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Accueil du site > Culture & Loisirs > L’été léger > Paroles de lavandières

Paroles de lavandières

Elles lavaient le linge sale des autres familles.

Un pectacle récurrent

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Pendant qu'il en est encore temps, les membres des compagnies d'Ô et du Battement d'Elle se sont lancées dans le collectage des souvenirs de nos lavoirs, quand ceux-ci résonnaient des papotages des dames au battoir et à la langue bien pendue. Elles ont recueilli de jolis fragments de vie, de belles histoires personnelles, simples et émouvantes. Elles nous proposent ainsi un spectacle magnifique qui nous entraîne au cœur d'une France qui n'est plus.

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Elles sont quatre à battre le linge tout en nous prenant par la main et le cœur. Elles cancanent, elles papotent, elles se livrent, elles se confient, elles s'encolérent, elles se gaussent. Elles sont tout à la fois, tous les visages de ces femmes simples qui étaient les petites mains de nos rivières. Elles nous livrent ainsi une quinzaine de portraits, des instants de vie, des fragments émouvants et d'une grande justesse.

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Les quatre actrices sont tour à tour toutes les figures de la femme qui trime, souffre, aime, pleure, rit, travaille et peine. Elles sont archétypes d'une condition laborieuse. Elle nous livrent des témoignages touchants, émouvants, drôles, tristes, poétiques, intimes. Nous passons d'un tableau à l'autre autour de ce lavoir et de ces beaux draps blancs qui volent au vent.

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Il y a Rose qui aime son bonhomme. Il lui a fait des enfants en ribambelle ce qui ne l'empêche pas de venir s'user les mains et le dos pour gagner une misère qui ne suffit pas à nourrir convenablement toutes ces bouches. Il y a Juliette, louée très tôt au service d'un bourgeois de la ville. Elle a dû batailler ferme pour préserver son honneur et se retrouve aussi au battoir au bout de sa vie de femme au travail.

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Il y a encore les histoires de filles qui deviennent femmes, des linges qui rougissent et les complications qui arrivent. Les herbes qui font passer la chose et ces hommes qui n'en ont jamais assez. Il y a les douleurs des couches, la joie des épousailles, la douleur des décès, le bonheur d'un petit baiser, la souffrance d'une tromperie …

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Les langues s'agitent, elles disent le bon tout comme le mauvais, elles aiment à salir la voisine, à médire des notables, à répandre la rumeur, à propager les secrets. Elles se plaisent surtout à se raconter, à ouvrir la boîte à sentiments, le coffret à bonheur, le coffre à douceur. Elles battent le linge et nous entrons au cœur d'une conversation intemporelle qui pourtant est si datée.

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Il y a la guerre, l'exode, les travaux harassants, les enfants qui meurent en bas âge, le poids des hommes et des conventions. Il y a encore une vie qui allait son train au rythme des saisons, des métiers durs comme ce n'est pas permis, des conditions terribles et l'absence de perspectives pour ces femmes qui du matin au soir brisaient leur dos pour faire le linge plus propre !

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Je mélange à plaisir ce que Françoise, Brigitte, Chantal et Nathalie nous ont confié dans un jeu délicat et si simple à la fois. Elles ont recueilli une mémoire, elles lui redonnent vie. Elles nous offrent un spectacle merveilleux. N'attendez rien d'exceptionnel, ni une aventure mirifique. C'est du quotidien d'un passé révolu qu'elle font une merveilleuse page d'une histoire si proche de nous.

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Vous ne pourrez plus jamais passer devant un lavoir ou notre bateau-lavoir sans vous souvenir de ces fragments de vie, de quelques clichés qui vous sont restés gravés au plus profond de l'âme. Car nos lavandières sont de troublantes sorcières, elles nous ont distillés des potions étranges qui ont aboli le temps.

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Ne manquez pas ce spectacle. N'hésitez pas à contacter les dames lavandières, elles vous feront tourner les sangs. Les deux compagnies sont installées dans notre pays ligérien. Bon nombre des anecdotes mises en mots viennent d'ailleurs de récits collectés à la maison de retraite de Saint Benoît sur Loire.

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Lavandièrement leur.

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Photographies : L'ami Bertrand


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37 réactions à cet article    


  • joletaxi 13 septembre 2012 14:08

    Bonjour

    la mère denis n’était pas invitée ?


