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"Vaincre Hitler" d’Avraham Burg

Retour résumant et analysant le livre on ne peut plus polémique d’Avraham Burg, ancien président de la Knesset.

f2cd16e0fb6d45ac5d7f076cba0aef1f.jpgL’histoire :

Dans ce livre, Avraham Burg nous livre une analyse critique de la société israélienne actuelle ; de sa philosophie et de sa psychologie, de l’évolution de sa politique et de sa religion... Mais l’auteur ne s’arrête pas là, puisque nombre de faits retracent son histoire personnelle, ou celle de sa famille.

Analysant, décryptant ou notant simplement les faits comme le ferait n’importe quel observateur, l’ancien président de la Knesset apporte aussi certains éléments de réponses, de réflexion aux problèmes qu’il livre.

Chronique :

Il faut l’avouer, la critique l’avait précédé. Sorti en 2007 en Israël, peu de personnes n’ont pu entendre un vent de polémique souffler dès que l’on prononçait le nom de Burg, le titre de son ouvrage, ou encore même le mot Shoah.

C’est certain, ce livre est une sorte de bombe, de mise à nu de tout un pan de l’histoire de l’homme, du peuple juif et de l’Etat d’Israël. Ne nous leurrons pourtant pas, cet ouvrage est loin d’être une Bible (même si l’auteur aime à se prendre des allures de philosophe-théoricien de temps à autres). L’ouvrage reste personnel, fruit d’analyses, d’observations, de tentatives de compréhension d’un seul homme, le tout au vu de l’Histoire.

Mais ce qui fait probablement ’mal’ dans ce livre, ce n’est pas que ce soit une critique du sionisme, de l’évolution de la société israélienne ou encore de la mentalité israélienne elle-même ; mais plus que ce livre ait été écrit par Avraham Burg, ancien sioniste affiché, ancien vice-président du Congrès juif mondial ou de l’Agence juive et du Mouvement sioniste mondial, et surtout ancien président de la Knesset.
Exit les « illuminés », « antisémites » et autres « fous ».

Initialement appelé Le Triomphe d’Hitler, Avraham Burg, dans un « élan d’optimisme » à préféré le nommer Vaincre Hitler, partant du principe que la société israélienne n’est pas totalement aliénée et que la "victoire" reste encore possible face à cet ennemi enterré depuis plusieurs décennies.

Si certaines contradictions se font dans le livre (sur Ahmadinejad, par exemple) et si l’on se perd quelquefois dans le raisonnement de l’auteur, on peut noter que l’usage de la réflexion mélangée avec des faits biographiques ou historiques portent l’histoire. Ce texte n’est donc pas seulement une pensée, une tentative de réflexion brute. La division en dix chapitres le montre bien.

Et, si tout y passe, de Péres à Rabin, de Kennedy à Bush ; deux faits reviennent principalement, comme lancinants : la Shoah et le procès Eichmann.

La première est indissociable du peuple juif. Burg le sait, le clame, mais ne peut s’empêcher de dénoncer corps et âme cette banalisation du terme, ces voyages de tous les enfants dans les camps de la mort, cette manière qu’a le peuple juif de se retrancher derrière cette part horrible de l’Histoire. Les propos sont crus, frontaux : « On dit souvent qu’un enfant maltraité deviendra un enfant maltraitant. [...] En s’armant jusqu’aux dents, Israël s’apparente à un enfant chétif qui chercherait à se protéger de ses ennemis, réels ou imaginaires [...] La Shoah fait partie de notre vie, on ne l’oubliera jamais et on ne laissera personne l’oublier. [...] Face à la Shoah, tout est insignifiant, néant, et donc permis. Barrages, encerclements, sièges, tueries : tout est possible, puisque nous avons survécu à la Shoah, et surtout... qu’on ne nous fasse pas la morale ! »


