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Accueil du site > Culture & Loisirs > Parodie > La structure ségrégationniste vous salue bien

La structure ségrégationniste vous salue bien

Détruire ce qui remplit sa mission ....

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Segpa, la fin du parcours.

Cette fois, ça y est. La fin programmée de nos structures est dans les tuyaux. Au nom de l'Europe, de la démagogie et des incontournables économies, en septembre 2015 les Segpa auront vécu. Il faut avouer qu'elles ont reçu tant de coups depuis quelques années, que le dernier porté devait finir par leur être fatal. Un tel forfait commis sous un gouvernement qui se prétend de gauche, n'est pas pour surprendre votre serviteur qui sait ne rien devoir attendre de ces lascars.

Ainsi donc, la Segpa est une structure ségrégationniste qui remet en cause le dogme du collège unique, si cher à nos élites ! La belle affaire que voilà ! Oui, mettre en place une structure adaptée aux difficultés réelles rencontrées par des élèves en échec lors des apprentissages, relève de la mesure d'exception. Pour nos merveilleux conseilleurs, il est préférable, sans aucune doute, de noyer ces pauvres gamins dans la masse de ceux qui sont censés bien apprendre.

La mesure portera ses fruits. Les parents seront momentanément satisfaits de ne plus avoir à supporter la stigmatisation de l'échec. Puis, après quatre années de fond de classe et de travaux inappropriés à leurs capacités réelles, leurs rejetons resteront le bec dans l'eau sans avoir pu se préparer à ce terrible principe de réalité. Les démagogues savent bien qu'il est plus facile de bercer d'illusions que de parler vrai !

Qu'est-ce qui relève de la ségrégation ? La structure qui propose un programme spécifique tenant compte des lenteurs d'acquisition, des compétences de base qui ne sont toujours pas acquises, des troubles du comportement souvent associés au désamour scolaire ou bien est-ce cette formidable injustice de la loterie cognitive qui fait que les uns ne disposent pas des mêmes moyens que les autres ?

Supprimer la Segpa ce serait, d'un coup de baguette magique, effacer les motifs de l'échec scolaire. Tout s'expliquerait par la spécialisation. C'est dans le merveilleux brouet du collège unique que vont se régler, par le miracle escompté de la confusion généralisée, les difficultés constatées dès l'école primaire et qui, pour beaucoup de nos élèves, les ont mis en échec au moment de l'apprentissage de la lecture.

Ainsi, pour ces doctes idéologues de l'égalitarisme, l'ascenseur dont disposent désormais nos collèges serait lui aussi un objet ségrégationniste, sous le prétexte fallacieux qu'il serait réservé au seul usage des élèves handicapés ou momentanément invalides. Il est urgent de l'autoriser à tous et de se refuser toute réserve dans son utilisation …

Nos responsables nationaux avaient déjà porté de terribles coups à nos Segpa. Ils ont réduit à néant l'enseignement professionnel au nom d'une culture de la technologisation qui devrait permettre à chacun de rentrer dans une logique d'expertise. Pour eux, un bon ouvrier est une aberration qu'il est préférable de remplacer par un ingénieur sans connaissance du terrain. Ce n'est pas un raisonnement surprenant de la part de ces élites si peu sensibles aux prouesses des métiers manuels.

Alors, ils ne font que tuer ce qu'ils avaient déjà ligoté par des mesures coercitives aberrantes et honteuses. L'interdiction de l'emploi des machines dans nos ateliers était une imposture pour satisfaire aux désirs d'économie des conseils généraux. Oui, nos établissements coûtaient cher tant qu'ils servaient encore à redonner confiance à des mômes qui s'épanouissaient dans la découverte de métiers. Ils sont devenus des centres de désespérance dans l'attente d'une hypothétique place dans un lycée professionnel pour des CAP totalement dévalués et dénigrés.

Pour en finir avec une structure qui démontra à l'époque lointaine où on lui donnait les moyens de ses ambitions, qu'elle remplissait parfaitement son rôle, on l'accuse de la rage : structure ségrégationniste. La belle affaire et le vilain argument que voilà, servi par des responsables qui n'ont aucune dignité ni mémoire. Pendant des années, les Segpa ont tourné grâce à des enseignants qui, dénigrés et déconsidérés au sein même des collèges, ne disposaient ni des mêmes statuts ni des mêmes avantages que leurs collègues du second degré. Pire même, l'administration octroya des avantages aux professeurs d'atelier en les refusant à des enseignants généraux qui restèrent englués dans le statut du premier degré. Qui était ségrégationniste depuis près de 20 ans ?

Les tartuffes sont toujours des jocrisses au royaume de la grande administration française. Cette forfaiture se fera encore dans l'indifférence générale. Qui en effet se préoccupe encore des élèves qui sont en difficulté d'apprentissage ? Ils vont être oubliés, laissés pour compte dans un collège déjà incapable de gérer l'hétérogénéité et à qui on va demander de prendre en charge la déficience. C'est grotesque et ce serait risible si des cohortes entières de gamins n'allaient être condamnées ainsi à perdre leur temps et à faire perdre celui de leurs camarades qui veulent aller plus loin dans leurs études. C'est si facile de faire des économies sur le dos des plus humbles. J'ai mal à mon pays !

