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Accueil du site > Culture & Loisirs > L’été léger > Un dimanche au bord de l’eau

Un dimanche au bord de l’eau

Le Bonimenteur harangue le chaland !

Que tout est beau !

 

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Quelques rayons de soleil, la fin des pluies incessantes de cet étrange mois de mai et les berges de nos quais de Loire se couvrent de promeneurs et de flâneurs allant enfin du pas bienheureux de ceux qui ont tout leur temps. On sent un appétit d'extérieur, une envie folle de mordre à pleines dents dans cette fenêtre miraculeuse, ce répit devenu tellement inespéré …

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Pensez : non seulement il ne pleut pas mais sous ce rayon de soleil, la température est enfin fréquentable. C'est du bonheur en cascade, le retour des sourires et de la joie de vivre. Sur le quai, nous mesurons immédiatement l'humeur de la vie, nous prenons le pouls d'une cité où chacun prend le temps désormais de se tourner vers la rivière.

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Le restaurant le Girouet est ouvert spécialement pour la fête des mères. J'ai reçu un message de mon capitaine, une mamie est célébrée, elle fête son anniversaire. Elle aimerait entendre une histoire à ma façon. Je me précipite pour satisfaire à la demande, quand j'ai oreilles disponibles, je ne me fais jamais prier.

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Une heure durant, je raconte notre Loire. Je suis parti d'une fable que je pensais adaptée à la circonstance : « Saül et le fleuve ! ». Les convives sont attentifs, les fourchettes ont cessé de s'agiter. J'ai pris mon élan, j'ai attrapé des grandes personnes dans mes filets, elles sont retournées en enfance. Il n'est pas question de les lâcher …

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Je dérive, je me laisse aller. La source d'inspiration est intarissable, je fais un grand crochet entre légende et histoire, passé et mythologie. Ils écoutent, ils en redemandent. Quel bonheur. Pour le conteur d'abord, de trouver ainsi des auditeurs qui acceptent de suivre mes pas ; pour eux aussi j'espère, de voir le temps s'abolir et de se laisser mener par le bout du cœur.

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Je suis moi aussi pris par cette belle euphorie. Mon capitaine me fait un signe, un petit clin d'œil qui désormais pour moi est bien clair. Nous allons prendre le bateau et nous laisser aller aux fantaisies de la belle dame Liger. Elle a encore fait des joues, elle est grosse, elle est belle, elle nous permet d'aller partout sans nous soucier des écueils.

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Pourtant, ce plaisir, je ne veux pas le vivre de manière égoïste. J'ai envie que ceux qui ne voient la rivière que du pierret profitent à leur tour de ce bonheur incomparable. Nous allons créer l'évènement. Le soleil fera les larrons. Nous accostons sur le quai et j'interpelle les gens qui passent au loin.

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Je fais véritablement le Bonimenteur de foire, harangue les passants. « Venez admirer notre Loire ! Prenez la peine de vous avancer et monter sur notre bateau pour profiter de la rivière et de ses histoires ! ». Les uns détournent le regard, d'autres pressent le pas. La peur qu'on leur demande quelque chose sans doute. Certains pourtant s'avancent, timidement. C'est si rare l'imprévu désormais !

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Bien sûr, il est vite question d'argent. La réponse est simple, elle en désarçonne quelques-uns. « Vous venez et à la fin de la sortie, vous donnerez ce que vous pourrez pour participer aux frais. Si vous n'avez rien, faites un baiser au capitaine ! ». Le bateau se remplit. Le premier groupe est parti. Les autres suivront, certains attendront notre retour, puisque le nombre était atteint.

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Je ne suis pas certain que tout le monde ait mis la main à la poche. Ça n'a aucune importance. Ce que je sais, c'est qu'ils sont tous redescendus avec un sourire grand comme ça et des lumières dans les yeux. Nous avons prolongé le plaisir de cette belle journée, nous avons apporté le rêve et l'émerveillement. Les hérons nous ont bien aidés, le soleil a fait le reste.

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Au sixième, septième ou bien huitième voyage (je ne sais, nous ne comptions plus), nous étions fourbus. J'avais la voix fatiguée de n'avoir cessé de raconter la Loire, de faire le pitre et le conteur. Nous avions une fois encore renforcé la cohorte immense des gens qui désormais aimeront la Loire. C'est ainsi qu'une passion se partage !

