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Accueil du site > Culture & Loisirs > L’été léger > Juste un petit coup de moins bien

Juste un petit coup de moins bien

Les rencontres de Loire

État d'âme d'un bonimenteur.

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Ce samedi soir, la fête de la Possonnière bat son plein ! Les animations ont été rangées. C'est la nuit qui réclame sa part. La buvette ne désemplit pas, les mariniers chantent et boivent à l'écart de la foule des curieux, des badauds, des spectateurs. Les barbecues exhalent leurs fumets, les gourmands font la queue. Plus loin, assez loin du bruit et du tumulte, les bateaux sont bien seuls, la Loire monte encore et quelques rares promeneurs regardent les embarcations abandonnées.

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J'ai trouvé un lampion allumé et j'écris loin du joyeux charivari. Une fois encore, je ne me sens pas vraiment à ma place. Une fois les pitreries terminées, il n'est plus l'heure des histoires ou des contes. Les gens, privés depuis si longtemps, sont là pour profiter d'une des premières belles soirées, goûter la musique et le plaisir de se retrouver autour d'un verre ou à flâner dans la douceur d'une nuit enfin printanière. Ce soir, je n'ai pas le cœur à la réjouissance malgré l'accueil formidable des gens de La Possonnière. Je leur en demande pardon ! D'autres soucis m'ont rattrapé ...

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Pourtant, ils ont tout mis en œuvre pour que la fête soit belle. Le port est agréable, l'espace que Monsieur le Maire a créé si convivial que je suis un malotru de bouder ce merveilleux moment simple et sincère, paisible et animé. L'édile opiniâtre a réussi son défi de réconcilier son village avec la Loire. Un désir simple, une tâche immense qu'il a menée à bien en trois mandats. Chapeau l'artiste ! Il y a une âme ligérienne dans ce village, je l'ai sentie vibrer.

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Je n'ai pas l'envie ou la place pour inviter quelques personnes à de douces rêveries. Le conte exige une disposition d'esprit qui n'est, pour l'heure pas compatible, il me semble, avec cette belle fête populaire (expression ici utilisée sans aucune connotation négative). Je les laisse à leur bonheur, il n'est pas temps de les prendre par la main et le cœur pour faire un voyage au pays des songes. Je ne suis pas état pour cela.

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Je me brûle souvent les ailes à ce constat difficile. Le chemin choisi n'est pas simple, c'est une voie étroite où il faut jouer les équilibristes et les magiciens à la fois. Je n'en ai, ce soir là, plus la force. J'ai pourtant réussi en de brefs instants à tenir sur mon fil de funambule des mots. Le talent ou bien l'énergie me manquaient pour y rester plus longtemps ce soir-là. Demain, c'est certain, sur la Loire, tout reviendra une fois encore.

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Qu'importe ! La fête est derrière moi, elle a conquis bien des gens de ce pays merveilleux. Laissons les à leur bonheur. Ils n'ont pas besoin de mes états d'âme déplacés. Qu'ils rient et qu'ils s'amusent, qu'ils chantent et qu'ils boivent, qu'ils profitent de ce moment suspendu, de cette abstraction du temps et des soucis quotidiens. Le ciel et la Loire ont mêlé leurs efforts pour leur offrir ce don délicieux.

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Des bénévoles par dizaines se mettent en quatre pour leur offrir ce moment hors du temps. La Loire, la musique, les lumières et la solidarité. Que demander de mieux ? Je devrai me réjouir que l'alchimie ait, ainsi, atteint ce miracle. Pourquoi vouloir toujours plus et décrocher la Lune ? Je suis un incurable perfectionniste. Désolé, vraiment, promis juré, demain je me remets en joie.

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Revenons aux histoires qui ne seront pas dites ce soir, aux inventions qu'il me reste à faire encore. Les flonflons au loin me laisseront-ils le courage d'écrire ? Le froid monte sur la rivière, une humidité fraîche qui finit par me glacer. Je vais laisser sur ce clavier atone ce récit morose pour aller faire bonne figure ou simplement tuer le temps.