    • C'est Nabum C’est Nabum 13 septembre 2012 14:11

      Joe le taxi


      La mère Denis était l’invitée d’honneur du bateau lavoir

      Elle ne peut être partout à la fois

      merci pour cette visite

    • joletaxi 13 septembre 2012 18:35

      a vrai dire, je me suis toujours demandé qui étaient ces gens,qui à toutes occasions se déguisent,se parent de costumes, et défilent ou rejouent des combats ou autres représentations de faits historiques ?
      Dans ma nouvelle région, ils adorent jouer les soldats napoléoniens,achètent des costumes de soldat, voir de napoléon,et se tapent des marches de 30 kms sous le cagnard.
      Dernièrement, ils bivouaquaient dans les champs de Waterloo, il faisait un temps exécrable, froid, pluvieux, et ils jouaient dans la gadoue,
      curieux ?
      même topo pas loin avec les gilles de Binche.
      Cela me dépasse.
      Je ne dois pas avoir le même logiciel.


      • C'est Nabum C’est Nabum 13 septembre 2012 18:53

        Joe le taxi


        Nous n’évoquons pas la même chose. Ces actrices ne se déguisent pas, elles font revivre une époque et des paroles de ce temps. C’est du théâtre et non un jeu à faire semblant.

        Je ne peux vous convaincre de l’utilité de la restitution d’une mémoire, vous semblez trop moderne pour celà

      • njama njama 13 septembre 2012 21:01

        J’assistais au même spectacle en live, « en vrai », en Afrique au début des années 80, sauf qu’en fait de lavandières, ce sont les hommes là-bas qui font la lessive dans la rivière. Tout comme ils font la couture. Qui sait ce qu’ils se racontent ? ... ce que je peux dire, c’est qu’ils chantent.
        Autre lieu, autres mœurs.

        elles font revivre une époque et des paroles de ce temps.
        C’est ça qui compte, merci pour l’article, j’ai aimé.


        • C'est Nabum C’est Nabum 13 septembre 2012 21:46

          njama


          Merci de ce petit témognage ...

          je ne fais que parler à longueur de billets que de ce que je connais ou ce que j’ai approché. Je ne sais pourqui j’agis ainsi mais tant qu’il y a partage, je pense que je réussis modestement quelque chose qui au moins ne fait pas de mal.

        • Magnon 14 septembre 2012 00:13

          @Nabum
          Sympa le lavoir !
          A d’autres, la machine à laver à coupé le premier maillon de l’enchaînement de la femme !

          J’ai donné, dans mon jeune âge, la lessiveuse sur la tripatte, on avait de la chance, elle fonctionnait au gaz, on aurait pu avoir la même chose au bois ou au charbon ! La lessive bouillant, le risque d’ébouillantage, porter la lessive jusqu’au canal d’irrigation, rincer à l’eau très froide, repartir, sauf peut être au plus chaud de l’été avec une belle onglée !

          Heureusement que cela à changé !

          Sauf que si Nabum réussit à flinguer les centrales nucléaires, en l’absence de courant électrique, il faudra bien trouver une solution pour laver son linge !

          Cela s’appelle la décroissance, et beaucoup, avec l’onglée aux mains, se diront, vivement qu’elles fonctionnent à nouveau, ces centrales nucléaires !


          • C'est Nabum C’est Nabum 14 septembre 2012 06:14

            Magnon


            Bravo pour la pirouette !
            Vous ne pensez qu’à l’évolution de l’espèce ....
            Décidement, il n’est pas simple de n’être qu’un lointain cousin de sapiens sapiens.

            Je vous comprends d’ailleurs. Laver les peaux de bête est si compliqué et elles mettent tant de temps à sécher !

            Bonne réaction thermo-nucléaire !

            • njama njama 14 septembre 2012 08:48

              il n’y avait pas de meilleur endroit pour cet article Nabum.

              Les lavoirs n’étaient-ils pas d’autres fantastiques AGORA ! je crois que l’on disait que les lavoirs étaient aux femmes, ce que les bistrots étaient aux hommes.

              Un peu de patience, les (bonnes ou mauvaises) langues d’AV se délieront ... pour raconter quelques vieux commérages, ou venir laver leurs linges sales.

