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Accueil du site > Culture & Loisirs > Parodie > Le bourdon au buron ….

Le bourdon au buron ….

Une bonimenterie d'ailleurs

Au fond du trou !

La nuit tombe dans cette campagne étrange. Je suis perdu. Je marche depuis plus de deux heures sans voir âme qui vive. À ma fatigue s'ajoute une sourde angoisse. Où vais-je passer la nuit ? Trouverai-je à manger ? Cette fois, je crains de devoir passer la nuit dehors, le ventre vide ….

Au détour d'un bosquet, une veille masure. Un buron, une cabane de pierres disjointes, quelques vitres brisées, un toit dégarni. J'avance vers ce refuge qui faute de mieux sera ma couche du soir. Si personne ne s'y trouve. Je n'ai plus la force d'aller plus loin. Au loin, le soleil s'est couché, il donne encore au ciel une teinte rouge feu magnifique et inquiétante

J'approche prudemment. Le lieu est peut-être investi par quelques trimardeurs de mon espèce, en errance sur les chemins de cette lande déserte. Une fenêtre qui claque, une porte qui grince, un frisson me parcourt. Le vent a bon dos, je ne suis pas tranquille.

J'entre pourtant dans cette pièce unique et obscure. Une table bancale trône au milieu de ce petit espace. Dans le fond, je devine quelques tissus jetés à même le sol en terre battue, une paillasse de fortune qui semble encore accueillir un pensionnaire. Rien ne trahit une éventuelle présence, le locataire a du s'évanouir à mon approche.

Je poursuis mon inspection, une boule au ventre. Je dois passer pour un maraudeur alors que je ne cherche qu'un abri pour la nuit. J'appelle d'une voix étranglée « Il y a quelqu'un ? » Je me rends compte de la stupidité de mon attitude, j'aurais du frapper, faire du bruit pour signaler mon approche au lieu de quoi je suis entré ici à pas de loup.

Sur un rebord de fenêtre, une bougie planté dans son bougeoir couvert de cire fondue. Un autre signe d'une vie qui ne doit pas être bien loin. Quand je randonne, j'ai toujours un briquet dans mon sac. J'allume une flamme vacillante. Elle projette des ombres inquiétantes dans ce carré que je découvre un peu mieux. Une chauve-souris qui habite ici n'apprécie guère cette lumière, elle s'envole et me frôle en se sauvant.

Que faire ? Puis-je rester au risque d'être surpris par le retour de celui qui vit ici ? Je ne pense pas qu'il apprécierait cette intrusion déplacée. Je me résigne à chercher plus loin ma bonne fortune quand soudain un cri terrible perce la nuit. Mon sang se glace, mon cœur vient frapper mes tempes.

La lumière de ma bougie me donne un peu de courage, j'avance vers ce bruit de détresse. Je sors de la cabane, j'en fais le tour. Derrière, je devine un petite construction de bric et de broc. Une tinette à l'ancienne, une commodité bien surprenante en un lieu si désert. J'appelle : « Vous avez besoin d'aide ? »

Une fois encore le cri retentit et déchire la nuit qui est maintenant tombée. J'avance sans être certain de mon fait. Que fait ce curieux personnage en un tel lieu ? Pourquoi n'a t-il pas répondu à mes appels ? Que signifient ces hurlements affreux ? Je crains de découvrir un spectacle abominable, un homme blessé, un drame insondable.

« Monsieur ! Vous avez besoin d'aide ? » Je n'ose aller plus loin. « Bougre d'âne, tu ne vois pas que je me suis fichu le pied dans la fosse ? Je suis coincé, j'ai du me fouler la cheville et j'ai le pied au milieu de ce que tu imagines. Pose donc ma bougie et sors-moi de là, mon gars ».

Je ne suis qu'un idiot qui s'est fait un film d'horreur alors que le plus sordide incident venait de se passer. Je libère ce pauvre bougre de la fange dans laquelle il avait mis le pied. Je le conduit, boitillant jusqu'à un puits qu'il m'a indiqué. Je tire un seau d'eau pour le laver et le débarrasser de cette odeur infâme.

Plus de peur que de mal. Le bonhomme se met à rire de son infortune et de ma mine de mort vivant. « Tu en seras quitte pour une bonne frayeur mon poteau ! » s'exclame-t-il. Il me donne une tape dans le dos à vous démanteler tous les os. Puis il me convie chez lui et déniche une bouteille poussiéreuse.