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Il me faut retenir la leçon. Je ferai à nouveau pitreries et grimaces. Le rêve ne sera pour ce soir. Le bouffon est à la mode, c'est lui qui plait au public. Ils en auront pour leur content. Laissons ce texte sans esprit boire la tasse d'un chagrin passager. La Loire coule à deux pas de moi, elle a su elle aussi absorber la mélancolie d'un soir terni par une très mauvaise nouvelle personnelle. J'ai su faire bonne figure, la journée durant et au crépuscule, elle est revenue au galop.

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Je reprends mon baluchon, la prochaine étape s'annonce déjà. C'est ainsi que le métier rentre. Ils appellent ça la vache enragée ! Me faudra-t-il grand estomac pour la manger ? D'autres ont eu droit à ces instants de doute et de solitude. Je découvre qu'il n'est pas simple de se donner en spectacle. Le rideau se baisse, le clown triste fait sa dernière pirouette et vous souhaite le bon soir.

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Coupdebluesement vôtre.

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Photographies : Bertrand Deshayes

 

 


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19 réactions à cet article    


  • Phi ka Sō Nathael Dunevy 9 mai 2013 12:58

    C’est Nabum

    « Me voilà, mon cher Nabum, bien attristé, peu soulagé,

    de vous savoir si peiné, si tourmenté, un brin révolté.

    Que diable vous est-il arrivé, cette nuit, mon cher ami,

    pour que votre prose, d’amertume se trouve affaiblie ? »


    • C'est Nabum C’est Nabum 9 mai 2013 15:06

      Nathael Dunevy


      Cher poète, lisez le billet du jour d’avant : Vivre avec Alzheimer et vous comprendrez que quelque chose s’était passé en mon absence. J’avais scrupule et inquiétude.

      Comment faire le pitre dans ces conditions ?

    • Phi ka Sō Nathael Dunevy 9 mai 2013 15:23

      C’est Nabum

      Cher Nabum, laissons la poésie de côté, j’ai lu votre billet, j’ai découvert votre site.
       
      Bien des larmes m’ont coulé, car cette maladie, je ne la connais que trop bien, elle hante ma famille.

      D’abord ma grand-mère, décédée il y a 4 ans, mais à mon coeur, elle n’était plus ma grand-mère depuis bien longtemps, la maladie lui avait tout prit, jour après jour depuis plusieurs années.

      Aujourd’hui, il s’agit de ma maman, qu’il m’a fallu faire hospitaliser il y a une semaine.

      L’issu de son état, n’est guerre un mystère pour moi, mais une réalité que j’essaye de détourner, par les mots, pas par l’humour.

      Je vous ai écrit un mot à ce sujet, espérant un beau jour vous l’amener, jusqu’à votre beau pays de Loire, qui rime avec espoir.

      Des larmes me viennent en vous écrivant ceci, en vous décrivant ainsi,
      la raison de mon emploi, du mot « ami. »


    • C'est Nabum C’est Nabum 9 mai 2013 15:27

      Nathael Dunevy 


      Mon ami, lorsque je suis arrivé à cette fête j’ai appris que le malde dont je parlais et dont je craignais la violence en était venu à agresser son épouse ...

      Depuis il est en institution et il faut accpeter ce tournant dramatique. Là encore ce n’est pas simple.

      Venez donc en bord de Loire, mon ami, vous y serez fort bien reçu.

      Merci 

    • Phi ka Sō Nathael Dunevy 9 mai 2013 15:48

      C’est Nabum

      C’est la raison pour laquelle il m’a fallu la faire hospitaliser.
      Après une très longue période passée à ses côtés,
      24h/24 (ou presque), son état, sa violence, se sont retournés contre moi,
      le début d’un signe de très mauvaise augure.

      Le plus troublant dans votre billet, ce sont les prénoms : « M » et « J »,
      les premières lettres de nos prénoms, Nathael n’est qu’un vieux rêve d’enfant, signifiant :

      « Celui qui donne, qui a donné, ou Dieu a donné. »

      Et comme disait Freud : « Le bonheur c’est un rêve d’enfant réalisé à l’âge adulte ».


    • C'est Nabum C’est Nabum 9 mai 2013 16:45

      Nathael Dunevy


      Je suis de tout cœur avec vous ! 


