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Canicule

Le Bonimenteur transpire ...

L'été sera chaud …

Je sors de ma troisième douche, je suis dans une tenue que je me refuse à vous dévoiler même s'il ne reste plus grand chose à retirer. Je ne me suis pas essuyé, comptant sur ces quelques instants de répit pour goûter un peu de fraîcheur. Je sens déjà l'effet désastreux de la chaleur sur ma peau. Il est inutile de lutter, je vais passer la journée entre transpiration collante et odeurs aigres. Mon adiposité se paie cash en période de canicule.

La soirée d'hier avait fini par la même quête désespérée. Une ultime douche avant de me coucher. Il était tard, l'ouverture de toutes les fenêtres de la maison était un espoir déraisonnable de trouver enfin un peu de fraîcheur dans cette étuve. Rien n'y a fait pourtant, une simple illusion de mieux être le temps que de sournois et trompeurs courants d'air se glissent à l'intérieur.

Ce matin, il faut en toute hâte fermer fenêtres et volets. Le soleil n'a pas attendu d'être à son zénith pour darder ses rayons de feu. Je vis dans l'obscurité. La lumière électrique apporte elle aussi une chaleur qu'il faut fuir. Je suis condamné à l'immobilité. Ne rien faire et transpirer quand même. Dire qu'il y en a qui pensent que je m'amuse. L'été est une corvée torride !

Manger est encore une autre affaire pénible. Ne rien faire chauffer surtout. Tant pis pour cette belle récolte de haricots verts. Ils auraient été délicieux en salade avec quelques tomates mais la seule idée de faire bouillir de l'eau m'électrise. J'attendrai la nuit prochaine pour tenter l'aventure. En attendant, tomates crues, concombre et pêches constitueront le menu du jour.

Sortir est une épreuve plus redoutable que toutes les autres. Il faut entrer dans la fournaise, subir cette vague de chaleur qui vous étouffe et vous submerge. Il n'est pas question d'aller à pied par ce temps, s'exposer à la brûlure et au ridicule du maillot mouillé d'une longue et humiliante traînée humide qui court dans le dos.. Prendre la voiture alors ? Pas plus raisonnable. Mes stupides convictions m'ont fait choisir un véhicule sans climatisation, je suis condamné à me brûler les cuisses et à cuire à petit feu dans cette caisse en fusion !

Car, vous devez le comprendre maintenant, il n'y a dans ma maison aucun instrument pour échapper à ce supplice. Ni climatiseur, ni ventilateur. Je suis un incorruptible de l'écologie et c'est au prix fort que je paie cette posture absurde. L'été, quand il est caniculaire, devrait vous exonérer de vos croyances imbéciles. Les pragmatiques, les sans convictions fixes, les nantis ne vivent pas mon calvaire actuel. Ils profitent de tous les instruments que cette consommation du réchauffement climatique met à leur disposition pour éviter le piège dans lequel ils nous plongent par de tels excès.

La chaleur me fait délirer. Je me mets à écrire n'importe quoi. Il me faut pourtant sortir pour avoir un peu de pain. Je me lamente et ne pense même pas à ce pauvre boulanger qui a sué sang et eau pour remplir sa mission quotidienne. Faire du pain par ce temps est une pure folie. Je me dois de lui marquer ma solidarité en me rendant dans sa boutique. Mais comment ? En scooter ? Ce ne serait pas écologique et porter un casque par ce temps, c'est risquer l'apoplexie. Alors, le vélo, à allure modérée, en allant chercher un peu de fraîcheur en bord de Loire semble être la meilleure solution.

Mon ordinateur sur les genoux, j'écris ce billet inutile. La machine apporte elle aussi des degrés supplémentaires. Rien désormais dans tout ce que nous faisons n'échappe à la folle production de chaleur. Regarder la télévision donnerait le même résultat et en plus, je risquerais l'abrutissement. Lire est sans doute la dernière possibilité qui échappe à la sur-consommation énergétique !

