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Accueil du site > Culture & Loisirs > Extraits d’ouvrages > Un historique du contrôle des demandeurs d’emploi

Un historique du contrôle des demandeurs d’emploi

Extrait de Chômage, le fiasco des politiques, Balland, 2006.

Dès 1979, le ministère du Travail crée les Services du Contrôle de la Recherche d’Emploi. L’inspection du travail contrôle désormais les entreprises et les chômeurs. Ces derniers doivent, en cas de contrôle, démontrer qu’ils ont effectué « des actes positifs de recherche d’emploi ». Les preuves de leur innocence en quelque sorte.

En 1991, Michel Charasse lance une campagne contre les « faux chômeurs ». Le ministre du Budget déclare qu’il y aurait 700 000 faux chômeurs en France. Incapable de citer ses sources, il est immédiatement repris par Martine Aubry, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle : « il est inadmissible de faire peser la suspicion sur des centaines de milliers de chômeurs qui sont dans des situations difficiles ». Toujours est-il que le contrôle des chômeurs est alors renforcé à travers le vote d’un projet de loi relatif à la formation professionnelle et à l’emploi. Les chômeurs doivent désormais accepter des offres d’emplois à temps partiels ou d’emplois moins bien rémunérés si la baisse de salaire n’est pas supérieure à 30 % de la précédente rémunération.

En septembre 1995, le Premier ministre, Alain Juppé, annonce la création d’une mission parlementaire chargée de rechercher les abus perpétrés par les allocataires des différentes prestations du système de protection sociale. Composée de trois parlementaires, dont deux UDF, elle doit traquer la « triche », faire des propositions afin de mettre un terme aux « détournements de procédure » qui « grèveraient l’économie et que nos concitoyens ne supportent plus  ». « Fraude au RMI, immigration illégale, faux chômeurs, travail clandestin (…) tout cela doit cesser (...) La chasse aux abus et aux gaspillages est la contrepartie des efforts demandés aux plus aisés  » déclare Alain Juppé.

Avant 2000, un chômeur avait le droit de refuser une offre d’emploi qui ne correspondait pas à la qualification de son emploi précédent. La convention Unedic de 2000, en instaurant le PARE, modifie ce principe en estimant qu’un emploi « acceptable » n’est plus défini par une qualification mais avant tout par des compétences. Cela élargit considérablement les emplois qu’un demandeur d’emploi ne peut pas refuser.

En 2003, François Fillon, ministre des Affaires sociales, explique qu’il faut convaincre les chômeurs d’accepter les postes qu’on leur propose par des mesures d’incitation plus fortes, car un chômeur ne peut éternellement refuser les offres d’emploi. François Fillon souhaite opérer le rapprochement ANPE - UNEDIC : il faut que « la même main indemnise et ramène vers l’emploi ». Lors des discussions à l’Assemblée nationale sur la mise en place du Revenu Minimum d’Activité (RMA), le ministre affirme que les Français attendent des Rmistes une « contrepartie » à l’aide publique, à savoir un « effort d’insertion » et « la recherche d’une activité  ».

Le 14 janvier 2004, ce même François Fillon reçoit un rapport sur la modernisation du service public de l’emploi. Cet écrit développe une réflexion sur les droits et devoirs des chômeurs. Le rapport Marimbert analyse les difficultés persistantes que soulève la coordination entre les institutions dans le domaine du contrôle de la recherche d’emploi. Il formule une série de propositions pour accroître l’éventail des décisions possibles en matière de retrait du revenu de remplacement. Le rapport donne surtout des chiffres précis permettant de constater que le contrôle de la recherche d’emploi des chômeurs conduit à un nombre faible de sanctions : 2 030 exclusions définitives en 2000 et 1 705 en 2001, soit respectivement 0,09 et 0,08% du nombre de chômeurs indemnisés. Ces dernières sont rares car utilisées uniquement en cas de fraudes graves et avérées : fausse déclaration, cumul d’un emploi et des Assedic… Plus nombreuses sont les radiations temporaires, particulièrement depuis la mise en place du Plan d’aide au retour à l’emploi (PARE), suite à la modification de la définition de l’emploi acceptable d’une part, suite à l’importante augmentation du nombre de convocations adressées aux demandeurs d’emploi d’autre part. Fin 2002, première année complète de la mise en œuvre du PARE, le nombre mensuel de radiations varient entre 30 000 et 40 000, soit deux fois plus qu’en 2001. Ces radiations résultent bien plus de non-réponses aux convocations de l’ANPE qu’à des fraudes caractérisées. Chacune de ces deux dernières années, en 2004 et en 2005, l’ANPE a effectué un peu plus de 400 000 radiations : 422 073 en 2004 et 417 685 en 2005.

Les propos stigmatisant les chômeurs semblent porter dans l’opinion si l’on en croit une étude d’opinion réalisée par le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc) en décembre 2004 et janvier 2005, auprès de 2000 personnes. Selon cette étude, deux Français sur trois souhaiteraient que la durée et le montant des allocations chômage soient réduits. Selon cette même étude, plus de sept Français sur dix seraient favorables à la suppression de toute indemnité aux chômeurs qui, au bout d’un certain nombre de mois, n’accepteraient pas un emploi moins qualifié ou moins rémunéré que celui qu’ils occupaient. Des chiffres qui laissent penser que le chômeur n’est pas d’abord perçu comme une victime.