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Nous avons une fois encore joué les transmetteurs de Loire. Pour notre plaisir, pour partager, pour que d'autres que les mariniers bénéficient de ce formidable spectacle. Point besoin de manifestation patentée ni de mission officielle. Ce fut improvisé, spontané, sans calcul ni desseins scabreux. « Parce que la Loire ! », nous dirait Bibi d'un clin d'œil malicieux. « Parce qu'il faut la Loire pour me croire », rajouterait le bonimenteur qui ne peut se prendre au sérieux. Si ça vous dit, laissez vous tenter à votre tour …

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Spontanément vôtre.

 

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Photographies Bertrand Deshayes

 


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28 réactions à cet article    


  • lucille lucille 29 mai 2013 10:23

    Nabum
    .
    Douce lecture matinale que ce doux billet.
    On se sent pour ainsi dire au rythme de la houle.
    Le facteur est aussi plongeur bien équipé,
    combinaison hermétique, palme et tubas sans bouteille,
    restons nature avec la mer. Apnée en athée,
    pas d’abbé bobinable ni d’abime abeilliste.
    Lucille.


    • ZEN ZEN 29 mai 2013 11:01

      Bonjour Nabum,

      Très beau texte et magnifiques photos en harmonie avec la douceur des mots
      Sans nuages, la Loire est moins belle...


      • C'est Nabum C’est Nabum 29 mai 2013 11:18

        ZEN


        Merci Pas un nuage entre nous ...

        Je vais penser que c’est dommage ! 

        Parce que la Loire .....

      • lucille lucille 29 mai 2013 13:04

        Et un nuange passe au-dessous.
        Mais que se passe-t-il en France,
        y’aurait-il un soucis de sourdinance ?
        J’en perd le plexe ça nous dissout.


        • C'est Nabum C’est Nabum 29 mai 2013 13:35

          Lucille


          Moi aussi je suis perplexe alors que j’ai la tête dans le nuage ! 

        • lucille lucille 29 mai 2013 14:35

          Nabum
          .
          Connaissez-vous l’Altocumulus ?

          C’est un instrument de la famille des cordes,
          apparenté au violon qui cumule les us.

          Il y a aussi le Startocumulus, mais plutôt électrique
          comme nuage, un truc à fendre l’air........

          ......et un nuage passe.......au poteau.....corner au nuage......sans penalty....


        • lucille lucille 29 mai 2013 13:46

          Moins sage à l’horizon ?


          • C'est Nabum C’est Nabum 29 mai 2013 14:02

            Lucille


            Non !

          • lucille lucille 29 mai 2013 14:18

            nabum
            .
            Je sais bien, la Loire n’est pas sur l’horizon.
            Mais je fut moins sénile tout de même, qu’importe le chiffre
            quand le conte est tailleur loin des costumes plus c’est moins, mieux c’est,
            et ça l’auteur le sait.


            • Vipère Vipère 29 mai 2013 18:03

              Bonjour Nabum


              Avez-vous embarqué le moussaillon Jno ? smiley

              • jno jno 29 mai 2013 18:24

                Bonjour Vipère,
                l’ourson est au ponton, il matelot...


              • C'est Nabum C’est Nabum 29 mai 2013 19:00

                Vipère


                Il me prend l’envie de le jeter par dessus-bord ! 

              • jno jno 29 mai 2013 19:11

                Nabum
                .
                Un ourson à la mer, vous n y pensez pas.
                Comme vous le voyez, je ne suis pas polaire.
                Si j’ai un gilet vert, c’est histoire d’avoir l’air.
                Un oursin à l’eau je ne dis pas, mais
                un ourson corsaire.


              • Vipère Vipère 29 mai 2013 19:31

                Bonjour Jno


                Quelle honteuse imposture ! et les gilets de sauvetage à qui peuvent-ils bien servir, si ce n’est aux marins d’eau douce ? smiley


                • lucille lucille 29 mai 2013 19:44

                  Vipère,
                  .
                  Je ne suis pas amphibien, je subis un phone.
                  Presque l’pied marin, on est mieux qu’sur le Rhone.


                • jno jno 29 mai 2013 21:54

                  Vipère,

                  plouf... ...un ourson à la mer. Gardes ! Et ça alors ! Un ourson noyé quel mystère ? Encore une histoire à dormir de bord.