Je sens à nouveau des gouttes perler sur mon front. J'ai beau avoir choisi la pièce la moins chaude, je suis à nouveau victime d'une bouffée de chaleur n'en déplaisent aux tenant de la théorie du genre. Je n'en puis plus. Vivement cet hiver que je grelote tout à mon aise. J'ai besoin de douceur, de fraîcheur et de repos. La canicule est l'exact contraire. Je devine une fois encore les ravages que fera ce coup de chaud dans les rangs de nos anciens. J'ai une pensée émue pour eux. N'avez-vous pas remarqué que pas une seule petite minute de silence n'avait été demandé pour les quinze mille victimes de la fois précédente ? Les vieux, ça compte moins que les victimes des tours jumelles qui en eurent trois alors qu'ils étaient cinq fois moins nombreux !

Je déraisonne. La chaleur sans doute. Il est grand temps que j'abandonne ce billet brûlant. Je vais le confier à la toile, cette grande vague qui m'apportera peut-être un peu de fraîcheur venue du large. Bonne journée à vous dans la douceur de vos foyers équipés, climatisés, ventilés et piscinisés. Le mien n'a jamais aussi bien porté son nom, c'est une fournaise diabolique. À la douche !

Torridement vôtre.


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41 réactions à cet article    


  • Mr Dupont 3 août 2013 13:23

    Hé !! Nabum

    Tu pourrais m’expliquer comment le fait de raconter ta vie ça fait un article qui passe la modé ?

    Tu paies ?

    T’es actionnaire chez Cybion ?

    Si encore tu nous racontais une de tes soirées -baise : mais là vraiment, une tes journées caniculaires au bord de ta piscine ; on s’en tamponne le coquillard

    Déjà avec les nuits à la belle étoile de Mme Rosemar on avait atteint les sommets de la connerie, avec tes journées au bord de ta piscine on touche à l’over-dose du crétinisme

    Bon , sur ce je te laisses à ta bronzette palpitante

    Je ne faisais que passer


    • C'est Nabum C’est Nabum 3 août 2013 13:30

       Mr Dupont


      J’apprécie votre ton familier, la portée de votre réflexion. On se snet enbonne intelligence.

      Qaunt à vos questions, je n’ai aucune réponse satisfaisante à vous fournir. Il se peut que mes billets racontent autre chose que ma vie, mais ça ne m’appartient pas de les juger.

      Vous semblez les condamner, d’autres sont d’un avis contraire. N’est-ce pas la complexité du jugement humais qui se joue ici ?

      Continuer à passer si vous voulez vous perdre dans un abîme de perplexité !

    • Fergus Fergus 3 août 2013 13:33

      Bonjour, Mr Dupont.

      Un journal est fait de tout : sauf à distiller très vite un ennui mortel, il est bon qu’il aborde les questions socioéconomiques, politiques, sociétales, scientifiques, culturelles et sportives. Mais les billets d’humeur plus personnels, les tranches de vie et les courtes fictions y ont également leur place. C’est pourquoi j’approuve sans hésiter en modération ce type d’article qui décrit une atmosphère et qui est, de surcroît, bien rédigé ce qui a parfois tendance à se perdre.


    • C'est Nabum C’est Nabum 3 août 2013 13:35

      Fergus


      Il y a autre chose que le style qui a tendance à se perdre !

      Merci 

    • Fergus Fergus 3 août 2013 13:27

      Bonjour, C’est Nabum.

      Un texte qui sent le vécu. La canicule n’a rien d’agréable, en effet. Qui plus est, aux effets sur la température corporelle et au manque d’appétit, on sait de manière scientifique que plus il fait chaud, plus les esprits s’échauffent également, la canicule étant porteuse de comportements plus violents qu’à l’accoutumée.

      Malgré cela, la canicule ne m’arrête pas : je continue de jardiner (lorsque la terre n’est pas trop dure) et, durant les vacances, de me balader avec mes chaussures de randonnée, y compris sous le cagnard des grands causses ou la sécheresse des calanques. Question d’habitude, sans doute. Je ne pourrais d’ailleurs pas vivre comme les méridionaux, enfermé dans mon sous-sol ou dans la pénombre d’une maison aux ouvertures presque totalement occultées. D’où mon choix de vie en Bretagne.

      « Canicule », c’est en outre le titre original que j’avais donné à une nouvelle noire publiée sur AgoraVox en 2010 sous le titre La mort au coin de la rue.