Remarquez, vous n'êtes pas sans savoir que nos joyeux drilles de la réglementation, ceux qui imaginent de telles âneries, ne subiront jamais les conséquences de leurs décisions : ils mettent leurs enfants dans des établissements bien à l'abri de ce genre de difficulté. La ségrégation, ils se l'appliquent à eux-mêmes sans en être autrement perturbés. Les principes généreux, c'est toujours mieux pour les autres !

Ulcérationnement leur.


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16 réactions à cet article    


  • oncle archibald 11 mars 2014 10:58

    Merci de rappeler combien les métiers manuels méritent d’être valorisés. Ils le sont parfois mais très rarement. Je pense au compagnonnage qui forme des enfants à la rigueur et à l’excellence, mais que l’on considère souvent comme un anachronisme.

    Pour beaucoup un bon ouvrier est une espèce de dinosaure, un truc bizarre et en voie de disparition que l’on devrait aller voir au musée . Je côtoie un excellent menuisier, fils et successeur de son père qui à 75 ans rode encore dans l’atelier. Il travaille complètement seul. Son père lui donne parfois un coup de main quand il est indispensable d’être deux pour manutentionner ou régler une grosse pièce. 

    Je me suis inquiété qu’ils ne transmettent pas leur savoir faire au moins à un apprenti. La réponse est simple. Dans cet atelier des années cinquante aucune des machines n’est « aux normes » . Si un gamin se faisait mal en travaillant ce sont les pires ennuis qui se profilent à l’horizon. Pourtant ce vieux menuisier et son fiston ont encore tous leurs doigts ... Comme quoi en faisant attention on arrive à se passer des protections sophistiquées qui renchérissent tout. Certaines sont nécessaires, d’autres superfétatoires et rien ne remplace l’attention que l’on porte à son travail. La responsabilité personnelle est aussi un bien en voie de disparition.

    • C'est Nabum C’est Nabum 11 mars 2014 12:46

      Mon oncle


      Les métiers manuels sont méprisés par les gens qui nous gouvernent

      Ils font tout pour réduire à peau de chagrin la filière professionnelle, il est vrai qu’elle coûte fort cher alors qu’on peut faire travailler des polonais ou des ouvriers plus exotiques encore pour moins cher.

      L’apprentissage reçoit des gamins tellement fraccés par l’école qu’il doit être bien difficile de leur apprendre quelque chose. 

      Oui, le désastre est en route

    • oncle archibald 11 mars 2014 13:19

      Mon fils ainé est professeur dans un CEFOBAT et il y a de tout dans les gamins qui lui sont confiés. Des désemparés qui sont là parce qu’on les y a mis, d’autres qui ont choisi d’y être mais ne sont pas vraiment motivés et d’autres qui savent exactement ce qu’ils sont venus chercher parce qu’ils ont déjà un projet de vie. 

      Il essaye de montrer aux gamins qu’ils peuvent apprendre là tout ce qu’il faut pour s’en sortir s’ils sont vaillants et pas trop timorés.

      Pendant deux ans il a même eu un gars qui avait fait une prépa scientifique et qui a bifurqué sur la fabrication des escaliers en bois. Il a lui même choisi son employeur en apprentissage qui va prendre sa retraite et dont il prendra la suite avec d’autres moyens : relevé des cotes au laser, reprise des données du relevé dans un programme informatique qui trace l’escalier et peut même piloter les machines qui vont découper le bois suivant le tracé des marches, contremarches, limons ... 

      Travail manuel n’est pas incompatible avec modernité, ni avec rémunération plus que correcte du travail effectué. Il suffit de savoir ou l’on veut aller et ne pas rechigner sur les heures de boulot.

    • C'est Nabum C’est Nabum 11 mars 2014 16:35

       oncle archibald


      C’était vrai à une époque où il n’y avait pas une injonction sociale à suivre des études ...
      Aujourd’hui beaucoup de ceux qui se retrouvent en apprentissage niveau CAP sont des désespérés de l’école, des élèves cassés, découragés, sans bases sérieuses.
      Notre école est aussi une machine à désapprendre quand on ne l’aime pas.

      Alors, des artisans inovants sortent rarement de ces apprentis de l’ipossible. Tout est à reprendre avec eux, les codes de vie, le calcul et le français, la confiance, le respect ... Atendre 16 ans laisse peu de place au miracle ! 

    • L'enfoiré L’enfoiré 11 mars 2014 18:09

      «  en septembre 2015 les Segpa auront vécu. »

      Et sera remplacé par quoi ?