C’est dans ce contexte favorable au renforcement du contrôle de la recherche d’emploi que le gouvernement de Dominique de Villepin adopte, au cœur de l’été 2005, le 2 août, un décret relatif au « suivi de la recherche d’emploi ».

La notion de recherche d’emploi est modifiée. Les sanctions contre les chômeurs qui n’ont pas effectué « de manière permanente des actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi, de créer ou de reprendre une entreprise  » sont désormais graduées en fonction de la gravité du manquement. La diminution d’allocations sera de 20 % à 50 % pour des durées de deux à six mois. En cas de refus d’un emploi « valable », l’allocation pourra être diminuée de 20 % ; de 50 % en cas de récidive et en totalité lors d’un troisième refus. La durée des radiations, de 15 jours à un an, est fonction de la gravité des manquements aux règles. Les actes du chômeur sont désormais appréciés aussi en fonction de la situation locale de l’emploi, de « leurs possibilités de mobilité géographique compte tenu de leur situation personnelle et familiale et des aides à la mobilité qui leur sont proposées ». Autre nouveauté, le refus d’un contrat aidé, d’une offre d’apprentissage, d’un contrat de professionnalisation ou même d’une action d’insertion (une prestation ANPE) peut conduire à une radiation de 15 jours au premier manquement et de deux à six mois si les manquements sont répétés. A travers ces mesures gouvernementales, la définition de l’emploi « valable » ou « acceptable » par un chômeur est, une fois de plus, revue à la baisse. Désormais, le refus d’un emploi s’apprécie aussi en fonction de l’ancienneté dans le chômage et au regard des formations suivies depuis la perte de son emploi.

La politique de « mise au travail » aujourd’hui valorisée renforce et développe les démarches coercitives vis-à-vis des chômeurs. Rappelons pourtant l’essentiel : les chômeurs ne sont pas les responsables du chômage ! Même si tous les chômeurs passaient leurs journées entières à rechercher un emploi et acceptaient toujours le premier travail proposé, le nombre de chômeurs resterait à peu près identique faute d’emplois en nombre suffisant.


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26 réactions à cet article    


  • Monolecte Monolecte 6 mai 2008 14:46

    Merci pour ce très éclairant historique de la guerre contre... les chômeurs.

    Je vais faire passer à Actuchômage.


    • Yohan Yohan 6 mai 2008 14:48

      Votre conclusion résume à elle seule la situation. Le marché du travail n’est pas assez vivace et les offres sont trop sélectives, pour ne pas dire discriminantes. De ce fait, les variations du taux de chômage ne peuvent rester que marginales, le noyau dur des chômeurs restant sur le carreau en raison du désajustement entre leurs qualifications/compétences et celles recherchées sur le marché du travail.

      C’est d’autant plus difficile chez nous que les employeurs s’obstinent dans la préférence donnée au diplôme au détriment des potentialités. Une tare qui encombre bcp moins les employeurs britanniques.

       


      • Monolecte Monolecte 6 mai 2008 14:58

        Je connais beaucoup de chômeurs très qualifiés... à moment donné, il faudra bien admettre qu’il n’y a juste plus assez de boulot pour tout le monde.


      • Yohan Yohan 6 mai 2008 15:37

        Pas assez de boulot pour tout le monde, vraisemblablement, mais plus précisemment, pas autant de boulot qu’avant dans l’ensemble des secteurs professionnels. Ce que vit Péripate suffit à le prouver.

        Par contre, avant de faire le deuil de son métier, il faut tenter de comprendre pourquoi ça coince et en l’absence de perspectives à moyen terme, faire comme lui en attendant de rebondir. Trop de chômage à se lamenter sur son sort à la maison tue à petit feu


      • melanie 7 mai 2008 09:30

        @ Yohann

         

        Le terme "rebondir" me fait bondir ... !!

        C’est précisemment parce qu’on est en tout début d’une crise majeure et qu’il n’y aura plus avant longtemps un age d’or de l’emploi, avec la desindustrialisation massive qu’ aucune tertiarition de l’économie - tout le Monde ne peut pas être "service à la personne" - n’est à même de remplacer, avec la tension sur les emplois -même en Chine- dans un système totalement poreux, qu’avecl e gel de la mobilité sociale ascendante en France - ou tu es recruté cadre ou employé mais monter d’un statut vers l’autre est devenue une gageure- , alors REBONDIR ???? On est plus dans les années 80... L’age est un facteur pénalisant - sauf en tant qu’artiste ou intellectuel, c’est vrai , Annie Arnaud a 70 ans, Jean Pierre Marielle pareil Jeanne Moreau 84, Levi-Strauss 100..- et les retraites seront misérables.

        Nous sommes - les 30-40 ans et les plus jeunes- la seule génération depuis bien longtemps où les enfants ne pourront plus prétendre avoir une position socio-économique meilleure que celle de leus parents ...C’est ça aussi la fin de la mobilité sociale ...


      • Le péripate Le péripate 6 mai 2008 15:22

        Oui, la mise au travail est coercitive. C’est la rançon d’un système coercitif lui-même. Peut-on imaginer que, parce que compétant dans le métier que l’on aime, on (qui ? l’Etat ? la Société ?) doive vous fournir ce travail au salaire que vous pensez mériter ?

        Je suis cinéaste, auteur et technicien. J’ai un CV sur dix pages. J’ai fais une grande école. Mais ça fait plus de deux ans que je ne suis plus dans les clous pour avoir droits aux Assedic. Pas assez de travail, un peu, mais pas assez. Alors ?