      Cordialement.


      • C'est Nabum C’est Nabum 3 août 2013 13:34

        Fergus


        Monsieur Dupont vit peut-être dans un appartement surchauffé ! Ceci expliquerait sa réaction intrabillaire ...

        Merci de voir autre chose qu’un impudique récit sans importance dans cette modeste farce. Oui, l’extrême chaleur pose problème à beaucoup de gens, souvent des démuis et des isolés. Ne pas en parler c’est encore la marque d’une société qui n’aime rien tant que se regarder le nombril pourvu qu’il soit dans une piscine ....

      • Fergus Fergus 3 août 2013 14:39

        @ C’est Nabum.

        Vous avez raison de souligner la souffrance des démunis lors des épisodes de chaleur extrême. On oublie trop souvent que la canicule et le manque d’assistance estivale tuent plus de SDF que les périodes hivernales de grand froid.


      • brieli67 3 août 2013 15:08

        Salü les 2 pied-istes...


        alsacien toujours...
        gapençais très souvent - turbin oblige ...

        entre 
        le Pont , sa Marmite _ les Oules du Diable du  Valgaudemar
        et l’amas de pierres du Val dit des Miracles avec ses tags rupestres le brûlé, le roussi

        y a pas photos.

        de l’eau de l’eau .... de l’ombre et de la chlorophylle



      • C'est Nabum C’est Nabum 3 août 2013 15:47

        Fergus


        Le soleil tue plus sûrement quand il brûle que quand il boude.
        Beaucoup semblent l’oublier et il faut une bonne hécatombe pour que parfois on y fasse attention. 2003 c’est déja fort loin ...

      • C'est Nabum C’est Nabum 3 août 2013 15:49

        brieli67


        Je bois à votre santé avec un petit ballon d’Alsace ...

      • Fergus Fergus 3 août 2013 16:15

        Salut, Brieli.

        Et moi, je vais le faire dès ce soir, sans ballon d’Alsace, en dégustant un Gewürztraminer. S’Gilt !

        Bien joli et très méconnu, le Valgaudemar.

        Bonne journée.

         


      • Vipère Vipère 3 août 2013 14:12

        Bonjour Nabum

        Il ne reste plus que le lavoir, si toutefois vous parvenez à en trouver un, et là les places sont chères !

        A la dernière canicule,- celle-ci est comparativement légère- tous les vacanciers du petit village de B. S. G. se retrouvaient au lavoir, les pieds dans l’eau, alimenté par une source d’eau glaciale.

        A ce lavoir, venait fréquemment H. artiste peintre qui avait élu domicile dans ce village. Depuis 2 ans, il vivait là, été comme hiver dans son camping-car Volkswagen, le plus minuscule qu’il m’ait été donné de voir, tout y était rangé à la perfection et il en était fier. smiley


        • Fergus Fergus 3 août 2013 14:35

          Bonjour, Vipère.

          B.S.G. ? Serait-ce par hasard le village limousin de Bessines-sur-Gartempe ? Auquel cas l’on pourrait comprendre que ce M. H., peintre de son état y ait trouvé l’inspiration, ce village ayant vu naître la très talentueuse Suzanne Valadon.


        • Fergus Fergus 3 août 2013 14:36

          Qui plus est, je crois me souvenir qu’il y a là un vieux lavoir couvert...


        • brieli67 3 août 2013 15:37

          avec mai 68....

          les « Wäschbretsche » ou bateau-lavoir  ont disparu de la cité bordée de l’Ill.
          les lavandières aussi. 

        • C'est Nabum C’est Nabum 3 août 2013 15:50

          vipère


          Au lavoir pour prendre le frais et pouvoir tout à loisir jacasser et dire des sornettes ...

          Quel plaisir !

        • Fergus Fergus 3 août 2013 16:26

          @ C’est Nabum.

          Des sornettes, mais aussi à l’occasion des médisances. Cela dit, le lavoir était naguère la gazette du village : c’est là que s’échangeaient les informations sur la vie locale.


