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La décrue

La décrue.

Dernier jour au sec …

La pause à Gien fut un grand moment, comme nous pouvions le subodorer. Avec nos amis les Fis d’Galarne, la seule certitude qu’on puisse avoir est de ne jamais être en rade. Chez eux, c’est l’amitié et la bonhomie qui tiennent le quart, la chanson montre le cap et l’amitié sert de carte navale. Nous étions attendus, nous n’allions pas être déçus.

Tout d’abord, nous eûmes droit à une balade sur le Port Gallier, cette magnifique toue cabanée qui pèse ses sept tonnes et dispose de tout le confort nécessaire pour échapper aux coups de grisou ! Ce qui ne manque jamais d' advenir en ce pays de bombance. Parfois cependant, la toue consomme plus que ses passagers : ce fut le cas l’avant-veille quand elle remonta jusqu’à Cosnes, face au courant qui se faisait déjà très puissant. Quatre-vingts litres de gas-oil pour quarante kilomètres : les hommes ne firent pas mieux …

Gérard, le capitaine nous fit l’honneur de son pont avant. Il faisait grand beau, ce qui constituait une notable exception depuis notre départ. Nous eûmes droit à un verre de rouge, le vent établi à l’ouest risquant de nous assécher le gosier. Il ne faut pas plaisanter avec les mesures de prudence … Nous passâmes le pont de Gien, ce beau pont en pierre, reconnaissable à son plan incliné et sa croix Saint Nicolas, marquant l’arche marinière.

La quatrième arche porte une plaque en cuivre à la mémoire de Coco Bourrassin, une figure marinière, un poète et un diseur de textes qu’il allait puiser chez les grands auteurs de notre époque. Bernard Dimey était l’un de ses préférés, et qui n’a jamais écouté Coco, récitant sans la moindre erreur une des ballades de ce grand parolier, ne peut comprendre l’esprit qui prévaut dans cette belle cité.

Nous étions fin prêts pour la grande soirée de contes et chansons. Les Fis d’Galarne ne firent pas les choses à moitié : cinq guitares, un accordéon et une dizaine de choristes nous donnèrent aubade et accompagnement. Je n’avais plus qu’à dire quelques histoires pour qu’arrivent sur la table petit vin de Chinon et belles assiettes de « charcutaille ». La fête fut belle ; il ne pouvait en être autrement.

Le lendemain, nous ne pouvions partir de ce merveilleux endroit, sans refaire honneur au Port Gallier où un « brunch » digne des plus belles tables nous était offert par le capitaine Gérard. Les œufs venaient d’être pondus de la veille ; la gourmandise fit le reste ainsi que le petit blanc des coteaux du Giennois. Heureusement que nous n’avions pas à prendre nos bateaux, nous eussions eu quelque peine à tenir le cap droit.

C’est vers Sully que se déroula notre ultime liaison routière. Nous savions être attendus au golf de Viglain, ce bel endroit en lisière de Sologne qui depuis 60 ans accueille les amateurs de la petite balle blanche. Vingt-sept trous, trois parcours champêtres dans une nature préservée des automobiles ; c’est un endroit qui mérite le détour, d’autant que la table y est de qualité.

Nous fûmes reçus comme des rois par Patrick, le maître de céans qui nous présenta amis et joueurs de passage. Nous fîmes des rencontres, oubliant notre déception de ne pas naviguer. L’invitation n’était pas suffisante, Martine, la femme de notre ami nous suggéra de passer la nuit chez eux. Une soirée autour du conteur allant regrouper quelques amis. Quel honneur !

Nous étions ravis d’autant que le ciel se faisait menaçant. Je ne doute pas une seule seconde que la pluie va revenir se mêler à nos aventures. Demain nous remontons sur nos embarcations : il faut se faire à l’évidence : ce ne sera pas au sec. Nous avons fait suffisamment provision d’énergie et de calories pour affronter cette seconde partie du périple.

L’épisode de montée des eaux est derrière nous. Le récit va reprendre des allures ligériennes. C’est à la force des bras qu’il faudra à nouveau avancer, et c’est tant mieux. Les agapes des derniers jours ont laissé surcharge pondérale et rose aux joues. Le voyage reprend, il ne sera guère plus tard, jeudi nous sommes attendus à Sigloy pour un spectacle qui célébrera l’inauguration du restaurant « Auberge de Sigloy ».

La soirée aura lieu en deux parties. Une partie publique de 19 heures à 21 heures, en extérieur avec le soleil, d’après Frédéric, le patron. La ville installera des barnums et des tables pour l’occasion en fermant la route d’Ouvrouër. Puis à 21 heures, les spectateurs qui le souhaitent poursuivront la soirée avec une assiette à partager dans la grande salle du restaurant pour dix euros par personne. Les Traîneux d’Grève, le duo constitué de Casimir le chansonnier et votre serviteur assureront l’animation. Venez nombreux.

Intersticement vôtre.


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2 réactions à cet article    


  • juluch juluch 19 mai 2016 23:18

    Un parcours de libations !!!!

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