                • TSS 30 mai 2013 01:18

                  Je suis comme vous j’aime la Loire ,j’aime les rivieres mais j’aime aussi la solitude ! Je suis

                   pecheur, et pour moi la peche c’est la communion avec la nature et communier avec elle

                   en compagnie de gens qui parlent ,cela m’est impossible... !!


                  • C'est Nabum C’est Nabum 30 mai 2013 06:41

                    TSS


                    Je ne vous parlerai donc pas. Vous lirez à votre temps ...

                    Pourquoi les poissons font-ils des ronds dans l’eau ?

                    La géométrie piscicole



                    Il était un temps où sur les bords de l’eau quand sautait un poisson ou bien qu’il frayait en belle compagnie, la surface liquide ne laissait rien voir de ces activités qui se voulaient secrètes. L’onde restait uniforme, seules les vagues et les rides du vent marquaient de quelques signes les flots de nos rivières et de nos étangs.


                    Pourtant, la gente piscicole ne l’entendait pas de cette ouïe. Bon nombre d’habitants des profondeurs se plaignaient qu’on puisse les ignorer de la sorte à la surface des choses. Ils tinrent un jour grand conciliabule en un lieu tenu secret de notre Loire. À deux pas de la forêt des Carnutes, il n’y avait rien d’extraordinaire que puisse se tenir un congrès de poissons.


                    Le brochet, qui se pensait le roi de ces lieux, prit la parole en premier. Il voulait qu’on puisse reconnaître sans l’ombre d’un doute sa marque au dessus de l’eau. Il réclama que tous les hôtes de l’onde apprennent à tracer un triangle pour marquer leur présence. Beaucoup alors de protester véhémentement. Le triangle est une forme complexe qui exige des connaissances en trigonométrie. Pythagore n’avait pas encore fait son trou dans les eaux d’ici !


                    La carpe réclama le silence. Elle se dit tout de go qu’un carré ferait tout aussi bien l’affaire, qu’il serait plus simple et bien moins compliqué. Des angles droits et quatre côtés égaux, la mesure lui semblait raisonnable. Hélas, chez les poissons comme pour les hommes, il est bien compliqué d’obtenir l’adhésion générale. Une tanche fit remarquer que les angles risquaient de blesser ceux qui s’y cogneraient. Le carré fut à son tour rejeté à l’eau !


                    Une modeste perche voulu tendre la sienne à cette noble assemblée. Elle se félicita d’abord qu’on éliminât les polygones et recommanda qu’on cessât sur le champ d’éviter la surenchère en ajoutant d’autres côtés. Sur le fond, on lui donna raison. Puis elle se réclama d’une figure simple par excellence qui honorait son nom : la ligne. Ses amis de protester véhémentement : « Où as-tu pêché une telle idée ? ». La suggestion se brisa nette sur cette réplique.


                    Sa consœur Arc en ciel eut ensuite droit à la parole. Elle réclama, vous devez vous en doutez, un arc qui diffuserait sur l’eau en s’orientant vers le milieu du fleuve. Tous les autres poissons de faire feu de tous bois contre cette idée saugrenue. « Comment savoir, où se trouve le milieu de la rivière ? » demanda un goujon ? « Qui déterminera le rayon de courbure ? » s’enquit un vairon plus espiègle que les autres. Vraiment non, voilà un souhait qui part en débandade !


                    C’est alors qu’un banc de mulets remontant le fleuve, accompagné comme il se doit sur la Loire de quelques phoques en grande gourmandise, passa à portée de réunion. « Que faites-vous là, collègues d’eau douce , » s’enquit le chef de la meute. « Nous tenons grand conciliabule pour déterminer quelle devrait être la marque des poissons au dessus de l’eau » lui répondit une brème qui faisait la planche.



                    Pour être mulet, le poisson migrateur n’était pourtant pas un âne. Il eut réflexion prompte et remarque judicieuse. « Vous avez vous même le fin mot de l’histoire. Cherchez, dans ce que vous êtes en train de faire, la réponse s’offre à vous ! ». Puis le malin s’ensauva bien vite accompagné de tout son ban et arrière ban. Les phoques se faisaient pressants, il ne fallait pas traîner en linge d’eau.