      Question : jusqu’à quel niveau un élève présentant des difficultés d’apprentissage graves et durables, la SEGPA doit-elle être chargée ?
      Un jeune autiste est-il admis dans une classe de la SEGPA ?
      Cherche-t-on à déterminer les raisons des difficultés, l’origine de leur difficultés ou sont-ils intégrés sans plus ?
      A la suite des deux réponses, il pourrait y avoir la réponse de la disparition. 

      • C'est Nabum C’est Nabum 11 mars 2014 18:12

         L’enfoiré


        La recherche de plus en plus désespérée de gisements d’économie permet de supprimer ce qui n’est électoralement pas dangereux. Les parents de nos élèves ne sont ni organisés ni très nombreux. Le risque est maigre
        Les élèves seornt noyés dans la masse, une belle préfiguration du futur qu’ils leur choisissent.

      • L'enfoiré L’enfoiré 11 mars 2014 18:48

        Je suis désolé, mais ce n’est pas les réponses à mes questions.


      • C'est Nabum C’est Nabum 11 mars 2014 19:24

        L’enfoiré


        Les critères pour prétendre à rendrer en Segpa (toujours sous la condition de l’accord des parents) sont de types scolaires avec des diffucltés graves d’apprentissage auxquelles des tests démontrent qu’elles sont dues à une faible effiscience intellectuelle. Autrefois le QI était estimé à la fourchette 60 - 80

        Un autiste relève du médical, ce qui exclut théoriquement un placement en SEGPA Mais nous pouvons trouver tous les cas de figure car au fil du temps, cette structure a perdu sa spécificité pour recevoir ceux qui ne trouvaient place ailleurs.

        Ainsi les problèmes de comportement ont trouvé massivement place en Segpa. Les atiste bien plus rarement ....

        Je n’aime pas répondre à ces questions, vous vous en êtes rendu compte.

        Pour entrer en Segpa, il faut passer devant une commission de la MDPH Faute de places dans les structures de type EREA ou Itep et parfois Uliss, le placement en Segpa peut être prononcé dans l’attente hypothétique d’une place.

        Toujours le pis aller

      • urigan 11 mars 2014 19:39

        je commence par la 2 : un autiste, je ne sais pas, mais un surdoué OUI. Pourquoi, parce qu’il est inadapté à l’enseignement de masse.

        pour la 1 : Difficultés d’apprentissages de quoi ? C’est surtout les méthodes d’apprentissages « normales »qui sont inadaptées au public des segpa.

        Pour la 3 : Les raisons et l’origine des difficultés sont connues à l’école primaire. Les élèves ne sachant ni lire, ni écrire, ni compter, sont donc orientés vers une structure adaptée (voie de garage)

        L’empathie qu’avaient nos gouvernants (humanistes) pour ces élèves, leur permettaient d’avoir un enseignement adaptés débouchant sur l’obtention d’un travail à faible valeur économique, mais qui leur permettrait de survivre en se rendant utile.
        Nos gouvernants actuels (économistes), préférant employer des ouvriers « exotiques » à forte compétitivité (sous payés mais déjà formés) ne voient pas ou plus l’intéret de dépenser de l’argent pour former des «  élèves présentant des difficultés d’apprentissage graves et durables »

        Comme de toutes façons ils ne seront « bon à rien », autant les noyer dans la masse de ceux qui ont encore une espérance de réussite. Ca coûtera moins cher.
        Donc, remplacer les SEGPA par RIEN. CQFD.


      • L'enfoiré L’enfoiré 12 mars 2014 16:41

        « Je n’aime pas répondre à ces questions, vous vous en êtes rendu compte. »


        Bien sûr, je l’avais compris. Mais il faut, à un moment donné, lâché le morceau et remonter aux sources des problèmes.
        Donc pas d’autistes à bord.
        Seulement, des récalcitrants qui ne veulent pas écouter la bonne parole du maître à danser.
        Quel est le maître qui va jouer au psychologue et essayer de prendre chacun d’eux en aparté pour comprendre, ce qui a coincé, un jour ?
        Comprendre le pourquoi certains se trouvent au devant de la classe et d’autres toujours au mur du fond, cela demande plus qu’un effort d’apprendre une matière. 
        On parle souvent d’évaluation après coup en politique ou ailleurs, mais je n’ai jamais entendu de manière claire et connue de tous,, des profs qui étaient évalués en fin d’année sur le rendement de leur enseignement.
        Ne trouvez-vous pas cela étrange ?
         

      • gaijin gaijin 11 mars 2014 19:17

        ça va dans ligne de nos « zélites » de tous bords zélées zélatrices du libéralisme pur et dur  : elles détricotent toute trame sociale pour laisser ceux qui on les moyens se démerder et les autres sombrer dans l’obscurité dont les serfs n’auraient jamais du sortir .....
        a venir fin progressive du système de retraite , fin progressive de la sécurité sociale, fin progressive de l’école .....
        pendant ce temps le bon peuple s’esbaudit de pseudos révolutions ici où la et de scandales aussi tonitruants que vite oubliés

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