              Contrairement aux apparences de quelques-uns de nos vieux lavoirs de village en pierre, ils ne sont pas si anciens, ils commencent surtout à apparaître vers le milieu du XIX°, suite à « La loi du 3 Février 1851 vote un crédit spécial pour subventionner à hauteur de 30 % la construction des lavoirs.
              L’Assemblée législative vote un crédit de 600 000 F le 3 décembre 1851, sous Napoléon III, pour la construction de lavoirs publics. »
              (histoire des lavoirs ici)
               
              Sur ce sujet, un livre récent dune historienne de formation, professeur-documentaliste en lycée, animatrice d’un groupe d’histoire locale.
              Linge, lessive, lavoir : Une histoire de femmes
              par Michèle Caminade, aux Editions Christian (2010) ici

              Question aux lecteurs chimistes, la très économique poudre à laver de nos lavandières, la « charrée » (bouillie de cendre de bois mélangée à un peu de cristaux de soude et d’eau), était-elle « écologique » ?


              • C'est Nabum C’est Nabum 14 septembre 2012 09:17

                njama


                Merci pour le compliment et la référence !

                Oui, les forums sont nos nouveaux lavoirs et c’est souvent du linge fort sale qui arrive au milieu des baquets. Il y a des internautes qui n’utilisent que le battoir pour cogner sur tout ce qui bouge.

                Hélas, ceux-là ne font que de la mousse sans rien laver !

                Bonne journée

              • njama njama 14 septembre 2012 12:22

                Oh, mais ... certaines lavandières n’hésitaient pas à lever le battoir pour autre chose que taper le linge.

                Une particulièrement célèbre qui fracassa de la tête de turc fut Catherine Ségurane, une « bugadiera » (lavandière) du XVIe siècle, qui s’illustra en montant aux créneaux du bastion Sincaïre, à Nice, pour assommer avec son battoir à linge un porte-étendard ottoman avant de lui arracher son drapeau.

                (toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite et indépendante de ma volonté)

                sinon, bien des peintres ont rendu bel hommage en « immortalisant » d’autres de ces travailleuses anonymes ...
                 


              • C'est Nabum C’est Nabum 14 septembre 2012 12:44

                njama


                Qu’avec un battoir une dame face mauvais sort à certains n’est qu’une manière respectable de laver son honneur. Et c’est justement le savoir-faire de nos lavandières qui est en jeu.

                Merci pour la référence.

              • njama njama 14 septembre 2012 12:40

                ne dit-on pas « laver son linge sale en famille » ... à bon entendeur, salut !


              • C'est Nabum C’est Nabum 14 septembre 2012 12:42

                Complottoutestcomplot


                Vous vous êtes trompé de programme

                Ici c’est couleur et sans bouillir

                Mettez un peu d’adoucissant aussi 

              • C'est Nabum C’est Nabum 14 septembre 2012 12:46

                njama


                Et parfois le lavage à la main est nécessaire ...

              • njama njama 14 septembre 2012 12:56

                oui c’est vrai, le lavage en machine ne donne pas toujours de bons résultats, et au final, avec une « lessiveuse » , c’est pas toujours très net  smiley


              • C'est Nabum C’est Nabum 14 septembre 2012 12:57

                njama 


                Je suis parfaitement ébouillanté !

              • njama njama 14 septembre 2012 13:41

                Un peu d’ Ô douces paroles de lavandières ...

                recueillies à la source de cette Association de Sauvegarde des lavoirs des Monts d’Or
                http://lavoirsrhone.free.fr/texte/chansons.htm

                Les cancans du lavoir
                Paroles de Théodore Botrel

                A croupetons sur la pierre,
                Des vieux doués de chez nous,
                Comme faisant leur prière,
                Les femmes sont à genoux ;
                Ô la prière effroyable
                Qu’elles adressent au diable !

                « Avez-vous, dit l’une d’elles,
                Vue le linge à la Kostel ?
                Il est garni de dentelles
                Comme une nappe d’autel :
                Monsieur le Baron, sans doute,
                Doit savoir ce que ça coûte ! »

                Refrain
                Et pan ! pan ! pan ! Ma Doué !
                Comme la langue maudite
                Marche vite au vieux lavoir !
                [ Et pan ! pan ! pan ! vite, vite,
                Plus vite que le battoir ] Bis

                « Voyez, dit une autre folle,
                La chemise à la Kérer :
                On croirait voire ma parole,
                La flèche du vieux Kreizker…
                Comme la tour de l’église
                Elle est à jour sa chemise ! »

                « Pourquoi, dit une bégueule,
                Le meunier du moulin gris.
                Laisse-t-il sa femme seule,
                Vendre tous ses grains pourris ?
                Madame paye la goutte !
                Et le chien n’y voit goutte ! »

                C’est une autre qui s’écrie :
                « Jeanne n’a pas de trousseau
                Pourtant elle se marie
                Avec Yvon, ce grand sot !
                Or,on prétend qu’en cachette
                On fait déjà la layette ! »

                « Pourquoi donc la Marie-Rose,
                La femme à Job-le-Marin
                S’installe-t-elle à nuit close
                Chez son voisin, Mathurin ?
                J’économise, dit-elle,
                Mes fagots et ma chandelle ! »

                Prenez garde, ô malheureuses,
                Ô vous riez si fort !
                D’être plus tard les laveuses
                Des guenilles de la Mort,
                Les nocturnes lavandières
                Des vieux doués des clairières !