        Alors je fais des petits boulots, j’enseigne mon job aux étudiants, je fais le maçon, je me casse les reins dans la vigne, je fais du soutien scolaire, je vends du surgelé au téléphone, et croyez vous que je sois malheureux ? Non, j’ai des projets, dans un truc qui marchera, faudra retourner à l’école.

        C’est la vie.


        • Le péripate Le péripate 6 mai 2008 18:46

          D’ailleurs, le beau temps a fait débourrer la vigne... alors, comme ça, demain, je vais bosser, au soleil... Ca m’évitera de me faire moinsser pour politiquement incorrect !


        • cza93 cza93 6 mai 2008 15:23

          Excellent article !

          Oui, stigmatiser encore plus les chômeurs, les faire passer du statut de victime à celui de "parasite à la charge de la société" ... c’est plus facile et coûte nettement moins cher que de se donner les moyens de mettre en place un véritable service de suivi et de conseil des chômeurs pour les accompagner dans leur recherche !!

          2 remarques :

          1- en période de chômage pendant près de 6 mois d’affilée, je n’ai reçu aucune offre d’emploi via l’ANPE ... donc aucun risque de refus !!! Lorsque je venais aux entretiens avec mes paquets de justificatifs de réponse à des annonces, en général les personnes de l’ANPE étaient même étonnées du nombre de pièces fournies !

          2- j’ai pu noter que les personnes qui nous reçoivent et entrent dans leur système informatique les informations concernant notre parcours, notre formation, notre expérience, n’ont en général qu’une très vague connaissance des différents métiers, donc j’ai du m’y prendre à plusieurs reprises pour parvenir à un portrait professionnel totalement parcellaire mais pas trop erroné ... autant dire que c’est peu exploitable.
          Comme justification alors que je m’étonnais de toutes ces approximations, il m’a été répondu que l’ANPE gère assez peu de chômeurs diplomés, qu’ils estiment en outre que cette population aura relativement peu de difficultés à se recaser, donc aucun effort n’est fait pour les aider ! ... Pourtant quand on regarde les chiffres d’évolution du chômage, on constate que de plus en plus de petits cadres sont concernés, et que plus ils avancent en âge, moins ce sera facile de rebondir ...

          Sinon, à propos de l’obligation d’accepter coute que coute un emploi, même sous qualifié, j’aimerais préciser que :

          - la plupart du temps, c’est ce qu’on finit par faire sans avoir besoin des menaces de radiation, car quand on se retrouve au chomage, on se sent vraiment fragilisé car on sait que la duré d’indemnisation passe très vite, on se sent mis à l’écart de la société, tout est fait pour qu’on se sente honteux d’avouer qu’on est au chômage ;

          - par ailleurs, accepter un travail en dessous de ses compétences pour s’en sortir, on croit toujours que ce n’est que ponctuel, et c’est ce qui fait avaler la pilule amère, mais en vérité, on entre dans une spirale infernale : on dévalorise son CV, son expérience, on perd confiance en soi (ça fait tellement longtemps que je n’ai pas réalisé telle tâche, je ne suis plus sure d’être encore capable de le faire), quand on se retrouve face à un recruteur, il va surtout regarder la ou les dernières expériences, et si ce ne sont pas les plus probantes, tant pis pour vous !
          De toute façon, pour l’opinion publique, si vous vous êtes retrouvé au chômage, il doit bien y avoir une raison ... et puis vous avez déjà un genou à terre, alors vous faire poser le 2e ne devrait pas être trop dur ... Humiliation, nécessité d’expliquer que vous avez accepté ce job parce qu’il faut bien manger, payer son loyer ... c’est ça la réalité du chômage et des emplois sous qualifiés !!!

          C’est ça l’avenir qu’on nous propose !!!

           

           


          • sys 6 mai 2008 17:56

            Mettons-nous 30 secondes à la place des protagonistes de la réforme : les chomeurs et employeurs...

            1. je suis chomeur ; on me demande d’accepter un emploi, je me présente à l’employeur ; le poste ne me convient pas (trop loin, pas assez payé, trop physique...) ; comme je sais que je n’ai pas le droit de refuser, il me suffit de jouer au plus bête ou au plus fragile que je ne suis réellement devant mon "futur" employeur et il n’acceptera bien évidemment pas de me prendre. C’est lui qui ne m’a pas pris, ce n’est pas moi qui ai refusé.

            2. je suis employeur, après 3 tentatives infructeuses de personnes qui jouent ainsi de mauvaise volonté, j’arrête de faire appel à l’ANPE qui ne m’envoie que des bras cassés ! Je me débrouille pour recruter par internet, etc.

            A moins qu’un élément important de la réforme pour contrecarrer ce raisonnement m’ai échappé, je ne vois comment les choses pourraient se passer autrement. Comment donc expliquer cette idée de réforme ?

            1. soit les responsables au gouvernement n’ont pas la capacité de faire ce type de raisonnements, c’est très inquiétant, mais j’en doute...

            2. soit ils prévoient dans une deuxième étape d’obliger les employeurs à accpeter les postulants ;)

            3. soit leur objectif est de couler définitivement ANPE et Assedic (plus d’offres des employeurs) ce qui justifiera la privatisation de la gestion du chomage.

             

            Je penche personnellement vers cette 3ème hypothèse... Je vous laisse juge de la méthode...