Le procès Eichmann a aussi fortement marqué l’auteur, qui se tient à analyser du mieux possible son impact sur la société et les mentalités israéliennes : "Le procès Eichmann a fait l’objet d’innombrables commentaires. On a évoqué sa dimension théâtrale ainsi que le rôle de Ben Gourion dans cette mise en scène politique et historique [...] Ainsi, sous une étroite surveillance politique et sous couvert sioniste, a été racontée l’histoire telle qu’on voulait nous la faire entendre. Les quelques opinions divergentes, comme celle d’Hannah Arendt, venue couvrir le procès pour un magazine américain, ont été étouffées et éloignées. Arendt n’a pas hésité à démasquer le ’spectacle’ de Ben Gourion ce qui lui a valu d’être vivement attaquée et rejetée."
Pour résumer quelque peu cet ouvrage, on peut dire qu’il est indispensable pour quiconque souhaite comprendre la mentalité israélienne. Non pas que ce soit "la référence", mais une vraie vision alternative à lire, analyse et point de vue qui pousse à la réflexion ; qui plus qu’Avraham Burg n’est pas n’importe qui, et qu’on ne pourrait, au même titre que Bishara ou Pappé, le taxer de révisionniste ou autre adjectif généralement utilisé dans les cas de sortie de livre de cette manière.
Et, même si tout ne doit pas être pris à la lettre, au mot près ; et même si certaines pensées sont plus que discutables, il n’empêche que ce livre a bien sa place dans une bibliothèque.
Le débat n’est en tout cas pas près de se terminer et c’est ce qui est relativement intéressant : pousser les gens, les esprits à se questionner, cogiter, tenter de comprendre et se poser certaines questions ; encore et toujours. Et c’est ce point qui m’a le plus marqué dans l’ouvrage : poser les questions qui font mal.
Et comme l’écrit Jean Christophe Ploquin pour La Croix lors de la chronique du livre :
"En Israël, les ondes de choc provoquées par cet essai ont duré plusieurs semaines.
Mais il est trop tôt selon l’auteur pour analyser son impact.
’C’est un livre pour les dix ans qui viennent, considère-t-il. Moi qui ai été si longtemps l’homme du consensus, j’ai produit cette fois une opinion très minoritaire. C’est très important, car les minorités d’aujourd’hui font les majorités de demain.’"
Attendons donc...

-*-

Pour aller plus loin :
- "Avraham Burg compare Israël à l’Allemagne d’avant 1933" sur Europalestine
- "The end of Zionism" par Avraham Burg sur The Guardian

par Shyankar (son site) jeudi 17 avril 2008 - 82 réactions
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  • Par gaiaol (xxx.xxx.xxx.93) 17 avril 2008 15:39

    sebastien "Le proces Eichmann a peut-etre ete trop mediatise mais il etait symboliquement tres important. C’est la premiere fois que l’on pouvait prendre une revanche sur ses bourreaux et puis il a permis aux Juifs europeens d’etre fiers d’Israel."

    en fait sebastien, là aussi ce fut le mythe, les israeliens furent fiers des faits du mossad mais le procès en lui même fut recouvert d’une chape de plomb parqu’il échappait à ceux là meem qui voulurent en fair un coup d’éclat :

    " Hannah Arendt écrit dans son livre Eichmann à Jérusalem, déjà mentionné plus haut : "A Amsterdam comme à Varsovie, à Berlin comme à Budapest, on pouvait faire confiance aux représentants officiels des organismes juifs pour établir la liste des personnes concernées et de leurs biens ; pour extorquer aux déportés l’argent devant couvrir les frais de transport et d’extermination ; pour tenir à jour la liste des appartements vides ; pour fournir les auxiliaires de police nécessaires pour s’emparer des Juifs que l’on mettait dans les trains ; et finalement, pour remettre en bonne et due forme tous les avoirs et tous les biens de la communauté juive aux autorités qui en avaient décidé la confiscation. Ce sont ces mêmes gens qui se chargeaient de distribuer les étoiles jaunes et parfois même de vendre des brassards. [...] Si les Juifs avaient été sans organisation ni dirigeants, le chaos et la misère auraient sans doute régné partout, mais il y aurait eu moins de morts parmi eux."