La suite se passe de commentaire. Je n'aurai ni faim ni froid et je dormirai d'un sommeil embrumé par cette mauvaise piquette. J'ai trouvé le gîte, celui qu'une mer agitée vous impose et le couvert fait de cochonnaille et d'un pain dur comme la pierre. Le départ au petit matin fut des plus difficiles, ma tête menaçait d'exploser. J'avais eu grand peur et finalement, j'avais eu un bon pressentiment, ce lieu est terriblement dangereux

Modèlement leur.

vidéo régionale 


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24 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 11 mars 2013 12:09

    tu as vraiment eu peur ?


    • C'est Nabum C’est Nabum 11 mars 2013 15:43

      foufouille


      Pure fiction naturellement 

    • TSS 11 mars 2013 13:22

      Dans les vignes de ma grand mère il y avait un buron que gamin j’appelais « la maison à Buron »

       avec mon père nous venions y faire cuire le blé et les patates,dans la cheminée, pour la pêche .

      Dans cette cheminée il avait un four !il fallait un stère de bois pour faire cuire un poulet(le temps

      de chauffer) et le dimanche nous faisions le pain cuit aux sarments de vigne !

      c’est là que logaient les2 journaliers pendant les vendanges(il y avait 2 pièces).


      • C'est Nabum C’est Nabum 11 mars 2013 15:45

        TSS


        Merci beaucoup

        J’écris ce genre de fabulette pour recevoir ensuite de tels témoignages Vous me comblez !

      • Simple citoyenne Simple citoyenne 11 mars 2013 15:12

        Bonjour à vous

        Pas mal votre aventure. Bien à vous.


        • C'est Nabum C’est Nabum 11 mars 2013 15:45

          Citoyenne


          Simplement merci ! 

        • Fergus Fergus 11 mars 2013 15:24

          Bonjour, C’est Nabum.

          J’ai connu des lieux de ce genre lorsque je randonnais sur les plateaux du Jura, d’Auvergne ou du Vercors. Mais sans avoir éprouvé cette appréhension. A propos de burons, je vous invite à une balade en un lieu célèbre pour les siens : Aubrac : du granit, des vaches et une incomparable sérénité.

          Des burons en activité, j’en ai connus en Auvergne dans ma jeunesse. On y faisait alors, sous les ordre d’un « cantalès » (maître du buron) le fromage avec le lait des vaches d’estive (aubrac ou salers selon les lieux)

          Cordialement.


          • C'est Nabum C’est Nabum 11 mars 2013 15:47

            Fergus


            J’ai fait le tour de l’Aubrac en radonnée
            J’ai traversé le pays en ski de fond

            C’est un endroit merveilleux et les burons sont sources d’inspiration et de souvenirs

          • rocla (haddock) rocla (haddock) 11 mars 2013 15:54

            Autre temps autres moeurs ,

            Avant on allait au buron , mait’ nant on va au bureau .

            La vie , ça va ça vient .

            Quand cet auteur écrit mon coeur fait Naboum .


            • C'est Nabum C’est Nabum 11 mars 2013 17:57

              Rocla 


               J’en suis flatté

              Je préfère aller au buron !

              Et vous ?

            • rocla (haddock) rocla (haddock) 11 mars 2013 18:08

              J’ aime bien aller au churbon .

              Ca me donne bonne mine en tant que fossile dans mon costume anthracite .

              Et quand je suis allumé je crépite ... smiley


            • C'est Nabum C’est Nabum 11 mars 2013 18:09

              Rocla


              Tant que vous n’agissez pas en faux chuton !

            • auguste auguste 11 mars 2013 16:52

              @ C’est Nabum

              Vous devriez suivre les conseils de Fergus et faire des randonnées sur l’Aubrac.

              Attendez quand même l’été et fuyez les lieux devenus trop touristiques, tels que Nasbinals.

              Prenez la route du village d’Aubrac, il y a à proximité des burons en activité qui méritent encore le détour, même si l’ambiance a changé.

              Si vous passez par Laguiole, achetez un couteau chez un maître artisan.

              Une vidéo en prime pour vous mettre en appétit, en souvenir de Maurice, Jean et Louis.


              • C'est Nabum C’est Nabum 11 mars 2013 17:58

                Auguste


                C’est déja fait à pied et en ski de fond

                J’aime ce pays

              • La râleuse La râleuse 11 mars 2013 17:36

                Bonjour Nabum,

                Vous m’avez beaucoup amusée.

                En vous lisant, je me disais que je ne me suis jamais sentie en danger, que ce soit le jour ou la nuit, dans les chemins de campagne déserts de mes jeunes années ou les sentes de ma forêt (et pas des moindres, celle de Compiègne), pas plus que dans les bois du Val d’Oise où j’ai vécu adulte, mais que je ne me sentais pas rassurée quand j’étais obligée de déambuler le soir tard dans des villes sur des trottoirs éclairés quand plus personne ne circulait.