                Et pan ! pan ! pan ! Ma Doué !
                Comme la langue maudite
                Marche vite au vieux lavoir !
                [ Et pan ! pan ! pan ! vite, vite,
                Plus vite que le battoir ] Bis


                • C'est Nabum C’est Nabum 14 septembre 2012 15:42

                  Njama


                  Faites venir le spectacle chez vous et échangez vos savoirs. Ce serait merveilleux et je viendrai alors vous racontez quelques histoires de Loire
                  Seigneur sur l’eau gueu à terre !

                  Grand merci à vous

                • njama njama 14 septembre 2012 21:28

                  Merci beaucoup Nabum pour cette belle page de poésie ... si loin des tribulations dont font état tant d’articles ...
                  Un havre de fraîcheur, qui sent si bon le drap propre.
                  Puisse les gens s’inspirer davantage de ces histoires locales, maigres mais si beaux reflets d’une réalité quotidienne, universelle.
                  Oui, ces lavandières, sans les avoir connues, je les aime. Je ne suis jamais passé près d’un de ces anciens lavoirs sans me demander ce qu’il s’y était raconté, sans penser au travail de ces trimardeuses, à leurs joies, à leurs peines.


                • C'est Nabum C’est Nabum 14 septembre 2012 21:39

                  njama


                  Merci, je suis très touché et j’en ai besoin quand le billet suivant fait l’objet d’attques aussi sournoises que traitesses.

                  Merci beaucoup

                • Magnon 15 septembre 2012 19:22

                  @Nabum
                  Vive la poésie, peut être, mais quel enchaînement de la femme !
                  J’ai pratiqué moi, c’est froid, c’est fatiguant, quand on lave à la lessiveuse, il n’y a en plus le risque ébouillantage !

                  J’ai l’impression que pour certains bobos, ce genre d’histoire fait penser aux cartes postales pittoresques, avec des mineurs typiques, des corses typiques, des femmes pauvres typiques, j’ai fait une erreur, des lavandières typiques, pour faire rêver d’un état pur ancien, il faut enjoliver les mots.

                  Mais jamais une femme bourgeoise n’a lavé à la rivière, elle avait des employés de maison pour cela !

                  Maintenant, ce n’était pas parce que le travail était éreintant que ces femmes se complaisaient dans la tristesse, le lavoir était un lieu de bavardage sur tout, voire de médisance sur les bourgeois patrons, toute médaille dorée à un revers !

                  Pour le bavardage, nous avons maintenant le téléphone portable, cela permet de bavarder au chaud !

                  Maintenant, rêver le passé et l’enjoliver, il y a des limites qu’il ne faut pas dépasser !

                   smiley smiley smiley smiley smiley smiley smiley


                  • C'est Nabum C’est Nabum 15 septembre 2012 20:13

                    Magnon


                    Il est vrai que le téléphone remplace le lavoir ...

                    Et la solitude n’a jamais aussi grande que dans ce monde de communication

                    Quant à la femme, elle était sans doute bien à la peine mais ce n’était le sujet. Ce sont les mots qui m’ont touché, pas la triste réalité du labeur

                    Merci pour cette visite apaisée 

                  • Magnon 15 septembre 2012 20:34

                    @Nabum

                    En résumé, c’était le caractère pittoresque qui vous a plus...


                    • C'est Nabum C’est Nabum 15 septembre 2012 20:47

                      Magnon


                      Puisque rien de ce que j’écris ne trouve grâce à vos yeux d’homme moderne, pourquoi venez vous encore vous gausser de moi ?

                      Vous avez besoin d’un souffre douleur !

                    • Magnon 15 septembre 2012 20:36

                      @Nabum

                      Enfin, pour vous plaire, les actrices n’ont quand même pas mis les mains dans l’eau...