                    La troupe resta coite quelques instants. Quel était le sens sibyllin de cette énigme muletière. Chacun se perdait en conjectures. Il y eut grand remue méninge au fond de l’eau. Beaucoup d’espèces restèrent bouche-bée ne trouvant plus rien à dire. C’est d’ailleurs de cette journée mémorable de l’histoire des poissons qu’ils ont gardé cette déplorable habitude. Mais ceci n’est qu’une conséquence annexe de notre histoire de Loire.


                    La journée allait tourner en queue de poisson quand une ablette à qui l’on ne demandait jamais rien, osa pourtant une petite remarque. « Conciliabule, conciliabule, aurions nous tous une tête de conciliabule ? » La belle en resta-là de cette réplique qui fit fleurette bien plus tard, en toute autre circonstance.


                    Mais pour anodine et inutile que fût cette remarque, elle fit écho dans la tête d’un barbeau qui faisait le malin. Mon bon Dieu, mais c’est bien sûr se dit celui-ci en se frappant la nageoire caudale... Nous avions la réponse sous les yeux et nous étions incapables de la voir. Quel bande de harengs nous sommes !


                    Les autres de s’impatienter tout en trouvant fort déplacée cette remarque désagréable sur un poisson qui ne mettait jamais une nageoire dans la Loire. « Parle, puisque tu es si malin  ! » lui enjoignit le brochet qui avait une envie folle de l’avaler tout cru. Le Barbeau voyant sa dernière heure arrivée, ne demanda pas son reste et hurla à la noble assemblée « Bulles mes amis, ce sont des bulles et donc des ronds dans l’eau que nous devons faire ! »


                    Depuis ce jour, sur la Loire d’abord puis, la mode ayant séduit les poissons de tous les autres rivages, nos amis dans l’eau signalent leur présence par de magnifiques cercles qui se propagent comme une onde sur l’onde pure à la vitesse théorique de 341 m la seconde.


                    Je vois bien que cette histoire ne semble pas vous convaincre. Méfiez-vous cependant de ne pas rester comme deux ronds de flan. Vous pourriez à votre tour, faire comme notre ami le pape et ses compagnons piscicoles, des bulles à longueur de journée.


                    Rondement leur.


                  • lucille lucille 30 mai 2013 22:40

                    Nabum




                    .

                    Détendons-nous donc, je n’ai même pas lu une seule fois votre commentaire,

                    et pourtant je sais déjà que c’est une histoire d’étang en gamma sous draps.

                    Je me suis permit un article, un vieux truc sur le « pourquoi écrire » sans vers,

                    à l’époque aucune technique ni regard, alors si mauvais mot c’est indépendant,

                    manuscrit original à l’appui, carbone 14 n’a jamais tort.


                    • C'est Nabum C’est Nabum 31 mai 2013 06:30

                      Lucille


                      Je suis détendu

                    • lucille lucille 31 mai 2013 07:13

                      Nabum
                      .
                      Détention provisoire...

                      Puis-je vous validez un billet,

                      sur un quai de gare ?


                    • C'est Nabum C’est Nabum 31 mai 2013 07:35

                      Lucille


                      Ni compostage ni validation J’en suis resté au temps du poinçonnage !

                      Je vous offre un bouquet de lilas ! 

                    • lucille lucille 31 mai 2013 07:50

                      Nabum
                      .
                      Une fois encore poinçonné est bien le dernier mot de ce billet.
                      Un billet hommage au chiffre 7.
                      C’est bien dommage que mes dommages...

                      En quel honneur un bouquet de fleurs ?


                      • C'est Nabum C’est Nabum 31 mai 2013 08:53

                        Lucille


                        Pour le poinçonneur éponyme ! 

                      • lucille lucille 31 mai 2013 11:40

                        Nabum

                        .
                        Débordons-nous donc...

                        Des p’tits trains des p’tits trains, toujours des tites rimes...

                        A poney le poinçonnore à billets, à licorne le poinçonne au frais.


                        • C'est Nabum C’est Nabum 31 mai 2013 12:03

                          Lucille


                          Vous me mettrez dans le trou ! 

                        • lucille lucille 31 mai 2013 13:49

                          Nabum
                          .
                          Cela me semble difficile de mettre
                          un mètre dans dans un mini trou,
                          même avec beaucoup de contorsion.
                          L’histoire du 7 y tournera x fois sur sa longue.
                          Déplairons-nous donc ?
                          Ne déplorons dont pas.

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