            • heyben 6 mai 2008 20:40

              C’est dommage que la 2e solution ne soit pas la bonne.

              Cela me fait penser à l’actualité et aux sans-papier qui bossent. Eux ils plaisent aux patrons, corvéables à souhait.

               

              Un article sur le site de marianne (je crois) mettais en évidence la discrimination pour les métiers de manoeuvres non qualifiés, si t’es blanc ou que t’as des papiers, tu ne seras pas pris.

               

               


            • cybitnap cybitnap 6 mai 2008 22:31

              Le chômage n’est pas une situation normale et il va bien falloir que les choses changent :

              - On a rendu le chômage plus attractif que le travail (plus besoin de se lever tôt, de prendre les transports, un revenu, des avantages). Hormis les 6premiers mois d’un chômage après activité, la somme des revenus et avantages de l’assistanat devrait être plafonné à 90% du SMIC.

              - Le problème de salaires en France est directement lié au taux de chômage. On est sur un marché (offre et demande de travail) et on a un prix qui est le salaire. Plus la lutte contre le chômage volontaire sera intensive, plus on remettra des gens au travail (ce qui produira de la croissance, remplira les caisses de l’Etat (cotisations, impôts), réduira les dépenses de l’Etat (allocations d’assistanat,...). Moins de chômeurs, ca engendrera également une hausse des salaires (ce que ne souhaitent pas les organisations syndicales, j’y reviendrai peut-être plus tard).

              - Enfin, quand on voit des travailleurs sans papiers et sans compétence particulière, des immigrés qu’on fait venir pour satisfaire les centaines de milliers d’emplois disponibles, je me dis qu’il est grand temps de privilégier le travail plutôt que l’oisiveté.


              • melanie 7 mai 2008 10:13

                @cibitnap

                 

                Manifestement tu n’es pas au chômage et tu déblatère n’importe quoi :

                Où as tu appris qu’un smicard gagne jusqu’à 90 % de son ancien salaire ???

                C’est en Suède ça .. !!

                Par ailleurs oui certains cadres car la honte du système français est de favoriser la glandouille des cadres, est son non plafonnement : Certains cadres vont toucher mensuellement jusqu’à plus de 5000 € net à chômer.

                Par ailleurs, je gagnais en tant que Déléguée Médicale - 60 heures par semaine et départ vers 7 h le matin parfois, je sais ce que lever tôt veut dire - 2500 € mensuels , je suis en ASS, généreusement alloué par un eétat qui considère que ne pas trouver un emploi est à sanctionner - je n’ai pas dit ne pas chercher, j’ai dit ne pas trouver .. !!- je touche 400 € mensuellement  : ainsi selon toi, je n’aurais pas de bénéfice à me lever tôt et à chercher à changer ma situation ????

                Quand on dit n’importe quoi, il vaut mieux la fermer. En général, je ne parle que de ce que je connais assez bien ou de source non biaisée.

                C’est à cause de types comme toi,qui répètent en boucle des conneries que la stigmatisation des gens qui cherchent à s’en sortir devient inssuportable .


              • Monolecte Monolecte 7 mai 2008 13:21

                Si le chômage est si attractif que cela, pourquoi il y a des gens qui préfèrent se flinguer sur leur poste de travail plutôt que de prendre un autre taff ailleurs ?

                Si le chômage est si attractif que cela, pourquoi tu bosses ?


              • HELIOS HELIOS 7 mai 2008 00:59

                A quand un droit opposable au travail ?

                Le corrolaire du devoir d’accepter un travail, c’est bien celui d’avoir reçu au moins une offre n’est-ce pas ?


                • melanie 7 mai 2008 09:10

                  Bonjour,

                   

                  Je refuse que ceux qui n’ont jamais connu le chômage, lea stigmaisation associée , l’anomie imposée et les injonctions paradoxales perpetuelles - vous devez être en recherche active d’emploi mais vous soumettre à des "prescriptions" de suivi avec des opérateurs privés payés de façon pharaoniques qui ont pour objectif de vous caser dans les métiers en tension, vous avez un entretien à Bordeaux résidant à Montpellier, mais l’ANPE pingre quant il s’agit des subsides amlloués qux chômeurs , a mégoté des tarifs si misérables avec la SNCF que le 6 Mai, ce sont les touristes qui ont des places et que vous , qui devriez être prioritaire car en recherche d’emploi, vous trouvez en position de citoyen de seconde zone-, je refuse qu’un seul de ces conseilleurs de l’extérieur ramène sa fraise sur un sujet dont il n’a aucune expérience, et j’en ai assez qu’au niveau gouvernemental au pretexte de la crise, on traite les chomeurs comme on traitait les juifs en 1933 :

                  Par principe tricheurs, par principe coupables, par principe glandeurs, et soumis à ce que Réné Girard appelait le principe du bouc émissaire : Dans une société marquée par la peur de déclassement, le haro systématique sur les chômeurs permet une catharsis et tant qu’on s’attaque à eux, les autres sont à l’abri et ne bronchent pas ...personne ne défendra les chômeurs à mesure que la crise s’aggrave, comme avec les juifs en 1933.