                      • Magnon 15 septembre 2012 21:27

                        @Nabum

                        Vous m’avez donné l’impression d’admirer un passé révolu.
                        Un passé fait de souffrance et de fatigue, un passé heureusement révolu !

                        Je suis assez vieux pour avoir connu cela dans la vielle maison de famille, l’été ou au printemps, je suis bien content de l’arrivée de la machine à laver !
                        C’est une machine qu’il fallait remplir et vider, avec un agitateur en aluminium massif, des brûleurs à gaz qu’il fallait allumer et surveiller !

                        Elle n’a pas duré longtemps et a été remplacée par une machine automatique, c’était mieux pour une famille de 8 personnes.

                        Je ne sais pas pourquoi, mais mes parents ont gardé l’agitateur démonté assez longtemps, c’était une belle pièce assez singulière.

                        On a les madeleines de Proust que l’on peut !

                        La machine à laver première libération de la femme, et de l’aîné qui aidait sa maman !


                        • C'est Nabum C’est Nabum 15 septembre 2012 21:33

                          Magnon


                          Je n’ai admiré que le travail des artistes qui ont reccueilli ces paroles du passé et les ont faites revivre avec tant d’émotion.

                          Pas de nostalgie u de regrets, dans un autre billet sur le bateau mavoir j’évoquais la formidable émancipation de la femme que fut la machine à laver le linge.

                          Je ne suis pas opposé à tout progrès. Celui -ci fut décisif et demeure indispensable. D’autres machines dans nos cuisines sont beaucoup plus superflue d’ailleurs.

                          Bonne soirée

                          Nos aimons bien nous piquer un peu ...

                          • Magnon 16 septembre 2012 21:12

                            @Nabum

                            PS La machine à laver doit représenter 300 Kwh sur les 4 400 Kwh annuels d’électricité, que je consomme.
                            Est ce que j’y aurais encore droit avec les réformes que l’on annonce ?


                            • C'est Nabum C’est Nabum 16 septembre 2012 21:27

                              Magnon


                              Vous non

                              Vous ferez parti du premier contingent envoyé en Guyane

                              Nous réinstaurons la bagne. Tout au savon de marseille et trajet en pédalo.

                            • Magnon 17 septembre 2012 10:56

                              @Nabum

                              Merci, au moins, l’eau des rivières y est chaude !

                              Point d’onglées, point d’engelure point de crevasse dans la peau, merci....


                              • C'est Nabum C’est Nabum 12 mars 2013 18:51

                                Magnon


                                J’avais échappé votre commentaire

                                Bien après, veuillez m’en excuser !

                              • Jean-François Dedieu Jean-François Dedieu 12 mars 2013 17:41

                                 »...Elle choisit sa place, et dans un baquet d’eau,
                                D’un geste souple et fort abattit son fardeau.
                                Elle avait tout au plus la toilette permise ;
                                Elle lavait son linge ; et chaque mouvement
                                Des bras et de la hanche accusait nettement,
                                Sous le jupon collant et la mince chemise,
                                Les rondeurs de la croupe et les rondeurs des seins.
                                Elle travaillait dur ; puis, quand elle était lasse,
                                Elle élevait les bras, et, superbe de grâce,
                                Tendait son corps flexible en renversant ses reins...« 

                                D’un auteur très célèbre, mais avec la toile, vous n’aurez pas de mal à trouver puis à apprécier tout le poème... Magnifique... 


                                • Jean-François Dedieu Jean-François Dedieu 12 mars 2013 17:56

                                  Décidément, même dans le domaine public, les textes sont saturés de signes cabalistiques ! Et dans le genre, ça gâche tout... recommençons, l’été léger est toujours là... 

                                  << ... Elle choisit sa place, et dans un baquet d’eau
                                  D’un geste souple et fort abattit son fardeau.
                                  Elle avait tout au plus la toilette permise ;
                                  Elle lavait son linge ; et chaque mouvement
                                  des bras et de la hanche accusait nettement,
                                  Sous le jupon collant et la mince chemise,
                                  Les rondeurs de la croupe et les rondeurs des seins.
                                  Elle travaillait dur ; puis, quand elle était lasse,
                                  Elle élevait les bras, et, superbe de grâce,
                                  Tendait son corps flexible en renversant ses reins...>>

                                  D’un auteur très connu ; grâce à la « toile », vous allez vite le retrouver pour lire tout le poème... Magnifique... 