                • C'est Nabum C’est Nabum 11 mars 2013 18:00

                  La Râleuse


                  Croyez-vous que je pouvais faire peur en ce bel endroit ?

                  C’est simplement un texte d’accompagnement lors d’une rédaction de mes élèves. J’ai travaillé tout comme eux pour les encourager avec les mêmes contraintes et les mêmes expressions à utiliser

                • cevennevive cevennevive 11 mars 2013 18:46

                  Bonjour Nabum,

                  En Cévennes, ce sont des « capitelles ». Faites de pierres de schistes. Les anciens y mangeait, y faisaient la sieste (la vraie et l’autre, moins reposante...)

                  Dans le petit morceau de montagne qui m’appartient, j’ai retrouvé la capitelle de mon enfance il y a quelques années, au moment où je suis revenue vivre dans la maison de ma famille.

                  Elle était intacte ! Pas une saleté à l’intérieur, juste des feuilles ! Que d’émotions !

                  Et je me suis souvenu de tout...

                  Enfant unique, mes parents me laissaient dans la capitelle avec ma dînette et ma poupée lorsqu’ils cueillaient des châtaignes ou du bois. C’était ma maison...

                  Et plus tard, un jour que mes parents m’avaient punie pour je ne sais quelle raison, je suis partie me réfugier dans ma capitelle (pour quelques heures seulement, mon père est venu m’y chercher, riant et se moquant tendrement : « et tu comptais dormir là cette nuit ? »)

                  Oh oui, j’y aurais dormi ! Je n’ai jamais eu peur dans la forêt, dans la nuit des arbres, dans le cri des chouettes. La peur, je l’ai connue dans les villes, plus tard...

                  Salut à vous, le conteur et bonne soirée.


                  • C'est Nabum C’est Nabum 11 mars 2013 19:01

                    cevennevive


                    Je ne suis qu’un conteur de Loire alors que la grande tradition du Conte vient de chez vous, des Cévennes mystérieuses. On devine d’ailleurs à votre commentaire l’art du récit et il en faudrait peu pour qu’une histoire naisse de vos souvenirs.

                    Si vous n’osez pas le faire, venez me voir et je capterai vos souvenirs pour les grimer en fable.

                    Merci à vous

                  • cevennevive cevennevive 11 mars 2013 19:21

                    Merci Nabum,

                    Mais c’est déjà fait.

                    J’ai écrit deux petits ouvrages qui ont été édités chez un éditeur Nîmois, le premier en 1989, le second en 1992.

                    Bien cordialement.


                  • C'est Nabum C’est Nabum 11 mars 2013 19:24

                    cevennevive


                    Très bien !

                    Vous avez bien fait ...

                  • brindfolie 12 mars 2013 06:22

                    Bonjour

                    Eh ben.Ca restera pas dans les annales bonnimenteresques ce nartique !
                    Bou-hou,vous êtes sacrément en panne d’inspiration,va grandement falloir que je vous visitasse.M’enfin,un grand randonneur qui se cague dessus aux seules vues d’un buron et d’une bougie,faut l’faire.Et les bruits,ah les bruits, quand la nuit s’installe et que tout devient glauque, les démons s’emparant du bon sens !Z’êtes sur que vous narrez pas une escapade enfantine remixée quinqua ?
                    Si un randonneur va à la découverte de nouveaux pays,il n’y va pas avec sa seule b.te et son couteau,il s’équipe un minimum !
                    Faut tout faire ici,pfuittttt


                    • C'est Nabum C’est Nabum 12 mars 2013 06:42

                      brindfolie


                      La vérité est dure à attendre

                      Ma diarrhée verbale a donc des limites !

                    • brindfolie 12 mars 2013 07:05

                      C’est Nabum.

                      Bonjour.

                      Je suis les recomendations de Foufouille.D’abord je lis l’article et fait mon commentaire,ensuite je prend connaissance des posts.
                      J’apprend que c’est une pure fiction,ouf,cela peut sous-entendre que le narrateur n’est pas si émotif.
                      Je rejoins La raleuse,les sylves sont mes maisons,les villes des punitions.
                      Ah les capitelles cévenoles chères à Cevennevive,10ans de ma vie,de loin les plus belles !Le haut Gard,l’est de l’Aveyron,toute la Lozère et mon Ardèche natale.Ce ’pays’ rude mais oh combien accueuillant.A tout jamais dans mes tripes !
                      Nostalgie du temps qui passe......
                      A plus m’en vais dans mes souvenirs.

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