    A propos d’Adolf Eichmann, un des principaux responsables nazis de la "solution finale", on sait que son "séjour" à Jérusalem en 1961 fut tout à fait involontaire. S’étant réfugié en Argentine après la défaite allemande, il fut retrouvé là-bas par les services secrets israéliens, kidnappé, conduit de force en Israël, puis jugé pour ses crimes, condamné à mort et exécuté - ce fut sans doute la seule action utile et moralement justifiable du Mossad. Ce que l’on sait moins - ou pas du tout - à propos d’Eichmann, c’est qu’il était déjà venu une première fois en Palestine en octobre 1937 (donc avant la "solution finale"). Alors que la propagande sioniste prétend qu’il avait pour mission de prendre contact avec le grand mufti de Jérusalem, un personnage ouvertement judéophobe, anticommuniste et pro-allemand, qui envoya plus tard des troupes musulmanes combattre en Yougoslavie et en URSS, le but réel du voyage était tout autre.

    Eichmann, qui était alors officier SS et haut fonctionnaire de la section des affaires juives des services de "sécurité", prit le bateau pour la Palestine en compagnie de son collègue Herbert Hagen, tous deux se faisant passer pour des journalistes afin de ne pas éveiller les soupçons des autorités anglaises. Ils furent accueillis à Haïfa par Feivel Polkes, un agent de la Haganah (l’organisation militaire juive clandestine). Polkes qui connaissait déjà Eichmann pour l’avoir rencontré à Berlin, lui fit part de la volonté de coopération des sionistes. Lorsque les services britanniques découvrirent deux jours plus tard qu’Eichmann et Hagen n’étaient pas journalistes, les deux hommes furent expulsés vers Le Caire. Polkes vint les rejoindre dans cette ville afin de poursuivre les entretiens.

    A son retour, Eichmann rédigea un rapport très élogieux pour les sionistes et conclut : "Les milieux nationalistes juifs sont très satisfaits de la politique radicale menée par l’Allemagne, car elle permettra de renforcer la population juive en Palestine, de sorte que, dans un avenir assez proche, le nombre de Juifs dans ce territoire pourra dépasser celui des Arabes."

    Lenni Brenner, dans son ouvrage Zionism in the Age of the Dictators (chapitre 8 ) parle en détail de cette honteuse collaboration entre la Haganah et les SS.

    En 1940-41, l’organisation terroriste Stern qui combat les Britanniques en Palestine, propose de nouveau une entente avec l’Allemagne nazie si celle-ci favorise l’établissement d’une nation juive. Un des chefs du groupe Stern deviendra plus tard Premier ministre d’Israël : Yitzhak Shamir.

  • Par gaiaol (xxx.xxx.xxx.93) 18 avril 2008 00:19

    ah parce qu’elles ne sont pas déjà retroussées ? il me semble qu’il y a du professseur en vous, avec le tablier gris et les manches déjà levées. on vous sent si convaincu armand !!

     

    non la partition ne s’es tpas passée comme vous la racontez. ça c’est ce que vous voulez croire... tenez je vous colle la version des faits des palestiniens, celle que le mythe israelien a ensevelie, version déjà postée, il y a quelques jours... bonne lecture et a demain...

     

    les dirigeants israeliens ont revendiqué un état sur des territoires qui n’étaient pas les leurs.c’est un fait avec précédent mais tout de meem innaceptable pour les palestiniens. "L’Organisation des Nations unies (ONU ou encore Nations unies) est une organisation internationale fondée le 26 juin 1945 à San Francisco "pour résoudre les problèmes internationaux". Elle succède à la Société des Nations (SdN). Elle ne dispose pas de force militaire mais elle peut demander aux États-membres de fournir des contingents pour mettre sur pied des forces de maintien de la paix (les Casques bleus)."

    pour résoudre les problèmes internationaux pas pour en faire naitre... l’onu n’avait et n’a toutjours pas vocation à créer le droit international.elle doit l’appliquer.et si vraiment le droit international était respecté jusqu’au bout, israel serait meem 60 ans après, illégitime.