                  Je suis ex déléguée médicale, dans un emploi qui disparait, une région plombée - le Languedoc Roussillon- et je suis une battante mais le monde du recrutement - car heureusement pour moi, je ne cherche pas que via le site de L’ANPE - est un monde très particulier en France , qui recrute dans un mouchoir de poche entre 30 ans et 45 ans, et des personnes systématiquement en poste, ayant pratiqué stricto-sensu la même activité, de préférence dans le même secteur et avec les mêmes produits...

                  Et faire venir un candidat supplémentaire à ses frais ne leur coûte rien, l’Entreprise ne fait jamais aucun effort, les contrôles et la suspiscion perpétuelle de fraude ne concernent jamais que les chômeurs, alors même qu’il n’est besoin de lire l’hebdomadaire Marianne pour se convaincre que ce sont les entreprises et les organismes patronaux qui sont encore et toujours dans la plus grande impunité - cf DGS de l’UIMM- blanchis de leurs gigantesques magouilles .

                  Allez-voir sur le site de Cadremploi, les témoignages des cadres très diplomés dont on ne veux plus au pretexte qu’on veut un salarié compliant, pas regardant, qui ne négocie pas, et analyse le moins possible : La nouvelle génération est moins emmerdante.

                  Le souci est que votre livre comme tant d’autres n’impléchera pas une politique inepte, qui s’auto-entretient et que comme d’autres Charpy comme Lagarde ne connaissent rien au parcourt du combattant de qui cherche un emploi.

                  Contrairement à Peripate, je n’ai ni le gabarit -1m60 pour 48 Kg - ni le look, pour travailler en petit boulots , ce qui en Languedoc Roussillon ne manque pas avec le black dans la restauration ou le BTP- et la machine de l’exclusion tourne sur elle même de façon complétement désolidarisée de celle des personnes en emploi.

                  La france est certainement le pays d’Europe, le plus inégalitaire et le plus hypocrite en matière de traitement des surplus de candidats pour un nombre de postes de jour en jour plus restreint.

                  J’ai hier rencontré une Suédoise : Je cais apprendre le Suédois et monter à Stholkolm, apprendre le français aux Suédois...Je redescendrais à la retraite en France au Soleil ...


                  • cza93 cza93 7 mai 2008 16:03

                    Très juste tout ce que tu dis Mélanie !

                    Ras le bol qu’on nous stigmatise, qu’on nous traite comme des citoyens de seconde zone, qu’on nous cache comme une maladie honteuse !!!! Qu’on nous fasse porter toute la responsabilité d’une économie qui patine, de patrons pas toujours délicats qui se servent de cette situation pour imposer des critères de recrutement hyper pointus, qui créent de la ségrégation ainsi, du ressentiment, de l’injustice ??!!

                    Et aujourd’hui, le monde du travail est devenu si tendu, que ceux qui ont un job s’y cramponnent coute que coute, et ne feront jamais aucun geste de solidarité envers les chômeurs, par peur de venir grossir leur nombre ! Pour la plupart ils veulent bien reconnaitre que les méthodes de flicage qui sont en train d’être mises en route sont immondes, mais ça s’arrête là ! il ne faut attendre aucun soutien de personne. Quand tu es chomeur, tu n’existes plus !

                    On vient nous parler de "mobilité des travailleurs" qu’il faudrait "accroitre" ; mais de quelle mobilité parle-t-on ?

                    Dans la plupart des sociétés, il est devenu très difficile d’évoluer en interne ; et partir veut dire prendre un risque même si on part en ayant signé ailleurs, ce qui est déjà une gageure ! (du reste c’est comme cela que je me suis retrouvée chomeuse : démission suite proposition d’une autre société ... puis licenciement éco 1 an et demi plus tard !) ;
                    ensuite mobilité dans le sens de partir s’installer dans une région où il y a du travail dans sa branche ?
                    Super risqué !
                    1/ il faut passer l’écueuil de la période d’essai (qu’on veut ralonger au fait !!),
                    2/ il faut trouver un nouveau logement or personne de louera ou n’accordera de crédit immobilier à quelqu’un qui ne justifie pas d’un CDI confirmé et en général avec plus d’un an d’ancienneté (vécu !).
                    Donc pour la mobilité, on repassera !
                     

                    Les frais de transport : vous n’imaginez pas combien cela nous coute de nous rendre à tous les entretiens, notamment des boites d’interim qui ne nous répondront même pas !!!! L’ANPE rembourse si on a un RV en province, mais pas pour les petits déplacements dans la région ; or mis bout à bout, que ce soient des notes d’essence ou des tickets de bus, métro, RER, ça finit par vraiment peser sur nos faibles allocations. L’année dernière j’ai demandé à la SNCF s’il y avait un tarif chômeurs, on m’a dit que non et on m’a renvoyé vers ma mairie, laquelle m’a répondu qu’elle ne payait de titres de transport que pour les gens au RMI ou aux ASS !
                    Bref, au chômage, tu continue à payer tout pareil !!!

                    Ensuite le coté formation : il y a un an, l’ANPE m’ a gentiment répondu que les caisses étaient presque vide, et qu’ayant déjà bénéficié d’un bilan de compétence (au rabais et qui ne m’a servi à rien !) et d’une VAE (faite dans l’enseignement public et qui donc n’a quasiment rien couté), il ne fallait pas que je m’attende à grand chose de plus ... donc j’ai repris des études A MES FRAIS au CNAM, en cours du soir, car la journée je fais un job sous qualifié par rapport à mes compétences, mais qui me permet de payer mes factures (nourriture, loyer, reprise d’études) et d’être dans le centre de Paris en début de soirée pour mes cours. Et là ma mission se terminant je vais retourner en recherche d’un job du même type !!! Pas facile, croyez moi !