    • jluc 9 mai 2013 14:14

      Belle harmonie entre texte, photos...

      Le bateau centré sur la photos semble être à la dérive... horizon penché... tout a perdu son sens.


      • C'est Nabum C’est Nabum 9 mai 2013 15:07

         jluc


        J’ai pourtant cherché la dysharmonie ...

        Même là, je n’étais pas au top !

      • L'enfoiré L’enfoiré 9 mai 2013 16:19

        Bonjour Nabum ;

         « Juste un petit coup de moins bien »
        C’est un peu ce que j’aurais pu utiliser comme titre pour mon article du jour.
        Mais je l’ai appelé en correspondance avec celui d’hiver « Le Printemps, chez moi, c’est quoi ? ».
        Cela ne vaut peut-être pas La Loire.
        Nous avions la Senne pour cours d’eau à Bruxelles, mais pour raison d’insalubrités, elle a été voûtée au 19ème siècle, mais certains voudraient la faire réapparaître.
        En attendant, il nous reste un canal avec un port de plaisance. 
        Et cela le vaut bien à certains endroits.

        • C'est Nabum C’est Nabum 9 mai 2013 16:46

          L’enfoiré


          Nous avions des états d’a^me similaires !

          Heureusement la Loire m’a remis tout ça en place.

          J’aime aussi les canaux quand il y a des bateaux dessus !


        • C'est Nabum C’est Nabum 9 mai 2013 17:10

          Enfoiré


          Je suis jaloux

          Invitez-moi que je vienne Bonimenter sur place.

        • L'enfoiré L’enfoiré 9 mai 2013 17:59

          Cela faisait partie d’un billet, vous vous en doutez bien, dans lequel j’ai « osé » pastiché


          Le Pont Van Praet
          Sous le pont Van Praet ne coule pas la Senne
          Et sans nos amours
          Faut-il qu’il m’en souvienne
          La joie venait toujours sous la peine

          Vienne la fête sonne l’heure
          Les jours s’en vont je demeure

          Les mains sur le guidon restons face à face
          Tandis que sous
          Le pont de nos yeux passe
          Des éternels péniches par l’onde si lasse

          Vienne le weekend sonne l’heure
          Les bruits s’en vont et les odeurs demeurent

          L’amour s’en va avec cette eau mourante
          L’amour s’en va
          Comme la vie est lente
          Et comme l’Espérance est violente

          Vienne la nuit sonne l’heure
          Les jours s’en vont l’esprit demeure

          Passent les jours et sonnent les sirènes
          Ni temps passé
          Ni les amours reviennent
          Sous le pont Van Praet ne coule pas la Senne

          Vienne la nuit sonne l’heure
          Les jours s’en vont Bruxelles demeure




        • Brontau 9 mai 2013 16:28

           Joie ou tristesse, allégresse ou mélancolie, merci Nabum, de partager avec nous ces instants d’humanité. Je n’apparais plus aussi souvent dans le sillage de vos écrits, mais je demeure aussi fidèle à votre Rivière et aux récits qu’elle nourrit qu’à mes DeuxBaïses…


          • C'est Nabum C’est Nabum 9 mai 2013 16:48

            Brontau


            Je fais de mon existence un tableau ouvert sur le monde. je devine que c’est un peu impudique, parfois dérangeant, souvent déplacé mais qu’importe.


          • Phi ka Sō Nathael Dunevy 9 mai 2013 16:59

            C’est Nabum

            « Un bateau sert pourtant à se déplacer,

               Et vous Nabum, êtes un ange sur terre,

             Un tableau, une porte ouverte, émerveillée,

             Où la pudeur apporte un peu de lumière. »


          • C'est Nabum C’est Nabum 9 mai 2013 17:09

            Nathael Dunevy


            Je pourrais rougir si ce n’était déjà fait Hélas, mon visage rubicond ne permet pas toutes les nuances ...

          • Phi ka Sō Nathael Dunevy 9 mai 2013 17:21

            C’est Nabum


            « Rougir, sourire, rire, et alors ?

            Tous les diamants, les rubis, cons,

            Ne vaudront jamais tout l’or,

            De ces mots que nous échangeons. »

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