        • Vipère Vipère 3 août 2013 14:17

          Tous les cancans sur les habitants, s’y rapportaient, étaient commentés dans le moindre détail, au point qu’à la fin on connaissait tout des uns et des autres, comme si l’on avait toujours vécu là.

          Un an plus, en passant dans ce village, rien n’avait changé si ce n’est que le village avait adopté H. qui était désormais devenu l’un des leurs. Son camping car, garé devant son petit appartement, peignant comme à son habitude.


          • Vipère Vipère 3 août 2013 14:20

            Mr Dupont n’est pas à la sieste ? cela lui ferait le plus grand bien... un petit repos vous rend aussi frais qu’un gardon ! smiley


            • C'est Nabum C’est Nabum 3 août 2013 15:53

              Vipère 


              Sans tambour ni trempette

              Le bateau lavoir.


              Il était une fois, en un temps pas si lointain, une rude tâche qui incombait exclusivement à la femme. C’était bien avant l’invention qui révolutionna la vie domestique et fit entrer le monde dans l’ère du modernisme. Le tambour ne résonnait pas encore dans tous nos foyers et les dames devaient aller faire trempette là où l’eau courait …


              Elles étaient les lavandières, le mot est joli pour une tache rude et ingrate. Le dos plié, les mains dans l’eau, l’effort intense et le risque bien grand. Car, voyez-vous, une femme en cette posture, la croupe déployée au regard du passant ne peut hélas que provoquer la concupiscence d’hommes toujours en mal de délicatesse.


              Sur les bords de notre Loire, il y avait, comme partout dans le pays, des lieux aménagés pour que viennent s’y retrouver les lessiveuses. L’union fait la force et elles espéraient ainsi se retrouver à l’abri des gestes déplacés. Ceci aurait pu être le cas, si sur le fleuve ne circulaient alors des braillards et des mauvais garçons toujours prompts à soulever un jupon d’autant plus facilement que celui-ci était en si friponne posture.


              Nos lascars avaient bien sur leur chemin quelques lanternes rouges pour assouvir leur gourmandise. Nous savons ce qu’il en était des venelles à quatre-sous et autres rues borgnes de nos villes. Cependant ils avaient plus souvent la bourse à écus vide quand celles de leurs caprices étaient prêtes à rompre. Les débordements ne manquaient hélas pas dans de telles conditions !


              Bien vite les maris du pays trouvèrent parade à la chose qu’ils ne goûtaient que très modérément. S’ils aimaient à se rincer l’œil sur la croupe de la voisine, ils ne supportaient pas que d’autres poussent le caprice plus avant en y jetant leur dévolu et bien autre chose. Ils construisirent des lavoirs clos et couverts, pour isoler leurs dames de ces vilains mariniers.


              Tant qu’elles avaient les mains dans l’eau, nos belles lavandières étaient désormais tranquilles mais le labeur fini, il fallait bien étendre le linge. C’est là qu’elles trouvaient encore des pinces qui préféraient leurs parties charnues au linge qu’il fallait accrocher sur le fil. Les bras en l’air, le drap à la main, la pauvre ménagère était bien vulnérable à cette attaque aussi sournoise que déplacée.


              C’en était trop pour tous ceux de ce pays qui avaient dignité et moralité. Il faut souvent soigner le mal d’où il vient et un bienfaiteur de l’humanité laborieuse et blanchisseuse eut l’idée de prendre les mariniers frivoles et grivois à leur propre piège. Il construisit un bateau pour que les dames soient enfin à l’abri de ces navigateurs sans scrupule.


              Le premier bateau lavoir vit ainsi le jour sur un port de notre Loire. Au premier niveau, les dames pouvaient tout à loisir laver le linge dans l’eau puisque le pont avait des orifices destinés à cet usage tout en étant totalement hors de portée des œillades déplacées. Au second étage, un espace couvert et largement aéré permettait un séchage rapide du linge sans qu’on n’attente une nouvelle fois à leur honneur. Une passerelle permettait l’accès à ce lieu désormais imprenable car il était facile d’en interdire l’accès.


              Voilà un nouvel et déplorable aspect de notre marine de Loire. Les historiens n’ont pas souhaité dévoiler les dessous de la création de nos bateaux lavoirs. Maintenant que vous en avez découvert les secrets, vous ne regarderez plus cet édifice du même œil.


