer avec le même taux de croissance ?

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