                    Alors à tous ceux qui nous traitent de feignasses, de profiteurs, vous croyez vraiment ce que vous dites ???

                    Vous croyez vraiment que des gens comme Mélanie ou moi on s’amuse tous les jours ????
                    Sincèrement, quand j’ai commencé à bosser, je ne pensais pas qu’à 40 ans je me retrouverai au fonds du trou, comme ça !!!
                    ... Et vous savez quoi, ... le mot vacances à la mer, le ski, la plage, les voyages hors de France, je ne sais même plus ce que ça veut dire, alors que les magazines ne parlent déjà plus que de tout ça ! ... Ben oui, car quand on me propose du boulot, je prends, et comme je ne sais pas combien de temps ça va durer (interim, CDD renouvelés), je ne prends pas de vacances ... et ensuite quand un contrat s’achève, pas question de dépenser des sous à partir en vacances car je ne sais pas combien de temps va durer la galère ... Vous trouvez que c’est une vie ça ???

                     

                     


                  • melanie 7 mai 2008 22:14

                    @ cza 93

                     

                    Alors on est soeurs de galère...

                    Sauf qu’à Paris que j’ai quitté il y a 10 ans avec une proposition de poste en Cancérologie sur le 93 et le 75 ...pour le soleil...Je ne serais plus au chômage .. !!!

                    Mais remonter maintenant...

                    Tout ce que tu dis de la mobiulité est hélas exact,c’est monstrueux alors même que l’UNEDIC est redevenue créditrice ...et il n’y aurait pas d’argent pour la formation...


                  • Furtive Sentinelle Furtive Sentinelle 7 mai 2008 12:27

                    La stigmatisation du chômeur faignant branleur dormeur tricheur etc ne date pas d’hier même lors de périodes moins dures. Il y a actuellement 2 problèmes, la fusion de l’Agence pour l’Emploi et de l’Assedic pour devenir la future gendarmerie nationale pour l’emploi ou France Emploi le nom n’est pas encore totalement caractérisé !!! Cette fusion peut sembler cohérente de prime abord sauf que l’ANPE a, au cours du temps, dévié vers une sous section de l’INSEE (production de chiffres) et CARROSSAGE des demandeurs d’emploi et c’est absolu pour les agents de terrain sinon sanctions. Voir les querelles entre le BIT, L’INSEE originelle et l’ANPE. Ils ne comptabilisent pas les chômeurs ou D.E selon des critères identiques mais trés particuliers. Quand à l’ ASSEDIC il s’agit d’un organisme privé associatif avec un statut de compagnie d’assurance pour un seul risque : la perte d’emploi, mais sous tutelle du MEDEF, le fric.

                    De ce qui découle des faits précédents, - le futur organisme sera de droit PRIVE quoi qu’en disent les faiseurs de cette réforme avec des fonds mixtes publics et surtout privés - Il y aura donc des licenciements par le jeu des économies d’échelle. Les managements des 2 organismes ne sont pas émulsionnables et surtout que de querelles politiques à venir pour nommer le futur patron.

                    Aussi la loi en cours de vote n’est que la mise en oeuvre pratique de cette fusion car pour qui maitrise les textes c’est d’une crasse idiotie. D’autant plus que la disparution du service public de l’emploi SPD permet à des entreprises privées souvent pas plus efficaces que la future *GNFE* d’entrer dans le jeu et d’avoir des pratiques trés particulières.

                    Maintenant parlons des offres d’emploi et un exemple : l’informatique secteur en tension ??? secteur hautement machiste et "jeuniste" car à partir de 40 ans au mieux le placard au pire le chômage.

                    Quelles solutions sont actuellement proposées aux personnes concernées ? Rien ou presque parce que les formations n’ont pas suivi l’évolution des techniques et que cela coûte extrêmement cher !!! et dispensées dans des entreprises propriètaires de leur science Microsoft certifications Clearcase etc..

                    Détruire de manière systématique les aspirations normales des individus et de quantifier de manière autoritaire les besoins des D.E relèvent de l’indigeance des politiques à trouver des solutions equitables.

                    Pourquoi ne pas aligner les augmentations des indemnités de l’Assedic sur les taux des parlementaires ou des sénateurs et/ ou de verser les indemnités des absents en séance en guise de service minimum aux demandeurs d’emploi ; quel beau geste désintérressé . Pas de remise en cause de ce machin dixit De Gaulle qu’est le Sénat et autres institutions inutiles.

                    Il va falloir biaiser car envoyer des CV à tire-larigot est coûtant mais nécessaire et improductif selon leur mise en oeuvre ou en perspective ; et bien malin l’analyste qui pourra faire la part des choses.

                    Deux heures de transport . Qui va payer les déplacements pour l’entretien et la reprise d’un emploi. Les transports en commun ou bétaillère sont deux voir trois fois moins rapides que les transports particuliers !!!!

                    C’est une politique discriminatoire car elle touche les plus faibles sachant qu’un employeur restera quoiqu’il advienne le seul maitre et décideur à propos des embauches avec santions ou pas, de toutes les façons, les sanctions pécuniaires passeront soit dans les frais généreux soit dans le prix de revient..