              Si par hasard, vous passez à Orléans, vous comprendrez mieux quelles sont les étranges intentions de ces quelques mariniers d’aujourd’hui qui ne viennent sur le bateau-lavoir de notre quai qu’en enjambant le bastingage. Munissez-vous alors, comme les dames d’antan, d’un battoir pour leur faire l’accueil qu’ils méritent.


              C’est ainsi qu’il faut laver le linge sale, sans tambour ni trempette !


              Mèredenisement vôtre.


            • Vipère Vipère 3 août 2013 16:00

              Nabum

              Vous me l’a baillez joliment sur les lavandières ! fort heureusement, la machine à laver le linge est venue délivrer la ménagère de ce travail harassant, mais néanmoins utile.

              Dans les récits de ZOLA étaient évoqués les femmes au lavoir...  smiley


            • Fergus Fergus 3 août 2013 16:31

              « S’ils aimaient à se rincer l’œil sur la croupe de la voisine... » D’où l’impérieuse nécessité dans la religion musulmane de séparer les hommes des femmes lors des prières ! (Propos rapporté d’un ami musulman).


            • C'est Nabum C’est Nabum 3 août 2013 16:39

              Vipère


              On disait laveuse jusqu’à ce qu’une mode venue du Portugal et parfois du Sud Est en fassent des lavandières. Le mot est plus poétique, il ne correspond nullement à la rudesse de la tache. Je vous conseille un merveilleux spectacle dont je vous adresse coipe de mon compte rendu.

              Paroles de lavandières …

              Elles lavaient le linge sale des autres familles.



              Pendant qu’il en est encore temps, les membres des compagnies d’Ô et du Battement d’Elle se sont lancées dans le collectage des souvenirs de nos lavoirs, quand ceux-ci résonnaient des papotages des dames au battoir et à la langue bien pendue. Elles ont recueilli de jolis fragments de vie, de belles histoires personnelles, simples et émouvantes. Elles nous proposent ainsi un spectacle magnifique qui nous entraîne au cœur d’une France qui n’est plus.


              Elles sont quatre à battre le linge tout en nous prenant par la main et le cœur. Elles cancanent, elles papotent, elles se livrent, elles se confient, elles s’encolérent, elles se gaussent. Elles sont tout à la fois, tous les visages de ces femmes simples qui étaient les petites mains de nos rivières. Elles nous livrent ainsi une quinzaine de portraits, des instants de vie, des fragments émouvants et d’une grande justesse.


              Les quatre actrices sont tour à tour toutes les figures de la femme qui trime, souffre, aime, pleure, rit, travaille et peine. Elles sont archétypes d’une condition laborieuse. Elle nous livrent des témoignages touchants, émouvants, drôles, tristes, poétiques, intimes. Nous passons d’un tableau à l’autre autour de ce lavoir et de ces beaux draps blancs qui volent au vent.


              Il y a Rose qui aime son bonhomme. Il lui a fait des enfants en ribambelle ce qui ne l’empêche pas de venir s’user les mains et le dos pour gagner une misère qui ne suffit pas à nourrir convenablement toutes ces bouches. Il y a Juliette, louée très tôt au service d’un bourgeois de la ville. Elle a dû batailler ferme pour préserver son honneur et se retrouve aussi au battoir au bout de sa vie de femme au travail.


              Il y a encore les histoires de filles qui deviennent femmes, des linges qui rougissent et les complications qui arrivent. Les herbes qui font passer la chose et ces hommes qui n’en ont jamais assez. Il y a les douleurs des couches, la joie des épousailles, la douleur des décès, le bonheur d’un petit baiser, la souffrance d’une tromperie …


              Les langues s’agitent, elles disent le bon tout comme le mauvais, elles aiment à salir la voisine, à médire des notables, à répandre la rumeur, à propager les secrets. Elles se plaisent surtout à se raconter, à ouvrir la boîte à sentiments, le coffret à bonheur, le coffre à douceur. Elles battent le linge et nous entrons au cœur d’une conversation intemporelle qui pourtant est si datée.


