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Accueil du site > Culture & Loisirs > L’été léger > Transition conviviale

Transition conviviale

La route des amis.

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Ce lundi matin, Georges, revenu avec sa camionnette, m’a retrouvé en bord de Loire. À l’intérieur de l’habitacle, des affaires sèches, la sono et le bâton de parole. Nous allons laisser passer la vague en suivant notre programme de la route. Il nous faut donc charger les deux canoës sur la galerie du véhicule. L’affaire semble assez malaisée : sa réalisation nous prend une bonne heure et provoque une nouvelle suée. Il y a toujours moyen de mouiller la chemise lors du voyage du Tacon.

Après bien des efforts, les esquifs sont amarrés. Nous venons juste d’en terminer quand surgit un camping-car : c’est Casimir en personne, accompagné de sa troupe. Ils sont venus à notre rencontre avec force ravitaillement et provisions d’amitié. Nous allons passer la journée en leur compagnie. Nous rendons visite aux Gabarriers de Cosnes qui installent les joutes le long du Noaint, ce petit affluent virulent qui se jette dans la Loire en amont du pont.

Nous prenons la route pour nous rendre à Mantelot, ce lieu dont je ne cesse de vanter la beauté et la charge historique. Qui aime la Loire ne peut manquer ce rendez-vous avec la folie des bateliers qui traversaient le fleuve en péniche pour relier le canal latéral au canal de Briare. Une gageure qui fit bien des victimes jusqu’à ce que le pont-canal vienne faciliter cet épineux passage.

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Nous arrivons là en même temps que nos amis giennois qui sont partis de Cosnes pour rallier leur port d’attache. La rivière est grosse, la manœuvre d’accostage délicate. Nous les observons et avons confirmation de l’imprudence qu’il y aurait à naviguer en ce moment avec nos pauvres embarcations si légères.

Après le pique-nique, c’est l’occasion de nouveaux échanges, de faire mieux connaissance avec les passagers du Port Gallier, cette magnifique toue cabanée où aiment à chanter les Fils d’ Galarne. J’écris quelques mots sur le livre d’or ; le capitaine Gérard semble satisfait et j’avoue mon plaisir à trouver des amoureux de la rivière et de ses poètes. Nous allons faire belle soirée mardi soir à Gien ; j’en suis certain désormais.

Nous reprenons la route pour la ville de Briare et son port fluvial si pittoresque. Ici, se mêlent les canaux, les écluses, les biefs et les passes. Dans ce dédale aquatique, nous percevons mieux quelle fut alors l’activité de la batellerie commerciale. La navigation de plaisance a largement pris le relais et le port affiche déjà presque complet. Quel beau spectacle !

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Nous sommes attendus ce soir sur La Poule d’eau, la maison flottante de la capitaine du port. D’autres amis nous rejoignent, les uns venant de Decizes, les autres du Berry tout proche. Nous nous retrouvons ainsi quatorze à envahir la pénichette pour un repas enchanté. Casimir a sorti la guitare et malgré une voix enrouée, nous régale de quelques chansons.

Je raconte sornettes et contes pour mon plus grand bonheur. Le temps file ; nous en oublions presque que le lendemain certains vont reprendre le travail. Ce fut un moment délicieux, de ceux que j’ai voulu susciter à travers cette aventure folle dont le seul objectif est le partage. Qu’importe si durant deux ou trois jours les bateaux resteront sur la galerie : nous savons que l’escale est l’essence même de notre voyage.

Je sais déjà que ce soir, les Fils d’Galarne vont installer ce climat jovial et festif qui les caractérise tant. Ils n’ont pas leur pareil pour emporter l’adhésion de tous, pour que chacun reprenne en chœur leurs chansons qui circulent le long de la Loire depuis si longtemps qu’elles sont désormais gravées dans les mémoires.

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Nous profitons de cette pause au merveilleux terrain de camping de Poilly pour recharger les batteries, faire sécher nos tentes qui n’ont jusque là connu que l’humidité. Une sieste va s’imposer car la soirée connaîtra tangage et houle. La troupe qui vient à notre rencontre n’est pas de celles qui aiment la tranquillité. Il y a du brutal, de la ripaille, du jovial et du musical dans l’air.

Pardonnez à l’avance l’absence de modération. Nous allons côtoyer Pantagruel et Grandgousier, célébrer la dive bouteille et la langue de chez nous. Rabelais sera de la fête : pour nous le meilleur et le pitre.

 

Bonne soirée les terriens.

Épicuriennement vôtre.

Nunc est bibendum - Gaudeamus igitur

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2 réactions à cet article    


  • juluch juluch 19 mai 2016 11:56

    Le titre vas bien avec le récit !!


    On sent votre bonheur......
     smiley

    Ne mangez pas trop smiley.....a bientot !

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