                    Et ce sera toujours les français d’en bas qui en feront les frais. Il y aurait tant de choses à dire mais le temps me manque. Un métier qui ne risque pas d’être en tension celui de prestidigidateur ingénu et déconnecté des réalités quotidiennes et domestiques . 

                     


                    • tvargentine.com lerma 7 mai 2008 13:34

                      Il ne s’agit pas avec le projet du gouvernement de "fliquer" le demandeur d’emploi mais d’optimiser les moyens ENORMES dont dispose l’Etat et qui sont tres mal utilisé pour permettre aux demandeurs d’emploi de bénéficier d’une meilleure qualité du service public

                      Regardez le budget de la formation professionnelle en France,il représente des milliards d’euros alors que notre pays n’est pas capable de former des personnes dans des activités porteuses d’emplois

                      L’aide,bien souvent détournée par des "associations" et des syndicats de tout bord pour remplir leur caisse et leur masse salariale aux détriments du demandeur d’emplois

                      Que dire de ces "associations" qui se remplissement les caisses avec des stages pour les demandeurs d’emplois !

                      Mon amie à fait une demande de formation depuis 3 mois et elle attend encore la réponse !

                      Il doit y avoir une traçabilité des fonds utilisés qui n’existent pas aujourd’hui et trop d’intermédiaires existent entre le demandeur d’emploi et l’entreprise,car en France,le chomage comme la création d’entreprise constitue un BIZNESS pour des vrais vautours

                       


                      • chris chris 7 mai 2008 14:01

                        Deux remarques suite à votre article :

                        1) "Rappelons pourtant l’essentiel : les chômeurs ne sont pas les responsables du chômage "

                        Rectification : les chômeurs ne sont pas les responsables de la pénurie d’emploi.

                        Sur le fait d’"arriver" au chômage : Les chômeurs ne sont évidemment pas toujours responsables de leur "mise au chômage", dans le cas de licenciement pour raison économique par exemple, mais ils peuvent l’être dans le cas notamment de licenciement pour raison personnelle (pour faute), voire en cas de démission, puisque leur droit à indemnisation par l’ASSEDIC sera réexaminé après un délai de 180 jours (de mémoire) 

                        Sur le fait de demeurer au chômage : les demandeurs d’emploi peuvent être classés en deux catégories :

                        -ceux qui ne supportent pas d’y rester et qui, réussiront tôt ou tard à retrouver un emploi (rappelons que ce n’est pas à l’ANPE de "trouver" un emploi, mais au DE à le rechercher. Les offres d’emploi circulant par le biais de l’ANPE ne représentent qu’à peine 40% de l’offre d’emploi globale 

                        -ceux qui tiennent le discours (réel) suivant : "j’ai cotisé, donc j’ai droit à mon chômage". Sur le principe, ce n’est pas faux et c’est même compréhensible. Sauf que le code du travail précise clairement (et cela ne date pas d’hier), que l’indemnisation est la contrepartie de l’absence de travail malgré la recherche effectuée par le demandeur d’emploi. Ce n’est donc pas un droit systématique et sans aucune condition.

                        2) sur votre historique du contrôle des chômeurs

                        Vous oubliez un paramètre qui me semble avoir une importance non négligeable, c’est celui des effectifs de ceux qui effectuent le contrôle. Tout le monde sait que l’ANPE ne radie pas pour absence de recherche d’emploi mais pour défaut de présentation à l’entretien périodique, je rappelle que la radiation n’est qu’un simple report de droit à indemnisation, non une suppression définitive du droit.

                        Reste que ce sont bien, comme vous le soulignez, les services de contrôle de recherche d’emploi relevant des directions départementales du travail qui effectuent les exclusions des DE.

                        Or, si les effectifs de l’inspection du travail sont inadaptés au champ du contrôle des entreprises en terme d’effectifs, ils le sont encore davantage sur le champ du contrôle des demandeurs d’emploi, le rapport est environ de 3 pour 1.


                        • Monolecte Monolecte 7 mai 2008 15:33

                          Ouaisss ! Je suis une catégorie de chômeurs à moi toute seule : ceux qui ont cherché du taff comme des shadoks et se sont toujours retrouvés en deuxième position dans la sélection. C’est bien deuxième, non ? Surtout quand on est plus de 100 sur la ligne de départ. Sauf que le chômage c’est binaire : tu as la place ou tu ne l’as pas. Et si tu ne l’as pas, dans ton classement, c’est juste parce que tu n’es pas très motivé, hein ?

                          D’après toi, on ressent quoi quand on se fait jeter d’une boîte après x années de bons et loyaux services, toujours dispo, jamais malade, compétent, ho oui, qu’est-ce que tu étais compétent... ça nous fend le cœur de devoir nous séparer de toi ! Même si tu te dis que tu es juste une victime collatérale de la guerre économique, ça te fait un peu chier de perdre d’entrée de jeu 35% de ton dernier salaire, parce que ça fait un peu punition, non, quand même, alors que tu n’as rien demandé.

                          Bref, si tu es fort dans ta tête et capable de surmonter cette première bonne grosse baffe dans ta face, tu te met très rapidement à chercher du boulot, parce que tu sais que les chômeurs, c’est pire que les sardines en terme de péremption : plus le temps passe et moins on en veut dans les boîtes.

                          Tu collectionnes les refus à tes candidatures, quand tu ne collectiones pas le vide, vu que les lettres de refus ne sont même plus à la mode, mais tu ne baisses pas les bras, parce que tu as un moral d’acier et que tu as foi dans tes compétences, que tu sais que seuls les chômeurs-branleurs restent sur le carreau et que comme tu te bats comme un lion, la morale de l’histoire veut que tu gagnes à la fin.

