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Accueil du site > Culture & Loisirs > Parodie > La guerre des étoilés

La guerre des étoilés

Hors de question malgré l’illustration, de vous parler des grands chefs de cuisine (Guide Michelin). Avec l’ouverture d’un nouveau conflit, parlons plutôt des généraux, généreux en conseils, mais prudents pour leurs avenirs.

François Hollande est le chef des armées, donc le chef des étoilées. La guerre du Mali, concoctée par nos grands chefs sera un régal pour l’avancement. Mais pas pour nos caisses. L’Addition SVP ! 

Mais les politiques ne sont que des étoiles filantes. Une étoile filante, nous explique wiki, est le phénomène lumineux qui accompagne l'entrée dans l'atmosphère d'un corps extraterrestre appelé météoroïde, qui correspond à un petit corps circulant dans l'espace à des vitesses de l'ordre de 70 km/s, son orbite croisant celle de la Terre.

Une étoile est un objet céleste en rotation, de forme approximativement sphérique, car la rotation entraîne un aplatissement aux pôles, et dont la structure est modelée par la gravité. Dans nos armées, on parle de la gravité de nos généraux (sans rire) et de leur aplatissement pour garder leurs privilèges.

Selon une étude de la Cour des comptes, sur les 22.000 postes supprimés entre 2008 et 2011 les armées ont supprimé 6 postes d’officiers généraux (toutes armées confondues). Cette politique qui visait à réduire les coûts de la masse salariale sans modifier les structures de commandement a abouti à un taux d’encadrement (pourcentage officiers/sous-officiers et soldats) en hausse de 1,31% en trois ans pour aboutir à (15,9%).

La pyramide des grades inversée ?

Même si les coûts sont exclus, la présence d’un encadrement disproportionné génèrerait des problèmes structurels. Le rapport de la Cour des comptes de juin 2012 indique un risque de bureaucratisation, de multiplication des structures administratives et d’inflation du « reporting » si la hausse du taux d’encadrement se poursuivait.

Contraintes budgétaires, réduction globale des effectifs, professionnalisation et modernisation des armées, et pourtant, une très légère réduction du nombre d’officiers généraux. Un retour au taux d’encadrement de 2008 appliqué sur les effectifs d’aujourd’hui entraînerait une réduction de 5.757 officiers.

La deuxième section, l’exception française (les 2S ou encore, généraux ¼ de place, appelés ainsi car nommés le jour de leur départ du service actif, ce qui leur permet de bénéficier de la carte de réduction SNCF à 75%.).

Véritable institution depuis 1830 et unique en Europe, la deuxième section est composée des généraux qui ne sont pas en activité tout en étant à disposition du ministère ( ?). Initialement conçue comme un vivier de (vieux) généraux (OGX) en temps de guerre, quand la France avait une armée d’appelés, la deuxième section est aujourd’hui en sureffectif et ne correspond pas à la taille de l’armée actuelle.

Comptant 5.571 généraux fin 2007, la deuxième section pourrait théoriquement fournir 6 armées américaines en effectifs d’OGX. Comme dans l’armée Mexicaine  !

 Ramené à l’échelle française c’est un vivier qui ne correspond plus à la réalité et qui bénéficie de nombreux avantages (tarif militaire SNCF, solde de réserve ou retraite militaire avec abattement de 10%) de par sa disponibilité et sans aucune limite d’âge.

Avantages qui se révèlent relativement chers pour un vivier qui est très peu utilisé et qui a coûté 3,1 millions d’euros en indemnités SNCF pour les effectifs de la deuxième section en 2008. La réforme des retraites des OGX en 2010 a remanié les définitions légales en termes de soldes de cette institution sans pour autant remettre en question l’excès de personnel, que le ministère a utilisé très peu (en moyenne 100 généraux sont rappelés par an) selon les rapports législatifs de 2005. La deuxième section qui est la grande réserve des OGX est une institution méconnue du public. Malgré un coût qui ne représente pas une portion significative du budget de la Défense, la faible utilisation des généraux de cette section et son absence dans l’encadrement stratégique (Livre Blanc de 2008, Loi de Programmation Militaire 2009-2014), souligne la nécessité d’une révision des postes d’encadrement supérieur.

Poursuivant un travail entamé il y a plusieurs années, l’Adefdromil, qui défend les droits des militaires, s’est longuement penchée sur le sort des généraux de l’armée française. Coup de gueule salutaire.

La France dispose d’une armée professionnelle de plus en plus petite, mais proportionnellement de plus en plus encadrée par des officiers généraux. Une situation en contradiction avec le discours officiel sur la réforme des armées entreprise dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP).

En sept ans, l’armée va réduire ses effectifs de 54 000 militaires. Mais cette période de disette financière n’empêche pas nos très chers généraux de rester d’éminents privilégiés de la République.