              Il y a la guerre, l’exode, les travaux harassants, les enfants qui meurent en bas âge, le poids des hommes et des conventions. Il y a encore une vie qui allait son train au rythme des saisons, des métiers durs comme ce n’est pas permis, des conditions terribles et l’absence de perspectives pour ces femmes qui du matin au soir brisaient leur dos pour faire le linge plus propre !


              Je mélange à plaisir ce que Françoise, Brigitte, Chantal et Nathalie nous ont confié dans un jeu délicat et si simple à la fois. Elles ont recueilli une mémoire, elles lui redonnent vie. Elles nous offrent un spectacle merveilleux. N’attendez rien d’exceptionnel, ni une aventure mirifique. C’est du quotidien d’un passé révolu qu’elle font une merveilleuse page d’une histoire si proche de nous.


              Vous ne pourrez plus jamais passer devant un lavoir ou notre bateau-lavoir sans vous souvenir de ces fragments de vie, de quelques clichés qui vous sont restés gravés au plus profond de l’âme. Car nos lavandières sont de troublantes sorcières, elles nous ont distillés des potions étranges qui ont aboli le temps.


              Ne manquez pas ce spectacle. N’hésitez pas à contacter les dames lavandières, elles vous feront tourner les sangs. Les deux compagnies sont installées dans notre pays ligérien. Bon nombre des anecdotes mises en mots viennent d’ailleurs de récits collectés à la maison de retraite de Saint Benoît sur Loire.


              Lavandièrement leur.


            • Fergus Fergus 3 août 2013 18:00

              @ C’est Nabum.

              Si le mot « lavandière » s’est répandu dans des régions où il n’était pas utilisé (on y parlait effectivement plutôt de « laveuses »), ce mot est bel et bien présent depuis des siècles au sud, dans les régions de langue d’oc, nettement plus apparentées aux langues ibériques que les régions de langue d’oil. Dans mon pays, en Auvergne, c’est bien de « lavandières » que l’on parlait autrefois. Parfois, l’on parlait aussi, notamment dans le Velay, de « buyandères ».


            • brieli67 3 août 2013 14:32

              à creuser 




              puis : pensez puits canadien ou provençal, selon/selon

              bon pied de cep 

              • Vipère Vipère 3 août 2013 14:52

                Bonjour Fergus

                Ce n’est pas le lavoir de Bessines- Sur-Gartempe, mais celui de mon récit est également couvert et il y fait délicieusement frais.

                Par égard pour H. qui y vit toujours là , vous m’excuserez Cher Fergus, de ne pas dévoiler l’endroit exact. D’autant que je tiens à souligner que H. est absolument délicieux et pas seulement envers moi !

                Cela me fait penser à l’histoire de Georges qui a loué une chambre froide pour se reposer au frais, lors de sa traversée du désert (au premier degré) !


                • Vipère Vipère 3 août 2013 14:58

                  Mr Bieli

                  J’ai ouvert vos liens, et constate à mon grand étonnement que les égyptiens connaissaient déjà les principes géo-thermiques de l’habitat.

                  De la végétations sur le toit de la maison garantit aussi la fraîcheur, en avez-vous eu des retours d’expérience  ?


                  • Fergus Fergus 3 août 2013 16:21

                    Re-Bonjour, Vipère.

                    Et les habitants de Chaudes-Aigues dans le Cantal qui se chauffent depuis le 14e siècle grâce aux sources d’eau chaudes de cette ville où j’ai de la famille. La plus chaude des sources, celle du Par, fournit une eau à 82° !

                    Pour le village masqué, je comprends cette discrétion. Pas de problème !


                  • brieli67 3 août 2013 15:29

                    trop d’eaux stagnantes sur les toits ---- des miasmes à gogo !


                    par contre comme signalé par l’auteur 
                    le lierre ( ses « pieds » ventouses ne détruisent pas le revêtement) 
                    sur la face Nord et Est du bâtiment
                    et vous serez visités par la gente ailée « carnassière »
                    les vignes, — si vous adorez ramasser en fin d’été les feuilles mortes à la pelle

                    Des jardins suspendus de Babylone on va passer à la ferme verticale

                    • Vipère Vipère 3 août 2013 15:43

                      « des miasmes à gogo » ! en raison de l’eau stagnante.