                          Sauf... rien. Si ce n’est que tu a explosé les statistiques (avec 100 mecs sur un job, au bout de 100 candidatures, tu dois mécaniquement avoir le job, non ?) et que même si cette fois, tu as raté le job d’un poil de cul, t’es toujours au chomdu, que tes potes ne t’appellent plus et que même dans ta famille, on te regarde de travers. Parce que c’est bien connu : quand on cherche, on trouve. Toujours ce soupçon dégueu d’être une victime consentante...

                          Si tu es un mutant, tu cherches toujours, malgré ta vie qui part en couille, tes factures qui s’accumulent, les contrôles de l’ANPE, les ASSEDICS et la DDTEFP, le soupçon permanent d’être un enculé de profiteur, la peur de ne pas y arriver, alors que tes 23 mois d’ARE sont bien entamés et que bientôt, tu vas basculer dans la grande pauvreté.

                          Comme je ne suis pas un mutant, que j’ai postulé à tout et même à n’importe quoi, que je n’ai pas vocation à me faire traiter de profiteur en permanence en vivant très largement sous le seuil de pauvreté, je me suis en quelque sorte auto-radiée. Je n’ai pas trouvé de taff, j’ai créé le mien, juste pour qu’on arrête de me harceler. Je suis un putain de traitre à la cause, parce que grâce aux gens comme moi, grâce à tous ces salopards qui n’en pouvaient plus de se faire criminaliser à longueur de temps pour une bouchée de pain, il y en a qui ont pu se vanter de la baisse du chômage !

                          Voilà l’envers du décor. Voilà la vraie vie quand on a le nez dedans, loin des grandes théories et des putains de statistiques officielles !

                          Purée, aujourd’hui, je suis vraiment de mauvais poil, on dirait !


                        • cza93 cza93 7 mai 2008 16:19

                          @monolecte :

                          la proposition de créer son propre job, de se mettre en indépendant ou en portage, on m’a fait le coup à l’anpe.

                          Mais juste une question : quand tu deviens indépendant, si tu ne parviens pas à générer suffisamment de revenu pour pérenniser ton activité, comme tu n’es plus salariée, tu n’as plus accès aux assedics il me semble ? tu peux me répondre sur ce truc ?

                          car si c’est bien ça, voila qui arrange bien le système :

                          - on sors des statistiques de chomage et on ne coute plus rien du tout

                          - si on se plante on n’a droit à rien, on est donc définitivement sorti d système.

                          CQFD : c’est une situation qui n’est envisageable que pour certains métiers d’encadrement très pointus, sinon c’est vraiment risqué ...


                        • Monolecte Monolecte 7 mai 2008 16:38

                          Oui, tu as tout compris : tu dégages totalement et de définitivement du système. Plus d’ASSEDIC, plus de Sécu, plus rien. Mais tu gardes l’obligation de cotiser à fond perdu !

                          D’un autre côté, vu la cadence à laquelle on se fait décricoter notre protection sociale, je suis finalement bien un mutant : je n’ai fait que devancer l’appel et fouler d’un pas léger les chemins du désert social qui sera très bientôt notre lot à tous !


                        • cza93 cza93 7 mai 2008 16:42

                          Plus de sécu non plus ?

                          Là je découvre !!! Super !!!

                          et pour la cotisation retraite ça change quelque chose ?


                        • Monolecte Monolecte 7 mai 2008 17:10

                          Pour la sécu, je cotise sur chaque sou que je rentre, mais si je ne rentre pas assez de fric, ben, je ne suis pas assurée. Donc, soit je dure sur mes reliquat de droits d’avant (ce qui est encore mon cas), soit j’ai épuisé mes droits et on me cherche quelqu’un dont je peux être ayant droit (bientôt mon cas) et sinon, c’est bienvenue à la CMU !

                          Pour la retraite, c’est encore plus la jungle. Mon statut fait que je n’ai qu’une cotisation complémentaire à l’IRCEC. Là, je "choisis" le nombre de points que je veux acheter chaque année. L’année dernière, j’ai acheté 6 points pour 301€... valeur : 7,4€/an... en sachant que je n’ai le droit à rien avant mes 65 ans... enfin, pour l’instant. Cette année, pour les mêmes 6 points, on me demande 364€, soit 17% d’augmentation de mes cotisations... ce qui n’a pas du tout été le cas de mes revenus. Donc, 6 points/an pour 7,4€/pt/an de pension... le minimum vieillesse est à 7.537,30€/an, soit la somme faramineuse de 628,10€/mois. Il me faudra donc acheter 6127,64 pts à mon régime complémentaire pour espérer arriver au minimum vieillesse, sachant que le prix d’achat du point est donc en 2008 de 60,66€... ce qui représente un total d’achat, si je prend tout de suite de 371743,49€... enfin, au prix 2008...


                        • ff, citoyen altermondialiste 10 mai 2008 16:56

                          Merci pour ces info très éclairantes et qui permettent de soutenir le combat que nous menons avec beaucoup d’ autres contre le dévelopement du control social généralisé auquel on assite depuis déjà bien longtemps.

                          Je publie aussitôt cette info dans la rubrique "Alterministère du développement social" du Mouvement altermondialiste "inter-local"

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