Moins de soldats mais toujours autant de généraux. En opération, les généraux ne sont pas en tête de la charge. Combien de généraux morts en opération en vingt ans ?

Combien sont-ils ? Jean Guisnel, spécialiste des problèmes de défense et auteur de l’enquête « Les Généraux » (1990), publie le 5 juin 2008 dans Le Point une estimation de leur nombre :

« Le nombre des officiers généraux en activité (ce que les militaires appellent la “première section”) était fin 2007 de 633 :

Armée de terre : 202

Délégation générale pour l’armement : 120

Armée de l’air : 81

Contrôle général des armées : 80

Marine nationale : 65

Service de santé : 58

Gendarmerie nationale : 54

Service des essences : 3...

En moyenne, les généraux en première section ont une vie administrative courte : quatre ans à peine. En règle générale, ils sont tenus de quitter leur poste à 57 ans, sauf si un contrat lié à une promotion leur permet d’atteindre les 61 ans du général à cinq étoiles. »

Le RSA (revenu de solidarité active) des généraux

Combien gagnent-ils ? Selon un article reprenant les données du ministère de la Défense et publié en mai 2008 sur le blog de Jean-Dominique Merchet, journaliste à Libération, la solde moyenne d’un officier général serait de 5 850 euros, moyenne d’une fourchette comprise entre 5 200 et 6 600 euro.

Ces chiffres ne correspondent en fait qu’à un peu plus de 50% de la réalité, puisqu’ils n’expriment que la solde de base brute mensuelle d’un général de division. En fait, de 46 à 60% de la rémunération nette est constituée par des primes, comme dans le reste de la haute fonction publique -hors nouvelle bonification indiciaire et prime de résultat.

Jamais à la retraite, mais tranquilles !

La « deuxième section » des officiers généraux a été créée en 1839 sous Louis-Philippe, en théorie pour permettre de rappeler facilement à l’activité les généraux compétents en temps de guerre. Cent soixante-dix ans plus tard, la France mène surtout des opérations extérieures sous mandat international et avec des effectifs réduits. Mais le mode de gestion a été conservé : on ne change pas une équipe qui gagne !

Dans un rapport de présentation d’un projet de loi modifiant l’ancien statut général des militaires en 2004 (n°1741), Guy Tessier, président actuel de la Commission de la défense précisait :

« Bien que sans emploi, les officiers généraux de la deuxième section sont considérés comme étant en activité sans limite d’âge et sans limitation de nombre.

Ils restent pour la plupart, de manière très théorique, à la disposition du ministre de la Défense qui peut les employer en fonction des nécessités de l’encadrement, notamment en temps de guerre. Ils sont soumis au devoir de réserve et aux règles statutaires relatives à la liberté d’expression...  »

Et le rapporteur de dénombrer 5 500 généraux en deuxième section pour 95 rappels annuels à l’activité !

Et les étoilés nous illuminent de leurs savoir. Exemple :

Vincent Desportes, général de division deuxième section (¼ de place) et ancien directeur du Collège interarmées de défense (CID), a été questionné par les lecteurs du Monde.fr. Pour lui, cette guerre "va durer" :

« Il est clair que cette guerre va durer et que l'engagement français est un engagement de long terme. Les troupes africaines ne pourront repartir vers le nord que dans plusieurs mois et on ne sait pas combien de temps prendra l'opération elle-même  ».

Pas de problèmes d’emploi des seniors pour les généraux ! Les bonnes étoiles veillent sur eux.

 

Source : Une étude du 29 novembre 2012 par Armand Steinmeyer

http://www.ifrap.org/L-armee-francaise-a-t-elle-trop-de-generaux,13002.html

 

Pour vous remercier de votre patience, une petite vidéo :

 

Illustration : http://www.papillesetpupilles.fr/2011/08/la-guerre-des-etoiles-bd-signee-aymeric-mantoux-et-emmanuelle-rubin.html


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3 réactions à cet article    


  • ZEN ZEN 16 janvier 2013 18:25

    Ouf, j’ai eu peur..
    J’ai cru à un retour à l’ère Reagan


    • Papybom Papybom 16 janvier 2013 20:29

      Bonsoir ZEN,

      Je prépare ma reconversion. Je vais faire une demande pour être général.

      Dans ce cas, je serais un membre de la grande muette, même sur ce site…

      Cordialement.


      • TSS 16 janvier 2013 23:44

        Quand la conscription fut suspendue aucun officier superieur ou general ne fut mis à la

        retraite !!

        2 explications :

        1) cela fait partie des petits avantages entre copains !!

        2) La conscription n’etant que suspendue, rien ne dit que dans un avenir (pas si lointain)

        le pays ait besoin de tout son monde... !!

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