                                  • C'est Nabum C’est Nabum 12 mars 2013 18:50

                                    Jean-François Dedieu


                                    Il me faudra chercher l’auteur de cette ode à nos dames laveuses

                                    Je vous offre moi aussi ma modeste contribution : 

                                    Sans tambour ni trempette

                                    Le bateau lavoir.


                                    Il était une fois, en un temps pas si lointain, une rude tâche qui incombait exclusivement à la femme. C’était bien avant l’invention qui révolutionna la vie domestique et fit entrer le monde dans l’ère du modernisme. Le tambour ne résonnait pas encore dans tous nos foyers et les dames devaient aller faire trempette là où l’eau courait …


                                    Elles étaient les lavandières, le mot est joli pour une tache rude et ingrate. Le dos plié, les mains dans l’eau, l’effort intense et le risque bien grand. Car, voyez-vous, une femme en cette posture, la croupe déployée au regard du passant ne peut hélas que provoquer la concupiscence d’hommes toujours en mal de délicatesse.


                                    Sur les bords de notre Loire, il y avait, comme partout dans le pays, des lieux aménagés pour que viennent s’y retrouver les lessiveuses. L’union fait la force et elles espéraient ainsi se retrouver à l’abri des gestes déplacés. Ceci aurait pu être le cas, si sur le fleuve ne circulaient alors des braillards et des mauvais garçons toujours prompts à soulever un jupon d’autant plus facilement que celui-ci était en si friponne posture.


                                    Nos lascars avaient bien sur leur chemin quelques lanternes rouges pour assouvir leur gourmandise. Nous savons ce qu’il en était des venelles à quatre-sous et autres rues borgnes de nos villes. Cependant ils avaient plus souvent la bourse à écus vide quand celles de leurs caprices étaient prêtes à rompre. Les débordements ne manquaient hélas pas dans de telles conditions !


                                    Bien vite les maris du pays trouvèrent parade à la chose qu’ils ne goûtaient que très modérément. S’ils aimaient à se rincer l’œil sur la croupe de la voisine, ils ne supportaient pas que d’autres poussent le caprice plus avant en y jetant leur dévolu et bien autre chose. Ils construisirent des lavoirs clos et couverts, pour isoler leurs dames de ces vilains mariniers.


                                    Tant qu’elles avaient les mains dans l’eau, nos belles lavandières étaient désormais tranquilles mais le labeur fini, il fallait bien étendre le linge. C’est là qu’elles trouvaient encore des pinces qui préféraient leurs parties charnues au linge qu’il fallait accrocher sur le fil. Les bras en l’air, le drap à la main, la pauvre ménagère était bien vulnérable à cette attaque aussi sournoise que déplacée.


                                    C’en était trop pour tous ceux de ce pays qui avaient dignité et moralité. Il faut souvent soigner le mal d’où il vient et un bienfaiteur de l’humanité laborieuse et blanchisseuse eut l’idée de prendre les mariniers frivoles et grivois à leur propre piège. Il construisit un bateau pour que les dames soient enfin à l’abri de ces navigateurs sans scrupule.


                                    Le premier bateau lavoir vit ainsi le jour sur un port de notre Loire. Au premier niveau, les dames pouvaient tout à loisir laver le linge dans l’eau puisque le pont avait des orifices destinés à cet usage tout en étant totalement hors de portée des œillades déplacées. Au second étage, un espace couvert et largement aéré permettait un séchage rapide du linge sans qu’on n’attente une nouvelle fois à leur honneur. Une passerelle permettait l’accès à ce lieu désormais imprenable car il était facile d’en interdire l’accès.


                                    Voilà un nouvel et déplorable aspect de notre marine de Loire. Les historiens n’ont pas souhaité dévoiler les dessous de la création de nos bateaux lavoirs. Maintenant que vous en avez découvert les secrets, vous ne regarderez plus cet édifice du même œil.


                                    Si par hasard, vous passez à Orléans, vous comprendrez mieux quelles sont les étranges intentions de ces quelques mariniers d’aujourd’hui qui ne viennent sur le bateau-lavoir de notre quai qu’en enjambant le bastingage. Munissez-vous alors, comme les dames d’antan, d’un battoir pour leur faire l’accueil qu’ils méritent.


                                    C’est ainsi qu’il faut laver le linge sale, sans tambour ni trempette !


                                    Mèredenisement vôtre.


                                  • Jean-François Dedieu Jean-François Dedieu 14 mars 2013 18:00

                                    Merci Naburn pour ce battage de mots rafraîchissants !

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