    de plus le partage s’est fait d’une manière unilatérale, d’une manière péremptoire. . on a imposé le partage aux palestiniens qui n’eurent meem pas le droit d’en discuter avec ceux qui l’avaient initié. les israeliens ont accepté sachant que les puissances leur laisseraient toute la latititude voulue pour annexer plus de territoires, fermeraient les yeux sur les crimes de guerre commis sur les palestiniens, les aideraient sur tous les plans et ferait fi du droit international. tout cela se vérifie tous les jours delpuis 60 ans. que les palestiniens se défendent et ne veuille pas laisser en paix cet état est dans l’ordre des choses...

    et ils ont refusé le partage mais quoi de plus normal. la création d’israel en elle meem portait le fondement de la colonisation. alors que cette création soit logique pour vous, tant mieux ça vous évitera moins d’états d’ame. mais elle ne l’était pas pour les palestiniens qui sont tout de meem les premiers concernés. question de survie pour eux... et ils le savaient... le temps leur a donné raison.

    vous passez votre temps à justifier les israeliens et leur politique. mais alors souffrez que d’autres le fassent en sens inverse sans parler d’antisémitisme. ou alors acceptez à votre tour d’être taxé de raciste (ce que je ne pense évidemment pas).

    là ou nous pouvons être d’accord, c’est que les années ont passées et israel aujourd’hui existe. et qu’il faut l’accepter en tant que tel. pour les palestiniens, il n’y pas de choix. mais pour autant doit-on toujours se taire et taire la colonisation et son cortège de malheurs ?

  • Par gaiaol (xxx.xxx.xxx.93) 17 avril 2008 16:37

    vous n’avez pas compris sebastien. le "révisionisme" n’est en rien mon propos et ne m’interesse pas. le procès eichmann n’a pas été seulement une fierté pour israel... il y eu autre chose, une vague de fond (que vous vous appelez revisionisme) que quelques uns ont tenté d’analyser dont hannah arendt... une chose comme, connaitre sa propre histoire avant de tirer sur les ambulances

  • Par ZEN (xxx.xxx.xxx.25) 17 avril 2008 14:19
    ZEN

    Oui, heureusement , le débat commence à se faire au grand jour, au coeur d’un post-sionisme nécessaire et inéluctable (Shlomo Sand), pour un retour d’Isaël, Etat comme un autre, dans un régime de droit internanational, et non plus comme une exception...

    En Isarël, contrairment aux USA et surtout en France, le débat est plus ouvert et public..C’est un espoir..

    "Parmi les "ténors" de ce nouveau mouvement, Samuel Lewis, ancien ambassadeur des Etats-Unis en Israël, et qui compte user de son influence et de sa connaissance de l’administration US pour contrer l’AIPAC.
    Pour comprendre de quelle sphère proviennent les membres de J-Street, il faut regarder quelles sont les personnalités israéliennes qui ont signé une lettre de soutien en leur faveur. L’ancien Président de la Knesset et contempteur de l’Etat d’Israël, Avrom Burg, l’ancien chef d’état major, Amon Lipkin-Shah’ak, l’ex-ministre des Affaires étrangères, Shlomo Ben Ami, négociateur effréné avec Barak à Camp David, Ouri Savir, proche de Yossi Beilin et parmi les artisans des accord d’Oslo, Amram Mitzna ex-chef du Parti Travailliste et colombe notoire, le général Amos Lapidot, membre du Conseil pour la Paix et la Sécurité, situé nettement à gauche, Dr. Alon Liel, ancien conseiller d’Ehoud Barak et partisan d’un Etat palestinien etc. Ce sont en tout 23 personnalités israéliennes qui ont exprimé leur soutien à ce nouveau lobby juif américain, spécifiant dans leur lettre "leur volonté de s’ingérer dans le débat sur l’issue du conflit, et de le dire tout haut lorsque l’on n’est pas d’accord avec la politique israélienne ou américaine".

     

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