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Accueil du site > Culture & Loisirs > L’été léger > Histoire d’amuser la galerie !

Histoire d’amuser la galerie !

Pour ne pas être à la remorque

Pour vous mener en bateau !

Si vous avez suivi mon périple en canoë, ne pensez pas que l'histoire s'arrête au bord de l'eau, ce serait si simple. Rien n'est jamais facile pour l'aventurier de pacotille, le chantre de l'impréparation élevée en principe. Je devine une fois encore que vous allez douter de la véracité des faits tellement la farce est grossière et la ficelle trop grosse. Que nenni, tout ce qui va suivre est rigoureusement exact pour la plus grande confusion de votre serviteur …

« Pour aller sur l'eau, il faut un bateau ! » Monsieur de La Palisse n'aurait pas trouvé meilleur truisme et pourtant, dans cette affirmation si évidente, un léger détail vient à manquer. On ne s'imagine jamais la somme de contraintes et de tracas qu'entraîne cette simple volonté de déplacement aquatique. Qui en mesure au préalable la difficulté, ne se jette sans doute pas à l'eau !

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Non seulement il faut un bateau mais également un véhicule pour mener celui-ci sur la rive. Je ne vous ferai pas ici la liste des exigences complémentaires quand le bateau prend de la taille et du poids. Nous demeurerons à quai tant que la cale, promise pour le Festival de Loire, ne soit terminée le jour même de la Saint Glinglin, ce grand saint patron des mariniers qui restent à terre …

Pauvre de moi, je ne dispose que d'un modeste scooter, qui me laisse les bras ballant dès qu'il s'agit de transporter un canoë. Que n'avais-je envisagé le problème au préalable ? Mon étourderie fut cause de bien des palabres et de moult sollicitations amicales ou fortuites. Comment aller d'un point à un autre avec un objet encombrant quand l'évolution de l'automobile du français moyen et les exigences d'économie d'énergie ont mis au rencart un détail bien pratique autrefois sur nos véhicules à explosion : « La galerie ! »

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Allez donc trouver un ami possédant une automobile munie de cet appendice si utile ! La tâche est rude et parfois impossible. Vous devez alors vous rabattre sur le véhicule de complément qui demande quant à lui , une boule d'attelage, une remorque et le cas échéant un permis spécifique. C'est à s'arracher les cheveux …

Je dus me satisfaire d'une remorque de taille moyenne et de quelques entorses aux règles en vigueur car le canoë dépassait la limite permise. Fort heureusement le trajet est bien court et la maréchaussée ne fut pas de sortie ce matin-là. Je pus donc me mettre à l'eau sans encombre ayant dû néanmoins solliciter deux amis et donc deux véhicules pour la simple mise à l'eau d'un esquif pourtant bien frêle … ( Un pilote pour me conduire jusqu'à mon futur compagnon bleu et un second pour me fiche à l'eau) ,

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Je suis ainsi parti satisfait d'avoir résolu ce problème épineux . J'ai vogué quinze jours durant ; la rivière m'a entraîné bien loin de mon domicile et du port d'attache de cette embarcation généreusement prêtée. Grisé par le bonheur du paysage et des rencontres, par la magnificence de la Loire , j'avais évacué sottement le retour à la case départ. Je vous avais prévenu, je suis un être pitoyable et parfaitement inconséquent !

Revenir chez moi ne fut pas trop compliqué. Une épouse bien patiente se chargea de récupérer le fardeau le moins encombrant (cette affirmation n'engage que moi) : le rameur et ses deux bidons étanches. J'abandonnai sur place, à Mauves sur Loire, une embarcation toujours aussi encombrante sans savoir encore comment la rapatrier. À chaque jour suffit son problème. Pour ajouter à la farce, le sus-dit canoë fut mis à la hâte dans une voiture break le temps d'un petit déplacement local et s'offrit le luxe de fissurer le pare-brise du bon samaritain.

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J'ai tout essayé pour dénicher âme charitable, opportunité favorable, club de Kayak et marinier vagabond pour que revienne en Orléans mon compagnon de voyage. Je croyais avoir trouvé la solution quand un ami se proposa de placer sur son toit ce rafiot que d''autres lorgnaient, pour y mettre des géraniums. Le temps pressait, la menace était à prendre au sérieux !

Le mauvais œil frappa ! La voiture rendit l'âme ; l'espoir s'effondrait une première fois. Je cherchai encore autour de moi et sur la toile. Plus le temps passait et plus le risque du pot de fleurs devenait grand. Comment allais-je pouvoir expliquer à mon généreux prêteur que le canoë avait changé de destination ? Je n'étais pas très fier de moi.

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Je croisai un loueur de canoë qui me confia se rendre à Nantes chercher une flotte de bateaux. Voilà, j'avais ma solution. J'étais déjà à l'étape de la négociation du dédommagement quand celui-ci me fit remarquer que ce ne pouvait être que pour quelques kilomètres car mon esquif serait en surcharge sur sa remorque. J'avais une dernière carte en main : le convoyage des bateaux qui participent au Festival de Loire. Cinquante kilomètres plus en amont, une toue acceptait de cohabiter avec mon bateau en plastique !

Hélas, les dates de coïncidaient pas. Le loueur descendait un dimanche du côté de Nantes quand le beau bateau de bois prenait le chemin d'Orléans le jeudi précédent. Une fois encore j'étais le bec dans l'eau ! Mon canoë allait finir sa vie sur un rond -point ou un parterre de fleurs bien loin de son domicile. J'étais au désespoir, j'allais perdre la face devant un ami d'enfance.

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Puis, alors que j'en étais là de mes angoisses existentielles, la lumière fut ! C'est le responsable de la partie navale du Festival de Loire qui, au détour d'une conversation impromptue, se proposa de quérir mon fardeau sur la galerie de sa grosse voiture. Il se rendait à Vannes et pouvait bien s'offrir un petit plaisir en quittant l'autoroute pour longer la rivière. J'espère que tout se déroulera sans encombre et qu'enfin je pourrai rendre à César ce qui lui revient de droit !

Je dois retenir la leçon et lors de la prochaine expédition, je louerai mon compagnon chez un loueur au point de départ. Je n'aurai qu'à me préoccuper de moi, ce qui sera une nouvelle fois, bien assez difficile. Je n'aurai pas à me soucier du retour au bercail du bateau, ce sera l'affaire du loueur. Je sais que ce service sera inclus dans le prix, mais je vous assure que pour trouver une solution au cas présent, je n'ai pas amusé la galerie.

Transportablement vôtre.

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Photographies : Loire en Bretagne

Convoyage : E. V. T. 

 


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3 réactions à cet article    


  • Alex Alex 11 septembre 2013 00:26

    Si je puis me permettre un conseil, prenez donc la prochaine fois le type de canoë que j’ai intensivement pratiqué dans ma jeunesse, en « eaux vives », pas dans les eaux glauques de la Loire.
    Il contient des « ballons » pour rester flottable au cas où. Il suffirait de gonfler ces ballons à l’hélium, de munir l’embarcation d’une cordelette, et vous pourriez rejoindre votre domicile en le tirant derrière vous comme un enfant le fait avec un ballon gonflable...
    Autre avantage : ce type d’embarcation est équipé de « jupes », ce qui pourrait vous faire passer pour un Écossais, donc vous attirer la bienveillance de touristes de ce pays.

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