                      Effectivement, je n’avais pas pensé aux moustiques, vecteurs, de germes indésirables.


                      • foufouille foufouille 3 août 2013 17:13

                        quelle idée de ne pas avoir de ventilateur !
                        ton ordinateur consomme plus de courant


                        • C'est Nabum C’est Nabum 3 août 2013 18:15

                          foufouille


                          Pourquoi un tel achat pour l’utiliser dix jours par an.
                          Nous devons savoir désormais nous passer du superflu et cet achat en fait indéniablement partie. 

                        • foufouille foufouille 3 août 2013 20:34

                          2 mois, voire plus. et tu te plaindrais moins


                        • foufouille foufouille 3 août 2013 20:36

                          et moins de risque d’arret cardiaque
                          le mien est a fond, un bon air très frais qui rafraichit
                          tout simple, sans électronique et vieux


                        • C'est Nabum C’est Nabum 3 août 2013 21:04

                          foufouille


                          Auriez-vous un pourcentage sur le produit ?

                          Mon cœur ne supporte pas les dépenses ...

                        • foufouille foufouille 3 août 2013 22:57

                          ça vaut 30€ neuf
                          et moche. a monter soi même. carton sans beau dessin. le truc avec 4 gros boutons, une hélice de 40 de diametre avec grillage sur pied et pas desgnin du tout. conso maxi 60W
                          blanc, bien sur quand il est pas rouillé


                        • auguste auguste 3 août 2013 17:27

                          @ C’est Nabum

                          Je compatis à vos souffrances transpirantes.

                          Sans vous raconter ma vie en détail, je survis depuis 1979 à une cardiomyopathie et je vous avoue que rien ne laissait présager que je deviendrais septuagénaire.

                          En 2003, j’ai été sauvé par l’hospitalité qui m’avait été accordée par un ami dans la chambre froide de son usine et j’ai davantage apprécié les - 6° que les + 42° qui régnaient à l’extérieur.
                          Je ne suis pas claustrophobe et j’ai vécu sur l’Aubrac.

                          Aujourd’hui, je fais la fortune d’EDF avec ma climatisation et mes ventilateurs, dans une maison sans volets au premier étage (trop chers pour mon propriétaire, qui refuse même que je fasse poser des moustiquaires).

                          Cette année, nous avons la visite du moustique tigre, qui s’ajoute aux araignées, mille pattes et autres scorpions.

                          Tout comme vous, je n’ai pas le physique d’un danseur étoile, mais le traitement que je je prends
                          provoque bien des désordres hormonaux.

                          Devenu velu comme un gorille, je mets très longtemps à évaporer.

                          Le bord de Loire me tente de plus en plus, mais ce n’est qu’un rêve, une utopie.

                          Suintement vôtre.


                          • C'est Nabum C’est Nabum 3 août 2013 18:18

                            Auguste


                            Venez en bord de Loire nous vous aérerons l’esprit avec nos histoires et nos querelles, nos balades et nos joutes verbales.

                            Et la santé suivra car vous serez heureux auprès de la rivière ! 

                          • Le421 Le421 3 août 2013 21:31

                            Et je garde toujours un petit sourire en coin en entendant l’air frais sortant de mon puits canadien. De la fraîcheur pas chère et non polluante.
                            Mais voilà !! Les puits canadiens, ça ne cours pas les rues.
                            Quand les archis construisent les maisons, les marchands de chauffage en tout genre les « sponsorisent » pour qu’ils zappent les moyens économiques...

                            Ma femme était dubitative. Elle a tout compris !! Elle sait parfaitement comment mettre en route la ventilation.
                            J’étudie actuellement un thermostat double simple pour la mise en route automatique.

                            Rafraîchissement vôtre...


                            • C'est Nabum C’est Nabum 4 août 2013 07:09

                              LE421


                              Dans un monde corrompu, le puits canadien n’a pas sa place
                              Pas de gains durables ...
                              Car le développement durable ne doit être compris qu’en terme de rentrée d’argent permanente pour les marchands. Alors votre trou sans fonds d’investissement !

                              C’est vous qui avez raison. Bravo

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